‹ Collection d'articles, de rapports et de lettresChapitre 11 sur 354 · C4 H2 + II · texte numérisé non relu

C4 H2 + II

les autres [composés énumérés plus haut se forment aussi avec dégagement d'une grande quantité de chaleur ; mais elle n'a pas été mesurée.

IL Décomposition. — La deuxième opération chimique fondamentale, c'est la décomposition ; elle est réciproque avec la combinaison.

Si l'on chauffe l'hydrure d'éthylène, C4 H6, il se décompose en H2 et C4 II4.

Avec C4 H4 Cl2 il y a aussi décomposition, mais en même temps action secondaire entre les produits de la décomposition : de sorte que l'on obtient de l'acide chlorhydrique et un dérivé, C4 H3 Cl.

La décomposition de l'éther chlorhydrique donne pareillement de l'éthylène el de l'acide chlorhydrique :

C4HSC1 = C4II4 + 11 Cl.

La décomposition est donc en général réciproque de la combinaison. Elle est dès lors accompagnée d'une absorption de chaleur, due à l'énergie étrangère employée pour effectuer

la décomposition. Ce sont les énergies calorifiques que l'on emploie le plus souvent pour réaliser les décompositions.

Ainsi, toutes les fois qu'il ne peut s'exercer entre les éléments une réaction secondaire, le corps composé se décompose d'une façon inverse à la combinaison et la décomposition tend à reproduire les éléments composants avec absorption de chaleur.

Ce n'est pas tout : ici interviennent des circonstances spéciales et très dignes d'intérêt. En effet, la décomposition ne s'opère pas d'un seul coup, mais elle a lieu, en général, par degrés successifs, en donnant lieu à des équilibres qui constituent les phénomènes de dissociation.

Expliquons-nous sur ce point. Dans les phénomènes de la chimie interviennent deux sortes d'énergies : les énergies chimiques proprement dites, qui tendent à produire la combinaison, et les énergies calorifiques ou étrangères, qui interviennent pour restituer aux éléments l'énergie perdue, de façon à produire la décomposition. Il se développe souvent un certain équilibre entre ces énergies étrangères et les énergies chimiques qui tendent à réunir les éléments séparés. Cependant c'est un fait général qu'au-dessous d'une certaine température, variable pour chaque corps, les énergies chimiques ont seules une action : la combinaison est totale. Au contraire, au delà d'une autre température, les énergies calorifiques agissent seules ; la décomposition est alors complète. Entre ces deux températures ont lieu les phénomènes d'équilibre qui constituent la dissociation. Nous avons vu déjà des exemples tout à fait caractéristiques de ces équilibres dans l'étude de la chaleur rouge sur les quatre carbures fondamentaux.

III. Substitution. — L'attention sur les phénomènes de substitution a été surtout attirée à propos des combinaisons organiques par M. Dumas vers 1834. Dans la substitution simple les éléments se remplacent les uns les autres.

Prenons, pour exemple, le formène; il n'est pas susceptible d'éprouver des phénomènes de combinaison directe, c'est-à-dire d'addition avec l'hydrogène, le chlore ou les hydracides.

Ainsi le formène el l'hydrogène ne se combinent pas. C'est un fait d'expérience ; on l'exprime en disant que le formène représente la limite de saturation de l'hydrogène pour le carbone. Ces mots : « le carbone est un élément tétratomique » ne sont autre chose que la traduction généralisée du même fait.

Si nous traitons le formène par le chlore, du moment où la combinaison directe n'a pas lieu, nous pouvons concevoir trois cas à priori : ou bien le chlore prendra de l'hydrogène pour donner de l'acide chlorhydrique, en mettant du méthyle C2H3 en liberté

Page 1