M. G. LE BON. — LA CIVILISATION DES ARABES
instructions de la commission internationale. Des observateurs notent plusieurs instants bien définis : contact géométrique, contact des instructions, ligament, goutte noire, filet blanc. Les savants, chargés de la discussion de ces observations, utiliseront toutes ces indications pour obtenir les nombres vrais à employer pour la détermination delà parallaxe solaire. On combinera ensuite, s'il y a lieu, les valeurs obtenues par ce procédé avec celles que l'on détermine par d'autres méthodes, probablement un peu plus précises : observations de Mars en opposition, observations des petites planètes, méthodes de la mécanique céleste, masse de la terre, équation parallactique de la lune, équation lunaire, vitesse de la lumière et constante d'aberration (1).
Nous espérons que tant et de si louables efforts ne seront pas superflus et que les astronomes pourront bientôt considérer comme résolue cette question fondamentale de la parallaxe du soleil, qui fixera pour eux l'unité de mesure des distances célestes.
Pour faciliter la comparaison des observations, nous avons dressé un tableau récapitulatif donnant un résumé des notes et des remarques de chaque observateur. Les heures des mêmes observations effectuées dans une même localité sont parfois très différentes; les pendules ou chronomètres employés se rapportaient, les uns au temps sidéral, les autres au temps moyen (de Paris ou du lieu considéré), et les corrections à faire subir à ces nombres, pour les rendre comparables, ne sont pas toujours suffisamment indiquées dans ces rapports préliminaires. Les intervalles de temps qui s'écoulent entre le premier et le second contact, le deuxième et le troisième, le troisième et le quatrième, serviront de termes de comparaison. (Rappelons que le premier contact désigne le moment où le bord de Vénus devient tangent extérieurement au bord du soleil; le deuxième contact est l'instant où, le disque de la planète paraissant sur celui du soleil, les bords de ces astres deviennent tangents intérieurement; les troisième et quatrième contacts sont analogues. Le premier et le quatrième sont les conlacls externes, moins précis, partant moins importants que les deux autres, qui sont les contacts internes, seuls notés par quelques observateurs.)
Grâce à. l'initiative de M. Dumas, président de la commission internationale et de la commission française du passage de Vénus, toutes les missions ont fait des recherches fructueuses sur différents sujets de physique générale (intensité delà pesanteur, magnétisme) et sur la quantité d'acide carbonique que renferme l'air dans les différentes stations (2). D'après les déterminations effectuées, on peut dire que sous toutes les latitudes, l'acide carbonique est en quantité plus abondante la nuit que le jour. L'hémisphère austral en renferme un peu moins que l'hémisphère boréal, ce qui tient probablement à la grande quantité de glace et d'eau qu'il renferme et à sa température un peu plus basse. Les propor-
(1) Voir dans la Revue scientifique du 9 juillet 1881, les Déterminations de la parallaxe solaire, par M. O. Callandreau.
(2) Voir dans la Revue scientifique du 'Si juin 1883, la note présentée dans la séance du 18 juin par MM. Muntz et Aubin.
tionsfrespectives, déterminées par MM. Muntz et Aubin, sont 2,82 (pour 10 000 volumes) en France et en général dans l'hémisphère nord, 2,71 seulement dans l'hémisphère sud. On voit ainsi que l'acide carbonique renfermé dans l'air s'y trouve en proportion moindre que celle qui est indiquée dans la plupart des traités de chimie, lesquels donnent de quatre à six dix millièmes. Nous avons consacré une colonne de nos tableaux aux déterminations effectuées, et nous indiquons aux observations le nombre de prises d'air qui a servi à fixer la valeur moyenne obtenue.