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M. L. PASTEUR. — NOUVELLES EXPÉRIENCES SUR LA RAGE

sées en partie d'après l'ordre straligraphique; ces collections n'étaient pas \ tildes dans l'ancien British muséum.

Dans une des visites que j'ai faites au nouveau musée, j'ai rencontré sir Richard Owen; je craignais qu'avant tant fait pour créer la collection paléonfologique de Londres, l'illustre vieillard n'éprouvât du chagrin de ne plus être chargé de la diriger. Mais, s'oubliant lui-même pour ne penser qu'aux étranges créatures que son génie a pour ainsi dire ressuscitées, il me sembla vraiment heureux de la magnifique installation qui leur était faite.

Le Muséum du collège des chirurgiens, qui a été administré par sir Richard Owen et ensuite par M. Flower, avant que ces naturalistes soient arrivés au posle de surintendants du British Muséum, a des collections depuis longtemps célèbres dans la science paléontologique. Vous connaissez comme moi la célèbre salle qui renlerme les squelettes entiers du Megalherium, du Mylodon, du Glyplodon et du A/egaceros. Dans la grande galerie qui suit celle du Megalherium, M. Flower a formé une collection ostéologique qui est un trésor pour les études de la paléontologie aussi bien que pour celles de l'anatomie comparée : c'est une collection d'os isolés, également remarquables par leur multitude et le soin avec lequel ils ont été montés. Leur arrangement est un modèle qu'on devrait suivre dans les musées d'histoire naturelle. Ils sont dans de petites armoires entièrement vitrées, posés sur des glaces, de telle sorte que la lumière y pénètre de toute part, et, comme on tourne autour des armoires, chacun peut étudier, sans avoir besoin de recourir à un préparateur pour se faire ouvrir les vitrines. On n'a pas encore désigné le savant qui va être nommé directeur du Musée des chirurgiens en remplacement de M. Flower.

Enfin, parmi les établissements de Londres qui renferment les plus importantes collections de paléontologie, il faut citer le Muséum of practical geology, situé Jermyn Street. Les membres du Geological Survey y ont réuni de nombreuses séries de fossiles qui y sont classés géologiquèment, étages par étages. Les grandes caries géologiques faites en Angleterre, les travaux de Forbes, de Murcbison, de M. Ramsay, de M. Huxley et de plusieurs autres savants ont popularisé le Geological Survey. Le directeur aduel est M. Archihald Geikie; il a remplacé M. Ramsay qui a été nommé sir. 11 est aidé par MM. Rudler, Topley, Newton, etc. M. Warington Smyth, l'éminent secrétaire pour l'étranger de la Société géologique, est inspecteur en chef des mines de la Couronne. La plupart des cours de l'École royale des mines ont été transportés de l'établissement de Jermyn Street à South Kensingtorij très près du nouveau Musée d'histoire naturelle; c'est là notamment que MM. Huxley et Judd donnent leurs leçons.

Telles sont les nouvelles que je peux donner des établissements que je viens de voir à Londres. Mais il y aurait bien d'autres collections qu'on pourrait citer dans cette grande ville où les sciences sont si honorées, et, hors de Londres, il y aurait encore à mentionner plusieurs grands centres d'études, ceux surtout d'Oxford et de Cambridge. En présence de ce merveilleux mouvement paléontolo-

gique que présente l'Angleterre, devons-nous être jaloux? Je ne le pense point, d'abord parce que la jalousie scientifique est un sentiment indigne d'un homme qui aime vraiment la science, et puis parce que la France possède aussi de nombreux et excellents paléontologistes. Ce qui nous manque surtout, ce sont les ressources matérielles. L'Angleterre vient de se construire un immense musée où la paléontologie a une large part. J'espère que la France n'est pas tellement pauvre qu'elle ne puisse aussi faire quelque construction pour loger tant de curieuses créatures qui sont tirées de son sol et avec lesquelles il sera possible d'établir sa plus ancienne histoire. Nos paléontologistes font de leur mieux pour les découvrir ; vous en êtes une bonne preuve, vous, qui avez trouvé le fameux homme fossile de Menton et tant d'autres pièces des temps quaternaires; c'est bien le moins qu'on donne un abri à toutes ces pauvres vieilles créatures que nous avons péniblement ramenées à la lumière, depuis les milliers ou les millions d'années qu'elles gisaient dans les froides pierres. Je souhaite que nos hommes d'État visitent le nouveau musée de Londres; j'espère qu'alors ils voudront que la France, où la science des fossiles a été fondée par Cuvier, ait aussi son musée de paléontologie. La création, dans le Jardin des plantes de Paris, d'un musée, où on pourrait suivre l'histoire du développement de la vie, me semble digne d'intéresser, non seulement les esprits philosophiques préoccupés des questions d'origine, mais aussi tous ceux qui ont à cœur l'honneur de la science française.

Comme un grand musée ne s'improvise pas, je demande seulement pour le moment qu'on nous donne, dans le Jardin des plantes, quelque salle spacieuse où nous puissions réunir nos fossiles les plus curieux pour le grand public, et ceux dont l'étude est la plus indispensable aux travailleurs. Le jour où l'on nous accordera cette salle provisoire, je pense que chacun sera étonné des richesses du vieux monde qu'on a pu réunir dans le Muséum de Paris, malgré les conditions si désavantageuses dans lesquelles la paléontologie a été placée.

AUIERT GaUDRY,

De l'Institut.

MEDECINE Nouvelles expériences sur la rage (1).

Les faits nouveaux que je vais avoir l'honneur de communiquer en mon nom et au nom de mes collaborateurs, MM. Chamberland et Roux, — je pourrais y ajouter le nom de Thuillier qui, avant son départ pour l'Egypte, avait pris part aux expériences — ont tous été obtenus par l'emploi des

(1) Communication faite par M. Pasteur à l'Académie des sciences, dans la séance du 25 février 18S4, en son propre nom et avec collaboration de MM. Chamberland et Roux.

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