‹ Collection complette des œuvres de J.J. RousseauChapitre 20 sur 24 · T RA I T É · texte numérisé non relu

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doit devenir raisonnable & fenfé dans les villes , quand il y fera fimple fpeclateur. Rien n'eft plus propre à rendre fage que les folies qu'on voit fans les partager; & celui même qui les partage s'inftruit encore, pourvu qu'il n'en foit pas la dupe, & qu'il n'y porte pas l'erreur de ceux qui les font. »

Considérez auffi que, bornés par nos facultés aux chofes fenfibles , nous n'offrons prefque aucune prife aux notions abftraites de la philofophie & aux idées purement intellectuelles. Pour y atteindre il faut, ou nous dégager du corps , auquel nous fommes fi fortement attachés , ou faire d'objet en objet un progrès graduel & lent, ou enfin franchir rapidement & prefque d'un faut l'intervalle, par un pas de géant dont l'enfance n'eft pas capable , & pour lequel il faut, même aux hommes, bien des échelons faits exprès pour eux. La première idée abftraite eftle premier de ces échelons ; mais j'ai bien de la peine à voir comment on s'avife de le conftruire.

L'ÊTRE incompréhensible qui embraffe tout , qui donne le mouvement au monde, & forme tout le fyftême des êtres, n'eft ni vifible à nos yeux , ni palpable à nos mains ; il échappe à tous nos fens. L'ouvrage fe montre; mais l'ouvrier fe cache. Ce n'eft pas une petite affaire de connoître enfin qu'il exifte, & quand nous fommes parvenus là, quand nous nous demandons, quel eft-il, où eft-il? Notre efprit fe confond, s'égare, & nous ne favons plus que penfer.

Locke veut qu'on commence par l'étude des efprits , & qu'on paffe en fuite à celle des corps : cette méthode eft celle de la fuperftition , des préjugés, de l'erreur; ce n'eft point celle de la raifon , ni même de la nature bien ordonnée ; c'eft fe boucher les yeux pour apprendre a voir. Il faut avoir long- temps étudié les corps pour fe faire une véritable notion des efprits , & foupçonner qu'ils n'exiftent. L'ordre contraire ne fert qu'à établir le matérialifme.

Puisque nos fens font les premiers inflrumens de nos connoiffances , les êtres corporels 6c fenfibles font les feuls , dont nous avons immédiatement l'idée. Ce mot efprit, n'a aucun fens pour quiconque n'a pas philofophé. Un efprit n'eft qu'un corps pour le

peuple

peuple & pour Iesenfans. N'imaginent-ils pas des efprits qui crient qui parlent, qui battent, qui font du bruit î Or, on m'avouera que des efprits qui ont des bras & des langues, reffemblent beaucoup à des corps. Voila pourquoi tous les peuples du monde , fans excepter les Juifs , fe font fait des Dieux corporels. Nous-mêmes , avec nos termes d'Efprit, de Trinité, de Perfonnes, fommes pour la plupart des vrais anthropomorphites. J'avoue qu'on nous apprend à dire que Dieu eft par-tout; mais nous croyons aufli que l'air efl par-tout , au moins dans notre atmofphère , & le mot efprit dans fon origine ne fignifie lui-même que fouffle & vent. Si-tôt qu'on accoutume les gens à dire des mots fans les entendre, il eft facile, après cela , de leur faire dire tout ce qu'on veut.

Le fentiment de notre aclion fur les autres corps a dû d'abord nous faire croire que quand ils agiflbient fur nous, c'étoit d'une manière femblable à celle dont nous agiffons fur eux. Ainfi l'homme a commencé par animer tous les êtres dont il fentoit l'action. Se fentant moins fort que la plupart de ces êtres, faute de connoître les bornes de leur puiflance, il l'a fuppofée illimitée , & il en fit des Dieux aufli-tôt qu'il en fit des corps. Durant les premiers âges, les hommes, effrayés de tout, n'ont rien vu de mort dans la nature. L'idée de la matière n'a pas été moins lente à fe former en eux que celle de l'efprit, puifque cette première idée eft une abftraclion elle-même. Us ont ainfi rempli l'Univers de Dieux fenfibles. Les aftres, les vents, les montagnes, les fleuves, les arbres, les villes, les maifons mêmes, tout avoit fon ame , fon Dieu, fa vie. Les marmoufets de Laban , les manitous des Sauvages , les fétiches des Nègres , tous les ouvrages de la nature & des hommes, ont été les premières Divinités des mortels : le polythéïfme a été leur première religion, & l'idolâtrie leur premier culte. Ils n'ont pu reconnoître un feul Dieu que quand , généralifant de plus en plus leurs idées , ils ont été en état de remonter a une première caufe, de réunir le fyftême total des êtres fous une feule idée, 6c de donner un fens au mot fubflance, lequel eft au fond la plus grande des abftraclions. Tout enfant qui croit en Dieu eft donc néceflai rement ou idolâtre, ou du moins anthropomorphite ; & quand

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Traité

une fois l'imagination a vu Dieu, il eft bien rare que l'entendement le conçoive. Voilà précifément l'erreur où mené l'ordre de Locke.

Parvenu, je ne fais comment, à l'idée abftraite de la fubftance, on voit que, pour admettre une fubftance unique, il lui faudroit fuppofer des qualités incompatibles qui s'excluent mutuellement , telles que la penfée & l'étendue , dont l'une eft effentiellement divifible, & l'autre exclut toute divifibilité. On conçoit d'ailleurs que la penfée, ou , fi l'on veut, le fentiment , eft une qualité primitive & inféparable de la fubftance à laquelle elle appartient, qu'il en eft de même de l'étendue par rapport à fa fubftance. D'où l'on conclut que les êtres qui perdent une de ces qualités , perdent la fubftance à laquelle elle appartient ; que par conféquent la mort n'eft qu'une féparation des fubftances , & que les êtres où ces deux qualités font réunies , font compofés des deux fubftances auxquelles ces deux qualités appartiennent.

ÔR , confidérez maintenant quelle diftance refte encore entre la notion des deux fubftances & celle de la nature divine ; entre l'idée incompréhenfible de l'aftion de notre ame fur notre corps, & l'idée de l'action de Dieu fur tous les êtres. Les idées de création, d'annihilation , d'ubiquité, d'éternité, de toute-puiflance , celles des attributs divin's, toutes ces idées qu'il appartient a fi peu d'hommes de voir auflî confulès & auffi obfcures qu'elles le font, & qui n'ont rien d'obfcur pour le peuple, parce qu'il n'y comprend rien du tout, comment fe préfenteront-elles dans toute leur force, c'eft-à-dire, dans toute leur obfcurité , à de jeunes efprits encore occupés aux premières opérations des fens, & qui ne conçoivent que ce qu'ils touchent ? C'eft en vain que les abîmes de l'infini font ouverts tout autour de nous; un enfant n'en fait point être épouvanté, fes foibles yeux n'en peuvent fonder la profondeur. Tout eft infini pour les enfans, ils ne favent mettre des bornes à rien; non qu'ils fafTent la mefure fort longue, mais parce qu'ils ont l'entendement court. J'ai même remarqué qu'ils mettent l'infini moins au-delà qu'au de-çà des dimenfions qui leur font connues. Ils eftimeront un efpace immenfe, bien plus par leurs pieds que par leurs yeux ; il ne s'étendra pas pour eux plus loin qu'ils

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ne pourront voir, mais plus loin qu'ils ne pourront aller. Si on leur parle de la puiflance de Dieu, ils l'eflimeront prefque aufïï fort que leur père. En toute chofe leur connoiflance étant pour eux la mefure des pofîibles , ils jugent ce qu'on leur dit toujours moindre que ce qu'ils favent. Tels font les jugemens naturels a l'ignorance & à la foiblefle d'efprit. Ajax eut craint de fe mefurer avec Achille, & défie Jupiter au combat , parce qu'il connoit Achille & ne connoît pas Jupiter. Un payfan Suifie qui fe croyoit le plus riche des hommes, & à qui l'on tâchoit d'expliquer ce 'que c'étoit qu'un Roi , demandoit , d'un air fier, fi le Roi pourroit bien avoir cent vaches à la montagne.

Je prévois combien de lefleurs feront furpris de me voir fuivre tout le premier âge de mon élevé fans lui parler de religion. A quinze ans il ne favoit s'il avoit une ame, & peut-être a dix- huit n'eft-il pas encore temps qu'il l'apprenne : car s'il l'apprend plutôt qu'il ne faut , il court rifque de ne le favoir jamais.

Si j'avois a peindre la ftupidité fâcheufe, je peindrois un pédant enfeignant le catéchifme a des enfans; fi je voulois rendre un enfant fou, je l'obligerois d'expliquer ce qu'il dit en difant fon catéchifme. On m'objeftera que la plupart des dogmes du Chriftianifme étant des myftères , attendre que l'efprit humain foit capable de les concevoir, ce n'efl pas attendre que l'enfant foit homme, c'eft attendre que l'homme ne foit plus. A cela je réponds premièrement, qu'il y a des myftères qu'il efl non-feulement impo/îible à l'homme de concevoir , mais de croire , & que je ne vois pas ce qu'on gagne a les enfeigner aux enfans, fi ce n'efl de leur apprendre à mentir de bonne heure. Je dis de plus , que pour admettre les myftères il faut comprendre , au moins, qu'ils font incompréhenfibles ; & les enfans ne font pas même capables de cette conceptionlà. Pour l'âge où tout eft myflère, il n'y a point de myftères proprement dits.

Il faut croire en Dieu pour être fauve. Ce dogme mal entendu efi: le principe de la fanguinaire intolérance, & la caufè de toi'tes ces vaines infrrufUons qui portent le coup mortel à la raifon hu-

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maine en l'accoutumant à fe payer de mots. Sans doute, il n'y a pas un moment a perdre pour mériter le falut éternel : mais fi , pour l'obtenir , il fufHt de répéter de certaines paroles, je ne vois pas ce qui nous empêche de peupler le Ciel de fanfonnets & de pies, tout aufli-bien que d'enfans.

L'obligation de croire en fuppofe la pofllbilité. Le philofophe qui ne croit pas a tort , parce qu'il ufe mal de la raifon qu'il a cultivée, & qu'il eft en état d'entendre les vérités qu'il rejette. Mais l'enfant qui profefle la religion chrétienne, que croit-il? Ce qu'il conçoic, & il conçoit fi peu ce qu'on lui fait dire, que fi vous lui dites le contraire, il l'adoptera tout auflî volontiers. La foi des enfans & de beaucoup d'hommes eft une affaire de géographie. Seront- ils récompenfés d'être nés à Rome plutôt qu'à la Mecque. On dit à l'un que Mahomet eft le Prophète de Dieu , &c il dit que Mahomet eft le Prophète de Dieu ; on dit a l'autre que Mahomet eft un fourbe, & il dit que Mahomet eft un fourbe. Chacun des deux eût affirmé ce qu'affirme l'autre, s'ils fe fufTent trouvés tranfpofés. Peut- on partir de deux difpofitions fi femblables, pour envoyer l'un en Paradis & l'autre en Enfer ? Quand un enfant dit qu'il croit en Dieu, ce n'eft pas en Dieu qu'il croit, c'eft à Pierre ou à Jacques qui lui difent qu'il y a quelque chofe qu'on appelle Dieu; & il le croit à la manière d'Euripide.

O Jupiter! car de toi rien finon

Je ne connoîs feulement que le nom (71).

NOUS tenons que nul enfant mort avant l'âge de raifon ne fera privé du bonheur éternel; les Catholiques croient la même chofe de tous les enfans qui ont reçu le baptême, quoiqu'ils n'aient jamais entendu parler de Dieu. Il y a donc des cas où l'on peut être fauve fans croire en Dieu, & ces cas ont lieu, foit dans l'enfance,

(71) Plutarqitc , Traité de V Amour; nalippe; mais les clameurs du peuple trad. tTAmiot. C'eft ainfi que corn- d'Athènes forcèrent Euripide à chanrnençoit d'abord la Tragédie de Me"- ger ce commencement.

DE L'ÊDUCATIO

foit dans la démence , quand l'efprit humain eft incapable des opérations nécefTaires pour reconnoître la Divinité. Toute la différence que je vois ici entre vous & moi, &C que vous prétendez que les enfans ont a fept ans cette capacité, & que je ne la leur accorde pas même à quinze. Que j 'aye tort ou raifon , il ne s'agit pas ici d'un article de foi, mais d'une fimple obfervation d'hiftoire naturelle.

Par le même principe , il eft clair que tel homme parvenu jufqu'à la vieillefTe fans croire en Dieu , ne fera pas pour cela privé de fa préfence dans l'autre vie , fi fon aveuglement n'a pas été volontaire, & je dis qu'il ne l'eft pas toujours. Vous en convenez pour les infenfés qu'une maladie prive de leurs facultés fpirituelles, mais non de leur qualité d'homme, ni par conféquent du droit aux bienfaits de leur Créateur. Pourquoi donc n'en pas convenir auffi pour ceux qui, fequeftrés de toute fociété dès leur enfance, auroient mené une vie abfolument fauvage, privés des lumières qu'on n'acquiert que dans le commerce des hommes (72.) ? Car il eft d'une impoffibilité démontrée qu'un pareil fauvage pût jamais élever fes réflexions jufqu'à la connoifTance du vrai Dieu. La raifon nous dit que l'homme n'eft punifTable que par les fautes de fa volonté, & qu'une ignorance invincible ne lui fauroit être imputée à crime. D'où il fuit que devant la juftice éternelle , tout homme qui croiroit , s'il avoit les lumières nécefTaires, eft réputé croire, & qu'il n'y aura d'incrédules punis que ceux dont le cœur fe ferme à la vérité.

GARDONS-NOUS d'annoncer la vérité à ceux qui ne font pas en état de l'entendre , car c'eft y vouloir fubftituer l'erreur. Il vaudroit mieux n'avoir aucune idée de la Divinité que d'en avoir des idées baffes, fantaftiques , injurieufes , indignes d'elle; c'eft un moindre mal de la méconnoître que de l'outrager. J'aimerois mieux , dit le bon Plutarque , qu'on crût qu'il n'y a point de Plutarque au monde , que fi l'on difoit que Plutarque eft injufte, envieux, ja-

(72) Sur l'état naturel de l'efprit humain & fur la lenteur de fes progrès: Voyez la première partie du Dljcoursjur l'Inégalité.

Irai té

Joux, & fi tyran, qu'il exige plus qu'il ne laiffe le pouvoir de faire.

Le grand mal des images difformes de la Divinité qu'on trace dans l'efprit des enfans eft qu'elles y reftent toute leur vie , & qu'ils ne conçoivent plus étant hommes d'autre Dieu que celui des enfans. J'ai vu en Suiffe une bonne & pieufe mère de famille tellement convaincue de cette maxime, qu'elle ne voulut point inftruire fon fils de la religion dans le premier âge , de peur que , content de cette inftruftion groflière, il n'en négligeât une meilleure à l'âge de raifon. Cet enfant n'entendoit jamais parler de Dieu qu'avec recueillement & révérence, & fi-tôt qu'il en vouloit parler lui-même, on lui impofoit filence comme fur un fujet trop fublime& trop grand pour lui. Cette réferve excitoit fa curiofité, & fon amourpropre afpiroit au moment de connoître ce myftère qu'on lui cachoit avec tant de foin. Moins on lui parloit de Dieu, moins on fouffroit qu'il en parlât lui-même, & plus il s'en occupoit : cet enfant voyoit Dieu par-tout; & ce que je craindrois de cet air de myftère indifcrettement affeclé, feroit qu'en allumant trop l'imagination d'un jeune homme , on n'altérât fa tête, & qu'enfin l'on n'en fit un fanatique au lieu d'en faire un croyant.

Mais ne craignons rien de femblable pour mon Emile , qui,' refufant conflamment fon attention a tout ce qui eft au-deffus de fa portée , écoute avec la plus profonde indifférence les chofes qu'il n'entend pas. Il y en a tant fur lefquelles il eft habitué à dire : cela n'eft pas de mon reflbrt, qu'une de plus ne l'embarraffe guères; & quand il commence à s'inquiéter de ces grandes queftions , ce n'eft pas pour les avoir entendu propofer , mais c'eft quand le progrès de fcs lumières porte fes recherches de ce côté-la.

Nous avons vu par quel chemin l'efprit humain cultivé s'approche de ces myfières , & je conviendrai volontiers qu'il n'y parvient naturellement au fuin de la fociété même , que dans un âge plus avancé. Mais comme il y a, dans la même fociété, des caufes

fvi tables, par lefquelles le progrès des pallions eft accéléré, fi l'on n'accéléroit de même le progrès des lumières qui fervent à

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régler ces paffions , c'eft alors qu'on fortiroit véritablement de l'ordre de la nature, & que l'équilibre feroit rompu. Quand on n'eft pas maître de modérer un développement trop rapide , il faut mener avec la même rapidité ceux qui doivent y correspondre, en forte que l'ordre ne foit point interverti, que ce qui doit marcher enfemble ne foit point féparé , & que l'homme, tout entier à tous les momens de fa vie , ne foit pas a tel point par une de fes facultés , & à tel autre point par les autres.

Quelle difficulté je vois s'élever ici ! difficulté d'autant plus grande, qu'elle eft moins dans les chofes que dans la pufillanimité de ceux qui n'ofent la réfoudre : commençons, 2u moins, par ofer la propofer. Un enfant doit être élevé dans la religion de fon père; on lui prouve toujours très-bien que cette religion, quelle qu'elle foit, eft la feule véritable, que toutes les autres ne font qu'extravagance & abfurdité. La force des argumens dépend abfolument, fur ce point, du pays où l'on les propofe. Qu'un Turc, qui trouve le Chriftianifme fi ridicule a Conftantinople , aille voir comment on trouve le Mahométifme à Paris : c'eft fur-tout en matière de religion que l'opinion triomphe. Mais nous qui prétendons fecouer fon joug en toute chofe , nous qui ne voulons rien donner à l'autorité, nous qui ne voulons rien enfeigner à notre Emile qu'il ne pût apprendre de lui-même par tout pays, dans quelle religion l'éleverons-nous? A quelle fecte aggrégerons-nous l'homme de la nature ? La réponfe eft fort fimple, ce me femble ; nous ne l'aggrégerons ni à celle-ci , ni à celle là : mais nous le mettrons en état de choifir celle où le meilleur ufage de fa raifon doit le conduire.

Jnccdo per ignés Suppofitos cineri dolofo.

N'IMPORTE; le zèle & la bonne foi m'ont jufqu'ici tenu lieu de prudence. J'efpère que ces garants ne m'abandonneront point au befoin. Lecteurs , ne craignez pas de moi des précautions indignes d'un ami de la vérité : je n'oublierai jamais ma devife , mais il m'eft trop permis de me défier de mes jugemens. Au lieu

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de vous dire ici de mon chef ce que je penfe , je vous dirai ce que penfoit un homme qui valoir, mieux que moi. Je garantis la vérité des faits qui vont être rapportés; ils font réellement arrivés. à l'auteur du papier que je vais tranfcrire : c'eft a vous de voir fi l'on peut en tirer des réflexions utiles fur le fujet dont il s'agit. Je ne vous propofe point le fentiment d'un autre ou le mien pour règle ; je vous l'offre h examiner.

Fin du Tome premier.

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