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ET DE PALÉONTOLOGIE

Sir H. Owcn : Premiers mammifères secondaires découverts dans les couchos triasiqucs do l'Afrique australe ; nouveaux mammifères fossiles d'Australie ; présence des éléphants à l'époque quaternaire dans le nord de la Nouvelle- Hollande. — G.-E. Dobson : Monographie des insectivores (IIe partie). — J. Kober : Études sur la dentition de la taupe d'Europe. — E.-D. Cope : Les crôodontes et leurs rapports avec les insectivores actuels ; nouveau type lémuroide des couches do Puerco. — O.-C. Marsh : Les dinosauriens jurassiques : les sauropodes et les théropodes. — Sograff : Embryologie des myriapodes : divers autres travaux relatifs à l'embryologie. — J. Micklcbo- 7-ough : Les pattes des trilobites. — E. Van Bviiedcn : Embryogénio de la limule ot signification de l'appareil respiratoire dos arachnides. — A. -S. Packard : Homologies dos membres des crustacés et affinités de la lirnulo.

L'événement palcontologique le plus important de l'année 1883 aura été la découverte, dans l'Afrique australe, du premier mammifère secondaire que l'on ait signalé sur ce continent. L'année précédente (1882) nous avait fait connaître le premier mammifère crétacé, découvert par MM. Cope et Wortmann dans les couches lacustres de Laramie.aux États- Unis.

C'est dans les couches triasiques de la colonie du Cap que ce nouveau type mammalogique, désigné par sir Richard Owf.n sous le nom de Tritylodon longœvus, a été trouvé au milieu d'ossements des curieux reptiles qui ont rendu ce gisement célèbre, et que l'on désigne vulgairement sous le nom de tortues à dents, expression qui rend très imparfaitement compte de leurs affinités multiples. L'illustre paléontologiste, que la reconnaissance de la reine d'Angleterre vient d'élever au rang de baronnet, les a décrits sous les noms de Dicynodon tigriceps, Ptychognathus declivis, etc.

Le Tritylodon longœvus, dont le professeur R. Owen a décrit le crâne dans une des dernières séances de la Société royale de Londres (2), appartient bien au type mammalogique que l'on devait s'attendre à rencontrer dans un gisement triasique. Ses molaires trilobées ressemblent à celles du Microlesles du Keupérien de Wurtemberg et du rhétien de Somerset, et à celles du Stereognalhus de l'Oolithe; mais, pas

(1) Ces pages sont extraites d'un livre qui paraîtra prochainement chez Delahaye, sur la phtisie pulmonaire.

(2) Proceedings of tlie Ruytri Society, novembre 1883.

plus que pour ces derniers, on ne trouve sur ce fossile le moindre caractère qui permette de décider s'il a appartenu à un placentaire ou à un didelphe. On peut également le rapprocher des types américains tels que le Meniscoessus crétacé de Laramie et lePolymaslodon éocène,dont M. Cope a donné la description.

M. Gaudry a rapporté, de son récent voyage à Londres, un moule exact de ce précieux fossile, qu'il a mis sous les yeux de l'Académie des sciences, et qui doit être déposé dans la collection paléontologique du Muséum de Paris. Les naturalistes français pourront donc étudier à loisir et par euxmêmes les caractères du Tritylodon longœvus, qui est relativement d'assez grande taille. — Grâce à cette découverte, on connaît aujourd'hui des mammifères secondaires sur trois continents : l'Europe, l'Afrique et l'Amérique du Nord.

L'infatigable travailleur qui nous a fait connaître le Tritylodon, sir R. Owen, malgré son grand âge, ne semble avoir déposé ses fonctions de directeur du Drilish Muséum que pour se consacrer avec une nouvelle ardeur aux recherches paléontologiques qu'il poursuit depuis près d'un demi-siècle. Dans la séance de la Société royale de Londres (1) qui a précédé celle où il a présenté le crâne du Tritylodon, le savant professeur a décrit sous le nom de Sceparnodon Ramsayi un nouveau type de mammifères qui provient du pleistocène de Queensland, dans le nord de l'Australie. D'après la forme de ses incisives, qui sont semblables à celles des rongeurs, le Sceparnodon se rapproche du Wombat (Pltascolomys), mais sa taille égalait celle du tapir. Les caractères microscopiques que présentent l'émail et la dentine de ces incisives ne laissent aucun doute sur les affinités marsupiales de ce type. — L'auteur a décrit en même temps un humérus qui provient des brèches des cavernes de Wellington-Valley, dans le même pays, et qui indiquent la présence, à l'époque quaternaire, sur le continent australien d'un Échidné de très grande taille.

La présence de ces animaux dans le nord de l'Australie n'a rien qui puisse nous surprendre ; mais il n'en est pas de même de celle d'une espèce d'éléphant dont une portion de défense a été trouvée dans un dépôt de sables (Drift) superficiel à Darling Downs (Queensland), et que le professeur Owen a présenté sous le nom de Nolelephas auslralis (2)^ comme le premier indice de la présence ancienne des proboscidiens en Australie.

Cette dernière assertion n'est pas absolument exacte. Les naturalistes français doivent se rappeler que, vers I8/1O, le voyageur et géographe Domény de Rienzi avait rapporté de son voyage en Océanie une mâchoire et des molaires d'éléphants, qu'il figura môme dans le premier volume de son histoire de l'Océanie (publiée dans la collection de l'Univers pittoresque): Mais, à cette époque, comme aujourd'hui encore, cette découverte semblait tellement en contradiction avec les notions acquises sur la faune de l'Australie, qu'elle fut com-

(1) Proceedings, toc. cit., 1J novembre 1883.

(2) Philosophical Transactions, CLXXIII, 1882. p. 777; Proc. Roy. Soc, XXXIII, p. 448.

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plètement négligée par les paléontologistes, ou considérée comme apocryphe. De Rienzi, du reste, n'avait pas les connaissances géologiques nécessaires pour affirmer l'authenticité de ces débris, et ses notes de voyage ne donnaient aucun renseignement précis sur la provenance, ni, à plus forte raison, sur le gisement exact d'où l'on avait retiré ces fossiles. Aujourd'hui que l'attention est de nouveau portée sur ce point, il serait d'un grand intérêt de rechercher les pièces figurées, beaucoup trop grossièrement, par de Rienzi dans le livre que nous avons cité, afin de les décrire de nouveau et de les comparer avec celles qui se trouvent au musée britannique.

Malgré les préjugés qui ont cours à ce sujet dans la science, il n'est pas impossible que la péninsule nord de l'Australie, le Queensland, ait été reliée, à une époque relativement récente, non seulement avec la Nouvelle-Guinée, mais encore avec le sud de l'Asie, par l'entremise des grandes îles de !a Malaisie. On sait que les couches tertiaires sont largement représentées dans ces îles, notamment à Timor, dont la faune actuelle est cependant en partie australienne, puisqu'on y trouve des didelphes du genre phalanger (Cuscus orienlalis). La Nouvelle-Hollande serait, sous ce rapport, avec l'Asie, dans les mômes relations géologiques que l'Afrique avec l'Europe, et l'on sait que l'Australie possède aussi son Sahara ou grand désert intérieur. Cette hypothèse expliquerait facilement la présence des éléphants qui vivent encore à Sumatra à l'état sauvage, et qui à l'époque quaternaire s'étendaient jusqu'au Japon. Deux espèces à'Elephas et deux du genre Stegodon, identiques à celle de l'Inde, ont existé dans l'archipel du Nippon depuis le pliocène jusqu'à une époque relativement récente (1). Cette vaste dispersion du genre éléphant dans le sud et l'est de l'Asie autoriserait encore une autre hypothèse qui n'est peut-être pas la moins rationnelle. L'homme vivait déjà à l'époque du dépôt du Drifl de Darling Downs d'où provient la défense d'éléphant décrite par M. Owen. L'ivoire, et particulièrement l'ivoire fossile, était probablement déjà recherché par lui et pouvait même constituer un objet de commerce. Il est donc permis d'admettre, jusqu'à preuve contraire, que ces débris, de même que ceux rapportés par Rienzi, ont été apportés dans le nord de l'Australie par la main de l'homme.

Ajoutons, pour ne rien oublier, que M. II. Filhol, de son côté, lors de son voyage à l'île Campbell, a trouvé, à la Nouvelle-Calédonie, les débris fossiles d'un « grand pachyderme» (2); mais nous n'avons trouvé nulle part de plus amples renseignements sur cette intéressante trouvaille, que l'on peut rapprocher des précédentes.

Nous venons de recevoir par les soins de l'auteur, M. G.-E. Douson, la 11° partie de sa Monographie des insectivores (3),

(1) Naumann. Palœontoijraphica, XXVIII, p. 1, pi. 1 à 7; Lydekker, Pal. Ind., 10, 2, p. 05.

(2) II. Jouan, les lies du Pacifique, p 35 (Bibliothèque utile).

(3) A Mimograph of the lnsectivora, systcmalk and anatomical, part H, 1883.

dont la Ve partie a été analysée ici même dans une de nos précédentes revues (1). Cette seconde partie, plus considérable que la première, est accompagnée de 14 magnifiques planches (au lieu de 7 que comptait la première) et comprend la description zoologique et anatomique des trois familles des Polamogalidœ, des Chrysochloridce et des Taipidœ. Un appendice à celle des Cenlelidœ, placé en tête de ce fascicule, est consacré au genre Microgale, récemment découvert à Madagascar (1882), et qui n'était pas encore connu à l'époque où l'auteur publiait la première partie de son ouvrage, qui traite de cette famille. Ce genre semble représenter dans cette famille le type des musaraignes (Sorex), et le Microgale longicaudala est particulièrement remarquable par la longueur de sa queue qui dépasse de beaucoup celle de tous les autres mammifères connus; cet appendice n'a pas moins de deux fois la longueur de la tête et du corps de l'animal, et on compte, chez l'adulte, kl vertèbres caudales. Le genre Geogale, qui est du même pays, relie cette famille à la suivante.

Le Polamogale velox, de l'Afrique occidentale, représente à lui seul la famille des Polamogalidœ. Sous beaucoup de rapports, notamment par la conformation des organes de la génération et celle du crâne, ce type se rapproche des précédents [Cenlelidœ). L'absence de clavicules l'éloigné des autres insectivores et semble indiquer une transition vers le type des carnivores.

Les Chlysochloridœ, qui viennent ensuite, se rattachent encore au type des Cenlelidœ malgré leur apparence talpiforme. La dentition est celle des Cenletes, mais la forme du crâne et celle des organes génitaux du mâle les en éloignent davantage, sans indiquer aucune affinité avec les autres familles actuellement connues. « Ces animaux, dit l'auteur (2), que l'on désigne vulgairement sous le nom de Taupes dorées, ne ressemblent aux vrais taupes (Taipidœ) que par leurs habitudes souterraines, car non seulement leur structure interne est essentiellement différente, mais encore les modifications du corps et des membres nécessites par ce genre de vie se sont effectuées d'une manière absolument distincte. C'est ce que l'on voit nettement dans la disposition des membres antérieurs. Pour faciliter l'acte de fouir et la progression dans un espace étroit, ces membres se projettent aussi peu que possible sur les côtés du corps, bien que la longueur normale de l'avant-bras soit conservée et que l'action des muscles sur ce levier garde toute sa puissance. Ce résultat est obtenu chez les vraies taupes : 1° par le changement de position des membres résultant de l'allongement antérieur du manubrium sternal qui entraîne avec lui les clavicules; 2° par le raccourcissement des clavicules qui est ici poussé à sa dernière limite, les membres se trouvant ainsi rapprochés de la partie la plus étroite du corps et articulés en quelque sorte avec le sternum, dont ils ne sont séparés que par une courte clavicule presque carrée. — Dans les chrysochlores, au contraire, le

(1) Revue scientifique, l'r juillet 1882, p. 24.

(2) Loc. cit., p. 108.

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manubrium sternal n'est pas allongé en avant et les clavicules ne sont pas raccourcies; mais le môme résultat final se trouve obtenu par une profonde échancrure de chaque côté des faces antéro-latérales du thorax, les côtes, en ce point, de même que le sternum, étant convexes en dedans, et les longues clavicules ayant leur extrémité saillante en avant, tandis que les dépressions ainsi formées sur les faces inférieures et latérales du thorax servent à loger les bras courts et musculeux. La main, de son côté, au lieu d'être élargie en forme de pelle comme dans les vraies taupes, est comprimée à sa face palmaire avec l'ongle du doigt médian remarquablement allongé et fort, de sorte que celte partie ressemble plutôt à celle des rats-taupes (Spalacidœ). Cette conformation est évidemment en rapport avec l'habitude de creuser dans un sol sablonneux, sec et dur, où la large main nue de la taupe, faite pour creuser dans la terre humide, n'aurait que peu d'effet. » Cette citation montre bien dans quel esprit philosophique élevé ce livre est écrit.

La famille des Talpidœ, la plus importante, sans contredit, de l'ordre des insectivores, occupe plus de la moitié de ce fascicule et n'y est cependant pas complètement traitée. Douze genres, aux formes variées, composent aujourd'hui cette famille qui s'est surtout accrue par les découvertes faites en Mongolie par l'abbé Armand David. Aux genres anciennement connus : Mygale, Condylura, Scalops, Talpa, etc., sont venus s'adjoindre les genres Urotrichtis, Uropsilus, Scaplonyx, Scaptochirus, etc., qui présentent, réalisées par la nature, toutes les modifications que l'on aurait pu concevoir, à priori, pour passer, au moyen des transitions les mieux graduées du type terrestre et fouisseur de la taupe (Talpa), au type aquatique et nageur du desman (Mygale).

La 111° partie de ce livre comprendra la fin des Talpidœ et les deux dernières familles des Soricidœ et des 7mpaidœ.

Ce qui frappe tout d'abord dans l'ouvrage de M. Dobson, c'est l'étendue relativement considérable que l'auteur a donnée à l'étude de la myologie des divers groupes qu'il passe successivement en revue. Près de la moitié du texte et les deux tiers des planches sont consacrés à la description des muscles. Beaucoup de naturalistes trouveront sans doute ce chiffre exagéré et hors de proportion avec les dimensions du livre; ils accuseront l'auteur d'avoir sacrifié la splanchnologie, et surtout l'ostéologie à la myologie. Mais il ne faut pas oublier que les travaux de Hlainville, de Saint-Georges Mivart et d'autres encore n'ont guère laissé qu'à glaner dans le champ de l'ostéologie des insectivores. Les nécessités de la paléontologie nous ont porté à accorder à cette dernière une importance peut-être exagérée, et l'oubli presque complet dans lequel on a laissé la myologie comparée, depuis Cuvier, nous a trop habitué à tenir peu de compte de cette dernière. Mais tout se tient dans la science : la myologie est le complément, la raison d'être, pour ainsi dire, de l'ostéologie, puisqu'elle lui donne seule le relief et la vie. C'est pourquoi nous estimons que M. Dobson a rendu un véritable service à l'anatomie comparée en se lançant dans cette voie inexplorée, qui lui a déjà donné des résultats remarquables.

Ce sont là des matériaux précieux, dont les esprits superficiels peuvent encore méconnaître la valeur, mais qui, soigneusement classés par un naturaliste aussi compétent que M. Dobson, deviendront un jour une mine d'une incomparable richesse pour la philosophie zoologique, cette science si éminemment française, fondée par les Lamarck et les Geoffroy Saint-Hilaire.

Avant de quitter les insectivores, signalons l'étude très complète que M. J. Kober a faite de la taupe d'Europe (1) considérée comme type de cet ordre. La deuxième partie de ce travail (2) qui vient de parallre est consacrée à la dentition de la taupe examinée dans son développement et à tous les âges. Une planche en microphotographie représente, dans une suite de 12 figures à un grossissement de 25 à hO diamètres, les dents de lait et les dénis permanentes de la taupe, aux différentes phases de leur évolution.

Dans notre précédente revue (3) nous avons rendu compte des récentes modifications apportées par M. E.-D. Cope à la classification des Dunolheria, qui comprennent, à titre de sous-ordre, les insectivores actuels. Continuant ses recherches sur ce groupe si intéressant de la classe des mammifères, le savant paléontologiste américain nous donne aujourd'hui une monographie des Créodontes (4), accompagnée de figures dans le texte, dans laquelle il passe successivement en revue les principaux types de ce sous-ordre, aujourd'hui presque complètement éteint. Pour l'auteur, nous l'avons déjà dit, les créodonles sont les ancêtres communs des deux ordres actuels des insectivores et des carnivores, et les Cenletidœ (Tanrecs) môme doivent être considérés comme de véritables créodontes. Les affinités naturelles de ces différents types sont mises en évidence dans le diagramme suivant que M. Cope donne comme un premier essai d'arbre phylogénique commun à la fois aux carnivores et aux insectivores :

iNSECTIVOtU

Carniyora

Talpidœ Potamoijalidœ Miacidœ Oxyœnidœ Chrysochloridœ Cenletidœ Hyœnodonlidœ

Mesonychidœ

Formes mksozoïquk.

Pour M. Cope, les grands créodontes fossiles ne différaient des insectivores actuels que par leur plus grande taille et par

(1) Studien iiber Talpa eureopœa { Verhandl. der Naturf. Gesellsch. in Basel Vit, Ie Heft, 1882).

(2) Loc. cit.. VII, il Heft, 1884, p. 165.

(3) Bévue scientifique, 1"' mira ISSi. p. 276.

(4) The American Naturalisa mars, avril et mai ISSi, p. 255, 344,

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leurs dents plus simples, généralement à trois tubercules. Ils avaient, du reste, les mêmes formes, celles du PotamoQale en particulier, avec une longue et forte queue; tous étaient plantigrades. L'auteur passe successivement en revue et figure les genres Mesonyx (le plus ancien et le plus primitif de la série des vrais créodontes), Amblyctonas, — dont YAplerodon de France ne diffère peut-être pas, — Sarco- Ihrausles, Dissacus, Hycenodon, Lepliclis et Slypolophus ; ces deux derniers peuvent être considérés comme les ancêtres directs des Cenleles actuellement vivants à Madagascar. Viennent ensuite les genres Chriacus, Mioclœnus, Tn'isodon, Diacodon, Dïdelphodus, Deltatherium qui appartiennent à la même famille des Lepticlidœ. Les genres européens Proviverra et Quercitherium appartiennent aussi à cette famille, et le genre Stypolophus est même commun aux deux continents.

Les genres Ictops, Lepliclis et surtout Eslhonyx se rapprochent encore plus des insectivores actuels, et M. Cope n'est pas éloigné de considérer ce dernier, qui est de l'éocène de Wasatch, comme faisant partie de la ligne ancestrale directe des hérissons lEvinaceidœ).

La famille des Oxyœnidœ comprend les genres Palœonyclis, Oxyœna, Protoplalis, Ptcrodon et Thereulherium, dont le second et le troisième seuls sont américains, les autres sont de l'éocène de France. Ce devaient être de grands et puissants carnassiers se rapprochant par leurs proportions des grands carnivores marsupiaux, avec une tête plus grosse, des membres plus courts et une queue plus longue et plus forte que les mêmes parties chez les carnivores placentaires actuels. Tous étaient pentadaetyles et plantigrades. D'après l'examen que M. Cope a fait du type même de lilainville, au Muséum de Paris, le Palœonyclis giganlea n'avait que trois vraies molaires (et non quatre), en outre des quatre prémolaires à talon tuberculeux : les trois tubercules antérieurs sont obtus, tandis qu'ils sont aigus dans Oxyœna. La forme de la carnassière rapproche cette famille des Felidœ, bien que la dent qui s'est développée ainsi dans les deux groupes ne soit probablement pas la même. Mais les métatarsiens ressemblent déjà beaucoup à ceux des carnivores actuels et sont plus forts que ceux des autres créodontes.

La dernière famille, celle des Miacidœ, se rapproche encore davantage des carnivores. Ici la carnassière est bien la même que celle de ces derniers aussi bien par sa position que par sa forme. N'était la forme de l'astragale, qui est franchement créodonte, on pourrait prendre ces animaux pour des Canidœ ou des Viverridœ. Deux genres [Miacis et Didymidis) composent cette famille. Les plus grandes espèces atteignaient la taille du renard.

Un tableau de la distribution géologique des créodontes, qui s'étendent de l'éocène de Puerco jusqu'à l'oligocène de White-River, termine ce mémoire, qui est accompagné de trente figures dans le texte représentant, avec beaucoup de clarté, les débris fossiles qui ont servi de base à ce travail.

Les couches éocènes de Puerco viennent de fournir à

M. Cope le type d'un nouveau genre lémuroïde qu'il décrit sous le nom ai1 Indrodon malaris (I). Ce nom indique les relations que ce type présente, au moins par ses dents, avec Yl/ulri, ou maki à queue courte, de Madagascar, car l'examen des pieds du Pelycodus (qui appartient au même groupe) porte l'auteur à rapprocher ces animaux des tupaïas et des hérissons plutôt que des véritables lémuriens. Ces bunothériens lémuroïdes forment actuellement deux familles {Mixodeclidœ et AnaptomorpHidœ); la première comprend les genres Tricenles, Necrolemur, Mixodecles, Microsyops et Cynodontomys. La seconde ne renferme encore que deux genres : Indrodon et Anaplomorphus.

Le nouveau genre Indrodon a trois incisives supérieures de chaque côté, une canine, deux prémolaires et trois molaires. Par le raccourcissement de sa série dentaire, c'est le genre le plus spécialisé de l'époque de Puerco, tandis que la forme de ses vraies molaires est celle des Créodontes, plus spécialisée que celle de Y Anaplomorphus et des lémuriens en général. Cependant, par la simplicité de ses prémolaires, YIndrodon conserve le caractère général de la faune de Puerco et se montre ainsi comme une forme plus primitive que les autres types que nous venons de citer.

M. O.-C. Maush vient de publier deux nouvelles parties (2) de l'important travail qu'il a consacré à l'étude des dinosauriens jurassiques de l'Amérique du Nord (3). Les six parties précédentes renfermaient la description des deux grandes familles des Allanlosauridœ et des Mososauridœ, qui composent, avec celle des Diplodocidœ, le premier ordre des dinosauriens, celui des Sauuopoda. L'auteur donne aujourd'hui les caractères du genre Diplodocus, qui forme à lui seul une troisième famille, et qu'il convient d'intercaler entre les deux précédentes. 11 décrit successivement le crâne, le cerveau, la mâchoire inférieure, les dents, les vertèbres et la ceinlure pelvienne. Deux espèces sont connues. La plus grande devait avoir de àO à 50 pieds de long. La position des narines indique un genre de vie aquatique, et les dents montrent que ces animaux étaient herbivores et devaient rechercher de préférence les plantes les plus molles. Ces dents sont faibles, rappellent celles des édentés (parmi les mammifères) et permettent de supposer que plusieurs des membres les plus spécialisés du groupe des dinosauriens étaient absolument privés de dents. D'après M. Marsh, les Sauropoda sont, de tous les dinosauriens, ceux qui se rapprochent le plus des crocodiliens, par l'entremise du genre Delodon, qui est du Trias, et du genre A'ctosaurus, qui est de la même formation, mais devra former, sous le nom d'Aèlosauria. un ordre à part, intermédiaire aux dinosauriens et aux crocodiliens.

L'auteur aborde ensuite l'étude des dinosauriens carni-

(1) The American Naturalist, janvier ISSi, p. 69.

(2) The American Journal of science, février et avril 1884, p. 1 L> 1 ^ 329, part. 7 et 8.

(3) Loc. cit., 1878-18S3, t. XVI à XXVI {Principal charavters of American Jurassic Dinosaurs, parties 1 à G).

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vores, qui constituent pour lui l'ordre des Thehopoda. Le type le plus anciennement connu est le Mégalosaure, décrit par Buckland en 1824. Quatre genres représentent cet ordre dans le jurassique de l'Amérique du Nord (Allosaurus, Cœlurus, Labrosaurus et Ceratoscacrus) : M. Marsh en donne les principaux caractères en suivant toujours le même ordre. Les dents sont ici fortes et aiguës.

Le Ceratosaurus nasicornis, dont un squelette presque complet vient d'être découvert, est le type d'une nouvelle famille qui présente un certain nombre de caractères qui n'avaient pas encore été signalés dans le groupe des dinosauriens. Comme son nom l'indique, cet animal portait une grande corne sur le nez ; son bassin a tous les os soudés ensemble comme chez les oiseaux actuels ; ses vertèbres appartiennent à un type nouveau et tout à fait inattendu; enfin il existe des plaques osseuses dermiques qui s'étendent tout le long du dos au-dessus des vertèbres. Ce squelette mesure à peu près dix-sept pieds de long : il provient des Allanlosaurus beds jurassiques du Colorado.

« Les vertèbres cervicales du Ceratosaurus, dit l'auteur, diffèrent complètement des autres types connus chez les reptiles. A l'exception de l'atlas, toutes sont fortement opistbocœliennes, la cupule de l'extrémité postérieure de chaque corps étant exceptionnellement profonde. L'extrémité antérieure, au lieu de présenter une lubérosité correspondante, est parfaitement plate. Les dimensions de cette dernière sont telles, qu'elle pénèlre très peu dans l'intérieur du creux de la vertèbre précédente, où elle se trouve arrêtée par un étroit rebord articulaire qui dépasse à peine sa face plate antérieure. Ce mode particulier d'articulation laisse vide plus des trois quarts de la cupule et ne peut évidemment donner qu'une jointure faible et incomplète.

« La découverte de ce nouveau type de vertèbres montre que les termes d'opisthocœlien et de procœlien, dont on se sert généralement pour décrire le corps des vertèbres, sont inexacts, puisqu'ils ne se rapportent qu'à l'une des deux extrémités, l'autre étant supposée avoir une forme correspondante. Les termes de convexo-concave, concavo-convexe, piano-concave, etc., seraient plus précis et tout aussi euphoniques. »

Les pattes antérieures de tous les théropodes étaient très petites : celles de Y Allosaurus, comparées aux postérieures, rappellent les proportions du kangourou : la queue longue et comprimée devait servir à la natation. Les mains étaient armées d'ongles comprimés formant de véritables griffes. L'étroitesse du sacrum contraste singulièrement avec la largeur de cette môme partie dans les formes herbivores que l'on trouve dans les mêmes gisements, et confirme l'opinion que ces animaux étaient vivipares, comme plusieurs faits connus tendent à le faire supposer. Une autre particularité très remarquable, c'est le large pied qui forme l'extrémité inférieure du pubis. On suppose que cette espèce de support servait à l'animal à s'asseoir en s'accroupissant sur les talons, comme le font les oiseaux de l'ordre des échassiers; certaines empreintes du grès de Connecticut Hiver semblent indiquer la même habitude chez quelques dinosaurieiis triasiques. Dans

cette position, le pied du pubis devait correspondre au centre de gravité du corps, et les pattes ainsi que l'ischion lui permettaient de garder l'équilibre. Ces féroces reptiles bipèdes prenaient peut-être cette attitude lorsqu'ils guettaient leur proie.

M. Marsh divise l'ordre des théropodes en quatre familles : Megalosauridœ, Ceralosaurvlœ, Labrosauridœ et Zanclodonlidœ; cette dernière est du trias; les Megolosauridœ ont vécu jusqu'à l'époque crétacée, les autres sont seulement jurassiques. Deux sous-ordres à part sont constitués par deux autres familles, les Cœluridœ et les Compsognatidœ. De belles planches illustrent les principaux types dont nous venons de parler.

Un naturaliste russe, M. Sograff, a publié dans sa langue maternelle (1) un mémoire étendu sur V Embryologie des Myriapodes chilopodes, dont nous rendons compte ici d'aprèsles extraits en langue allemande et anglaise, publiés par l'auteur lui-même dans le Zoologischer Anzeiger (6 novembre 1882) et dans le Journal of (lie Royal microscopical Society (1883). Les œufs des Geophilus se trouvent sous l'écorce des arbres (G. proximus), ou dans un sol sablonneux (G. ferrugineus), par petites grappes de dix-huit à trentecinq œufs, et sont surveillés et protégés par la femelle. Il est difficile de les conserver en tube ou en boite, attendu qu'ils sont attaqués par des champignons microscopiques. Il est donc nécessaire de retourner chercher de nouveaux matériaux à l'air libre, surtout si l'on veut suivre les œufs dans toutes les phases de développement.

Les œufs du Geophilus ferrugineus sont d'un rouge rubis et transparents : ce sont eux probablement que Metschnikoff a figurés dans ses recherches. Dans l'oviducte, ces œufs sont enveloppés d'une pellicule transparente, qui semble formée par l'union du chorion et de la membrane vitelline. Dans l'ovaire, les œufs sont remplis d'un vitellus qui cache les vésicules germinales et le noyau vitellin; dans un seul cas, l'auteur a vu une masse de protoplasma nucléée, — ce noyau étant fusiforme et présentant une division de sa chromatine en deux groupes de baguettes, — au centre de l'œuf, dérivant probablement de la vésicule germinale. Le noyau et le protoplasma se divisent en un nombre de masses considérables, arrondies ou polygonales au centre, étoilées à la périphérie. Les feuillets vitellins se forment alors, le vitellus prenant la forme de masses pyramidales comme dans les décapodes, et ces masses entraînant à leur sommet des portions de protoplasma. La segmentation n'est pas dichotome : le nombre des pyramides est toujours le même, et la seule différence entre les jeunes et les vieilles pyramides consiste dans la forme plus régulière de ces dernières. La simultanéité d'origine de ces masses n'est pas impossible et s'expliquerait par l'action du protoplasma central attirant à lui le vitellus qui l'entoure. Les masses de protoplasma de ce vitellus se fondent bientôt dans les pyramides qui forment l'endoderme primitif, et les masses du protoplasma central

(1) Une brochure in-4° de 77 pages (Moscou, 18S3), avec des ligures dans le texte, dont plusieurs sont imprimées en trois couleurs.

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viennent à la surface de l'œuf où elles forment l'ectoderme primitif. Chez les chilognates, à en juger par ce qui se passe chez les Polydesmus,l& formation des feuillets vitellins ressemble davantage à celle des crustacés et des arachnides, comme l'a montré Metschnikoff.

Le blastoderme du Geophilus consiste d'abord en larges cellules, pâles et très minces, qui se divisent assez rapidement pour former, en vingt quatre heures, un grand nombre de cellules très petites, plus petites cependant sur un des côtés de l'oeuf : c'est de ce cOté que se montre la ligne primitive, à commencer par son extrémité antérieure, qui développe ses premiers segments et appendices avant que la partie postérieure soit nettement définie. Avant l'apparition de la ligne primitive, le mésoderme se sépare de l'ectoderme divisé en petites cellules, et en même temps les noyaux entourés de protoplasma se dégagent des pyramides vitellines et viennent s'appliquer sur le mésoderme : ces masses semblent dériver du noyau de l'œuf et sont restées jusqu'alors au centre. Le mésoderme, comme la ligne primitive, se développe d'abord en avant. La conversion des pyramides vitellines en endoderme, c'est-à-dire en épithélium intestinal, ne s'opère que lorsque l'embryon est complètement formé : elle commence pendant cette phase que Metschnikoff n'a pas observée et qui coïncide avec la flexion de l'embryon. — Les coupes longitudinales et transversales, qui accompagnent le mémoire original, permettent de se rendre un compte exact des descriptions de l'auteur.

Parmi les nombreux mémoires publiés récemment sur le même sujet et qui se prêtent mal à l'analyse, nous citerons seulement les trois suivants : Recherches sur le développement des Podurelles (Thysanoures), par M. V. Lemoinf. (1); On the Development of OEcanthus niveus, and ils parasite Teleas, par M. Howard Ayers (2) ; Some observations on the embryology ofthe Teleosts, par MM. KiNGSLEYetH. W. Con.n (3).

M. J. Mickleborough a eu la bonne fortune de rencontrer, dans les couches primaires des environs de Cincinnati, la double empreinte d'un Trilobite (Asaphus megistos), dont il nous donne la figure (h), et qui montre très nettement la forme et la disposition des pattes de l'animal.

Directement au-dessous des huit somites du thorax, il y a dix paires de membres articulés, les deux premières paires correspondant exactement aux deux premiers segments thoraciques; ce sont probablement des maxillipèdes, car la bouche devait s'ouvrir à leur base, et par conséquent on doit les considérer comme des organes céphaliques; les huit paires suivantes correspondent parfaitement aux huit somites thoraciques. Le nombre des articles de chaque membre ne peut être indiqué, l'article basilaire n'ayant pas laissé son empreinte sur ce spécimen. La portion la plus saillante et la

(1) Association française pour l'avancement des sciences, 1882, t. X, avec 3 pi. doubles.

(2) Memoirs ofthe Boston Society of natural History, III (ISS't), nu 8, avec 8 pi. dont 2 en couleurs.

(3) Loc. cit., 111, n° 0 (1883), avec 1 pi.

(4) The American Naturalisl, 1S83, p. 1275, pi. 26, 27.

mieux marquée doit être le méropodite qui montre son articulation méro-carpopodite d'une façon irès prononcée. Le carpopodite était aussi long, mais plus mince, et supportait peut-être des appendices natatoires sur son bord postérieur; le propodile est moins long d'un tiers et semble recourbé en arrière; les dactylopodites, mal conservés, ne semblent pas cependant avoir été en forme de pinces, à l'exception de la première paire, qui pourrait avoir eu seule cette conformation; mais l'auteur ne peut rien affirmera ce sujet, l'empreinte de ce membre étant moins nette que les autres. Ces membres sont bien développés et s'étendent depuis la ligne médiane jusqu'aux limites de la carapace. L'exosquelette de ces appendices devait Être d'une substance moins fortement calcaire que celle du bouclier dorsal de l'animal, puisqu'il se conserve généralement beaucoup moins bien ; cependant la forme symétrique des moules laissés par les méropodites ne permet pas de croire que les membres fussent d'une substance molle ou même très flexible.

Le pygidium porte au moins douze paires d'appendices, car il est impossible de compter exactement ceux de l'extrémité postérieure du corps. Ces appendices semblent avoir été foliacés, servant probablement à la fois de branchies et d'organes de natation.

Dans une précédente Revue (1), nous avons rendu compte, à cette même place, des travaux de M. Packard sur la Limule que, contrairement à l'opinion de M. A. Milne-Edwards (2), il persiste à considérer comme un véritable crustacé. M. Edouard van Beneden(3) s'est occupé récemment du même, sujet, et ses recherches, basées sur le développement embryonnaire, l'ont conduit au même résultat que M. Milne- Edwards. Les pœcilopodes sont bien plus rapprochés des arachnides que des crustacés, aussi bien par les phases de leur développement embryonnaire que par l'ensemble de leur organisation interne.

Il convient d'abord de rayer tout ce que M. Packard a avancé, d'après des renseignements incomplets, sur les prétendues larves de limules, à forme de Kuuplius, que von Willemoes Suhrn aurait trouvées, aux Philippines, nageant à la surface de la mer. Il résulte, d'une communication deM.Moseley, que von Willemoes Suhm lui-même a reconnu plus tard que ces prétendues larves de limules n'étaient que des Nauplius de cirrhipèdes. Tout l'échafaudage élevé par M. Packard sur ce seul fait s'écroule donc d'un seul coup.

M. van I>eneden,de son côté, ayant reçu de M. Packard des limules polyphèmes à tous les degrés de développement, a pu comparer ce développement à celui des arachnides. Les premiers stades montrent une analogie frappante entre la limule et les scorpions dont l'embryogénie est connue par

(1) Revue scientifique. 1" juillet 1S82, p. 27.

(2) L'Institut, 1869, p. 210: Annales des sciences naturelles, 1872, 5e série, t. XVII.

(3) Sur la structure et la signification de l'appareil respiratoire des arachnides, — Bulletin scientifique du département du Nord, juilletaoût 1882, p. 299.

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les travaux de Melschnikow. Chez la limule, comme chez le scorpion et les arachnides, on voit apparaître simultanément sur six protozoniles bien séparés, non pas trois, mais six paires d'appendices. Les lamelles respiratoires se rattachent à des appendices abdominaux chez la limule comme chez le scorpion ; mais, tandis qu'elles restent rudimentaires chez celui-ci, elles forment de véritables branchies chez la limule. On est ainsi amené à supposer que les arachnides, y compris les acariens, ne sont que des formes dérivées des scorpionides qui sont eux-mêmes les plus proches voisins des pœcilopodes. Ceux-ci qui se montrentdéjà sous leur forme et avec leur organisation actuelle dans les terrains primaires seraient la souche de tous les arachnides. Les trachéales, au contraire, c'est-à-dire les myriapodes et les insectes, dériveraient des vers annelés par les Protrachéales. Par suite, les trachées des insectes ne seraient pas homologues à celles des arachnides : celles-ci, véritables organes pulmonaires transformés, dériveraient des branchies des limules, tandis que les trachées des insectes auraient pour origine des glandes cutanées.

Dans la classe des arachnides, les organes de la respiration se seraient modifiés de la manière suivante : les poumons des scorpions, représentant les quatre dernières paires de branchies des limules, ont subi une réduction numérique chez les Télyphones et les Tétrapneumones ; la seconde paire s'est transformée en trachées chez les dipneumones, et celles-ci existent seules chez les Phalangides et les Acariens ; enfin les pentastomes ont perdu toute trace d'appareil respiratoire. Les formes de transition que l'on connaît enlre les poumons et les trachées donnent beaucoup de force à cette hypothèse, qui a été récemment reprise et développée par M. Mac Leod dans une note où il identifie morphologiquement les branchies des limules avec les poumons et les trachées des arachnides. De son côté, M. Barrois (1) a montré qu'il existe un stade limuloïde chez une véritable araignée dipneumone, YEpeira diadema.

Dans un article (2) Sur les homologies des nmnbres des crustacés, M. A. -S. Packard trouve l'occasion de revenir sur le même sujet. Pour le naturaliste américain la limule ne peut être qu'un crustacé ; mais, si nous avons bien compris le mémoire de M. van Beneden dont nous venons de donner l'analyse, les deux opinions qui sont la cause de ce débat sont moins irréconciliables qu'elles ne le semblent au premier abord.

Le mémoire de M. Packard est destiné à servir d'introduction à un essai sur les crustacés phyllopodes de l'Amérique du Nord, qui doit paraître dans le douzième Report annuel du Geological and Geoyraphical Survey sous la direction de M. Hayden. Il est accompagné de figures représentant comparativement les membres dans les divers groupes de crustacés et notamment dans les genres vivants ou fossiles : Apus, Limnelis, Moina, Homarus, Nebaha, lÀmulus,Calymene,e\c.

L'auleur insiste plus spécialement sur les rapports qui existent entre Y Apus et la limule d'une part, et entre celle-ci et les trilobites d'après les restaurations de M. Walcott. — L'auteur termine par les considérations suivantes :

« Des changements extrêmes de structure et de. fonction s'observent chez les malacostracés actuels quand on passe des brachyures aux isopodes et aux amphipodes. Il ne faut donc pas s'étonner que des modifications encore plus fondamentales se trouvent dans des formes très anciennes, les Palœocarida dont la limule est le seul survivant. A ceux qui insistent sur les affinités des Merostomala avec les arachnides, je ferai remarquer que les mêmes variations et changements de fonction et de structure s'observent chez les arthropodes trachéates, et que la limule n'en est pas moins un véritable arthropode branchiate, quoiqu'elle présente certaines particularités qui se retrouvent chez les arachnide.-.

« L'étude des phyllopodes et des Phyllocarida tend à confirmer les vues que j'ai exprimées relativement à la nature synthétique et générale des caractères de la limule. J'ai cherché à démontrer ailleurs, en me fondant sur l'étude anatomique faite par M. A. Milne-Edwards, que la limule est un crustacé anormal très éloigné desbranchiopodes; mais il n'y en a pas moins certains points par où elle se rapproche des phyllopodes, et qui avaient déjà été notés à l'époque où O.-F. Mùller comprenait Y Apus dans son genre Limulus. La forme du bord antérieur de la carapace, le bourrelet frontal si bien adapté pour fouiller dans la vase, les rapports de l'hyposlome, la présence des ocelles, le mode suivant lequel s'opère la mue des téguments, voilà pour les ressemblances extérieures entre ces deux genres. A l'intérieur, il faut encore signaler la parlie antérieure de la tête qui contient des lobules du foie, la forme de l'œsophage, oblique, long et étroit, la position de l'estomac sous les yeux dans la parlie froniale de la têle, le ganglion cérébral simple, la forme générale du cœur et enfin les gnathobases que l'on trouve près de la bouche. »

(1) Journal d'anatomie de Robin, 1877, p. 529.

(2) The American Naluralist, octobre 1882, p. 785.

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SÉANCE DU 19 MAI 188/i.

M. Tisserand : Sur le problème dos trois corps. — M. Bigourdan : La planète 236. — M. Pelagaud : Les lueurs crépusculaires à l'île Bourbon. — M. Bouquet de la Grye et M. Dnubrêe : Les lapilli du Kxakatoa à Saint-Paul et à la Réunion. — M. de Tillo : La carte des hauteurs de la Russie d'Europe. — Jlf. Henri Becquerel : Sur un nouvel ampère -mètre optique absolu. — M. Mascnrt : Le congrès polaire international do Vienne. — M Crafts : Les coefficients de dilatation des gaz élémentaires. — M. Ch. Cloez : L'eau minérale de Brucourt (Calvados). — Si. Ville : Action du sulfure de potassium sur le sulfure de Mercure. — M. dot yen ; Une pseudomurphose artificielle de la silice. — M. A. Joly : L'action de l'eau sur les phosphates acides de baryte. — M. L. /{unie : Sur le genre lihopalea. — M. El. Jourdan : Le cerveau de YEuniee Harassti et ses rapports avec l'hypoderme. — M. Ch. Musset : Influence prétendue de la lumière sur la structure anatomique des feuilles de YAlïium ursinum, — M. fi. Cotteau : Les échinides fossiles de la France. — MM. Pasteur, Chamberland el Houx : Sur la rage. — M. Utg. Charpentier : La perception différentielle des couleurs. — M. A. CUauveau : L'atténuation des cultures virulentes par l'oxygène comprimé. — .1/. Deliérain : L'emploi agricole des superphosphates. — .1/. Tisserand : Brassine.

Mathématiques. — M. Boussinesq adresse une note sur le calcul de la vitesse des ondes liquides à la suite de l'éruption du Krakatoa, d'après une formule de Lagrange.

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— M. Tisserand présente une note sur le problème des trois corps, à l'occasion d'un théorème récent de M. Lindstedt ; ce savant avait démontré, en parlant d'un beau mémoire de Lagrange, que les distances mutuelles des trois corps peuvent être représentées par des séries périodiques de quatre arguments variant proportionnellement au temps. En mettant à profit un mémoire célèbre de Jacobi, M. Tisserand a donné une nouvelle démonstration de l'important théorème découvert par M. Lindsledt, et il a pu développer la solution au delà du point où l'avait conduit l'astronome de Dorpat.

Astronomie. — M. Bigourdan fait connaître le résultat de ses observations, à l'Observatoire de Paris, de la planète 236, découverte à Vienne, le 26 avril 188/i, par M. Palisa.

Météorologie. — M. Pelagaud adresse à M. Faye une lettre, datée de Saint-Paul (île Bourbon), le là avril 188Û, qui renferme des renseignements intéressants sur la nouvelle phase dans laquelle semblent entrer les lueurs crépusculaires, phase, dit-il, qu'on pourrait appeler intermittente.

En effet, certains jours, ces lueurs disparaissent presque entièrement, se bornent à une légère phosphorescence, pour, le lendemain, reprendre avec une nouvelle intensité. De plus, leur disposition se modifie. Ainsi c'étaient d'abord trois grandes zones tricolores qui occupaient tout l'occident jusqu'au zénith et étaient séparées parfois entre elles par des bandes de ciel bleu, comme trois larges bandeaux colorés. Aujourd'hui, ce sont de grandes gloires qui s'élancent en flèches séparées et divergentes jusqu'à 50° ou 60°, comme les rayons d'or autour des tètes des statues des saints dans certaines églises, etc. En somme, le phénomène dure de 15 à 20 minutes; puis tout s'éteint graduellement.

L'observation de ces faits, poursuivie avec soin, a conduit M. Pelagaud à les considérer comme un phénomène électrique et non pas comme résultant de la présence de particules solides, tenues en suspension dans les couches supérieures de l'atmosphère depuis plus de six mois.

La lettre de M. Pelagaud nous fait également connaître le rejet, sur toutes les côtes de l'île Bourbon, le 21 mars dernier, d'une masse de lapilli, de pierres ponces de toutes grosseurs qui avaient séjourné fort longtemps dans l'eau, à en juger par les cryptogames et les coquilles qui les recouvraient. Ces ponces, qui formaient un véritable banc, devaient provenir du détroit de la Sonde; elles auraient mis ainsi près de sept mois pour traverser l'océan Indien.

— M. Bouquet de la Grye dépose aussi sur le bureau, de la part de M. Grandidier, des échantillons de pierre ponce qui lui ont été envoyés de Bourbon par M. de Châleauvieux. Ces pierres sont arrivées en rade de Saint-Paul le 22 mars I88/1 ; elles proviennent certainement de l'éruption du Krakatoa, parce que plusieurs capitaines les ont signalées à diverses dates sur la route du détroit de la Sonde.

Le trajet jusqu'à Saint-Paul a été effectué en 20G jours, avec une vitesse moyenne de 0mille,6 par heure.

On a ainsi un élément intéressant et certain de la vitesse du courant alizé dans l'océan Indien. Toutefois ce chiffre doit être moindre que celui qui serait accusé par une pierre isolée. Le brisement des lames, au lieu de donner un supplément de vitesse, a servi à arrondir les angles des pierres, et comme le banc, dans son ensemble, éteignait les lames, les parties antérieures ne pouvaient acquérir une vitesse supérieure.

— M. Daubrée fait remarquer que les ponces du Krakatoa sont extrêmement boursouflées et fortement arrondies par le frottement. La matière amorphe est parsemée de cristaux, en partie visibles à l'œil nu. Il y a des cristaux de feldspath triclinique avec quelques microlithes d'oligoclase, ainsi que depyroxène et d'hypersthène et des grains de fer oxydulé.

Une végétation vert jaunâtre marque la ligne de flottaison des plus grosses ponces et des tubes de spirorbes, qui se sont attachés en très grand nombre à leur surface, ainsi que des serpules.

Après un trajet de 3000 kilomètres, ces ponces sont venues s'associer aux débris volcaniques analogues de l'île de la Réunion. Ce fait doit rendre attentif aux conclusions qu'il est légitime de tirer de la constitution des anciens dépôts volcaniques stratifiés.

Géographie. — Dans sa carte des hauteurs de la Russie d'Europe, M. le général de Tillo s'est efforcé de réunir tous les matériaux hypsométriques existant en Russie : points trigonométriques au nombre de plus de quinze mille; données, fournies par les nivellements de chemins de fer; déterminations barométriques dans les contrées du nord et du nord-est de la Russie d'Europe, etc. Cette carte est à l'échelle de 1/2 320 000.

Physique. — M. Henri Becquerel présente à l'Académie son nouvel ampère-mètre optique absolu, qu'il a déjà proposé à la conférence internationale pour la détermination des unités électriques. Lorsqu'on veut mesurer l'intensité absolue d'un courant électrique, traversant une bobine, par l'action que cette bobine exerce sur un aimant ou sur une autre bobine, on rencontre de grandes difficultés, dont la principale est la détermination exacte des dimensions de l'appareil; aussi a-ton préféré souvent avoir recours à l'électrolyse d'un sel d'argent, le poids d'argent déposé par minute donne une mesure de l'intensité du courant; mais l'opération est très délicate à exécuter avec une grande précision.

La méthode de M. Henri Becquerel ne présente pas les inconvénients des méthodes précédentes; elle consiste à observer la rotation du plan de polarisation d'un rayon lumineux traversant un tube plein de sulfure de carbone, suffisamment long et disposé suivant l'axe d'une bobine parcourue par le courant à mesurer. La seule donnée à déterminer pour l'appareil est le nombre exact des tours du fil de la bobine. Si le tube est indéfiniment long, on démontre que la rotation obtenue est indépendante du diamètre de la bobine et ne dépend que du nombre de tours du fil et de l'intensité du courant. Soit i cette intensité, R la rotation observée, N le nombre de tours du fil de la bobine, et a la rotation des rayons lumineux employés, au travers de l'unité d'épaisseur du sulfure de carbone, à 0U C. dans un champ magnétique

égal à l'unité, on a i = — zz- .

Pratiquement le tube peut être limité à une petite distance de part et d'autre de la bobine; ainsi, pour une bobine de 0ln,05 de diamètre, en s'arrêtant à I mètre de part et d'autre, on ne commet pas une erreur de 0,0001 sur la rotation qui correspondrait à une longueur infinie du tube. Dans ces conditions, avec une bobine de 5000 tours, en faisant passer alternativement le courant dans un sens, puis dans l'autre, on a pour les rayons jaunes D, et à la température de 0°, une rotation de 582' par ampère.

La rotation est du reste proportionnelle à l'intensité du courant. Or on peut facilement faire les mesures à 1' et même 1/2' près, et l'on voit que l'on peut ainsi atteindre une approximation de 1/500 à 1/1000 que ne donnent pas les autres méthodes. En augmentant le nombre de tours de la bobine, on augmentera encore la précision. Si la température du sulfure de carbone est supérieure à 0°, la rotation diminue environ de 0,001 par degré centigrade. La correction peut, du reste, se faire avec une grande exactitude. La précision dépend essentiellement de la perfection avec laquelle a été déterminée la constante a. 11 résulte d'expériences de M. H. Becquerel sur le magnétisme terrestre que ce nombre est voisin de 0',0463. L'auteur s'occupe de déterminer de nouveau ce nombre avec une grande approximation.

Cette méthode, qui a l'avantage de donner des indications instantanées et indépendantes de réchauffement dans les conducteurs parcourus par le courant, parait la plus pratique pour étalonner avec précision les ampère-mètres de divers modèles en usage dans les laboratoires et dans l'industrie. Elle est aussi simple que précise, car elle ne comporte aucune mesure de longueur. Pour chaque appareil il n'y a qu'à compter le nombre des tours du fil de la bobine et à faire une mesure optique identique à celle des polarimètres, dont l'usage est si répandu.

— M. Mascarl adresse une très courte note sur la conférence internationale de Vienne qui vient d'avoir lieu à l'occasion du retour des expéditions météorologiques polaires. On se rappelle que la France y a pris part en envoyant une mission scientifique séjourner pendant une année au cap Horn. M. Mascart annonce à l'Académie que les délégués des divers États qui s'étaient fait représenter dans cette réunion ont décidé d'adopter l'unité proposée par le Congrès des électriciens réuni le mois dernier à Paris.

— M. Friedel présente une note de M. Crafls sur les coefficients de dilatation des gaz élémentaires, qui se termine ainsi : il est probable que l'état le plus simple de la matière se rencontre aux plus hautes températures. Est-ce l'état atomique? ou bien ce qu'on appelle provisoirement l'alome serait-il une combinaison? Est-ce que les corps dits élémentaires se décomposent? Les recherches en thermochimie et en analyses spectrales donneront peut-être la réponse à ces questions ; mais jusqu'à présent les méthodes proposées pour l'interprétation des faits ne paraissent pas assez sûres pour déplacer et encore moins remplacer des conceptions, comme la loi d'Avogadro, ni des classifications comme celles de Gerhardt.

Mécanique. — M. C. Decharme présente un nouveau mémoire sur les expériences d'imitation des anneaux électrochimiques par les courants d'eau continus. Ce travail fait suite à celui qu'il a présenté à la séance du 3 mars dernier.

Chimie. — M. Vulpian présente une note de M Ch. Cloez, intitulée : Analyse de l'eau minérale de Brucourt. Celle source se trouve dans le Calvados, à h kilomètres de la commune de Dives. Ses eaux sont très peu connues, bien que leur découverte remonte à plus de deux siècles. Husner, en 1637, et Lepecq de la Clôture, en 1776, ont fait le plus grand éloge des propriétés thérapeutiques de la fontaine minérale dite de Oives et lui ont assigné un rôle souverain dans la guérison de l'inappétence et des maladies de la peau, dartres, taches de rousseur, etc.

D'après les analyses qu'en a faites M. Cloez, l'eau minérale de Brucourt devrait ses principales propriétés aux sels ferreux, aux sels magnésiens et aux iodures qu'elle contient. Elle renferme, en effet, une grande quantité de sels de magnésie (M. Cloez a trouvé près d'un gramme par litre), et bien que sous ce rapport elle n'approche pas encore des eaux fortement purgatives, comme celle de Pullna, il croit cependant devoir la ranger parmi les eaux sulfatées magnésiennes avec la propriété d'être légèrement laxative. Elle renferme aussi une certaine quantité de bicarbonate de fer et une proportion très sensible d'iodure de magnésium.

— La note de M. A, Ditte, présentée par M. Debray, est relative à l'action du sulfure de potassium sur le sulfure de mercure. Dans ce nouveau travail l'auteur signale les phénomènes intéressants auxquels donnent lieu un grand nombre de sulfures métalliques quand on les met en contact avec des sulfures alcalins.

— U.A.Gorgeu appelle l'attention sur une pseudomorphose artificielle de la silice que l'on obtient en calcinant au contact de l'air les cristaux de fayalite artificielle. Ceux-ci commencent à s'oxyder au rouge sombre. On continue l'application de la chaleur pendant 7 à 8 heures au rouge cerise clair jusqu'à ce que la substance ne change plus de poids; on constate alors une absorption d'oxygène (7,3 à 7, 5 pour 100) qui correspond à peu près à celle (7, 8 pour 100) qu'exige la transformation complète du protoxyde de fer en sesquioxyde.

Après ce grillage, les cristaux de silicate neutre, primitivement transparents et gris, sont devenus opaques etnoirs tout en conservant leur forme. Traités par l'acide chlorhydrique concentré et bouillant, ils laissent insoluble la totalité de la silice, colorée en jaune clair par une très petite quantité de protoxyde de fer.

Une pseudomorphose semblable de la silice peut être obtenue en prenant pour point de départ la knébélite artificielle bien cristallisée.

— Dans une nouvelle note sur la chaleur de formation des sulfites, M. D. Tommasi fait remarquer que M. Berthelot a trouvé pour calories de combinaison des sulfites mono et bipotassiques les valeurs thermiques So3K2 = 196"', 4 et So'KH = 98Cal,9. Or, d'après la loi des constantes thermiques, les sulfites mono et bisodiques devraient avoir pour chaleur de combinaison So3 Na! = 186Cal,2 et So3 Na 11 = 94"',3. Cependant, si l'on compare ces valeurs théoriques avec celles qui ont été obtenues par M. Thomsen il y a quelques années, on observe entre ces valeurs une différence assez considérable :

Calculées. Trouvées.

Sulfite bisodique. . , Sulfite monosodique

Calories.

Calories.

M. Tommasi n'admet pas que l'on en déduise que la loi n'est pas juste parce que dans ce cas, dit-il, c'est le résultat de l'expérience qui est faux et la preuve en est, ajoute-t-il, que M. de Forcrand, ayant tout récemment repris ces déterminations calorimétriques, en évitant certaines causes d'erreur, est arrivé à obtenir les nombres suivants qui sont à peu de chose près les mêmes que ceux prévus par la loi :

Calculés. Trouvés.

Sullile bisodique.

Sulfite uiouosodique

Calories.

Calories

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— M. A. Joly étudie, dans une nouvelle communication, l'action de l'eau sur les phosphates acides de haryte. Lorsqu'on met en présence de l'eau, dit-il, à la température ordinaire, le phosphate acide de baryte HaO, 2 IIO, PhO', ce sel se décompose; il se précipite du phosphate bibarytique 2 lia 0, HO, PhO5, et le liquide, très acide, renferme de la baryte et de l'acide phosphorique. Il se passe là un phénomène analogue à celui que M. Joly a signalé dans une précédente note, tout en s'en distinguant cependant par les limites différentes que l'on observe lorsque, mettant en présence d'un môme poids d'eau des poids croissants de sel, on détermine le rapport vers lequel tendent les poids de base et d'acide contenus dans le liquide qui en résulte.

— M. Maumené adresse un nouveau mémoire sur l'existence du manganèse dans les végétaux.

Zoologie. — M. Alphonse Milne-Edwards présente une note de M. L. Roule sur le genre Rhopalea (ascidies simples), qu'il a d'autant plus facilement étudié au laboratoire de zoologie marine de Marseille que ces ascidies sont très abondantes sur les côtes de cette ville, dans les fonds du pourtour des zostères, dans les sables vaseux charriés par les courants par 25 à 60 mètres de profondeur.

Après avoir décrit leurs caractères distinctifs, M. L. Roule conclut ainsi : Les relations des Rhopalea avec les autres formes d'ascidies sont multiples. Par leur faciès général, elles se rapprochent, il est vrai, des clavelinides; mais on ne peut les placer dans cette famille, car elles ne se reproduisent pas par bourgeonnement et elles possèdent une organisation plus complexe. On doit les classer parmi les phallusiadées et les considérer comme établissant entre les ascidies simples et les ascidies agrégées une liaison étroite. Par leurs viscères, situés en arrière de la branchie, et par un certain nombre de caractères moins importants, elles sont plus voisines des Ciona que des phallusies vraies ; mais elles se rapprochent pourtant de ces dernières par la présence de plis longitudinaux dans la paroi branchiale. Les affinités des Rhopalea sont donc nombreuses et celles-ci forment comme un trait d'union entre plusieurs groupes divers : elles montrent, dans l'agencement de leurs organes, une certaine ressemblance avec les clavelines, tout en étant des ascidies simples très voisines des Ciona et offrent aussi quelques relations avec les phallusies.

— M. Et. Jourdan signale, dans sa communication sur le cerveau de l'Eunice Harassii et ses rapports avec l'hypoderme, les particularités anatomiques qui le caractérisent, particularités qui rappellent l'état du système nerveux des larves des annélides. Les faits principaux qui résultent de ses observations, faites au laboratoire de zoologie marine de Marseille, sont : 1° le mélange intime des cellules épithéliales hypodermiques et de leurs prolongements basilaires avec les cellules et les libres nerveuses, d'où la difficulté de délimiter le cerveau d'une manière nette et certaine; 2° l'absence de tout caractère histologique bien net permettant de distinguer les fibrilles basilaires des cellules hypodermiques des fibres nerveuses.

Botanique. — Quelques botanistes admettent, comme un fait démontré, que, lorsqu'une feuille bifaciale, c'est-à dire à parenchyme hétérogène, se tord ou se recourbe de manière à présenter sa face dorsale à la lumière, la disposition ordinaire des deux couches inférieure et supérieure est ren-

versée : c'est le parenchyme inférieur, devenu supérieur, qui est dense et palissadique, et c'est le parenchyme supérieur, actuellement inférieur, qui est lacuneux et mou. Or des nouvelles recherches que M. Ch. Musset expose dans sa note sur cette influence prétendue de la lumière sur la structure anatomique des feuilles de l'Allium ursinum, L. il résulte qu'il n'y a pas inversion de la structure anatomique sous cette influence, mais la page primitivement éclairée reste telle qu'elle est née, et, par conséquent, le phénomène rentre dans les cas si nombreux de retournement des feuilles que Bonnet a depuis longtemps fait connaître et dont de Mirbel a reconnu toute l'exactitude, même pour le prothalle du Marchaniea polymorpha.

M. Ch. Musset a choisi surtout pour ses observations l'ail des ours parce que cette plante, très abondante dans les environs de Grenoble, est citée parmi celles qui présenteraient l'inversion des tissus en question.

Paléontologie. — M. Hébert présente, au nom de M. G. Cotteau, trois nouveaux et importants mémoires sur lesÉchinides fossiles de la France qui viennent enrichir la paléontologie française d'espèces nouvelles. Ges mémoires sont presque exclusivement consacrés au genre Stomechinus qui, tout en étant représenté à l'époque crétacée, à l'époque tertiaire et dans les mers actuelles, atteint cependant le maximum de son développement dans le système jurassique. Parmi les espèces décrites nous citerons le. Stomechinus germinans, Desor, sur la synonymie duquel les auteurs ont été longtemps en désaccord; le Stomechinus biyranularis, Desor, l'une des espèces les plus caractéristiques de l'oolithe inférieure; le Stomechinus Longuemari, Coiteau, remarquable par sa grande taille et la finesse de ses tubercules; le Stomechinus sulcalus, espèce nouvelle, voisine des Polycyphus et qui sera toujours reconnaissable à ses tubercules, augmentant brusquement de volume à la face inférieure, à sa zone marquée, au milieu, d'un sillon toujours large, profond et lisse; le Stomechinus Gauthier* que sa forme haute et conique distingue de ses congénères.

Une autre série d'espèces du même genre Stomechinus appartenant aux étages balhonien, callovien et corallien est décrite par l'auteur. Une des espèces les plus connues est le Stomechinus serratus (Desor), qui commence à se montrer dans l'étage bajocien et atteint le maximum de son développement dans l'étage bathonien. Parmi les espèces nouvelles, la plus remarquable est sans contredit le Stomechinus fleberli, Cotteau, qu'on rencontre en assez grande abondance dans l'étage callovien d'Etrochey et de Ghàtillon-sur-Seine (Côte-d'Or) et qui sera toujours facilement reconnaissable à sa grande taille, à sa forme hémisphérique, au nombre et à la petitesse de ses tubercules, augmentant à peine de volume à la face inférieure. C'est un type curieux et jusqu'ici parfaitement caractéristique de la zone dans laquelle on le rencontre.

Physiologie. — M. Auij. Charpentier communique le résultat d'une nouvelle série d'expériences faites au laboratoire de physique médicale de Nancy sur la perception différentielle des couleurs. Dans ses premières recherches, il avait étudié l'influence de la couleur sur la perception des différences de clarté, en prenant pour unité d'intensité lumineuse le miniinum perceptible et était ainsi arrivé à la loi suivante : « La perception des différences de clarté est d'autant plus

ACADÉMIE DES SCIENCES DE PARIS

facile que la réfrangibilité des couleurs est moins forte. » Mais ayant démontré l'existence, dans l'appareil visuel, de plusieurs fonctions distinctes, il a repris ces mêmes expériences, sous un nouveau point de vue, choisissant pour terme de comparaison des couleurs, non plus la sensibilité lumineuse, mais bien d'abord la sensibilité chromatique, ensuite la sensibilité visuelle.

Dans le premier cas et suivant la môme méthode, le résultat obtenu a été : « Pour une même intensité chromatique la perception des différences de clarté est la môme pour toutes les couleurs saturées (1). » Dans le second cas, prenant, pour unité d'intensité de chaque couleur, l'intensité nécessaire et suffisante pour distinguer nettement les uns des autres, dans l'obscurité, plusieurs points colorés, égaux et voisins, ses recherches l'ont amené à ce résultat général que : « Pour une égale intensité visuelle, la perception des différences de clarté est la même dans toutes les couleurs. »

Ces deux nouvelles lois se distinguent donc absolument de celle que la comparaison des couleurs sous une même clarté avait donnée à l'auteur. Ainsi, dit M. Aug. Charpentier en terminant, dans l'appréciation de la clarté, la base physiologique varie avec la couleur, et cela dans de très larges limites; au contraire, dans l'appréciation de l'intensité chromatique ou de l'intensité visuelle, la base physiologique est indépendante de la couleur.

— M. Pasteur donne lecture d'une note relative aux expériences qu'il a enlreprises, touchant la prophylaxie de la rage, avec la collaboration de MM. Chamherland et Roux. (Voir plus haut, p. 653.)

— M. Houley présente un nouveau mémoire de M. A. Chauveau intitulé : De l'atténuation des cultures virulentes par l'oxygène comprimé.

Dans cette importante étude, l'auteur rend compte des nouvelles expériences qu'il a entreprises en inoculant au mouton les cultures réunies du bacille du sang de rate dans l'oxygène comprimé. C'est ainsi qu'il est parvenu à constater — toutes choses égales d'ailleurs, au point de vue de la qualité de la semence, de la qualité et de la quantité du bouillon employé pour les cultures, de la température, du temps — qu'une légère augmentation de la tension de l'oxygène avive la virulence de ces cultures, aussi bien pour le mouton que pour le cobaye. Mais une augmentation plus forte de cette tension n'accroît plus la virulence que pour le cobaye et la diminue au contraire un peu pour le mouton. Enfin, avec une tension plus rapprochée encore de celle qui entraine l'arrêt de tout développement dans les cultures, il a obtenu des spores qui, tout en tuant encore les cobayes à peu près aussi vite que le virus charbonneux ordinaire, peuvent être inoculées impunément à tous les moutons. Ces derniers éprouvent seulement alors des troubles passagers plus ou moins accentués, c'est-à-dire du malaise, une certaine élévation de température qui, chez quelques-uns, peut aller jusqu'à lt'2" 5. Mais tous reviennent aussi en quelques jours aux conditions physiologiques. M. Chauveau ajoute que l'immunité communiquée aux sujets inoculés une seule fois avec ces cultures atténuées est aussi parfaite que possible. Réinoculés plusieurs fois, dit-il, avec du virus fort qui tuait en trente-six heures tous les moutons témoins, ces sujets

(I) Les expériences de l'auteur ont porté, comme couleur, sur le rouge, le jaune, le vert et le bleu.

ont tous résisté, aucun même n'a été sensiblement malade, après les réinoculalions.

Il a encore constaté, dans cette série d'études, un autre fait fort important. Ces cultures, dont l'atténuation est si sûre qu'elles ne font périr aucun mouton et l'activité si grande qu'elles confèrent l'immunité la plus solide, jouissent encore d'un autre très grand avantage, celui de conserver cette activité pendant plusieurs mois. Ainsi M. Chauveau possède des liquides de cultures, dont l'inoculation, après six, dix et même quinze semaines, engendre aussi sûrement l'immunité qu'au moment même de leur préparation ; ces liquides ont, du reste, conservé de même leur aptitude à tuer le cobaye adulte en trente-six, quarante heures. Enfin il a pu constater que l'inoculation des liquides de cultures atténuées par l'oxygène comprimé est encore plus innocente et tout aussi efficace sur le bœuf que sur le mouton.

En résumé, les nouveaux faits découverts par l'auteur autorisent de grandes espérances relativement aux applications pratiques de l'emploi de l'oxygène comprimé comme méthode générale d'atténuation des virus. Il espère que ses études ultérieures l'amèneront à déterminer bientôt les conditions à l'aide desquelles on pourra — sans embarras — ■ rendre usuelle la fabrication du virus si précieusement atténué qu'il n'a obtenu jusqu'à présent qu'en très petite quantité dans des expériences de laboratoire.

Agriculture. — A propos d'une communication intéressante de M. Le Chartier sur l'état de l'acide phosphorique dans les roches de lîretagne, M. Dehérain rappelle à l'Académie les travaux qu'il a exécutés sur l'emploi agricole des superphosphates au champ d'expériences de l'école de Orignon, il y a déjà quelques années.

Ces engrais n'y exercent aucune action ; pour en saisir la raison, M Dehérain a cherché, au moyen de l'acide acétique qui ne dissout que les phosphates de protoxyde et laisse à l'état insoluble l'acide phosphorique combiné aux sesquioxydes, à quelles bases était uni l'acide phosphorique du sol de Grignon; il y a trouvé d'un tiers à un quart de l'acide phosphorique total, soluble dans les acides faibles, comme l'acide acétique ou même l'acide carbonique qui se produit constamment dans le sol par combustion lente. Il a ainsi expliqué comment les superphosphates n'exerçaient pas d'influence sur le sol étudié.

En examinant un grand nombre d'autres terres très variées, M. Dehérain y a toujours trouvé une fraction importante de l'acide phosphorique à l'état soluble soit dans l'acide acétique, soit dans le citrate d'ammoniaque, ce qui fait comprendre comment, avec de simples fumures ou du Tumier de ferme, elles peuvent soutenir la végétation sans qu'on soit obligé de faire la dépense d'engrais phosphatés.

Dans quelles conditions convient-il donc de les employer? En s'appuyant sur des analyses et des cultures sur les sols des landes de Bretagne, M. Dehérain estime que, lorsqu'une terre ne contient pas 0sr,5 d'acide phosphorique par kilogramme, il est avantageux de lui donner des engrais phosphatés. Telle serait la limite inférieure au-dessous de laquelle les phosphates ont de grandes chances de réussir.

Pour fixer la limite supérieure au-dessus de laquelle ils deviennent inutiles, il convient non seulement de déterminer la quantité d'acide phosphorique contenue dans un kilogramme de terre, mais en outre de calculer, d'après l'épaisseur de celle-ci, quel est le poids total d'acide phosphorique

BIBLIOGRAPHIE

contenu dans le sol d'un hectare. En effet, l'auteur rapporte une expérience exécutée par M. Nantier sur un sol du département de la Somme, où les phosphates réussissent, bien qu'on en trouve plus de 2 grammes par kilogramme. Cela tient à ce que l'épaisseur de cette terre est très faible et que la quantité totale que le sol renferme n'atteindra pas 3000 kilogrammes par hectare. M. Dehérain fixerait à ZiOOO kilogrammes la quantité minima d'acide phosphorique au-dessus de laquelle les engrais phosphatés cesseraient d'ôlre utiles, en y joignant cette condition qu'une partie de cet acide y soit à l'état soluble dans les acides faibles.

L'étude chimique des sols, fortifiée des expériences directes de culture, présente d'autant plus d'intérêt que c'est de la composition des sols qu'il faut déduire la nature des engrais à employer, puisque, d'après l'auteur, pour qu'une matière serve d'engrais sur un sol déterminé, il faut qu'elle remplisse deux conditions : d'abord, être partiellement soluble dans l'eau et, en outre, faire défaut dans le sol où on l'emploie, l'engrais, d'après M. Dehérain, étant la matière utile à la plante qui manque au sol.

Nécrologie. — En annonçant à l'Académie la mort de M. Brassinne, décédé à Toulouse le 20 avril 1884. M. Tisserand rappelle quelques-uns des travaux qui avaient fait à ce savant une réputation méritée.

On doit à M. Brassinne des mémoires intéressants sur des questions d'algèbre et de mécanique, et un précis, justement estimé, des œuvres mathématiques de Fermât et de l'arithmétique de Diophante ; comme professeur à l'École d'artillerie de Toulouse, il avait été conduit à des recherches importantes sur la balistique.

M. Brassinne avait suivi pendant quelques années, à Paris, les cours de Sturm et y avait puisé une ardeur pour l'étude des mathématiques, qui ne s'est jamais démentie. M. Brassine était un grand admirateur de la mécanique analyiique de Lagrange; il avait une connaissance approfondie des « principes » de Newton et de la mécanique céleste de Laplace.

A Toulouse, où sa longue carrière s'est écoulée presque tout entière, M. Brassinne était entouré de l'estime publique et aimé de tous ceux qui avaient été à même de le connaître et de l'apprécier.

E. Rivière.

BIBLIOGRAPHIE

Sommaires des principaux recueils de mémoires originaux

Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris (t. Vil, fascicule 1er, de janvier à mars 1884). — G. de M or tille t : Crâne de la race de Néanderthal. — Gaillard : Le cimetière celtique de l'Ile de Thinic à Portivy, par Saint-Pierre-Quiberon. — Delioux : Les Viens-Viens. — Verrier : Anomalies placentaires. — l.aburde : Les centres fonctionnels du système nerveux et particulièrement des centres cérébraux au point de vue de la différence physiologique ou fonctionnelle de l'homme. ■ — Sanson : Sur les équidés quaternaires.

— Montano : Sur les races des Philippines. — liéjou : L'atelier de Moulin-de-Vent, dans le canton de Pons (Charente-Inférieure). — Delisle : Quelques observations de scaphocéphalie prises sur le vivant. — Gillcbert dllercoiirt : A propos des truddhi de la terre d'Olrante, comparés par M. Lenormant aux nuraghesde la Sardaigue.

— Charnay : Les Totlcrs et leurs migrations. — Rèy : Note sur les BotocudOB et les Purys. — Zaborowski: Un cerveau de microcéphale.

— Beauregard : L'antiquité du fer en Egypte. — Molinier : Objets ethnographiques du Pérou. — Chemin : Procédé rationnel et métho-

dique pour la mise en série des moyennes proportionnelles. — Hyades : Contribution à l'ethnographie fuégienne. — lli ■ Mœurs et coutumes des Fuégiens. — Verrier : Cas d'ectrodactylie.

— D'Ary : Silex préhistoriques de la station de Chelles.

— Biii,ni\ ni; la Société de géographie commerciale de Paris (t. VI, fascicule 0, mars 1884). — E. Lourdelet : De quelques industries et de l'outillage aux États-Unis. — J.-F. Lopez : La république Argentine. — Lanchier : D'Elmina au Niger. — T. llarrison : La Jamaïque au point de vue géologique. — L'éruption du Krakatoa. — Expédition Coudreau, Boche et Demont sur l'Amazone. — Une éruption volcanique dans l'Alaska. — M. Bardy dans l'Harrar. — A propos du meurtre de M. Arnoux. — L'administration pénitentiaire à la Guyane. — Le refus des crédits pour le haut fleuve. — M. Mattei sur Je Niger. — Un commencement d'installation à Obock. — Un Français perdu.

— Journal des économistes, revue de la science économique et de la statistique (t. VII, n° 4, avril 1884). — Courcelles : De l'organisation des administrations centrales. — Ad. Coste : Une lacune dans l'organisation du crédit. — Le crédit industriel à long terme. — Maurice liloch : Revue des principales publications économiques de l'étranger. — M"' Soj^hie RafJ'alowich : Deux économistes américains : MM. William Elder et William Graham Sumner. — Paul Boiteau : Les finances de la France.

— Comptes rendus de l'Académie de Vienne, sciences médicales (t. LXXXVII, fascicules 4 et 5, t. LXXXV11I, fascicules 1 et 2, avril à juillet 1883). — Ziickerliandel : Anastomoses dans les vaisseaux pulmonaires chez l'homme. — Abeles : Sécrétion rénale après la mort.

— Biedermann : Excitabilité directe de la moelle. — Fleischl : Distribution des fibres du nerf optique dans la rétine. — Adamkiew'Ci : Pression du cerveau à l'état normal et pathologique. — Exner : Inexcitabilité de la rétine pour les rayons très obliques. — Frankl : Atrophie musculaire. — Lustig : Trajet des faisceaux nerveux dans la moelle chez l'homme. — Fuchs : Histogenèse de la couche corticale du cerveau. — Meissl et Strohmer : Formation de graisse aux dépens des hydrates de carbone dans l'organisme.

PROCEEDINGS OF THE ROYAL SOCIETY (t. XXXVI, n" 229, dé-

cembre 1883, janvier 1884). — Owen : Squelette humain paléolithique de Tilbury (Essex). — Abncy : Longueur d'ondes dans l'ultra rouge du spectre. — Scott : Troubles barométriques d'août 1883. — De la Rue : Décharge électrique avec des piles à chlorure d'argent.

— Darwin : Équilibre des planètes hétérogènes. — Hughes : Balance magnétique. — Dawson : Expédition circumpolaire à Fort-Bac. — Gardiner : Changement des cellules glandulaires de la Dionœa Muscipula, pendant la sécrétion. — Protoplasma des cellules végétales. — Schunck : Constitution de la chlorophylle. — Pavy : Physiologie des hydrates de carbone dans l'organisme. — Poynting : Énergie magnétique.— Conroy : Réflexion de la lumière par des surfaces métalliques. — Vereker : Eruption volcanique du détroit de la Sonde. — Kendall : Nouvelle méthode de production d'électricité. — Gladston et Tube : Electrolyse de l'acide sulfurique et des sulfates dilués. — Ferier et Yeo : Effets des lésions cérébrales. — Roberts : Effets de la pression sur les corps.— Bonney : Structure microscopique de certaines roches des Andes. — Baerd: Perturbations barométriques causées par l'éruption de Java. — Preece : Nouvelle méthode de mensuration de la lumière.

— Comptes rendus de l'Académie des sciences de Berlin (18S3, du 18 octobre au 20 décembre). — Tcepler : Détermination de l'intensité magnétique horizontale. — Renzel : Foie des décapodes. — Krause : Relations de l'écorce du cerveau avec le larynx. — Weingartcn : Équations différentielles des surfaces dont les courbes peuvent être divisées en carrés infiniment petits. — liage» : Erreurs probables des constantes. — Lepsius : Mesures de longueur chez les anciens. — Ramelsberg : Cuprodesclosite minérale à vanadium de Mexico. — t.andult : Des acides hyposulfureux en solution aqueuse. — W'ebtr : Influence de la décomposition du verre sur les variations barométriques. — Weicrstrass : Théorie des fonctions elliptiques.

CHRONIQUE

CHRONIQUE

l.-l». IHI III. 1- (1).

Depuis sa dernière réunion, la société a perdu un coryphée des recherches chimiques, un savanlqui, pendant plus d'un demi-siècle, a pris une part active au mouvement de la science et qui même, pendant longtemps, a été à la tfite de ce mouvement.

Jean-Baptiste- Andué Dumas a quitté la vie le 11 avril à Cannes.

En vous apportant ce message de deuil, je ne puis songer à faire revivre aujourd'hui dans votre souvenir l'œuvre riche et efficace du grand maître. Elle est d'ailleurs gravée en traits indélébiles dans la mémoire de tous. Il n'est aucune académie, aucune corporation savante, aucune société scientifique qui n'ait perdu en Dumas un de ses membres. La noire l'a possédé comme membre honoraire depuis 18(j8, depuis sa fondation par conséquent.

La nouvelle de la mort de Dumas était presque inattendue pour ses amis. Jl avait atteint un âge avancé, un nombre d'années hien audessus de celui qui est accordé à la plupart des mortels. Mais le temps paraissait avoir passe devant cet homme sans laisser d'empreinte. Avec l'âge, il est vrai, il s'était retiré de plus en plus des recherches expérimentales qui avaient charmé sa jeunesse. Mais pour cela il n'avait pas fait ses adieux à la science. Partout où, dans les vastes régions de la chimie et des sciences connexes, surgissait une' question d'intérêt général, nous le voyions prendre part à la discussion avec une ardeur juvénile; partout où un problème était posé, que ce fût dans une autre science, dans le domaine de l'hygiène publique ou de l'économie politique, nous le trouvions à l'oeuvre, déployant toute son indestructible force de travail, rehaussée par une riche expérience, un jugement mur et une éloquence incomparable. Son activité n'avait pas changé, n'était pas diminuée.

Vers le commencement du dernier hiver, il crut cependant devoir s'accorder un repos. Sur les conseils de son médecin, Dumas se décida à un séjour, que nous espérions passager, dans le doux climat du Midi. Mais cette résolution nous apparaissait plutôt comme une concession faite à la sollicitude aimante des siens qu'une nécessité impérieuse. Ses amis comptaient avec assurance sur les ressources de cette nature de fer. Ceux qui étaient au loin n'ouvraient aucun cahier des Comptes rendus, aucun fascicule du Bulletin, sans épier, pleins d'espoir, si Dumas avait repris sa charge de secrétaire perpétuel, s'il avait réapparu dans les séances de la Société qui lui avait confié la présidence pendant quarante ans, année pour année. Mais ils ne devaient plus retrouver le nom de Dumas. Les réponses à toutes les marques de sympathie, à toutes les félicitations qui, à l'occasion du nouvel an, avaient pris le chemin vers le sud de la France, nous remplissaient d'espoir; mais, hélas ! celte vie si bien remplie s'achemina sans arrêt vers son terme.

Avec Dumas a disparu le dernier des grands savants qui ont montré le chemin à toute la génération des chercheurs novices pendant la troisième et la quatrième décade de ce siècle.

Les noms de Liebig et Woehler, de Mitscherlich, de Rose et Magnus, de Faraday et Graham, de Regnault et Dumas ne peuvent exercer sur nos jeunes collègues la même fascination que sur nous, leurs anciens. La grande ligure de l'homme, auquel sont dédiés ces mots de gratitude et d'admiration, parait autre aux yeux de la génération des savants qui s'en va qu'aux yeux de celle qui s'élève.

Pendant un long laps de temps, le roi de la forêt, captivant les regards à la ronde jusque dans les lointains les plus reculés, a élevé sa lête au-dessus des sommets des voisins.

Mais déjà la jeune forêt s'esl élancée, déjà il ne manque point, dans le voisinage, de troncs imposants. Le géant pourrait paraître amoindri. Mais maintenant qu'il a disparu, le vide qu'il laisse nous montre combien profondément ses racines avaient fouillé le sol, combien large était l'envergure de ses branches, à quelle hauteur sa cime s'élevait dans les airs !

Il" MllltlK' lll' .1.-1

La Société scientifique et littéraire d'Alais, dans sa séance du 20 avril, a pris l'initiative d'une souscription générale pour ériger,

(1) Allocution prononcée par M. le professeur A.-W . Hofmann, le 28 avril 1884 devant la Société chimique de Berlin, en lui annonçant la mort de M. Dumas.

sur une des places de notre ville, un monument à la mémoire du célèbre chimiste J.-B. Dumas. Cette souscripiion s'étendra à la France entière et à l'étranger. Tout le monde comprendra que c'est sur une des places publiques de sa ville natale que sa première statue doit s'élever. Grâce à l'universelle admiration qu'inspirait l'illustration scientifique de Dumas, cet appel sera entendu.

Un comité ouvert, c'est-à-dire renfermant un certain nombre de membres pris en dehors de la Société scientifique, a été nommé séance tenante.

Ce comité, réuni le 30 avril, a adopté les résolutions suivantes :

1° Qu'il est constitué sous la désignation de comité d'initiative et jj que son bureau est composé provisoirement du bureau de la Société scienlifique et littéraire;

2° Qu'il y a lieu de provoquer à Paris la formation d'un comité de patronage;

3° Que M. le président du comité écrira à la famille de M. Dumas pour l'informer du but qu'il se propose de poursuivre;

4° Que la souscription publique sera ouverte immédiatement après la formation du comité de patronage.

Le comité d'initiative est ainsi composé :

Tous les anciens présidents de la Société et le bureau en exercice;

Les élèves de l'École centrale habitant Alais;

Les membres du parlement originaires d'Alais;

Le sous-préfet, le maire et les conseillers généraux d'Alais;

Les élèves de l'École polytechnique habitant Alais;

Le principal et le professeur de physique et de chimie du collège;

M. Bourgogne, pharmacien. (C'est dans la pharmacie Bourgogne que J.-B. Dumas fit ses premiers débuts, à sa sortie du collège d'Alais, de 1815 à 1817.)

Les personnes d'Alais qui ont assisté aux funérailles;

M. le docteur Pages, ancien maire, contemporain et ami intime de M. Dumas;

M. Péchiney, gérant de la compagnie de Salindres, et M. Paul Fraucezon, chimiste et filateur, appartenant à la Société.

E.» roi-ct sous-iuarlne tic Morlaix.

Partout, en géologie, on parle des forêts sous-marines de la .-/.te nord-ouest de France, entre autres de celle de Morlaix. Or il se trouve qu'à Morlaix même on ne le connaît nullement ; et voici le seul fait qui ait donné lieu à cette reproduction toujours la même :

M. de la Fruglaye, minéralogiste des plus distingués (qui a donné son nom à la fruglite), découvril en 181 1. à la suite d'une violente tempête, une masse considérable de végétaux et d'arbres entrelacés s'étendant à une grande distance de la cote. Il en fit part au Journal des mines, t. XXX, p. 389 :

« La plage sur laquelle je me rendis forme un immense demi-cercleson fond dans sa partie la plus reculée est terminée par des montagnes granitiques presque sans végétation. La mer ne vient point jusqu'au pied de ces montagnes; elle s'est opposé une digue naturelle d'environ trente pieds de hauteur composée de galets, parmi lesquels se trouvent presque toutes les variétés de quartz. Au pied de cette digue commence une grève magnifique. Je l'avais toujours vue couverte du sable le plus fin, le plus uni et le plus blanc. Ma surprise fut extrême lorsque, au lieu d'un sable éblouissant je trouvai un terrain noir et labouré par de longs sillons... La mer avait emporté le sable.

.. Ce sol ordinairement si uni présentait des ra\ins profonds qui me donnaient lès moyens d'observer les différentes couches qui le composent. La première variait d'épaisseur en raison des dégradations que la mer lui avait fait éprouver. Elle était entièrement composée de détritus de végétaux. Les feuilles d'une piaule aquatique \ sont très abondantes et des mieux conservées; elles sont presque a l'état naturel. J'ai obtenu quelques feuilles assez distinctes d'arbres forestiers et de saules. La terre qui forme le sol, ayant été exposée aux influences alternatives de la pluie et du soleil, s'est gercée, fendilléeet j'y ai trouvé des fragments d'insectes, une chrysalide entière, là partie inférieure d'une mouche avec son aiguillon.

« Sur la couche noire et compacte dont il s'agit, on vovait des arbres entiers renversés dans ions les sens; ils sont pour la plupart ;. l'étal de terre d'ombre; cependant les nœuds en général ont conservé .1.' la consistance, ■■( la qua il.'- des bois est très reconnaissable. L'if a conservé sa couleur, ainsi que le chêne et surtout le bouleau qui s'y rencontre en grande abondance et y a encore son écorce argentée. Le chêne prend promptement à l'air une teinte noire très

CHRONIQUE

foncée et acquiert de la dureté; desséché, il brûle avec une odeur fétide. J'ai observé dès mousses vertes comme dans leur état de végétation.

« Cette môme couche, reste de la plus forte végétation, est superposée à un sol qui me semble avoir été une prairie; j'y ai trouvé des roseaux, des racines de jonc, des asperges ; toutes les plantes sont en place ; leur tige est verticale. J'ai pris des racines de fougères qui ont encore le duvet qu'elles perdent ordinairement au moment où leur végétation cesse. Le sol de la prairie dont je viens de parler est un composé de sable et de glaise grise; il se prolonge très avant dans la mer ; j'en ai retiré des joncs qui avaient encore leur substance médullaire; mais à cette distance il n'y a plus de vestiges de la forêt, et j'ai retrouvé le roc vif. C'est aux pointes que ce roc présente et à la résistance qu'il oppose aux efforts de la mer, qu'on doit la conservation de ce qui reste de la forêt.

« Je revins au premier beau jour... Mais je ne retrouvai plus de forêt; le changement de décoration était complet; j'en croyais à peine mes yeux. Le beau sable blanc avait recouvert le sol... Une particularité assez remarquable, c'est que, parmi les débris de cette forêt apportés sur la grève, j'ai trouvé la moitié d'un coco... »

Ainsi parlait M. de la Fruglaye en 1811, et l'observation est reproduite par M. de Fourcy dans son explication de la carte géologique du Finistère. M. de la Fruglaye était un observateur trop consciencieux pour mettre en doute ce qu'il a écrit. Mais n'avait-il pas devant les yeux un traîneau de végétaux amenés par la tempête dans la rivière de Morlaix, personne depuis 1811 n'a pu de nouveau vérifier le fait ; M. de la Fruglaye lui-même, après quelques jours, retourna sur cette plage et vil que tout était recouvert par le sable. D'un autre côté il est question de plantes herbacées eu place, ayant leur position verticale et possédant encore leur coloration verte et leur duvet naturel. Est-ce là l'aspect de plantes fossiles ?

M. de la Fruglaye voit ensemble des plantes indigènes et des fossiles exotiques (coco); à l'époque miocène, palmiers et amenlacées vivaient côte à cote; mais H. de la Fruglaye dit lui-même qu'il avait affaire à un terrain quaternaire Or la température s'était considérablement refroidie; dès l'époque pliocène les palmiers avaient complètement disparu et avaient fait place à nos arbres actuels ou aux mômes familles. En outre, dans le Finistère, il n'y a pas trace de terrain tertiaire, et à Morlaix nous sommes en plein terrain cambrien; notre région appartient aux premières assises des terrains de transition. Ce fait unique ne présente donc pas les caractères de certitude scientifique ; M. de Fourcy et M. Delage (Bulletins de la Société d'études scientifiques du Finistère) ont bien, il est vrai, examiné des débris de bois ayant l'apparence de tourbe et ayant séjourné relativement peu de temps dans notre mer; mais cela en très petite quantité. Comme il est question partout des forêts sous-marines de Morlaix, à côté des mouvements du sol italien ou suédois, il me semblait intéressant d'en parler. Un fait, pour être admis, non seulement doit être bien observé, mais doit pouvoir être contrôlé.

Sanquer.

— L'enquête sur la crise économique. — 11 y a déjà quelque temps, on le sait, que la Chambre des députés a élu une commission chargée de faire une enquête sur la crise économique. La lecture de plusieurs des dépositions qu'a entendues la commission adonné à penser qu'uue des causes de ce malaise est une cause morale : si le sort de l'ouvrier est souvent malheureux et toujours instable, cela tient moins à des raisons économiques générales (développement de l'industrie et du commerce étranger, impots trop lourds, salaires trop bas, cherté des transports, etc.), qu'à des raisons d'économie domestique. L'ouvrier ne sait pas établir le budget de sa famille. Le président de la chambre syndicale des entrepreneurs de démolition, M. Grosclaude, a donné dans sa déposition des renseignements intéressants à cet égard et des détails topiques sur les moeurs et les habitudes des ouvriers.

« Placez-vous, dit-il, à la porte d'un chantier, et vous verrez un va-et-vient presque constant entre ce chantier et le marchand de vin le plus voisin. J'estime à 33 pour 100 la portion des salaires qui passe chez le marchand de vin, en dehors de la nourriture. La femme et les enfants ne voient que le reste de la paye, souvent même que la moitié seulement. Les ouvriers ne savent pas faire d'économies. Je pourrais vous en citer qui ont gagné, à Paris, jusqu'à 20 fr. par jour, et je puis en parler avec quelque autorité, puisque, personnellement, j'en ai payé à ce prix-là : il s'agit d'hommes spéciaux ayant une certaine valeur, qui gagnaient chez moi 1 fr. 00 et 1 fr. 60

l'heure, et travaillaient dix et treize heures par jour. Ce ne sont pas des on-dit, mais des faits précis. Malheureusement, on peut en citer un sur dix qui fait des économies; les neuf autres consomment au jour le jour, ou à peu de chose près, et c'est pourquoi, après quelques mois de ralentissement, les ouvriers sont aux abois, la misère est partout; ils viennent frapper aux portes des pouvoirs publir» pour demander des secours, lorsque c'est leur imprévoyance qui est la cause principale de la gêne actuelle. » l'our citer un autre fait bien connu et qu'on a depuis quelque temps plusieurs fois rappelé, c'est dans les quartiers ouvriers que la consommation d'huitres est la plus considérable.

Après l'état moral, l'état intellectuel. M. le sénateur Tolain déclare qu'il est « impossible de constater si les réclamations des ouvriers sont justes ou fausses, raisonnables ou exagérées... L'ouvrier est dans une ignorance complète de la situation intellectuelle et économique de tous les peuples qui nous entourent et qui sont nos concurrents, n II faut ajouter d'ailleurs que les connaissances de la plupart des patrons en matière économique ne sont pas supérieures à celles des ouvriers.

— Commerce oe la France de 1878 a 18*2. — Voici, d'après les bulletins officiels, la progression du commerce de la France avec l'Angleterre depuis 1868.

Excédent des exportations sur les importations.

299 millions de francs.

— Congrès de la Société italienne de chirurgie. — La Société italienne de chirurgie doit tenir son troisième congrès à Turin, du 15 au 20 septembre 1884.

— La lecture au Japon. — Une statistique due à l'ambassade japonaise de Londres nous apprend qu'en 1880 il a été publié au Japon 3313 livres et, en 1881, 2952. Cette même année il y avait dans le pays 21 bibliothèques publiques fréquentées par 107801 lecteurs.

— Muséum. — M. le professeur Daubrée, membre de l'Institut, commencera son cours de géologie, le samedi 24 mai 1884, à quatre heures et quart précises, dans l'amphithéâtre de la galerie de géologie et le continuera les mardis et samedis suivants, à la même heure.

Le professeur traitera des faits fondamentaux de la géologie et particulièrement des conséquences de l'activité interne du globe en ce qui concerne les gîtes métallifères et les phénomènes volcaniques. Il exposera aussi les traits généraux de la géologie de la France.

En cas d'absence, le professeur sera remplacé par M. Stanislas Meunier, aide-naturaliste, docteur es sciences, à qui est confiée la direction des excursions géologiques, que des affiches spéciales annonceront successivement.

— École de pharmacie. — M. Chatin, professeur de botanique à l'École de pharmacie, fera une herborisation publique le dimanche 25 mai, dans la forêt de Saint-Germain.

Le départ s'effectuera de la gare Saint-Lazare à onze heures et demie, pour la station du Pecq.

Retour de Saint-Germain à quatre heures cinquante minutes.

Le gérant : Henry Ferrari.

A'uris. — linj,. A. Quuutin, 7, rue Saint-Benoit. [3124]

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