LA PALÉONTOLOGIE A LONDRES
mesure de garder un certain ordre, impossible avec cetle impétuosité qui est le meilleur moyen de battre l'ennemi. »>
11 nous a paru nécessaire d'entrer dans le détail de cetle discussion pour bien faire ressortir les caractères opposés des deux courants auxquels se laisse aller la cavalerie de nos jours. Il nous semble, en effet, qu'on n'a pas bien compris dans le public la nature du dissentiment.
On a dit que, dans les dépêches diplomatiques, L'originalité la plus accusée « disparait sous l'épais badigeon du style de chancellerie ». Pour nous, tout Chinois ressemble à un autre Chinois; pour un musulman, tout ce qui n'est pas mahométan est infidèle au même titre.
De même, pour le lecteur profane, le règlement de 1876 et celui de 1882 sont à peu près une seule et même chose : dans l'un et dans l'autre, il est parlé de la charge et du combat à pied presque dans les mêmes termes. Comment deux rédactions si comparables ont-elles pu donner lieu à des débats acharnés? Seuls, les gens du métier qui lisent entre les lignes peuvent se l'expliquer. Le rapport présenté au nom du comité de cavalerie par le général de Galliffet au minisire s'exprime ainsi : « Afin de mieux permettre aux troupes de cavalerie de se rendre comple des modifications apportées aux règlements de 1876 et pour que l'on sache bien en quelle haute estime il tient celte œuvre, le comilé vous propose de reproduire intégralement, en tête du règlement revu et complété, le rapport de la commission de 1876. » Cette courtoisie de forme cache un profond dissentiment.
La vieille école n'admet pas qu'il faille rompre avec la tradition. La nouvelle, au contraire, a pour principe que la cavalerie doit avant tout couvrir et renseigner l'armée; mais elle n'a pas voulu borner le rôle de cetle arme au double service d'exploration et de sécurité. Elle a pensé que la vérité n'est pas dans les extrêmes, et elle a consenti à préparer encore la cavalerie pour le combat. « Nos divisions, nos brigades et même nos régiments, dit le rapport précité, né sont pas suffisamment préparés à la tactique de combat. »
Les intransigeants pensent sans doule que c'esl là une concession lâcheuse, que les troupes à deux fins ne sont bonnes à rien, qu'il eût mieux valu renoncer franchement et résolument à ne se battre jamais, comme le réclamait l'opinion publique.
La vieille école, intransigeante elle aussi à sa manière, se trouve êlre, par conséquent, logique. Le parti de la conciliation, lui, ne l'est pas. Aussi tous les honneurs de la discussion sont-ils pour l'éloquence passionnée qui s'est mise au service d'une passé glorieux. Mais l'avenir semble réservé aux idées opposées, si médiocres que se soient montrés leurs avocats. Les ruines ont une grandeur et une poésie que n'ont pas les maisons en construction. 11 n'importe : comme habitation, c'est la maison neuve qu'on choisira.
Tout en rendant pleine justice au plaidoyer vigoureux, convaincu et patriote du «Vétéran» — au contraire de lui — on
peut être porté à croire que la vérité est uniquement dans l'extension du service d'exploration, et que la cavalerie devrait savoir s'en contenter. Assurément elle pourra être appelée à combattre ; mais n'a-t-on pas vu l'artillerie ellemême charger avec ses attelages? Tout est possible, et surtout à la guerre. Ce n'est pourtant pas en prévision des cas exceptionnels qu'il convient d'instruire les troupes. De ce que les escadrons de Pichegru ont pris une flotte, va-t'on admettre qu'il faille préparer notre cavalerie à de pareils fails d'armes? Évidemment non. Que les derniers représentants de la chevalerie se résignent à contre-cœur à déchoir du rang qu'un passé glorieux leur assignait, c'est chose assurément fort concevable; qu'ils s'attachent aux traditions brillantes de leur arme, c'est bien naturel. Mais il est sage aussi de ne pas trop les écouler dans un débat où ils sont juges et parties. Rivaux et divisés entre eux, ils s'entendent plus ou moins pour tenir tête à l'opinion publique. Et peut-être, pour une fois, est-ce la foule qui a raison.
ENSEIGNEMENT DES SCIENCES La paléontologie à Londres.