‹ Collection Complette Des Œuvres de Mr. de VoltaireChapitre 19 sur 80 · DE C H A R L E M À G N I · texte numérisé non relu

DE C H A R L E M À G N I

tes Parlemens n'avaient d'autre volonté que celle d'un maître qui (avait commander & perfuaier.

Il £t fleurir le commerce , parce qu'il était le maître des mers ; ainli les marchands des côtes de Tofcane & ceux de Marfeille allaient trafiquer à Conihmtinople chez les Chrétiens , & au port d'Alexandrie chez les Mufulmans , qui les recevaient, & dont ils tiraient les richellbs de l'Afie.

Venife & Gcues , fi puiifantes depuis par le négoce , n'attiraient pas encore à elles les richelles des Nations; mais Venife commençait à s'enrichir & à s'agrandir. Rome , Ravenue , Milan, Lyon, Arles, Tours, avaient beaucoup de manufactures d'étoffes de laine. On damafquinait le fer à l'exemple de l'Afie. On fabriquait le verre ; mais les étoffes de foye n'étaient tillues dans aucune ville de l'Empire d'occident.

Les Vénitiens commençaient à les tirer de Conihmtinople ; mais ce ne tilt que près de quatre cent ans après Charkwagne que les Princes Norman s établirent à Palermc une manufacture de foye. Le linge était peu commun. St. Êowiface dans une lettre à un Evèque d'Allemagne, lui mande qu'il lui envoie du drap à longs poils pour le laver les pieds. Probablement ce manque de linge était là caufe de toutes ces maladies de la peau , connues fous le nom de lèpre y fi générées alors ; car les hôpitaux nomnus lèprojh-ies étaient déjà très-nombreux.

La monnoie avait à peu près la même valeur

G a que

ioo Loix et Usages du tems

que celle de l'Empire Romain depuis Conftantm. Le fou d'or était le folidum Komamwu Ce fou d'or équivalait à quarante deniers d'argent. Ces deniers , tantôt plus forts , tantôt plus faibles , pelaient, l'un portant l'autre, trente grains.

Le fou d'or vaudrait aujourdhui en 1740. environ quinze francs , le denier d'argent trente fous de compte.

Il faut toujours , en lifant les hiftoires , fe reifouvenir qu'outre ces monnoics réelles d'or & d'argent , on fe fervait dans le calcul d'une autre dénomination. On s'exprimait fouvent en monnoie de compte , monnoie fi&ice , qui n'était, comme aujourdhui, qu'une manière de compter.

Les Aliatiques & les Grecs comptaient par mines & par talens ; les Romains par grands fefterces , fans qu'il y eût aucune monnoie qui valût un grand fefterce ou un talent.

f La livre numéraire du tems de Charlemagne , était réputée le poids d'une livre d'argent de douze onces. Cette livre fe divifait numériquement , comme aujourdhui , en vingt parties. Il y avait^ à la vérité des fous d'argent femblables à nos écus, dont chacun pefoit la 20 e 22 e ou 24 e partie d'une livre de douze onCes: & ce fou fc divifait , comme le nôtre , en douze deniers. Mais Charlemagne ayant ordonné que le • fou d'argent ferait precifement la 20 e partie de douze onces, on s'accoutuma à regarder dans les comptes numéraires vingt fous comme une livre.

Pendant deux ficelés les monnoics relièrent

fur

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