CHAPITRE IX
Récapitulation.
J'avais dans cet ouvrage un triple but à atteindre^ Je voulais meUre en garde contre lés réactions : je voulais prévenir contre l'arbitraire : je voulais enfin rattacher aux principes. Si je suis parvenu seule-
(i) J'ai retranché ici environ trois pages, patce qu'elles se trouveni duns le i^r yoi. de cette colkciion , p. i6o et suiv.
ment à produire l'un de ces effetis , tel est le salutaire eucbainement de toutes les vérités quemon triple but se trouve atteint.
Si les réactions sont une chose terrible et funesle^ évitez l'arbitraire , car il traîne nécessairemeot les réactions à sa suite ; si l'arbitraire est uq fléau destructeur, évitez les réactions ^ car elles assurent l'empire de l'arbitraire; enfin, si vous voulez vous garantir à la fois et des réactions et de l'arbitraire, ralliez-vous aux principes , qui seuls peuvent vous en préserver.
Le système des principes offre seul un repos durable. Seul il présente aux agitations politiques un inexpugnable rempart*
Partout où éclate la démonstration/^ les passions n'onjt plus de prise. Elles abandonnent la certitude pour reporter leur violence sur quelque objet encore contesté.
L'esclavage , la Féodalité ne sont plus parmi nous des germes de guerre. La superstition , sous son rapport religieux ; est presque partout réduite à la défensive.
Si les privilèges héréditairesnousdivisentencore,c'esl que les principes qui les excluent ne sont pas revêtus de toute I évidence qui leur est propre. Dans un siècle on en parlera comme nous parlons de l'esclavage. Une question de plus aura été enlevée aux passions tumultueuses. En raison de ce que les principes s'élabiisseut, les fureurs s'apaisent; lorsqu'ils ont triomphé, la paix rë<^iie.
Ainsi nous voyons les passions se battre en retraite^ furieuses y sanguinaires , féroces , victorieuses souvent contre les individus ^ mais toujours vaincues
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par les yérilés , elles reculent , en frémissant^ devant chaque nouvelle barrière que pose devant elles ce système progressif et régulier, dontle complètement graduel est la volonté suprême de la nature , l'effet inévitable de la force des choses , et Tespoir consolant de tous les amis de la liberté.
Ce système, accéléré dans ses développemens par les révolutions, diffère des révolutions mêmes, comme la paix diffère de la guerre^ comme le triomphe dif-« fère du combat.
Des calculs politiques , rapprochés des sciences^ exactes par leur précision , des bases inébranlables pour les institutions générales^ une garantie positive pour les droits individuels, la sûreté pour ce qu'oa possède ^ une roule certaine vers ce qu'on veut acquérir^ une indépendance complète des hommes^ une obéissance implicite aux lois , Fémulation de tous les talens^ de toutes les qualités personnelles, l'abolition de ces^ pouvoirs abusifs^ de ces distinctions chimériques, qui, n'ajant leur source ni dans la volonté ni dans l'intérêt commun , réfléchissent sur leurs possesseurs l'odieux de l'usurpation ^ l'har-* monie dans l'ensemble, la fixité dans les détails, une théorie lumineuse , une pratique préservatrice tels sont les caractères du système des principes.
Il est la réunion du bonheur public et particulier. Il ouvre la carrière du génie , comme il défend la propriété du pauvre. Il appartient aux siècles, et les convulsions du moment ne peuvent rien contre lui. En lui résistant, on peut sans doute causer encore des secousses désastreuses. Mais depuis que 1 esprit de l'homme marche en avant, et que l'imprimerie