LA SEMAINE FINANCIÈRE
La semaine qui vient de s'écouler a vu de nombreuses réalisations se produire, et c'est surtout au moment où l'on a appris la conclusion d'un arrangement qui mettait fin à nos difficultés avec la Chine que ces réalisations ont pris de l'importance. De nouvelles couches d'acheteurs d'une consistance douteuse commençaient à envahir le marché. La haute spéculation a vu là un danger qu'il était urgent de conjurer.
Il a paru d'autant plus urgent de réprimer tout excès de zélé, que des troubles d'une certaine gravité viennent de se produire sur le marché de New-York, nous rappelant les difficultés que nous avons éprouvées nous-mêmes au commencement de l'année de 1883. La crise américaine qui sévit en ce moment avec une certaine intensité, et qui parait avoir eu un contre-coup désastreux à Londres et à Amsterdam, a eu pour origine des spéculations imprudentes sur les actions des chemins de fer.
Tout cela a donc arrêté le mouvement ascensionnel qui, depuis plusieurs semaines, avait pris un développement extraordinaire. Mais nous sommes persuadé que ce petit temps d'arrêt sera salutaire.
Déjà môme, à l'heure où nous écrivons, une très sensible amélioration se produit dans les tendances du marché.
Nos rentes en bénéficient assez largement, ainsi que quelques-unes de nos meilleures valeurs de crédit.
La Banque de France, grâce à son bilan de semaine plus* favorable que le précédent, a été très ferme.
Le Crédit Foncier est un peu plus ferme et suit le mouvement général.
La Banque de Paris a été calme, ainsi que le Crédit Lyonnais.
Les autres valeurs ont plus ou moins vr*ié.
Quoique les transactions aient été rares pendant cette semaine sur le marché des chemins français, les cours n'ont rien perdu de leur fermeté précédente.
Contrairement à nos prévisions, la faiblesse de la Société Générale est d'un mauvais augure pour le succès de l'émission des 60,000 obligations du Rio-Tinto qu'elle émet en ce moment. Le Rio-Tinto, qui a coté 890 fr., est aujourd'hui à 437 après être' tombé à 460. Une action qui subit des fluctuations pareilles dénote qu'elle repose sur des bases peu solides et des rendements par trop éventuels.
Les fonds internationaux ont suivi le mouvement de nos fonds d'État.
Le Suez est également moins ferme.
A. Lacroix.
Im Verlage von EMIL STRAUSS in Bonn erscheint :