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SÉANCE DD 18 FÉVRIER 188A

M. Ch.-V. Zenger : Observations héliophotographiques. — MM. G. Ray et et Salais : Différence de longitude entre Paris et Bordeaux. — M. /'. Charpentier : Détente adiabatique de la vapeur. — M. lierthelot : La loi des modules. — .1/. Gunlz : Le fluorh)-drate de fluorure de potassium. — SI. E. Dnclaux : La constitution du lait. — SI. Edmond Perrier : Lo développement des comatules. — SI. A. hiostratizefî' : Variabilité de concentration et de composition des sources minérales.

Mathéi'atiqoes. — M. A. Genocchi adresse une note d'analyse mathématique sur les diviseurs de certains polynômes et l'existence de certains nombres premiers.

— M. Hermite dépose sur le bureau un travail de M. E. Picard sur certaines substitutions linéaires.

— La note de M. D. André est relative à une équation du degré m qui n'a jamais plus de deux racines réelles.

— M. Maurice Lévy communique un travail de M. Halphen sur une courbe élastique.

Astronomie. — M. l'amiral Mouchez donne communication -à l'Académie des observations de plusieurs petites planètes

faites au grand instrument méridien de l'Observatoire de Paris, pendant les troisième et quatrième trimestres de l'année 1883, par M. Henri Renan.

— M. Cli. V. Zenger adresse, de Prague, un résumé des observations héliophotographiques et des grands mouvements atmosphériques et endogènes. Le travail de l'auteur aurait pour résultat de mettre en évidence une périodicité de dix à treize jours déjà signalée par lui pour les grands mouvements cycloniques des couches élevées de l'atmosphère; il confirmerait l'opinion qui attribue une cause cosmique aux orages, aux aurores boréales et à tous les changements d'équilibre électrique ou magnétique de notre planète.

— MM. G. Rayet et Salais se sont livrés aux observations astronomiques nécessaires à la détermination de la différence de longitude entre Paris et l'Observatoire de Bordeaux (Floirac) pendant les mois d'octobre et novembre 1881. Tandis que la station de Paris avait été placée dans le pavillon méridien de la marine, à l'Observatoire de Montsouris, la station de Bordeaux était établie à 26m,10 dans l'est du cercle méridien de l'Observatoire de Bordeaux. De leurs études, ces deux auteurs pensent qu'il faut adopter pour différence de longitude des piliers de Montsouris et de Bordeaux ll'26",12(i ± 0",008. Le pilier de Montsouris étant de 0",238 à l'ouest du méridien de Cassini, le cercle méridien de l'Observatoire de Bordeaux est à 0"080 à l'ouest du pilier de la longitude. Ainsi la longitude du cercle méridien de l'Observatoire de Bordeaux serait donc 11'26'ViiZi ± 0", 008 à l'ouest du méridien de Paris.

Thermodynamique. — La conclusion du travail de M. Paul Charpentier sur la délente adiabatique de la vapeur d'eau est que tous les efforts des praticiens devraient tendre à obtenir, dans les cylindres, des détentes aussi complètement adiabatiques que possible. C'est le seul moyen, dit-il, dans l'état actuel de la science de récupérer une faible partie de l'énorme perte de chaleur, en attendant d'avoir pu trouver un nouveau mode d'emploi de la vapeur d'eau.

Chimie. — Dans une très courte note, M. Berlhelot ne veut pas revenir soit sur l'historique de la loi des modules, soit sur son degré réel d'approximation pour les sels stables des acides forts, soit sur son peu d'exactitude pour les sels des acides faibles ou des bases faibles, en raison de leur dissociation par l'eau. Ainsi qu'il l'a expliqué expressément en 1873 et qu'il l'a justifié par de nombreuses expériences, tous ces points sont acquis et ne souffrent aucune discussion.

Mais il lui parait utile de montrer, par des chiffres précis, à quel point la loi est en défaut pour les sels solubles de mercure. Ces chiffres, que M. Berthelot reproduit, sont tirés des expériences qu'il a présentées à l'Académie, et ils figurent depuis quelques années dans l'Annuaire du Bureau <lr.< Longitudes.

Différences.

Acide chiot-hydrique et '.' j 4- 4.2

J M ( oxyde de mercure + 9,0 )

Acide bromhydrique et S Potaf se ; + J3/j j , Oi0

J H ' oxyde de mercure + 13,7 )

Acide acétique et j po,a.sse. +«•» I + 10,3

n / iiyuli' de mercure -f- 3,0 i

Acide cyanhydrique et 1 j ,7". ! — 12.6

J J 4 j oxyde de mercure,.... + lo,o 1

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On ne saurait d'ailleurs parler de dissociation sensible pour les chlorure, bromure, cyanure de mercure. On voit, ajoute-t-il en terminant, combien les expériences directes sont nécessaires et quelles erreurs on commettrait en appliquant ici la loi des modules, d'après laquelle on aurait dû obtenir, dans tous les cas, une différence constante et égale à + II, 2.

M. Berthelot dépose ensuite sur le bureau : l°un travail fait en collaboration avec M. Guntz sur les déplacements réciproques entre l'acide fluorhydrique et les autres acides ; 2° une note de M. Guntz intitulée : Recherches sur le fluorhydrate de fluorure de potassium et sur ses états d'équilibre dans les dissolutions. Voici les conclusions de ce dernier travail : Dans une liqueur renfermant équivalents égaux de fluorure de potassium et d'acide fluorhydrique, au degré de dilution envisagé, la dissociation est deux fois aussi avancée que dans un mélange de même concentration renfermant un grand excès de sel neutre, deux fois et demie aussi avancée qu'en présence d'un grand excès d'acide. Ces résultats sont analogues à ceux que M. lierthelot avait obtenus pour l'état du bisulfate de potasse dissous. Ils peuvent servir de même à évaluer les partages de la potasse entre l'acide fluorhydrique et un autre acide mis en présence dans la dissolution.

— M. E. Duclaux fait connaître la nouvelle méthode d'analyse du lait à laquelle l'ont conduit les études récentes qu'il a communiquées naguère à l'Académie. Dans cette méthode il remplace la recherche, vaine et illusoire selon lui, des proportions d'albumine et de lacloprotéine, par le dosage de la portion de caséine filfrable au travers de la porcelaine, qu'il distingue sous le nom de caséine colloïdale, caséine en suspension et caséine dissoute.

Physiologie. — Les recherches de M. Ré m y Saint- Loup sur la fonction pigmentaire des Hirudinées lui ont démontré l'existence chez ces animaux d'une élimination des cellules jaune brun sous forme de substance pigmentaire, l'existence d'une fonction d'excrétion spéciale ou fonction pigmentaire.

Zoologie. — Afin d'arriver à une détermination rigoureuse des diverses parties qui constituent une comatule adulte, M. Edmond Perrier a cherché à établir quelle est l'organisation de l'animal aux trois phases : 1° de cystidé; 2°depentacrine; et 3° de comatule libre, mais non encore adulte. Sa note a pour titre « Sur le développement des comatules » et décrit successivement chacune de ces trois phases.

— Hydrologie. — M. Daubrée présente un mémoire de M. A. lnoslranzeff sut la variabilité de la concentration et de la composition des sources minérales; en voici la conclusion. 11 résulte d'une nombreuse série d'analyses que, dans trois localités différentes, le puits artésien de Saint-Pétersbourg, les sources de Drouskeniki (gouvernement de Grodno) et celle de Tzekhofzinsk (Pologne), on a pu constater des variations quotidiennes de concentration et de composition.

.1/. l'uye : La conférence internationale de Washington pour l'établissement d'un mi-ridien universel. — M. Duclaxa : Action de la présure sur le lait

— M. V. Gayon : Recherches sur la fermentation du fumier. — MM. Jfunij et Aubin : L'acide carbonique de l'air a La baie Orange et à Sauta-Cru*.

— M. Paul Gibier : Recherches expérimentales sur la rage chez les oiseaux.

— M. Cosstm : La mission scientifique française en Tunisie. — Candidature et commission.

Mathématiques. — M. Sylvester envoie un travail sur une théorie des formes algébriques.

Astronomie. — M. Lamel adresse, de Grignon, deux notes : la première est relative à l'observation de la comète Pons- Brooks et sa transformation partiellement observée le 17 janvier dernier; la seconde est relative à une période de lueurs crépusculaires.

— M. Borelli communique ses nouvelles observations de cette même comète à l'Observatoire de Marseille.

— M. Gailletet, conducteur des ponts et chaussées et auteur d'un précédent travail sur les cadrans solaires, donne aujourd'hui une description très soignée d'un cadran solaire universel.

— M. Faye dépose sur le bureau une note de M. Pansiol, sur le calcul de la rotalion des taches du soleil, sur les erreurs à craindre touchant la longitude et les règles à suivre surtout dans le cas d'un pelit nombre d'observations.

Physique du globe. — On sait que, dans la dernière séance, le ministre de l'instruction publique avait communiqué à l'Académie une lettre contenant le désir exprimé par le gouvernement des États-Unis que la France fût représentée par un ou plusieurs délégués — le chiffre en tout cas ne devait pas dépasser trois — à la réunion de la conférence internationale convoquée a Washington, le 1er octobre 1884, pour l'élablissement d'un méridien universel.

Cetle lettre, ayant été renvoyée à une commission composée des membres des sections d'astronomie, de géographie et de navigation, M. Faye donne lecture du rapport fait au nom de celle commission. 11 rappelle fout d'abord que le but de cette conférence est l'adoption : 1° d'une heure universelle pour les télégraphes, les postes, etc.; 2° d'un méridien commun. Or d'après ce qui s'est passé dans la réunion scientifique tenues Rome l'année dernière, il est à peu près certain que les instructions données à presque tous les délégués des gouvernements étrangers seront l'adoption du méridien de Greenvvich. Or la France et l'Angleterre sont les seuls pays qui aient un méridien. 11 y aurait par suite le plus grave inconvénient à laisser l'Anglettrre seule publier désormais toutes les cartes marines, etc. Dans ces conditions la commission décide : 1° que relativement à la question du méridien il y aurait un grave inconvénient pour la France à abandonner le fruit de travaux et de publications séculaires; 2° que, quant à l'heure commune, la question intéressant à la fois les ministères des postes et des télégraphes, de la marine, des travaux publics, ainsi que les administrations des chemins de fer, l'Académie émet le vœu que la commission soit complétée par l'adjonction de membres de ces divers départements, afin de déterminer les instructions à donner aux délégués de la France.

Physique. — M. Cornu présente un travail de M. Seber sur

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la propagation de l'ébranlement des gaz dans un tube cylindrique.

Mécanique. — M. Mondésir qui, au mois de novembre dernier, avait présenté un premier travail relatif à la solution d'un problème de mécanique, en la rattachant à des principes nouveaux, et dont le mémoire avait été renvoyé à la section de mécanique, insiste dans une nouvelle communication sur l'importance de cette question.

— M. Colladon (de Genève) adresse une note sur les principales inventions de M. Lescot, décédé il y a peu de temps dans cette ville, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Homme d'un grand mérite, M. Lescot fut l'inventeur du procédé de perforation mécanique des roches au moyen du diamant.

Chimie. — MM. Berlhelol et Guniz communiquent la suite de leurs importantes recherches de statique chimique sur les déplacements réciproques entre l'acide fluorhydrique et les autres acides.

— M. Raoull adresse un nouveau travail sur l'abaissement du point de congélation des dissolutions alcalines.

— M. E. Duclaux continue ses communications sur le lait par une nouvelle note relative à l'action de la présure sur celte substance. Dans cette note s'appuyant sur les expériences qu'il vient de faire, il réfute la théorie émise par M. Hammarsten (d'Upsal) pour expliquer l'action coagulante

de la présure.

En échange de cette théorie, M. Duclaux donne le tableau des proportions centésimales des matières en suspension et en solution dans le lait et dans le sérum, tableau qui dé-, montre ce fait, dit-il, que malgré l'addition de présure, une partie de la caséine colloïdale du lait, 0,46 pour 100, n'a pas changé d'état et n'a pas passé, comme le reste, à la forme de caséine solide. Il en est toujours ainsi. Il n'arrive jamais que toute la portion coagulable de la caséine du lait se coagule. La portion restée intacte diminue, lorsque la dose de présure augmente, mais elle ne devient nulle dans aucun cas. On retrouve ici un phénomène d'équilibre comme ceux que l'auteur a déjà plusieurs fois signalés dans le courant de ses travaux et qu'on peut, en effet, résumer de la façon suivante : le lait est un système dans lequel les trois formes de la caséine sont en équilibre stable l'une vis-à-vis de l'autre. Cet état d'équilibre peut être Iroublé par l'addition, en quantités infinitésimales, de diverses substances, par exemple, de certains sels minéraux. 11 est aussi très sensible à l'action des diastases. La présure le modifie en faveur de la caséine solide, la caséase en faveur de la caséine dissoute; mais tout se résume toujours en un état d'équilibre nouveau.

La coagulation correspond à la formation lente et régulière, dans une masse liquide, d'un de ces états d'équilibre exigeant la solidification d'une matière dissoute. Quant à aller plus loin et à rechercher pourquoi, dans les laits qui en renferment beaucoup, une partie de la caséine doit se précipiter en présence de la présure, c'est un point qu'aucune théorie n'a encore abordé. La science ne parait pas mûre pour l'étude des causes de la solubilité et de l'insolubilité. Tout ce que j'ai voulu montrer, dit M. Duclaux en terminant, et ce en quoi je m'écarte des solutions proposées jusqu'ici, c'est que l'explication du phénomène de la coagulation ne doit être cherche ni dans les propriétés spécifiques de la présure puisque d'autres corps produisent les mêmes effets, ni dans les propriétés spécifiques de la caséine, puisque d'autres

corps de la chimie se présentent, comme elle, sous les trois états : solide, colloïdal et dissous, et peuvent aussi passer de l'un à l'autre de ces états sous les plus légères influences : tels sont, par exemple, les oxydes de fer. Pour tout dire en un mot, le problème de la coagulation me parait simplement un problème de mécanique moléculaire dont nous avons poussé la solution aussi loin qu'elle peut l'être dans l'état actuel de la science, en le classant à son rang parmi les problèmes de môme nature qui attendent depuis longtemps leur solution.

— M. Pasteur présente le résultat des recherches de M. U. Gayon sur la fermentation du fumier ou plutôt sur les fermentations du fumier frais qui diffèrent tout à fait selon qu'il est exposé à l'air libre ou renfermé dans un espace clos. Dans le premier cas, il est le siège d'oxydations énergiques qui élèvent sa température et produisent de l'acide carbonique ; dans le second cas, il conserve sensiblement sa température initiale et dégage un mélange d'acide carbonique et de protocarbure d'hydrogène ouformène.

La chaleur dégagée par le fumier aéré détermine d'abondantes fumées qui entraînent en pure perte des torrents d'ammoniaque. La masse, devenue ainsi moins humide, cesse de s'oxyder et le thermomètre descend lentement. Si l'on arrose alors la surface, la combustion recommence et la température se relève. On peut reproduire un grand nombre de fois ces oscillations thermométriques jusqu'à ce que, la matière se tassant, l'air ne puisse plus y circuler.

L'examen microscopique montre, même dans les parties les plus échauffées, une multitude d'organismes d'espèces variées : torulas, micrococcus, bacilles, amibes, dont le rôle ne peut être fixé que par des cultures pures.

Le fumier maintenu en vase clos est riche aussi en organismes infiniment petits, mais anaérobies ; par la culture, M. Gayon a pu isoler celui qui, sans aucun doute, provoque le dégagement d'acide carbonique et de protocarbure d'hydrogène, car avec la cellulose pure il donne lieu aux mêmes phénomènes chimiques.

L'auteur rappelle que les caractères principaux et les propriétés de ce ferment forménique ont été signalés d'abord par lui, il y a près d'une année (avril 1883), à la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux, ensuite par M. Pasteur, le 27 juin dernier, dans son rapport à la Société nationale d'agriculture.

— MM. Munlz et Aubin ont déterminé la quantité d'acide carbonique contenue dans les échantillons d'air pris à la baie Orange et à Santa-Cruz pendant le cours de la mission du cap Ilorn et rapportés à Paris. Cette proportion est beaucoup moins abondante que celle que l'on constate dans l'air de nos climats, parce qu'il y a là, ajoute M. Bertrand, une influence de la mer ou une influence de la température.

Physiologie. — M. Bouley présente le résultat des nouvelles recherches expérimentales sur la rage chez les oiseaux, faites, dans son laboratoire du Muséum d'histoire naturelle de Paris, par M. Paul Gibier. L'auteur les a ainsi résumées.

Malgré quelques cas rapportés dans la science, cas très discutables, il est vrai, on n'admet pas aujourd'hui que les oiseaux puissent contracter la rage.

Si l'on s'en tient à l'observation superficielle des phénomènes, l'inoculation de la rage chez les oiseaux ne parait être suivie d'aucun résultat fâcheux pour ceux-ci. Cependant il m'est arrivé d'observer, parmi les oiseaux que j'ai ino-

BIBLIOGRAPHIE

culés, une poule qui'fut atteinte, quinze jours après l'inoculation, d'une paralysie ou plutôt d'une parésie des membres inférieurs et des muscles extenseurs du cou. Au bout de huit jours elle était guérie. Ce fait m'inspira l'idée que les oiseaux contractent peut-être la rage et guérissent. Pour m'assurer du fait, je fis les expériences suivantes.

J'inoculai à un pigeon et à un coq de la matière virulente provenant d'un chien enragé, au moyen d'une aiguille de Pravaz que j'introduisis sous les os du crâne.

Au bout de douze jours chez le pigeon et de vingt jours chez le coq, j'excisai un fragment du cerveau dans lequel le microscope me fit reconnaître le microbe que j'ai décrit dans une communication de juin 1883. J'inoculai cette substance à des rats et à un cochon d'Inde qui moururent avec tous les symptômes de la rage et qui servirent à transmettre cette maladie à d'autres animaux.

Quant aux volatiles à qui j'ai fait subir ces opérations, leur santé ne s'en est pas trouvé altérée; ils vivent encore et vont me servir, dans de nouvelles expériences, à déterminer le moment où la virulence disparaîtra de leur cerveau, c'est-à-dire où ils seront guéris de la rage. J'ai pu constater déjà que la virulence était éteinte vingt-huit jours après l'inoculation chez le pigeon qui a seni dans les expériences notées plus haut.

Ainsi donc, voilà des expériences qui témoignent qu'une maladie, jusqu'à présent réputée incurable, peut guérir spontanément chez une classe d'animaux. N'a-t-on pas le droit d'espérer que si l'on parvient à saisir le déterminisme de ce fait dont on comprendra toute l'importance, on ne soit conduit un jour à une thérapeutique rationnelle de la rage et à sa guérison. C'est une induction qui me paraît légitime.

Médecine — M. Charcot présente un mémoire de M. Mendelsohn (de Saint-Pétersbourg) sur la réaction électrique des nerfs sensitifs de la peau chez les ataxiques.

Botanique. — M. E. Cosson donne lecture d'un résumé des importants travaux accomplis par la mission botanique chargée, en 1883, sous sa haute direction, de l'exploration du nord de la Tunisie. Celte mission se composait de MM. Doumet-Adanson, Letourneux, docteur V. Reboud, docteur Bonnet, Baratte et Clément Duval. Elle a duré du 3 mai au 13 juillet et pendant ce temps elle a pu parcourir près de 1500 kilomètres, soit pour le trajet direct d'un point à un autre, soit pour les excursions autour des centres principaux d'exploration, faisant partout sur son passage d'importantes collections et recueillant une somme de documents d'une véritable valeur scientilique.

De plus, comme M. Cosson a soin de le faire remarquer, la mission de Tunisie n'a pas eu la botanique pour but exclusif; c'est ainsi que M. A. Letourneux s'est livré avec autant de zèle que de succès à la recherche des arachnides et des coléoptères, à celle des mollusques terrestres et fluviatiles ainsi qu'à l'étude des principaux monuments mégalithiques de la région des Ilamada. MM. V. Reboud et Doumet-Adanson ont secondé M. Letourneux dans ses récoltes entomologiques et conchyliologiques. M. Bonnet s'est spécialement occupé de la recherche des orthoptères. M. Doumet-Adanson a pris de nombreuses observations météorologiques et, avec un baromètre Fortin et plusieurs baromètres anéroïdes et holostériques, il a fait la plupart des observations qui ont permis de

déterminer l'altitude dus points pour lesquels celte détermination présente de l'intérêt au point de vue botanique.

En résumé, la flore de la Tunisie, dans l'état actuel des connaissances, comprend environ 1780 espèces. Le nombre des plantes qui, à la fin du siècle dernier, avaient été signalées dans la Régence par Desfontaines et Vahl, les premiers botanistes qui aient exploré le pays, était inférieur à 300. Les collections formées depuis 1850 avaient porté ce nombre à 1/|00. La mission botanique de 1883 a donc, dans son voyage, ajouté 380 espèces — chiffre considérable — au catalogue de la flore tunisienne. Sur ces espèces cinq sont nouvelles pour la science ; mais l'intérêt des recherches de la mission habilement dirigée par M. Cosson consisle bien moins dans le nombre des espèces, nouvelles pour le pays ou pour la science, que dans l'importance des documents recueillis sur la distribution des espèces, dont la plupart ont été vues dans des localités plus ou moins nombreuses.

M. E. Cosson annonce que dès maintenant est dressé le catalogue raisonné de la flore de la Tunisie, donnant le relevé de toutes les localités où les espèces qui la constituent ont été observées, et onze planches, exécutées sous sa direction par M. Cuisin et consacrées à l'illustration d'espèces nouvelles pour la science, sont prêtes pour l'impression.

Nécrologie. — M. Becquerel donne lecture d'une notice sur la vie et les travaux de M. le comte du Moncel, académicien libre, dont nous avons annoncé la mort subite dans notre dernier numéro.

Candidature. — M. le colonel Laussedal prie l'Académie de vouloir bien l'inscrire parmi les candidats à la place devenue vacante dans la section des académiciens libres par suite de la morl de M. Breguet.

Commissions. — L'Académie procède à l'élection des membres de la commission chargée de présenter la liste des candidats à cetle même place.

Sont élus : MM. Bertrand, Jamin, Boussingault, Daubrée, Lalanne et Larrey, M. Rolland étant président de droit.

E. RlVIÈKE.

BIBLIOGRAPHIE

Souiniatre» des principaux recueils de uiéniolres originaux

Archives générales de médecine (décembre 1883). — E. Mathieu : Pseudarthi-ose fibreuse du fémur traitée avec succès par la résection des os. — Alphonse Goix : Contribution à l'élude de la péritonite aiguë sous-ombilicale. — E. Raynal : Cellulite périlendineuse du tendon d'Achille. — J. Comby : Les pleurésies pulsatiles (empyème pulsatile).

— Archives de médecine navale (décembre 1883). — Sir Joseph Fayrer et Joseph Eu art : Du traitement des maladies Iropicales dans les climats tempérés. — .4. Joussct : De l'acclimatement et de l'acclimatation.

— Bulletin de la Société de géographie (4"" trimestre 1SS3). — Paul Neis : Explorations chez les sauvages de l'Indo-Chine, à l'est du Mékong. — Cari liock : Voyage de Bangkok à Xieng-Sen (1881- 1S82). — Général Faidherbe : Notice historique sur le Cayor. — Commandant Gallieni : Mission dans le haut Niger et à Ségou.

— Revue internationale des sciences (1883, n° II, novembre). — De Lanessan: Butlon, ses idées, son rôle dans l'histoire des sciences, son couvre et le développement des sciences naturelles depuis son époque.

CHRONIQUE

— Revue internationale de l'enseignement (1883, n° 12, décembre). — A- Darmesteter : Cours de littérature française du moyen âge et d'histoire de la langue française. — Henri Marion : Cours sur la science de l'éducation. — A. H. : Le recrutement pour les fonctions publiques dans les colonies des Pays-Bas.

— Ri-vue d'ethnographie (n0 S). — Bonvilut : Ruines de la vallée du Sourkhane. — Bertrand : Les premières migrations historiques. — E. von Bary : Senam et tumuli de la côte tripolitaine. — Hamy : Commentaire sur un bas-relief aztèque.

CHRONIQUE

La Société d'unlliropologic de Lyon eu 1883 (I).

Il y a un an, appelé par vos bienveillants suffrages à présider vos réunions, je vous exprimais ma confiance dans l'avenir de notre société ; aujourd'hui, au moment de quitter le fauteuil, c'est le même sentiment que j'éprouve, mais avec plus de vivacité encore par suite des progrès réalisés dans le cours de 1883 pour le développement de notre œuvre. Vous ne me trouverez pas, je l'espère, d'un optimisme exagéré, si vous voulez bien jeter avec moi un coup d'œil en arrière et passer en revue les travaux de l'année.

La vitalité de toute société scientifique s'accuse essentiellement par le nombre et l'importance des communications qu'elle reçoit. Je commencerai donc par vous rappeler les principales parmi celles qui vous ont été faites, et si je ne puis vous en donner pour ainsi dire que l'énumération, je suis convaincu qu'il suffira de la simple mention à laquelle je dois me borner, pour réveiller le souvenir de l'intérêt offert par chacune d'elles.

Notre dévoué et infatigable secrétaire général, M. Chantre, vous a fait part de ses observations sur divers sujets et en particulier sur différents points relatifs à l'histoire des populations qu'il a visitées dans son dernier voyage au Caucase. Ses recherches sur les caractères céphalométriques des Ossèthes, sur les déformations artificielles du crâne chez les Caucasiens actuels et leur influence sur le déplacement des indices céphaliques ; ses études sur la nécropole de Ko ban, sur Belle de Cornelo, qui, de même que les autres nécropoles halstnttiennes d'Esté, en Italie, de Watsch, en Autriche, présente avec celles du Caucase de remarquables rapports mis par lui en lumière, tous ces travaux fournissent de précieux documents pour la solution des problèmes ethnologiques qui y sont abordés. En outre, M. Chantre vous a communiqué les observations anthropométriques prises par lui sur cinq Zoulous de passage à Lyon ; il vous a fait le récit d'une visite au musée d'antiquités de Bologne ; enfin, il vous a entretenus de l'usage, répandu encore aujourd'hui dans plusieurs parties de l'Orient, d'instrumenls agricoles, sortes de herses en silex, dont il a pu mettre sous vos yeux le modèle rapporté par M. Lortet, en 1880 de son voyage en Syrie. A propos de cette dernière communication, M. Didelot. a fait part à la société d'une étude riche d'érudition sur la Tribule chez les anciens.

Les tumulus de Cervingez, dans le Jura, ont fourni à M. Zéphirin Robert le sujet d'une note intéressante qui fait ressortir l'importance de cette nécropole et les rapports qui existent entre les mobiliers funéraires qu'on y trouve et ceux des tumulus de la Franche-Comté, de la Bourgegue et de la Suisse. C'est également en fouillant des nécropoles préhistoriques, dans les Basses-Alpes, que le docteur Ollivier a découvert des objets en bronze qui n'avaient jamais été rencontrés dans cette région, et dont le dessin a été publié dans votre Bulletin.

La société a entendu avec un vif intérêt une étude de M. G. de Mortillet sur les Grecs du bassin du Rhône, d'où il ressort que l'influence de la colonie grecque établie à Marseille au commencement du vi° siècle avant notre ère s'est étendue à une distance assez grande, non seulement sur le littoral mèditerrauéen, mais encore dans l'intérieur des terres.

M. de Milloué vous a fait part d'une découverte intéressante, celle d'un ossuaire datant du dernier âge de la pierre, et mis au jour dans l'exploitation d'une carrière de calcaire à Housson, près de Salindres, dans le Gard. Il vous a présenté en même temps des crânes qui en avaient été rapportés par M. Guimet. De plus, M. de Milloué, à l'oc-

(1) Discours prononcé par M. Sicard, eu quittant la présidence de la société.

casion d'un travail présenté à la Société d'anthropologie de Paris, sur les découvertes faites au Congo, vous a donné lecture d'une lettre adressée par lui à cette société, où il traite des trois âges de la pierre, du bronze et du fer chez les Chinois, avec une compétence rare en pareille matière.

M. Cornevin vous a donné la primeur d'un mémoire important sur les os wormiens de la face chez les animaux domestiques. Cette étude a fourni à son auteur des résultats intéressants, surtout par comparaison avec ce qu'on observe chez l'homme, où la présence d'os wormiens dans la région crânienne est généralement considérée comme un caractère de supériorité. Chez les animaux, au contraire, ces os se développent dans la région faciale et sont moins fréquents dans les races les plus perfectionnées.

M. Lortet a mis sous vos yeux une série de crânes des Syriens actuels, Maronites, Druses, Mitualis, etc., qui présentent un aplatissement remarquable de l'occipital. C'est là une déformation que notre éminent collègue attribue à l'usage où l'on est dans ce pays de placer les enfants à demeure dans un berceau d'où on ne les sort qu'à de rares intervalles, leur tête reposant par sa partie postérieure sur un plan relativement dur contre lequel elle est pressée par une bande d'étoffe qui passe sur le front. Un appareil particulier permet aux enfants de satisfaire certains besoins, tout en gardant la position dans laquelle ils sont immobilisés. La même déformation du crâne a été observée par M. Chantre chez lis habitants du Caucase, qui placent les enfants dans des conditions semblables et font usase d'un berceau à peu près pareil à celui des Syriens. Nous vous souvenez qu'un modèle de cet appareil vous a été présenté.

M. Pierret a commencé devant vous l'exposé de ses recherches sur une question du plus haut intérêt, l'élude des caractères offert^ par les crânes et les cerveaux d'idiots. Ces recherches ont déjà fait l'objet de trois communications qui ne forment que le début d'une série dont la suite nous est promise. M. Pierret a reconnu que certains crânes d'idiots présentaient les caractères normaux de crânes appartenant à des individus bien développés, et il a été amené à rechercher dans la constitution histologique de la substance cérébrale les causes de l'idiotie qui dépendrait, non pas de la quantité, mais bien de la qualité de cette substance. Dans cette voie, notre savant collègue est arrivé à des résultats dont vous avez apprécié toute l'importance.

M. Lacassagne a poursuivi avec l'ardeur et l'autorité qui le distinguent ses recherches sur les rapports de la taille avec les autres proportions du corps humain, et, dans une de nos dernières séances, il a appelé votre attention sur un intéressant problème d'anthropologie appliqué à la médecine légale.

Nous devons à M. Cartailhac deux communications : l'une, sur les mines de silex de l'époque néolithique dans l'Aveyron ; l'autre, sur un crâne portant les traces de deux trépanations et provenant d'un dolmen du même département.

Je dois encore mentionner, messieurs, les travaux dont plusieurs savants étrangers ont fait part à la société.

Un de nos correspondants les plus distingués, le professeur Pigorini, de Rome, vous a communiqué le résultat de ses recherches sur la Terromose de Castione, recherches qui éclairent d'un jour nouveau la nature et le mode de construction de ces stations préhistoriques, comparables sous bien des rapports aux habitations lacustres.

Une communication due à Mu" Miniggio nous a donné le résumé d'un travail publié par M. Brizio, sur la grotte du Farni, découverte en 1871 par l'ingénieur Orsoni, près de Bologne, en Italie. On y a recueilli une riche collection d'objets en pierre, en os et en bronze, ainsi que des poteries qui révèlent quelles furent les mœurs et l'industrie des hommes auxquels cette caverne servit successivement de demeure.

Je voua rappellerai enfin une importante étude sur l'âge de la pierre dans l'Allemagne du Nord par MM. Tichler et Klebs.

Je me borne là, forcé de passer sous silence les présentations qui vous ont été faites par MM. Legrand de Hercej , Charvet, Lesbre, etc., les analyses d'ouvrages, particulièrement celles que vous a données M. de Milloué, les rapports, etc., qui se sont ajoutés aux mémoires originaux. De cet aperçu, quelque sommaire qu'il suit, il résulte que l'année écoulée a été laborieusement et utilement remplie.

Mais l'activité scientifique, quoique constituant la vie propre des sociétés, n'est pas l'unique élément de leur prospérité. Celle-ci est soumise à des conditions d'ordre matériel qu'il n'est pas permis de négliger et dont je vous demande la permission de vous entretenir un instant.

Eh bien, sous ce rapport, dous avons également lieu d'être satisfaits, car les progrès que mon prédécesseur à la président heureux de vous signaler il y a un au se sont continués a\ec une

CHRONIQUE

régularité de bonne augure. Ainsi, depuis le 1" janvier 1883, vous avez admis trente-cinq membres titulaires nouveaux et quatorze correspondants ; c'est là un sérieux accroissement de nos forces qui a aussi pour effet d'améliorer notre situation financière.

Le conseil général du Rhône nous a continué cette année son appui et a accordé à la société une subvention de 300 francs, pour l'encourager dans ses travaux, dont l'assemblée départementale reconnaît ainsi l'importance et l'utilité. De plus, l'Association française pour, l'avancement des sciences nous a alloué 500 francs pour contribuer à l'installation du laboratoire d'anthropologie fondé par M. Chantre, qui, de son côté, a consacré pareille somme au même objet avec une générosité que je suis heureux de rappeler pour lui en témoigner publiquement notre reconnaissance. Ces 500 francs provenaient du prix Godard que lui avait décerné l'Association pour ses travaux en anthropologie, et par le don qu'il en a fait, il a montré à quel point le zèle pour la science est désintéressé.

Ce n'est pas seulement en argent que notre société s'est enrichie. Sa bibliothèque s'est notablement accrue, soit par suite des échanges qu'elle fait de son Bulletin avec des publications diverses, échanges d'autant plus nombreux que ses relations s'étendent davantage, soit par suite de dons, parmi lesquels je citerai celui qu'elle a reçu du ministère de l'instruction publique et qui comprend d'importants ouvrages, comme les Crania ethnica de MM. de Quatrefages et Hamy. Au cours de cette année, votre bureau, s'inspirant des vues du conseil de la société, a poursuivi la réalisation d'une idée qui promet d'être féconde en résultats pour l'avenir ; je veux parler d'une organisation pour l'étude de la démographie dans notre grande cité. L'entreprise était complexe, car, pour être menée à bonne fin, il ne suffisait pas de nos efforts et le concours de l'autorité municipale était indispensable. Ce concours nous a été accordé aussi complet que nous pouvions le désirer par le maire de Lyon, soucieux de favoriser tout ce qui est de nature à constituer un progrès. 11 a mis à la disposition de la société les ressources de l'administration pour remplir le but qu'elle se propose. Aujourd'hui, vous le savez, nous avons une commission de démographie dont le représentant auprès de la municipalité, le docteur Potel, s'est chargé, avec un dévouement auquel je saisis cette occasion de rendre hommage, de la tâche qu'il était particulièrement à même de remplir avec compétence. C'est là une œuvre dont l'importance dans l'avenir n'échappera à personne et qui constituera, j'espère, pour la Société, un titre à l'estime de la population lyonnaise.

Je crois donc, messieurs, comme je vous le disais en commençant, que nous pouvons envisager l'avenir avec confiance. La Société d'anthropologie de Lyon avait sa raison d'être dans un centre comme celui-ci ; c'est pourquoi elle a prospéré. Sa création a été un exemple pour une autre ville de France, pour Bordeaux, où une société semblable vient d'être fondée. C'est que les étudeB anthropologiques prennent une place de plus en plus grande dans les préoccupations du public éclairé, car celui-ci a le sentiment de leur importance pour la solution dos grands problèmes sociaux. Au nom de notre Société, je souhaite la bienvenue à sa jeune sœur de Bordeaux dont l'existence sera une force de plus pour le développement de l'anthropologie en France.

Je m'arrête, messieurs, en m'excusant de vous avoir trop longtemps retenus; mais ce ne sera pas sans donner un regret au départ d'un de nos secrétaires, M. A. Julien, qui, par son dèvouementà la Société comme par ses qualités d'esprit et de cœur, s'était créé parmi nous de nombreuses amitiés.

En terminant, je tiens à vous remercier encore, messieurs et chers collègues, de la bienveillance que vous m'avez témoignée et qui m'a rendue non seulement facile, mais agréable, la tache que j'avais à remplir. Aussi, de cette année pendant laquelle j'ai dirigé vos travaux, je garderai le souvenir le meilleur, avec un sentiment de légitime fierté, pous avoir été honoré de votre confiance et de votre sympathie.

Nouvelles gcoisi-upliiques.

— Nous avons d'intéressantes nouvelles de notre compatriote M. G. Hévoil, bien connu par ses voyages au pays des Somalis. Parti de Zanzibar, M. Réveil était arrivé à Magadaxo, sur la cèle des Somalis, et y avait séjourné plus d'un mois, du 14 mai au 25 juin de l'année dernière. De là il a passé à Illedi, i ur le Ouabbi, et gagné au commencement du mois d'août la ville de Gamme, sur le .lulia. C'est là un fait des plus intéressants ; l'expédition de Decken n'avait pu remonter le Juba qu'à une faible distance en amont de Bordera,

et la ville de Ganane n'avait pas encore été visitée par un voyageur européen.

— Les nouvelles d'Uganda reçues par les Mittheilungen de Gotha vont jusqu'au 1" juillet 1883. La nouvelle de la mort du roi Mtesa ne se confirme toujours pas ; la mission protestante anglaise dit avoir maintenant quelques succès dans le pays, en particulier dans l'enseignement.

— Comme on le sait, la question de colonies à créer se pose quelquefois en Allemagne. Pour éclairer l'opinion sur ce sujet, une société coloniale vient de fonder à Francfort un journal bi-mensuel qui s'intitule Gazette coloniale allemande et se donne un programme assez étendu. Il doit publier des articles sur les diverses colonies des États européens et l'organisation de leurs rapports avec la métropole, sur les établissements des Allemands dans les pays étrangers et en général sur tous les pays non européens. Son but est d'éveiller l'intérêt de l'opinion en Allemagne sur l'importante question des colonies. En annonçant l'apparition de ce journal, les Mittheilungen expriment l'espoir qu'il parvienne avant tout à intéresser à la question le monde des affaires ; avant cela, dit ce journal fort judicieusement, rien de sérieux ne pourr» se faire. Il conviendrait aussi d'apporter la lumière d'une saine critique d>ns toutes les idées bizarres et fantaisistes que les projets de colonisation fout éclore constamment dans les gazettes allemandes.

— Programme de la seconde société de Teyler, a Haablf.m, pour l'année 1884. — La seconde Société de Teyler a résolu de mettre de nouveau la question suivante au concours :

« Fournir une étude critique sur tout ce qui a été dit contre et en faveur de la génération spontanée, surtout depuis les vingt-cinq dernières années. »

La récompense qui sera décernée pour la réponse, qui sera jugée la meilleure, est une médaille en or, d'une valeur intrinsèque de 400 florins, frappée au coin de la société.

Les réponses doivent être écrites en langues hollandaise, française, anglaise ou allemande, lisiblement en écriture anglaise, d'une main autre que celle de l'auteur.

Il faut également que les réponses soient envoyées dans leur entier avant la date fixée; celles qui ne seraient pas envoyées complète? ne pourront être admises au concours d'honneur pour le susdit prix.

Les manuscrits doivent être envoyés au plus lard le 1er avril 1886, afin qu'ils puissent être jugés avant le 1er mai 1 NS7.

Toutes les réponses envoyées au concours restent la propriété de la société, qui insère dans ses ouvrages le traité qui a été couronné, les auteurs ne pouvant publier leur travail sans le consentement de la fondation.

Celle-ci se réserve aussi le droit de faire des ouvrages couronnés tel usage qu'il lui plaira, en citant ou ne citant pas le nom de l'auteur. Dans le dernier cas cependant elle lui en demande l'autorisation. Les copies des écrits qui n'auront pas été couronnés ne seront remis à leurs auteurs qu'à leurs frais.

Les réponses qui seront envoyées ne peuvent être signées, mais devront porter à la place de la signature une devise; elles seront accompagnées d'un billet cacheté portant la même devise et contenant le nom de l'auteur et son adresse, et devront être envoyées à la maison de la fondation de feu M. Teyler van der Hulst, à Haarlem.

— Un nouvel avertisseur d'incendie. — M. G. Racle nous a communiqué la description et le dessin d'un avertisseur d'incendie très simple, très ingénieux et très sûr. Sa sensibilité, que l'on peut régler à volonté, lui permet d'annoncer une élévation de température que l'on peut fixer à l'avance. Il consiste en un appareil de Gay- Lussac pour la dilatation des gaz, dont le tube est recourbé à angle droit. En s'échauffant, le gaz renfermé dans la boule chasse l'index de mercure, qui tombe dans une cavité où aboutissent les conducteurs d'une pile, celle d'une sonnerie électrique, par exemple, qui sonne sans relâche.

— Rectification. — Dans notre chronique précédente, nous avons dit que le diamant sur lequel on avait constaté la phosphorescence était de !)'2 carats. M. Picard nous écrit qu'il est de 30 et non de 92 carats.

Le gérant : Henry Febrari.

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Causerie fiS^^S^STwBBÎe d'un savant par un ignorant. - M. Joseph Reinach : Gambetta orateur.

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SOMMAIRE DU iV 9 DE LA REVUE POLITIQUE ET LITTÉRAIRE

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Le romantisme français. - Caractères généraux de la poésie au six- siècle; Victor Hugo, par II. Eni.lc

lirautz. ... i

En province, étude. — Première partie, par IL Léon Barracand. n,. M

Documents inédits. - Guerre de 1870. — Réponse de la Délégation de Tours au gouvernement de la Défense

nationale a Paris (9 novembre 1870). - Dépêche de Gambetta à Jules Favrc du 22 janvier '1871. flancjpviP littéraire — Comte Paul Vasili : La société de Berlin. — Le P. Didon : Les Allemands. — M. tnaries : Lomor *Règim. -M Henry Havard : L'art dans la maison (Grammaire de l'ameublement). - M. Louis Desprez i

L'évolution matérialiste. — M. Abraham Dreyfus : Un crâne sous une tempête. Bulletin.

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