JANVIER
Paris, 4 janvier 1884.
Ce numéro inaugure la vingt et unième année de la Revue scientifique. Nos lecteurs, en comparant la Revue d'aujourd'hui avec la Revue de 1863 pourront se rendre facilement compte des améliorations successives et progressives qui y ont été introduites.
Primitivement la Revue des cours scientifiques était destinée à donner au public les principales conférences.les cours les plus importants professés dans les Facultés parisiennes ou provinciales, dans les Universités étrangères, au Muséum d'histoire naturelle, au Collège de France.
Mais le cadre a dû s'agrandir. Peu à peu des articles originaux ont pris place parmi les conférences et les cours. En 1871, la Revue scientifique a succédé à la Revue des cours scientifiques, et son volume a doublé. En 1881, une nouvelle augmentation a dû être faite dans le nombre des pages données chaque semaine. Peut-être, contraints par le progrès rapide qui emporte chaque science, serons-nous quelque jour forcés de l'augmenter encore.
Quoi qu'il en soit, dès maintenant nous pouvons donner à nos lecteurs — non assurément dans chaque numéro, tout au moins une fois dans chaque semestre — un exposé plus ou moins complet de l'état actuel de chaque science, grâce à nos revues générales, paraissant périodiquement, sur l'astronomie, l'art militaire, la botanique, la géologie, la physique, la physiologie, l'histoire des sciences, la chimie, l'hygiène, la thérapeutique, la géographie, la zoologie.
D'ailleurs, les sommaires des principaux recueils de mémoires originaux qui portent sur soixante et une publications diverses, et que nous nous efforçons de donner avec une régularité irréprochable, permettent de consulter, avec l'aide de notre seul journal, les tables et les catalogues des
3e SÉRIE. — REVOE SCIENTIFIQUE. — XXXIII.
plus importantes publications savantes de la France et de l'étranger ; et cela, dans le domaine de toutes les sciences.
Nous aurions voulu publier de plus nombreux comptes rendus de Sociétés savantes. Certes, il eût été excellent de présenter à nos lecteurs les faits exposés ou discutés à l'Académie de médecine, aux Sociétés de biologie et d'anthropologie, à l'Académie des sciences de Berlin, de Vienne, à l'Académie des Lincei de Rome, à la Royal Society de Londres, etc. Mais il a fallu se borner.
Nous avons donc du nous restreindre à l'Académie des sciences de Paris. 11 est vrai que nous donnons l'analyse des principales communications, le plus souvent d'après des notes fournies par l'auteur lui-même. Aussi ce résumé, fait avec un soin que tout le monde reconnaît, est-il très exact et comprend-il tous les détails importants. De plus, comme on a pu s'en apercevoir, c'est le samedi matin que paraissent nos Comptes rendus analytiques, alors que les Comptes rendus officiels ne parviennent au public que le dimanche dans la journée.
Quant aux articles originaux qui forment la partie principale et essentielle de ce journal, nous ne saurions attribuer qu'une place très limitée aux données trop techniques; mais nous tâcherons de maintenir le niveau scientifique très élevé qui jusqu'ici a caractérisé notre recueil. — Tout ce qui touche les intérêts de l'enseignement supérieur, tout ce qui intéresse la diffusion des grandes vérités scientifiques contemporaines, tout ce qui relève de la philosophie des sciences, de la physique, de la biologie, de la chimie générales, voilà quel est notre programme.
S'il fallait résumer en un mot les tendances de cette Revue, nous dirions que c'est un journal de vulgarisation /mur les savanls.
ls.
M. PASTEDR. — LA DISSYMÉTRIE MOLECULAIRE.