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OUVRAGE CONTENAIT 71 I.RAVTRBS SIR ROIS TRAD1TT DE L'ANGLAIS

Par le Dr E, ROGHEFORT t vol. ln-8«, Carionqo a l'anglaise , , , 7 fr.

NTIFI0UE

DE LA FRANGE ET DE L'ÉTRANGER

Directeur : M. Charles Riciiet

3» SÉRIE. — 3e ANNÉE (deuxième semestre).

1er DECEMBRE 1883

PHYSIOLOGIE

MM. PASTEUR ET THU1LLIER

La vaccination du rouget des porcs

à l'aide

du virus mortel atténué de cette maladie (1).

Au moment où je prononce ici pour la première ,fois le nom de Thuillier, depuis la fatale journée du 19 septembre, je tiens à saluer devant cette illustre Compagnie la mémoire de ce vaillant jeune homme, dont la mort est une vraie perte pour la science.

Louis Thuillier était entré dans mon laboratoire après avoir obtenu le premier rang au concours d'agrégation des sciences physiques, à sa sortie de l'École normale.

C'était une nature profondément méditative et silencieuse. Une mâle énergie se dégageait de sa personne; elle a frappé tous ceux qui l'ont connu. D'un labeur infatigable, il était prût pour tous les dévouements. A la fin de l'année 1881, il accepta d'aller passer six semaines en Hongrie pour y répéter, à la demande du gouvernement de ce pays, l'expérience de Pouilly-le-Fort, sur la vaccination charbonneuse. En 1882, il dirigea, en Allemagne, sous les auspices du ministère de l'agriculture de Prusse, une expérience semblable. Ses qualités furent appréciées de telle sorte que le ministre demanda et obtint pour lui la croix de chevalier de la Couronne de Prusse.

Lorsque l'occasion se présenta d'aller étudier le choléra en Egypte, il était à la veille de partir pour le gouvernement de Toula, situé au cenlre de la Russie. Le prince Ouroussoff, sous-gouverneur de la province, avait demandé un de nos

(1) Cette notice a été lue par M. Pasteur à l'Académie des sciences de Paris dans la séance du lundi 20 novembre 1883.

3e 8ÉRII'. — BEVUE SCIENTIFIQUE. — XXX11.

collaborateurs pour faire des éludes sur la peste bovine, fléau si désastreux dans le vaste empire russe.

Au mois de mars 1882, je lui proposai d'aller étudier le rouget du porc dans une localité du déparlement de la Vienne, où cette maladie faisait alors de grands ravages. 11 s'y rendit aussitôt.

Dès les premières lettres que je reçus de lui, de la commune du Peux, dans le département de la Vienne, il devint évident qu'il avait aperçu, dans le sang et les humeurs des porcs morts, un microbe nouveau qui semblait devoir être l'auteur de la maladie. Ce microbe avait échappé à l'observation du docteur Klein, de Londres, au cours d'un long et remarquable travail d'autopsies et d'expériences publié, trois ans auparavant, dans le Recueil de l'office sanitaire anglais. Le docteur Klein avait signalé qu'un microbe était l'auteur du mal, mais en commettant une erreur; car le microbe qu'il a décrit n'est pour rien dans la cause du rouget. Thuillier, par son observation, avait levé la difficulté principale de la connaissance de la maladie du porc. La vérité historique toutefois m'oblige à déclarer qu'en 1882, et également au mois de mars, le microbe du rouget avait été signalé à Chicago, en Amérique, par le professeur Detmers, dans un travail qui fait grand honneur à son auteur. Thuillier n'avait pu avoir connaissance de ce travail et moi-même je n'ai appris son existence que dans ces derniers temps. L'observation du microbe du rouget du porc par Thuillier, date du 15 mars 1882.

Une lois acquise la notion de l'existence d'un microbe dans les porcs atteints de cette maladie, nous avons institue les expériences nécessaires pour reconnaître que ce microbe était bien la véritable cause du mal. L'Académie connaît la méthode qui est souveraine dans ces sortes de constatations. En premier lieu, il faut rechercher un milieu de culture propre à l'organisme microscopique. Le bouillon de veau stérilisé permit de cultiver le microbe. On multiplia

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