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BIOGRAPHIES SCIENTIFIQUES

Pasteur par Renan W.

Monsieur,

Nous sommes bien incompétents pour louer ce cuù fait votre gloire véritable, ces admirables expériences par lesquelles vous atteignez jusqu'aux confins de la vie, cette ingénieuse façon d'interroger la nature qui tant de fois vous a valu de sa part les plus claires réponses, ces précieuses découvertes qui se transforment chaque jour en conquêtes de premier ordre pour l'humanité. Vous répudierez nos éloges, habitué que vous êtes à n'estimer que les jugements de vos pairs, et, dans les débats scientifiques que soulèvent tant d'idées neuves, vous ne voudriez pas voir des appréciations littéraires venir se mêler au suffrage des savants que rapproche de vous la confraternité de la gloire et du travail. Entre vous et vos savants émules, nous n'avons point à intervenir. Mais, en dehors du fond de la doctrine, qui n'est point de notre ressort, il est une maîtrise, où notre pratique de l'esprit humain nous donne le droit d'émettre un avis. Il y a quelque chose que nous savons reconnaître dans les applications les plus diverses ; quelque chose qui appartint au même degré à Galilée, à Pascal, à Michel-Ange, à Molière ; quelque chose qui fait la sublimité du poète, la profondeur du philosophe, la fascination de l'orateur, la divination du savant. Cette base commune de toutes les œuvres belles et vraies, cette flamme divine, ce souffle indéfinissable qui inspire la science, la littérature et l'art, nous l'avons trouvé en vous, c'est le génie. Nul n'a parcouru d'une marche aussi sûre les cercles de la nature élémentaire ; votre vie scientifique est comme une traînée lumineuse dans la grande nuit de l'infiniment petit, dans ces derniers abîmes de l'être où naît la vie.

Vous avez commencé par le vrai commencement de la nature. Avec Haùy et Malus, vous demandiez d'abord au cristal le secret de ses caprices apparents. Vous étiez encore à l'École normale. Une note de Mitscherlich vous troubla dans votre foi chimique. Deux substances identiques par la nature, le nombre, l'arrangement et la distance des atomes agissaient d'une manière essentiellement différente sur la lumière. Vous reprîtes avec passion l'étude de la forme cristalline des deux sels de M. Mitscherlich, et vous arrivâtes à votre belle théorie de la dissymétrie mo-

(1) Extrait de la réponse au discours de réception de M. l'auteur à l'Académie française, le 2" avril 1882.

li culaire. Oui, deux groupes atomiques qui se montrent identiques au travers de toutes les épreuves de la cbimie peuvent être, l'un à l'égard de l'autre, dans la même relation qu'un objet à l'égard de son image vue dans un miroir. Ils ont une droite et une gauche; on peut les opposer, non les superposer, comme les deux mains. L'illustre M. Biot, chargé de rendre compte de ces faits nouveaux à l'Académie des sciences, eut d'abord quelques doutes. Quand vous allâtes le voir au Collège de France, il s'était déjà procuré lui-même les matières de l'expérience. Il vous les fit préparer sous ses yeux, sur le fourneau de sa cuisine. Vous placiez à sa droite, les cristaux qui devaient dévier la lumière à droite: à sa gauche, les cristaux qui devaient dévier la lumière à gauche. Il lit lui-même l'épreuve de la polarisation; maisiln'alla pas jusqu'au bout ; quelques indices lui suffirent. « Mon cher enfant, vous dit-il en serrant votre bras, j'ai tant aimé les sciences dans ma vie que cela me fait battre le cœur. »

Toutes vos découvertes ultérieures sont sorties de celle-là par une sorte de développement naturel. Bientôt, en effet, vous arriverez à voir que tous les produits artificiels des laboratoires et toutes les espèces minérales sont à image superposable, tandis que les produits essentiels de la vie sont dissymétriques. La vievous conduità la fermentation : l'élément dissymétrique fait fermenter; l'élément symétrique ne fait pas fermenter. La fermentation est toujours d'origine vitale; elle vient d'êtres microscopiques qui trouvent dans la matière organique leur nourriture, non leur raison de naître; le groupe droit et le groupe gauche ne satisfont pas également à la nutrition des microbes. Vos études sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphère servent de point de départ à tout un ordre de recherches, où vos disciples sont des maîtres qui s'appellent Lister, Tyndall.

La fermentation vous mène aux maladies, qui sont en quelque sorte la fermentation de l'être vivant: de la cristallographie vous êtes conduit à la médecine; vous arrivez à voir que les maladies transmissihles tiennent le plus souvent à des développements irréguliers d'êtres étrangers à l'organisme, qui le troublent ou le détruisent. De là vos savantes recherches sur les maladies du vin, de la bière, des vers à soie, puis sur ces terribles accidents de la machine humaine, le charbon, la septicémie, la rage, qui peuvent amener la mort à l'organisme par lui-même le plus sain et le plus robuste. La claire vue de la nature du mal vous indique le remède : on guérit

L'OEUVRE DE M. PASTEUR

bientôt la maladie dont on connaît la cause. Votre théorie des germes de putréfaction ouvre une voie qui sera un jour et qui est déjà féconde pour le bien de notre pauvre espèce. La vaccination, qui n'avait été jusqu'ici qu'une application très particulière d'une théorie à peine ébauchée, devient entre vos mains un principe général, susceptible des usages les plus variés. C'est la rage, qui est en ce moment l'objet de vos études ; vous en cherchez l'organisme microscopique, vous le trouverez ; l'humanité vous devra la suppression d'un mal horrible, et aussi d'une triste anomalie, je veux parler de la défiance qui se mêle toujours un peu pour nous aux caresses de l'animal

dans lequel la nature nous montre le mieux son sourire bienveillant.

Que vous êtes heureux de toucher ainsi, par votre art, aux sources mêmes de la vie ! Admirables sciences que le? vôtres I Etienne s'y perd. Vous aurez inséré une pierre de prix dans les assises de l'édifice éternel delà vérité. Parmi ceux qui s'adonnent aux autres parties du travail de l'esprit, qui peut avoir la môme assurance? M. de Maistre peint quelque part la siii'iico moderne « sous l'habit étriqué..., les bras chargés de livres et d'instruments, paie de veilles et

Fig. 41. — Médaille commémorative offerte ;i -M. Pasteur, lor^ de la cérémonie dujubi

de travaux, se traînant souillée d'encre et toute pantelante sur la route de la vérité, baissant toujours vers la terre son front sillonné d'algèbre. » Comme vous avez bien fait de ne pas vous arrêter à ce souci de gentilhomme! La nature est roturière ; elle veut qu'on travaille ; elle aime les mains calleuses et ne se révèle qu'aux fronts soucieux.

Votre vie austère, toute consacrée à la recherche désintéressée, est la meilleure réponse à ceux qui regardenl noire siècle comme déshérité des grands dons de l'âme. Votre laborieuse assiduité n'a voulu connaître ni distractions ni repos. Recevez-en la récompense dans le respect qui vous entoure, dans cette sympathie dont les marques se produisent aujourd'hui si nombreuses autour de vous, et surtout dans la joie d'avoir bien accompli \oire tâche, d'avoir pris place au premier rang dans la compagnie d'élite qui s'assure contre le néant par un moyen bien simple, en faisant des œuvres qui restent.

L'œuvre de M. Pasteur ' .

Messieurs,

Je crois être l'interprète des sentiments unanimes de cette assemblée en adressant à notre illustre président, à M. Pasteur, l'hommage 'le notre reconnaissance et de ie> Ire admiration.

.le dis do uolie reconnaissance, monsieur Pasteur. car, en venanl au milieu de nous, vous apportez un peu detoutl'éclal de votre gloire à la jeune conférence Scientia. Aussi conserverons-nous dans nos annales, si tant est que nous ayons un jour des annal le souvenir de cette soirée mémorable.

Je dis de antre admiration, car l'œuvre de M. Pasteur est parmi les plus grandioses et les plus fécondes qu'il a été' donné à une intelligence humaine de concevoir et d'exécuter. Certes, le retentissement qu'elle

I Discours prononcé par M. Charles Richct au banquet de afi rem e Scientia le 12 février 188

L'OEUVKE DE M. PASTEUR.

a de par le monde est déjà bien grand ; mais il semble que l'importance en passe encore la renommée.

Messieurs, nous vivons aujourd'hui au milieu des vérités que M. Pasteur a su nous donner. Nous sommes si commodément dans le monde qu'il nous a ouvert; ses théories et ses découvertes nous ont si bien enveloppés et pénétrés, qu'il nous faut une certaine peine pour concevoir ce qui était avant lui ; nous avons vraiment besoin d'un grand effort d'imagination pour nous souvenir qu'il y a eu une science de la vie et de la maladie sans ferments, sans germes morbides, sans bactéries, sans microbes.

Faisons cependant un pas en arrière, et nous comprendrons mieux tout ce que nous devons à M . Pasteur.

Fermentation! Depuis Paracelse on a ratiociné sur les ferments ; on a épuisé les hypothèses les plus absurdes ; mais, au fond, on n'y a rien compris. Et voilà que M. Pasteur, à l'aide de deux ou trois expériences, dont la précision ne peutêtre dépassée, nous révèle ce que c'est 'qu'une fermentation. Vainement tous les physiologistes, les chimistes, les alchimistes, les médecins ont cherché une explication, c'est M. Pasteur, seul, qui nous l'a donnée. L'histoire des fermentations comprend deux périodes : une période d'enfance et une période de science. La période de science commence à peine; mais la période d'enfance a commencé avec Paracelse et a fini avec le mémoire sur la fermentation butyrique.

Contagion 1 Depuis Hippocrate, et peut-être même avant Hippocrate, que n'a-t-on pas dit sur la contagion? Quelles absurdités, quelles invraisemblances ne trouverait-on pas dans les vieux livres! Vous, monsieur Pasteur, vous avez ouvert le livre de la nature ; vous nous l'avez ouvert à tous, et vous nous avez prouvé que la contagion est un être vivant; que cet être s'introduit dans le corps, s'y développe et qu'il est la cause de la maladie. Le jour où cette découverte a été faite, ce jour-là la science médicale a fait -un pas de géant. Une doctrine nouvelle, fondée sur la vérité des faits, a pris naissance, et, chaque jour, elle élargit son domaine, dédaignant les critiques impuissantes et ridicules qu'on a élevées, qu'on élèvera peut-être encore. Ouvrez au hasard jun livre de médecine contemporaine, un journal de médecine quelconque, le nom de M. Pasteur n'y sera peut-être pas, mais son âme y sera, pour ainsi dire; et, à chaque page, à chaque ligne, son influence apparaîtra, prépondérante et souveraine ; puisqu'à chaque page et à chaque ligne apparaîtra l'idée de la contagion par des organismes vivants.

Assurément, toutes les importantes découvertes accomplies en France, en Allemagne, en Italie sur les microbes des maladies diverses n'ont pas été faites par M. Pasteur lui-même ; mais toutes ont été inspirées par lui. Aujourd'hui, s'occuperdes maladies

contagieuses, c'est se déclarer, par cela même, élève de M. Pasteur; c'est suivre la voie qu'il a indiquée, c'est marcher dans le sillon qu'il a tracé, c'est, pour ainsi dire, travailler dans son laboratoire. Il me semble que M. Koch, qui a fait de si importantes recherches sur les microbes de la tuberculose et du choléra, a montré quelque ingratitude en ne déclarant pas tout haut qu'il n'était, après tout, que le continuateur et le disciple de M. Pasteur.

Messieurs, la comparaison ne sera pas malséante, si je dis qu'étudier les microbes, c'est être l'élève de M. Pasteur, comme étudier la chimie, c'est être l'élève de Lavoisier.

Fermentation! Contagion! Mots magnifiques qui doivent retentir à vos oreilles, monsieur Pasteur, comme les noms de Marengo et d'Iéna aux oreilles de Napoléon. Et pourtant, il y aun mot plus glorieux encore, c'est le mot de vaccination, qui est comme votre bataille d'Austerlitz.

Y a-t-il, depuis l'immortel bienfait de Jenner, une découverte plus belle que celle de la théorie des vaccins ? Nous avons le vaccin du charbon, le vaccin de la rage ; bientôt nous en aurons d'autres ; il ne faut plus qu'un peu de patience. La médecine a-t-elle jamais conçu de plus hautes espérances que le jour où cet admirable principe a été établi ? Quoi ! le germe vivant d'une maladie peut être atténué, affaibli, amoindri au point de donner, non plus la maladie elle-même, mais l'immunité ; portant en lui, non plus la mort, mais la préservation contre la mort. Vraiment, n'est-ce pas là un triomphe sans égal, et peut-on enregistrer beaucoup de semblables succès dans les victoires et conquêtes de la science?

Messieurs, rarement les vrais savants se préoccupent, quand ils font une recherche, des conséquences immédiates qu'elle peut avoir. Il leur suffit de chercher la vérité, et ils croient avoir fait assez quand ils ont reculé les bornes de notre savoir, et dissipé quelqu'une des obscurités qui nous entourent. Mais combien heureux sont-ils quand, à la gloire d'une vérité nouvelle, vient s'ajouter le bonheur du bienfait rendu! M. Pasteur a eu cette gloire et ce bonheur : la gloire d'avoir dissipé de profondes ténèbres. le bonheur d'avoir rendu service à ses semblables. Ce n'est pas seulement un savant, c'est un bienfaiteur ; et ses découvertes sont doublement fécondes : fécondes en elles-mêmes, par tout ce qu'elles nous révèlent des mystères de la nature ; fécondes par leurs conséquences, parce qu'elles diminuent et diminueront la misère, la maladie, le malheur des hommes.

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La fermentation lactique W.

Si l'on examine avec attention une fermentation lactique ordinaire, il y a des cas où l'on peut reconnaître au-dessus du dépôt de la craie et de la matière azotée des taches d'une substance grise formant quelquefois zone à la surface du dépôt. Cette matière se trouve d'autres fois collée aux parois supérieures du vase, où elle a été emportée par le mouvement gazeux. Son examen au microscope ne permet guère, lorsqu'on n'est pas prévenu, de la distinguer du caséum, du gluten désagrégés, etc.; de telle sorte que rien n'indique que ce soit une matière spéciale, ni qu'elle ait pris naissance pendant la fermentation. Son poids apparent est toujours très faible, comparé à celui de la matière azotée primitivement nécessaire à l'accomplissement du phénomène. Enfin, très souvent elle est tellement mélangée à la masse de caséum et de craie, qu'il n'y aurait pas lieu de croire à son existence. C'est elle néanmoins qui joue le principal rôle. Je vais tout d'abord indiquer le moyen de l'isoler, de la préparer à l'état de pureté.

J'extrais de la levure de bière sa partie soluble, en la maintenant quelque temps à la température de l'eau bouillante avec quinze à vingt fois son poids d'eau. La liqueur, solution complexe de matière albuminoïde et minérale, est titrée avec soin (2). On y fait dissoudre environ 50 à 100 grammes de sucre par litre, on ajoute de la craie et l'on sème une trace de cette matière grise dont j'ai parlé tout à l'heure, extraite d'une bonne fermentation lactique ordinaire; puis on porte à l'étuve à 30 ou 35 degrés. Il est bon également de faire passer un courant d'acide carbonique pour chasser l'air du flacon, auquel on adapte un tube courbé plongeant dans l'eau. Dès le lendemain une fermentation vive et régulière se manifeste. Le liquide, très limpide à l'origine, se trouble; la craie disparaît peu à peu, en même temps qu'un dépôt s'effectue et augmente continûment et progressivement au fur et à mesure de la dissolution de la craie. Le gaz qui se dégage est de l'acide carbonique pur ou un mélange en proportions variables d'acide carbonique et d'hydrogène. Lorsque la craie a disparu, si l'on évapore le liquide, du jour au len-

(1) Extrait du Mémoire sur lu fermentation appelé lactique, communiquée par M. Pasteur en août 1S57 à la Société des Sciences de Lille.

(2) Si elle ne passait pas claire, on pourrait facilement la rendre limpide en la faisant bouillir avec, un peu de craie ou en lui ajoutant une très petite quantité d'eau de chaux ou de sucrate de chaux qui la précipitent abondamment. Cette précaution est presque toujours nécessaire quand l'eau de levure a été préparée avec de la levure qui est en lavage depuis quelques jours. La levure fraîche, ou qui n'a subi qu'un ou deux lavages par décantation à froid, donne une eau de levure qui passe très limpide au filtre.

demain il fournit une cristallisation abondante de lactate de chaux, et l'eau mère contient des quantités variables debutyratede cette base. Si les proportions de craie et de sucre sont convenables, le lactate cristallise en masse volumineuse au sein même du liquide pendant le cours de l'opération. Quelquefois la liqueur prend une viscosité très grande. En un mot, on a sous les yeux une fermentation lactique des mieux caractérisées, avec tous les accidents et toute la complication habituelle de ce phénomène, bien connu des chimistes dans ses manifestations extérieures.

On peut remplacer, dans cette expérience, la décoction de levure par celle de toute matière plastique azotée, fraîche ou altérée, selon les cas. Ce liquide limpide, tenant en dissolution une matière azotée, n'est qu'un aliment, et à ce titre son origine importe peu, pourvu que sa nature se prête au développement du corps organisé qui se produit el se dépose successivement.

Voyons maintenant quels sont les caractères de cette substance, dont la production est corrélative des phénomènes compris sous la dénomination de fermentation lactique. Frise en masse, elle ressemble tout à fait à de la levure ordinaire égouttée ou pressée. Elle est un peu visqueuse, de couleur grise. Au microscope, elle est formée de petits globules ou d'articles très courts, isolés ou en amas, constituant des flocons irréguliers ressemblant à ceux de certains précipités amorphes. Les globules, beaucoup plus petits que ceux de la levure de bière, sont agités vivement, lorsqu'ils sont isolés, du mouvement brownien, c'est-à-dire du mouvement qu'affecte toujours la matière solide en suspension dans un liquide, lorsqu'elle est amenée à un état suffisant de division (1). Lavée à grande eau par décantation, puis délayée dans de l'eau sucrée pure, elle l'acidifie immédiatement, progressivement, mais avec une grande lenteur, parce que l'acidité gène beaucoup son action sur le sucre. Si l'on fait intervenir la craie qui maintient la neutralité du milieu, la transformation du sucre est sensiblement accélérée, et en moins d'une heure le dégagement du gaz est manifeste et la liqueur se charge de lactate et de butyrate de chaux en quantités variables. Lorsque, d'autre part, il y a une matière albuminoïde présente propre à la nourriture de la substance, elle se développe et l'on en recueille des quantités qui n'ont de limites que dans le poids de sucre employé et le poids de

(1) Je n'assigne pas la grosseur des petits globules. Je crois qu'à cet état de ténuité de la matière, l'illusion produite par le jeu de la lumière sur les bords des globules entraîne a des erreurs de l'ordre de grandeur des mesures elles-mêmes, (est cependant un point que des personnes plus versées que moi dans tes recherches microscopiques pourront résoudre avec plus de certitude.

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matière albuminoïde. Elle peut être recueillie et transportée au loin sans perdre son énergie. Son activité n'est qu'affaiblie quand on la dessèche ou qu'on la fait bouillir avec de l'eau. Enfin il faut très peu de cette levure pour transformer un poids considérable de sucre. Ces fermentations doivent s'effectuer de préférence à l'abri de l'air, afin qu'elles ne soient pas gênées par des végétations ou des infusoires étrangers.

Nous retrouvons là tous les caractères généraux de la levure de bière, et ces substances ont probablement des organisations qui, dans une classification naturelle, doivent occuper deux genres voisins ou deux familles rapprochées.

Pour ce qui est de la rapidité et de la régularité de la fermentation lactique dans les conditions que j'ai assignées, lorsque le ferment lactique se développe seul, tous les chimistes en seront surpris : elle est souvent plus rapide, à quantité de matière égale, que la fermentation alcoolique. La fermentation lactique, telle qu'on la pratique ordinairement, est beaucoup plus longue , cela se conçoit très bien. Le gluten, le caséum, la fibrine, les membranes, les tissus..., que l'on emploie, renferment énormément de matière inutile. Le plus souvent elles ne deviennent un aliment pour le ferment lactique qu'après s'être putréfiées, altérées au contact de végétations ou d'animalcules qui ont rendu leurs éléments solubles et assimilables.

Voici un autre caractère qui permet de rapprocher encore le nouveau ferment de la levure de bière : si l'on sème dans le liquide sucré albumineux limpide de la levure de bière et non de la levure lactique, c'est de la levure de bière qui se développera, et avec elle la fermentation alcoolique, bien qu'il n'y ait rien de changé aux autres conditions de l'opération. Il ne faudrait pas en conclure qu'il y aura identité de (■(imposition chimique entre les deux levures, pas plus que la composition chimique de deux végétaux n'est la même parce qu'ils ont vécu dans le même sol.

Enfin, il y a une dernière analogie que je ne dois pas omettre ; c'est qu'il n'est pas nécessaire d'avoir déjà de la levure lactique pour en préparer : elle prend naissance spontanément (1), avec autant de

(1) Je me sers de ce mot comme expression du fait, en réservant complètement la question de la génération spontanée. Au contact de l'air commun, la levure lactique prend naissance si 1rs conditions de nature du milieu et de température s'y prêtent. Si l'on opère à l'abri de l'air ou avec do l'air préalablement chauffé, les choses se passent comme il arrive pour la levure de bière ou les infusoires, et l'on peut reproduire dans ces conditions les expériences bien connues de divers physiologistes qui ont répété et précisé celles d'Appert et de Gay- Lussai sur l'influence de l'air dans les phénomènes dont il est ici question.

facilité que la levure de bière, toutes les fois que les conditions sont favorables.

Que l'on dissolve du sucre dans l'eau de levure limpide, et qu'on ajoute de la craie, la fermentation s'y établira dès le lendemain ou le surlendemain, et, parce que le milieu est neutre, elle aura une tendance à être exclusivement lactique. On aura beau empêcher le contact de l'air, il suffira que dans les transvasements ce contact ait eu heu, et, à moins de précautions toutes particulières, que je ne suppose pas, cela arrivera infailliblement. Néanmoins, il est bien préférable de semer dans le liquide un peu de ferment lactique, parce que, dans le cas contraire, on s'expose à avoir le développement simultané de plusieurs fermentations et celui d'animalcules qui nuisent beaucoup.

Toutes les fois qu'un liquide albumineux de nature convenable renferme un corps, tel que le sucre, pouvant éprouver des transformations chimiques diverses et dépendantes de la nature de tel ou tel ferment, les germes de ces ferments tendent tous à se propager à la. fois, et le plus ordinairement leur développement simultané se présente, à moins que l'un des ferments n'envahisse le terrain plus promptement que les autres. Or, c'est précisément cette dernière circonstance que l'on détermine quand on suit cette méthode de l'ensemencement d'un être déjà formé et prêt à se reproduire. Si' l'on ne sème aucun ferment dans un mélange d'eau sucrée, de matière albuminoïde et de craie, on a généralement plusieurs fermentations parallèles avec leurs ferments respectifs, et des animalcules qui paraissent dévorer les petits globules de ces ferments. L'addition préalable d'un ferment déterminé et pur favorise beaucoup la production d'une fermentation unique et correspondante, sans l'assurer dans tous les cas. On peut comparer ce qui se passe dans les fermentations à ce que nous offre un terrain dans lequel on ne place aucune semence. On le voit bientôt chargé de plantes et d'insectes divers qui se nuisent mutuellement.

La pureté d'un ferment, son homogénéité, son développement libre, sans aucune gêne, à l'aide d'une nourriture très bien appropriée à sa nature individuelle, voilà l'une des conditions essentielles des bonnes fermentations. Or, à cel égard, il faut savoir que les circonstances de neutralité, d'alcalinité, d'acidité ou de. composition chimiques des liqueurs ont une grande part dans le développement prédominant de tels ou tels ferments, parce que leur vie ne s'accommode pas au même degré des divers états des milieux. Que l'on fasse dissoudre, par exemple, du sucre dans de l'eau de levure très limpide sans ajouter de craie et sans rien semer, on peut être assuré que le surlendemain la fermentation sera

L'OEUVRE DE M. PASTEUR

alcoolique, avec levure déposée au fond du vase. Dans des cas très rares, dont j'ai eu cependant la preuve à diverses reprises dans mes nombreux essais, le ferment développé sera le ferment lactique. Je le répète, c'est une exception si les choses se passent ainsi, et lors même qu'on aurait préalablement semé du ferment lactique. C'est que, dans ces conditions, la liqueur peut devenir acide et que l'acidité parait affaiblir et contrarier le ferment lactique plus que le ferment alcoolique. Bien des recherches sont encore à faire dans cette direction.

Que l'on rende au contraire le milieu neutre ou un peu alcalin, le ferment lactique aura une grande tendance à se montrer et à se multiplier. Je vais en donner des preuves certaines. Si l'on ajoute à de l'eau sucrée et à de la levure de bière de la magnésie dont la réaction est alcaline, il y aura à la fois fermentation alcoolique et fermentation lactique avec précipitation de laetate de magnésie cristallisé ; et si l'on étudie le liquide au microscope, on verra, mêlés aux globules de levure, une quantité considérable de petits globules de ferment lactique. Ces globules prennent naissance spontanément au sein du liquide albuminoïde fourni par la partie soluble de la levure, alors que l'alcalinité du liquide diminue beaucoup l'activité do la levure comme ferment alcoolique. Un milieu légèrement alcalin convient donc très bien au développement de la levure, mais aussi il est éminemment favorable aux infusoires, qui, en dévorant les jeunes globules, ou tout au moins en leur enlevant leur nourriture, mettent une entrave souvent insurmontable à ce genre de phénomènes.

La levure de bière offre des particularités de même nature. Elle agit fort mal au milieu d'une liqueur alcaline; le plus souvent elle y est arrêtée. Elle est également gênée par une acidité môme très minime, contrairement à ce qui est admis généralement. C'est d'un milieu neutre qu'elle s'accommode le mieux, et comme dans toute fermentation alcoolique ordinaire il se forme des acides, il y a une cause permanente de ralentissement de son action. Et, en effet, j'ai reconnu que l'addition de la craie à la levure de bière favorise singulièrement le dédoublement du sucre en alcool et en acide carbonique. Et quand rien n'entrave ce mode de fermentation alcoolique, lorsque celle-ci a toute la rapidité qu'elle peut acquérir, la quantité d'acide formé dépasse très peu ou n'atteint pas celle qui se serait produite sans addition de craie. Il faudrait donc théoriquement maintenir le milieu neutre dans la fermentation alcoolique ; elle serait incomparablement plus prompte. Ce procédé néanmoins n'est point pratique ; il amènerait de graves accidents, parce que la neutralité du milieu, favorisant le développement de la levure lactique et des animalcules aux dépens de la partir

soluble de la levure de bière qui leur sert d'aliment, il arriverait le plus souvent que beaucoup de sucre se transformerait en acide lactique ou que les animalcules enlèveraient à la levure sa propre nourriture.

Les détails dans lesquels je viens d'entrer permettent de prévoir toutes les variations auxquelles sont sujettes les fermentations, et en particulier la fermentation lactique, qui exige un milieu dont la neutralité convient également à d'autres végétaux et à des infusoires. Lors même que l'on suit toutes les précautions que j'ai indiquées, il arrive encore souvent qu'il y a complication et coïncidence de phénomènes divers. J'ai dû rechercher dès lors les circonstances les mieux appropriées à la production de la levure lactique seule. On a vu que c'était la levure de bière et les infusoires qui gênaient le plus. Il faut donc des conditions propres à en arrêter le développement sans influer notablement sur celui de la levure lactique. J'espère y arriver par l'emploi du jus d'oignon brut comme milieu alhumineux. L'huile essentielle de ce jus s'oppose complètement à la formation de la levure de bière ; elle paraît nuire également aux infusoires. Je reviendrai donc, dans un travail spécial, sur l'utilité de l'emploi de ce jus naturel.

Lors même que par l'emploi de ce jus d'oignon on n'arriverait pas à résoudre complètement la difficulté, c'est-à-dire à déterminer constamment et facilement la fermentation lactique sans complication de ferments ou d'infusoires étrangers aux phénomène-, tous les faits que j'ai recueillis me portent à croire que le moyen le plus efficace pour atteindre ce résultat est de chercher à nuire à la production des ferments parasites au moyen de substances particulières (1). Que l'on sème, par exemple, des globules frais de levure de bière dans le jus d'oignon brut, e1 jamais ces globules ne se développent. Ils ne provoquent aucunement la fermentation alcoolique. Au contraire, (pie l'on fasse préalablement bouillir le jus d'oignon, ce qui a pour effet de chasser l'huile essentielle sulfurée, et peut-être de modifier les principes alhumineux, la levure de bière se développera dans le liquide refroidi avec une efficacité remarquable, et le sucre du jus ou celui que l'on pourrait avoir ajouté se changera en alcool et en acide carbonique. Aussi jamais la fermentation alcoolique ne se déclare spontanément dans le jus d'oignon naturel, bien que ce jus soit acide à la manière du jus de raisin, tandis qu'il éprouve toujours la fermentation lactique jointe ou non à diverses parti-

1 Ou par le choix de la m itée ■ pi : doil servir an

développement de l'espèce de levure que l'on a intérêt de faire naître à L'exclusion d'aul

L OEUVRE DE M. PASTEUH.

cularités sur lesquelles j'appellerai ultérieurement l'attention (1).

Dans tout le cours de ce Mémoire, j'ai raisonné dans l'hypothèse que la nouvelle levure est organisée, que c'est un être vivant et que son action chimique sur le sucre est corrélative de son développement et de son organisation. Si l'on venait me dire que dans ces conclusions je vais au delà des faits, je répondrais que cela est vrai, en ce sens que je me place franchement dans un ordre d'idées qui, pour parler rigoureusement, ne peuvent être irréfutablement démontrées. Voici ma manière de voir. Toutes les fois qu'un chimiste s'occupera de ces mystérieux phénomènes, et qu'il aura le bonheur de leur faire faire un pas important, il sera instinctivement porté à placer leur cause première dans un ordre de réactions en rapport avec les résultats généraux de ses propres recherches. C'est la marche logique de l'esprit humain dans toutes les questions controversées. Or il m'est avis, au point où je me trouve de mes connaissances sur le sujet, que quiconque jugera avec impartialité les résultats de ce travail et ceux que je publierai prochainement, reconnaîtra avec moi que la fermentation s'y montre corrélative de la vie, de l'organisation de globules, non de la mort ou de la putréfaction de ces globules, pas plus qu'elle n'y apparaît comme un phénomène de contact, où la transformation du sucre s'accomplirait en présence du ferment sans lui rien donner, sans lui rien prendre. Ces derniers faits, on le verra bientôt, sont contredits par l'expérience.

Dans un prochain travail je m'occuperai de l'action chimique de la nouvelle levure sur les matières sucrées.

La vaccination antirabique <2>.

La prophylaxie de la rage, telle que je l'ai exposée en mon m mi et au nom de mes collaborateurs, dans des notes précédentes, constituait assurément un progrès réel dans l'étude de cette maladie, progrès toutefois plus scientifique que pratique. Son application exposait à des accidents. Sur vingt chiens

(1) C'est en étudiant du jus d'oignon qui, abandonné à luimême, était devenu très acide, que Fourcroy et Vauquelin ont découvert pour la première fois dans les liquides naturels fermentes un principe cristallisable identique avec celui de la manne. C'est Vauquelin qui remarqua la production de cristaux dans ce jus d'oignon évaporé, et c'est M. Chevreul qui fit l'étude de ces cristaux et reconnut leur identité avec la mannite.

Le travail de Fourcroy et Vauquelin est imprimé par extrait dans les Annales de Chimie et de Physique, t. LXV, p. 161, année 1807.

(2) Communication faite par M. Pasteur à l'Académie des sciences, dans la séance du 26 octobre 1885.

traités, je n'aurais pu répondre d'en rendre réfractaires à la rage plus de quinze ou seize.

Il était utile, d'autre part, de terminer le traitement par une dernière inoculation très virulente, inoculation d'un virus de contrôle, afin de confirmer et de renforcer l'état réfractaire. En outre, la prudence exigeait que l'on conservât les chiens en surveillance pendant un temps supérieur à la durée d'inoculation de la maladie produite par l'inoculation directe de ce dernier virus, et il ne fallait pas moins, quelquefois, d'un intervalle de trois à quatre mois pour être assuré de l'état réfractaire à la rage.

De telles exigences auraient limité beaucoup l'application de la méthode.

Enfin, la méthode ne se serait prêtée que difficilement à une mise en train toujours immédiate, condition réclamée cependant par ce qu'il y a d'accidentel et d'imprévu dans les morsures rabiques.

Il fallait donc arriver, si cela était possible, à une méthode plus rapide et capable de donner une sécurité, que j'oserais dire parfaite, sur leschiens.

Et comment d'ailleurs, avant que ce progrès fût atteint, oser se permettre une épreuve quelconque sur l'homme?

Après des expériences, pour ainsi dire sans nombre, je suis arrivé à une méthode prophylactique pratique et prompte, dont les succès sur les chiens sont déjà assez nombreux et sûrs, pour que j'aie confiance dans la généralité de son application à tous les animaux et à l'homme lui-même.

Cette méthode repose essentiellement sur les faits suivants :

L'inoculation au lapin parla trépanation, soiis la dure-mère, d'une moelle rabique de chien à rage des rues, donne toujours la rage à ces animaux, après une durée moyenne d'incubation de quinze jours environ.

Passe- t-on du virus de ce premier lapin à un second, de celui-ci à un troisième et ainsi de suite, par le mode d'inoculation précédent, il se manifeste bientôt une tendance de plus en plus accusée dans la diminution de la durée d'incubation de la rage chez les lapins successivement inoculés.

Après vingt à vingt-cinq passages de lapin à lapin, on rencontre des durées d'incubation de huit jours, qui se maintiennent pendant une période nouvelle de vingt à vingt-cinq jours. Puis, on [atteint une durée d'incubation de sept jours, que l'on retrouve avec une régularité frappante pendant une série nouvelle de passages allant jusqu'au quatre-vingt-dixième. C'est du moins à ce chiffre que je suis en ce moment et c'est à peine s'il se manifeste actuellement une durée d'incubation d'un peu moins de sept jours.

Ce genre d'expériences, commencé en novembre 1882, a déjà trois années de durée, sans que la série

L'OEUVRE DE M. PASTEUR

ait jamais été interrompue, sans que, jamais non plus, on ait dû recourir à un virus autre que celui des lapins successivement morts rabiques. Rien de plus facile, en conséquence, d'avoir constamment à sa disposition, pendant des intervalles de temps considérables, un virus rabique d'une pureté parfaite, toujours identique à lui-môme, ou à très peu près. C'est là le nœud pratique de la méthode.

Les moelles de ces lapins sont rabiques dans toute leur étendue avec constance dans la virulence.

Si l'on détache de ces moelles des longueurs de quelques centimètresavec des précautions de puretéaussi grandes qu'il est possible de les réaliser, et qu'on les suspende dans un air sec, la virulence disparait lentement dans ces moelles jusqu'à s'éteindre tout à fait. La durée d'extinction de la virulence varie quelque peu avec l'épaisseur des bouts de moelle, mais surtout avec la température extérieure. Plus la température est basse, et plus durable est la conservation de la virulence. Ces résultats constituent lepoint scientifique de la méthode (1).

Ces faits étant établis, voici le moyen de rendre un chien réfractaire à la rage en un temps relativement court.

Dans une série de llacons dont l'air est entretenu à l'état sec par des fragments de potasse déposés sur le fond du vase, on suspend, chaque jour, un bout de moelle rabique fraîche de lapin mort de rage, rage développée après sept jours d'incubation. Chaque jour, également, on inocule sous la peau du chien une pleine seringue Pravazdebouillon stérilisé, dans lequel on a délayé un petit fragment d'une de ces moelles en dessiccation, en commençant par une moelle d'un numéro d'ordre assez éloigné du jour où l'on opère pour être bien sûr que cette moelle n'est pas du tout virulente. Des expériences préalables ont éclairé à cet égard. Les jours suivants, on opère de même avec des moelles plus récentes, séparées par un intervalle de deux jours, jusqu'à ce qu'on arrive à une dernière moelle très virulente, placée depuis un jour ou deux seulement en flacon.

Le chien est alors rendu réfractaire à la rage. On peut lui inoculer du virus rabique sous la peau ou même à la surface du cerveau par trépanation sans que la rage se déclare.

Par l'application de cette méthode, j'étais arrivé à avoir cinquante chiens de tout âge et de toute race réfractaires à la rage, sans avoir rencontré un seul insuccès, lorsque, inopinément, seprésentèrentdans

(1) Si la moelle rabique est mise à l'abri de l'air, dans le "az acide carbonique, à l'état humide, la virulence se conserve (tout au moins pendant plusieurs mois) sans variation de son intensité rabique, pourvu qu'elle soit préservée de toute altération microbienne étrangère.

mon laboratoire, le lundi 6 juillet dernier, trois personnes arrivant d'Alsace:

Théodore Vone, marchand épicier à Meissengott, près de Schlestadt, mordu au bras, le i juillet, par son propre chien devenu enragé ;

Joseph Meister, âgé de neuf ans, mordu également le i juillet, à 8 heures du matin, par le même chien. Cet enfant, terrassé par le chien, portait de nombreuses morsures, àlamain, aux jambes, aux cuisses, quelques-unes profondes qui rendaient même sa marche difficile. Les principales de ces morsures avaientété cautérisées, douze heures seulement après l'accident, à l'acide phénique, le i juillet à huit heures du soir, par M. le docteur Weber (de Ville).

La troisième personne qui, elle, n'avait pas été mordue, était la mère du petit Joseph Meister.

A l'autopsie du chien, abattu par son maître, on avait trouvé l'estomac rempli de foin, de paille et de fragments de bois. Le chien était bien enragé. Joseph Meister avait été relevé de dessous lui couvert de bave et de sang.

M. Vone avait au bras de fortes contusions, mais il m'assura que sa chemise n'avait pas été traversée par les crocs du chien. Comme il n'y avait rien à craindre, je lui dis qu'il pouvait repartir pour l'Alsace le jour même, ce qu'il fit. Mais je gardai auprès de moi le petit Meister et sa mère.

La séance hebdomadaire de l'Académie des sciences avait précisément heu le 6 juillet; j'y vis notre confrère, M. le docteur Vulpian, à qui je racontai ce qui venait de se passer.

M. Vulpian, ainsi que le docteur Grancher, professeur à l'École de médecine, eurent la complaisance de venir voir immédiatement le petit Joseph Meister et de constater l'état et le nombre de ses blessures. Il n'en avait pas moins de quatorze.

Les avis de notre savant confrère et du docteur Grancher furent que, par l'intensité et le nombre de ses morsures, Joseph Meister était exposé presque fatalement à prendre la rage. Je communiquai alors à M. Vulpian et à M. Grancher les résultats nouveaux que j'avais obtenus dans l'étude de la rage depuis la lecture que j'avais faite à Copenhague, une année auparavant.

La mort de cet enfant paraissant inévitable, je me décidai, non sans de vives et cruelles inquiétudes, on doit bien le penser, à tenter sur Joseph Meister la méthode qui m'avait constamment réussi sur des chiens.

Mes cinquante chiens, il est vrai, n'avaient pas été mordus avant de déterminer leur état réfractaire à la rage : mais je savais que cette circonstance pouvait être écartée de mes préoccupations, parce que j'avais déjà obtenu l'état réfractaire à la rage sur un grand nombre de chiens après morsure.

L'OEUVRE DE M. PASTEUK.

J'avais rendu témoins, cette année, les membres de la commission de la rage de ce nouveau et important progrès.

En conséquence, le (i juillet, à huit heures du soir, soixante heures après les morsures du i juillet, et en présence des docteurs Vulpian et Grancher, on inocula, sous un pli fait à la peau de l'hypocondre droit du petit Meisler, une demi-seringue Pravaz d'une moelle de lapin mort rabique, le 21 juin, et conservée depuis lors en flacon à l'air sec, c'est-à-dire depuis quinze jours.

Les jours suivants, des inoculations nouvelles furent faites, toujours aux hypocondres, dans les conditions dont je donne ici le tableau :

Une demi-seringue Pravaz.

e 7 juillet 9b matin.

Moelle du 23 .

uin.

Moelle de 14 jours

soir.

matin.

soir.

matin.

juillet

Je portai ainsi à 13 le nombre des inoculations et à 10 le nombre des jours de traitement. Je dirai plus tard qu'un plus petit nombre d'inoculations eussent été suffisantes. Mais on comprendra que dans ce premier essai je dusse agir avec une circonspection toute particulière.

Avec les diverses moelles employées, on inocula par trépanation deux lapins neufs, afin de suivre les états de virulence de ces moelles.

L'observation des lapins permit de constater que les moelles des 6, 7, 8, 9, 10 juillet n'étaient pas virulentes, car elles ne rendirent pas leurs lapins enragés. Les moelles des 11, 12, U, 15, 16 juillet furent toutes virulentes, et la matière virulente s'y trouvait en proportion de plus en plus forte. La rage se déclara après sept jours d'incubation sur les lapins des 15 et 16 juillet; après huit jours, sur ceux du 12 et du 14 ; après quinze jours, sur ceux du 1 1 juillet.

Dans les derniers jours, j'avais donc inoculé à Joseph Meister le virus rabique le plus virulent, celui du chien renforcé par une foule de passages de lapins à lapins, virus qui donne la rage à ces animaux après sept jours d'incubation, après huit ou dix jours aux chiens. J'étais autorisé dans cette entreprise par ce qui s'était passé pour les cinquante chiens dont j'ai parlé.

Lorsque l'état d'immunité est atteint, on peut, sans inconvénient, inoculer le virus le plus virulent et en quantité quelconque. Il m'a toujours paru que cela

n'avait d'autre effet que de consolider l'état réfractaire à la rage.

Joseph Meister a donc échappé non seulement à la rage que ses morsures auraient pu développer, mais à celle que je lui ai inoculée pour le contrôle de l'immunité due au traitement, rage plus virulente que celle du chien des rues.

L'inoculation finale très virulente a encore l'avantage de limiter la durée des appréhensions qu'on peut avoir sur les suites des morsures. Si la rage pouvait éclater, elle se déclarerait plus vite par un virus plus virulent que celui des morsures. Dès le milieu du mois d'août, j'envisageais avec confiance l'avenir de la santé de Joseph Meister. Aujourd'hui encore, après trois mois et trois semaines écoules depuis l'accident, cette santé ne laisse rien à désirer.

Quelle interprétation donner à la nouvelle méthode que je viens de faire connaître pour prévenir la rage après morsures? Je n'ai pas l'intention de traiter aujourd'hui cette question d'une manière complète. Je veux me borner à quelques détails préliminaires, propres à faire comprendre le sens des expériences que je poursuis dans le but de bien fixer les idées sur la meilleure des interprétations possibles.

En se reportant aux méthodes d'atténuation progressive des virus mortels et à la prophylaxie qu'on peut en déduire, étant donné, d'autre part, l'influence de l'air dans l'atténuation, la première pensée qui s'offre à l'esprit pour rendre compte des effets de la méthode, c'est que le séjour des moelles rabiques au contact de l'air sec diminue progressivement l'intensité de la virulence de ces moelles jusqu'à la rendre nulle.

On serait, dès lors, porté à croire que la ,méthode prophylactique dont il s'agit repose sur l'emploi de virus d'abord sans activité appréciable, faible ensuite et de plus en plus virulents.

Je montrerai ultérieurement que les faits sont en désaccord avec cette manière de voir. J e prouverai que les retards dans les durées d'incubation de la rage communiquée, jour par jour, à des lapins, ainsi que je l'ai dit tout à l'heure, pour éprouver l'état de virulence de nos moelles desséchées au contact de l'air, sont un effet d'appauvrissement en quantité du virus rabique contenu dans ces moelles et non un effet de son appauvrissement enjvirulence.

Pourrait-on admettre que l'inoculation d'un virus, de virulence toujours identique à elle-même, pourrait amener l'état réfractaire à la rage, en procédant à son emploi par quantités très petites, mais quotidiennement croissantes ? C'est une interprétation des faits de la nouvelle méthode que j'étudie au point de vue expérimental.

On peut donner de la nouvelle méthode une autre

L'OEUVRE DE M. PASTEUR

interprétation encore, interprétation assurément fort étrange au premier aspect, mais qui mérite toute considération, parce qu'elle est en harmonie avec certains résultats déjà connus, que nous offrent les phénomènes de la vie chez quelques êtres inférieurs et notamment chez divers microbes pathogènes.

Beaucoup de microbes paraissent donner naissance dans leurs cultures à des matières qui ont la propriété de nuire à leur propre développement.

Dès l'année 1880, j'avais institué des recherches, afin d'établir que le microbe du choléra des poules devait produire une sorte de poison de ce microbe (Voir Comptes rendus, t. XC, 1880). Je n'ai point réussi à mettre en évidence la présence d'une telle matière ; mais je pense aujourd'hui que cette étude doit être reprise, et je n'y manquejai pas, pour ce qui me regarde, en opérant en présence du gaz acide carbonique pur.

Le microbe du rouget du porc se cultive dans des bouillons très divers, mais le poids qui s'en forme est tellement faible et si promptement arrêté dans sa proportion, que c'est à peine, quelquefois, si la culture s'en accuse par de faibles ondes soyeuses à l'intérieur du milieu nutritif. On dirait que, tout de suite, prend naissance un produit qui arrête le développement de ce microbe, soit qu'on le cultive au contact de l'air, soit dans le vide.

M. Raulin, mon ancien préparateur, aujourd'hui professeur à la Faculté de Lyon, a établi, dans la thèse si remarquable qu'il a soutenue à Paris le 22 mars 1870, que la végétation de YAspergillus niger développe une substance qui arrête, en partie, la production de cette moisissure quand le milieu nutritif ne renferme pas de sels de fer.

Se pourrait-il que ce qui constitue le virus rabique soit formé de deux substances distinctes et qu'à côté de celle qui est vivante, capable de pulluler dans le système nerveux, il y en ait une autre, non vivante, ayant la faculté, quand elle est en proportion convenable, d'arrêter le développement de la première? J'examinerai expérimentalement, dans une prochaine communication, avec toute l'attention qu'elle mérite, cette troisième interprétation de la méthode de prophylaxie de la rage.

Je n'ai pas besoin de faire remarquer en terminant que la plus sérieuse des questions à résoudre en ce moment est peut-être celle de l'intervalle à observer entre l'instant des morsures et celui où commence le traitement. Cet intervalle, pour Joseph Meister, a été de deux jours et demi. Mais il faut s'attendre à ce qu'il soit souvent beaucoup plus long.

Mardi dernier, 20 octobre, avec l'assistance obligeante de MM. VulpianetGrancher, j'ai dû commencer à traiter un jeune homme de quinze ans, mordu depuis six jours pleins, à chacune des deux mains,

dans des conditions exceptionnellement graves.

L'Académie n'entendra peut-être pas sans émotion le récit de l'acte de courage et de présence d'esprit de l'enfant dont j'ai entrepris le traitement mardi dernier. C'est un berger, âgé de quinze ans, du nom de Jean-Baptiste Jupille, de Villers-Farlay (Jura), qui, voyant un chien à allures suspectes, de forte taille, se précipiter sur un groupe de six de ses petits camarades, tous plus jeunes que lui, s'est élancé, armé de son fouet, au-devant de l'animal. Le chien saisit Jupille à la main gauche. Jupille alors terrasse le chien, le maintient sous lui, lui ouvre la gueule avec sa main droite pour dégager sa main gauche, non sans recevoir plusieurs morsures nouvelles, puis, avec la lanière de son fouet, il lui lie le museau, et, saisissant l'un de ses sabots, il l'assomme.

Je m'empresserai de faire connaître à l'Académie ce qui adviendra de cette nouvelle tentative.

Bibliographie des principaux travaux de L. Pasteur.

Note sur la cristallisation du soufre (C. /i.. 1848, t. XXVI, p. 48).

Recherches sur divers modes de groupement dans le sulfate de potasse (C. R., 1848, t. XXVI. p. 304 .

Recherches sur le dimorphisme C. R., 1848. t. XXVI, p. 353).

Mémoire sur la relation qui peut exister entre la forme cristalline et la composition chimique, el sur la cause de la polarisation rotatoire (C. />'., 1848, t. XXVI. p. 535).

Recherches sur les relations qui peuvent exister entre la forme cristalline, la composition chimique et le sens du pouvoir rotatoire [C. R., 1848, t. XXVII, p. 367; 1849, I. XXVIII, p. 477; 1850, t. XXXI. p. 180 .

Mémoire sur les acides aspartique el malique [C. /!., 1851, l. XXXIII, p. 217).

Observations optiques sur la populine et la salicine artificielle (C. /!., 1852, t. XXXIV, p. 606 .

Nouvelles recherches sur 1rs relations qui peinent exister entre la forme cristalline, la composition chimique el le phénomène rotatoire moléculaire [C. R.. 1852, t. XXXV, p. 176 .

Notice sur l'origine de L'acide racémique [C. R., If t. XXXVI, p. 19).

Noie suc la quinidine C. R.. !*:;:>. t. XXXVI. p. 26 .

Transformation de l'aride tartrique en acide racémique (C. /(.. in:.::, t. XXXVI, p. 973 .

Recherches sur les alcaloïdes des quinquinas C. /■'..

1853, t. XXXVII, p. 1 10 .

Transformation des acides tar triques en acide racémique. Déconverte de l'aride tartrique inactif. .Nouvelle méthode de séparation de l'acide racémique en acides tartriques dr»it et gauche (C. /.'.. 1853, i. XXXVII, p. 162 .

Sur le dimorphis dans les substances actives C. R.,

1854, L XXXIX, p. 20 .

Mémoire sur l'alcool amvlique ■('./(.. 1855, t. XLI, p. 296 .

L'ŒUVRE DE M. PASTEUR

Note sur le sucre de lait (C. fi., 1856, t. XLII, p. 347).

Isomorphisiue entre les corps isomères, les uns actifs, les autres inactir's sur la lumière polarisée (P. fi., 1856, l. XLII, p. 1259

Études sur les modes d'accroissement des cristaux et sur les causes des variations de leurs formes secondaires (C. fi., 1856, t. XLH1, p. 795).

Mémoire sur la fermentation appelée lactique (C. R., 1857. t. XI. V, p. 913 .

Mémoire el Lettre sur la fermentation alcoolique (C. /(., is.w, t. XLV, p. 1032; 1858, t. XLVI, p. 179; 1859, t.XLVin, p. m'.» .

Mémoire sur l.i fermentation de l'acide tartrique (C. II., 1X38, t, XLVI, p. 013).

Production constante de glycérine dans la fermentation alcoolique (P. fi., 1858, t. XLVI, p. 857V

Nouvelles recherches sur la fermentation alcoolique (P. fi., 1,858, t. XLVII, pp. 224 et 1011).

Nouveaux faits pour servir à l'histoire de la levure lactique (C. II., 1859, t. XLVIIl, p. 337).

Nouveaux faits concernant la fermentation alcoolique (P. 11., 1859, t. XL VIII, p. 640).

Sur la fermentation alcoolique; cellulose el matières grasses de la levure constituées aux dépens du sucre (P. fi., 1859, t. XLVIIl, p. 733).

Note en réponse à M. Berthelot sur la fermentation alcoolique de la levure de bière (P. fi., 1859, t. XLVIIl. p. 737).

Expériences relatives aux générations dites spontanées (C. /(., 1800, t. L, p. 303; t. LI, pp. 348 et 075.)

De l'origine des ferments. Nouvelles expériences relatives aux générations dites spontanées (P. R., 1800, l. L, p. 849.)

Note sur la fermentation alcoolique en réponse à M. Berthelot (P. fi., 1800, t. L, p. 1083).

Note sur ie Pénicillium glaucum et sur la dissymétrie moléculaire des produits organiques naturels (P. R., 1800, t. LI, p. 298).

Recherches sur le mode de nutrition des Mucédinées (P. /t., 1860, t. LI, p. 709).

De l'influence de la température sur la fécondité des spores des Mucédinées (C. fi., 1861, t. LU, p. 16).

Animalcules infusoires vivant sans gaz oxygène libre, et déterminant des fermentations (P. fi., 1861, t. LU,

Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent en suspension dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des générations spontanées (P. fi., 1861, t. LU, p. 1142; 1862, t. LIV, p. 1270).

Expériences et vues nouvelles sur la nature des fermentations (P. 11., 1861, t. LU, p. 1260).

Etude sur les Mycodermes; rôle de ces plantes dans la fermentation acétique (P. R., 1802, t. LU, pp. 160 et 263).

Suite à une note précédente sur les Mycodermes; nouveau procédé industriel de fabrication du vinaigre (P. fi., 1862, t. LV, p. 28).

Nouvel exemple de fermentation déterminée par des animalcules infusoires, pouvant vivre sans gaz oxygène libre, et en dehors de tout contact avec l'air atmosphérique (C. /t., 1863, t. LVI, p. 416).

Examen du rôle attribué au gaz oxygène atmosphérique dans la destruction des substances animales et végétales après' la mort (P. fi., 1803, t. LVI, p. 734).

Sur la présence de l'acide acétique parmi les produits de la fermentation alcoolique (P. fi., 1863, t. LVI, p. 989).

Remarques'sur une note de M. Van Tieghem concernant la coloration rose violet développée par les acides dans les libres du liber et du bois c. II., lsi;3. t. LVI, p. 991), et sur une note de M. Béchamp sur le même sujet (P. fi., 1803, t. LVI, p. 1109).

Recherches sur la putréfaction (P. fi., 1803. t. LVI. p. 1189).

Réponse aux observations critiques de MM. Pourhet, Joly et Musset contenues dans leur Mémoire sur l'hétérogénie (P. fi., 1863. t. I.VII, pp. 721 et 846).

Étude sur les vins; de l'influence de l'oxygène de l'ait dans la vinification (<". II., 1863, t. LVII, p. 936).

Note relative à des réclamations de priorité de M. Béchamp sur les fermentions et générations dites spontanées (P. II., 1863, t. I.VII, p. 961 .

Note sur les générations spontanées (P. fi., 1864, t. LVI1I. p. 21).

Remarques sur une fausse allégation d'un ouvrage de M. Pouchet (P. II., 1801-, t. LVIÏI, pp. 22 et 192).

Des altérations spontanées ou maladies des vins (P. fi.,

1864, t. LVIII, pp. 93 et 142).

Remarques à l'occasion d'une demande de MM. Pouchet. Joly et Musset, pour qu'on attende le retour de la saison chaude avant de répéter leurs expériences sur l'hétérogénie. M. Pasteur déclare que, pour lui, il est prêl en toute saison à les répéter C II.. 1864, t. LVIII, p. 471).

Sur la lumière phosphorescente des Cucuyos (P. fi., 1864, t. LIX, p. 509).

Remarques à l'occasion d'un Mémoire de MM. Bussy et Buignet sur les changements de température produits parle mélange de liquides de nature différente (P. II., 1804, t. LIX. p. 689).

Procédé pratique pour la conservation et l'amélioration des vins (P. R., 1805, t. LX, p. 899; t. LXI, p. 274).

Note sur les dépôts qui se forment dans les vins (P. fi..

1865, t. LX, p. 1109).

Remarques à l'occasion d'une note de M. Davainc relative à la maladie charbonneuse P. R., 1805, t. LXI.

Note à l'occasion d'une communication de MM. Leplat et

Jaillard concernant la maladie du sang de rate (P. fi.,

1865, t. LXI, p. 301).

Observations sur la maladie des vers à soie (P. fi., 1865,

t. LXI. pp. 475 et 506).

Sur l'emploi de la chaleur comme moyen de conservation

du vin (P. fi., 1805, t. LXI, p. 97'.» . Observations relatives à diverses notes de M. V. Meunier

concernant la question des générations spontanées

(P. R., 1805, t. LXI, p. 1091).

Observations au sujet d'une note de M. Pouchet sur la

résistance vitale (C. H-, 1860, t. LXIII, p. 1139'. Nouvelles études sur la maladie des vers à soie (P. /<'..

1860, t. LXIII, p. 12(1).

Remarques relatives à une communication de M. Donné

sur la génération spontanée des moisissures végétales

(P. fi., 1860, t. LXIII, p. 395 .

Observations au sujet d'une note de M. Béchamp sur la

maladie actuelle des vers à soie (P. R., 1866. t. LXIII,

pp. 3 17 et 427), et de M. lîalbiani sur le même sujet (Ibid.,

Nouvelles études expérimentales sur la maladie des vers

à soie (C. /!., 1866, t. LXIII, p. 897). Remarques à l'occasion d'uni1 note de M. Donné sur

la génération spontanée des animalcules infusoires

(P. fi., 1866, t. LXIII, p. 107:i .

Lettres à M. Dumas sur la nature des corpuscules de*

L'OEUVRE DE M. PASTEUR

vers à soie et sur la maladie des vers à soie (C. fi., 1867, t. LXIV, pp. 835, 1109 et 1113). Observations relatives aux expériences de M. Chauveau sur la nature du virus vaccin (C. R., 18(58, t. LXVI, p. 321).

Lettre à M. Dumas sur les éducations précoces de graines de races indigènes provenant de chambrées choisies (C. fi., 1868, t. LXVI, pp. 689 et 721). Note sur la maladie des vers à soie désignés vulgairement sous le nom de morts blancs et de morts flats [C. fi., 1868, t. LXVI, p. 1289).

Rapport sur la Mission de 1868 relative à la maladie du ver à soie (C. H-, 1868, t. LXVII, p. 581).

Moyen de reconnaître aux essais précoces sur les graines de vers à soie celles qui sont prédisposées à la maladie des morts flats (C. K., 1868, t. LXVII, p. 813).

Sur les bons effets de la sélection cellulaire dans la préparation de la graine de vers à soie (C. fi., 1860, t. LXVIII, p. 79).

Lettre à M. Dumas, à propos d'une letLre de M. Cornalia sur la méthode proposée pour régénérer les vers à soie(C. fi., 1869, t. LXVIII, p. 628).

Résultat des observations faites sur la maladie des |morts ilats soit héréditaire, soit accidentelle (C. fi., 1869, t. LXVIII, p. 1229).

Observations relatives à une note de M. Raybaud Lange sur lâ'sériciculture (C. R., 1869, t. LXVIII, p. 1433).

Note sur la sélection des cocons faite par le microscope pour la régénération des races indigènes de vers à soie (C. fi., 1869, t. LXIX, p. IS8).

De la confection de la graine de vers à soie et du grainage indigène (C. fi.^ 1869, t. LXIX, p. 744).

Sur la pratique du chauffage pour la conservation et l'amélioration des vins (C. fi., 1869, t. LXIX, p. 577, et 1872, t. LXXV, p. 303).

Réponse aux observations sur le chauffage des vins, faites par M. Thénard (C. fi., 1869, t. LXIX, pp. 645, 905 et 973), et par M. de Vergnette Lamothe (Ibid., 1869, t. LXIX, p. 905, et 1872, I. LXXIV, pp. 791 et 845).

Lettre à M. le maréchal Vaillant sur les résultats obtenus dans l'éducation des races françaises de vers à soie à Villa Vicentina (C. R., 1870, t. LXX, p. 1319).

Résultats des éducations pratiques de vers à soie effectuées au moyen de graines préparées par les procédés de sélection (C. fi., 1 870, t. LXXI, p. 182).

Note sur un Mémoire de Liebig, et des Observations de M. Frémy sur les fermentations, l'origine et la nature des ferments (C. fi., 1.S71, t. LXXIII, pp. 1419 et 1427; 1872, t. LXXIV, pp. 403 et 505, et t. LXXV, pp. 784, 791,900, 981, 987, 1056, 1062, 1066, 117(1, 1172 et 1217).

Observations à propos d'une communication de M. Trécul sur l'origine des levures lactique el alcoolique (C. R.,

1871, t. LXXIII, p. 1461; 1872, t. LXXIV, p. 23, et t. LXXV, pp. 990 et 1167).

Nouvelles expériences pour démontrer que le germe de la levure qui fait le vin provient de l'extérieur des grains de raisin. (C. fi., 1872, t. LXXV, p. 781).

Faits nouveaux pour servir à la connaissance de la théorie des fermentations proprement dites (C. R-, 1872, t. LXXV, p. 784).

Note sur la production de l'alcool par les fruits (C. /(.,

1872, t. LXXV, p. 1054).

Observations au sujet des notes de MM. Béchamp et Estor sur la fermentation alcoolique (C. R., 1872, t. LXXV,

Note relativeà un Rapport de M.- Cornalia sur les éducations de vers à soie en 1872(('. fi., 1873, I. LXXVI, p. 461).

Etude sur la bière. Nouveau procédé de fabrication pour la rendre inaltérable (C. R., 1873, t. LXXVII, p. 1 1 lu .

Observations relatives à une note de M. Vignon sur le pouvoir rotatoire de la mannite C. /t.. 1873, t. LXXVII, p. 1.292);

Réponse aux observations de M. Trécul sur l'origine de la levure de bière (C. fi., 1873, t. LXXVII. pp. 1321, 1396, 1441, 1444 et 1519).

Observations relatives à une communication de MM. (;osselin et A. Robin sur l'urine ammoniacale (C. R., 1874, t. LXXVIII, p. 46).

Production de la levure dans un milieu minéral s 1 1 i é- (C. fi., 1874, t. LXXVIII, p. 213).

Observations au sujet d'une communication de M. A.Guérin sur le rôle pathogénique des ferments dans les maladies chirurgicales (C. /(., 1874, I. LXXVIII, p. 867;.

Des forces dissymétriques naturelles (C. II., I87i, t. LXXVIII, p. 1515).

Observations à propos d'une communication de M. Dumas sur l'intérêt qu'il pourrait y avoir à examiner l'effet que produirait sur une vigne la. coexistence du phylloxéra et du mycélium constaté ;i Cully !('. R., 1874, 1, LXXIX, p. 1233).

Observations sur la méthode de traitement des amputés de M. A. Guérin (C. R., 1875, t. LXXX, p. 87).

Nouvelles observations sur la nature de la fermentation alcoolique (C. fi., 1875, t. LXXX, p. 452)".

Sur une distinction entre les produits organiques naturels et les produits organiques artificiels [C. R., 1875, t. LXXXI, p. 128).

Observations sur l'origine du sucre dans les plantes (C. fi., 1875, t. LXXXI, p. 1071).

Observations, à propos d'une communication deM.Boussingault, sur la végétation du mais (C. fi., 1876, t. LXXXII, pp. 792 et 942).

Note sur le grainage cellulaire pour la préparation de la graine de ver à soie (C. R., 1876, t. LXXXII, p. 953 .

Note sur la fermentation, à propos des critiques de MM. Brefeld et Traube (C. fi., 1876, t. LXXXII, p. 1078).

De l'origine des ferments organisés, à propos des ouvrages de M. Frémy et de M. Tvndall (C. /(., 1876, t. LXXXII p. 1285).

Sur la fermentation de l'urine (en collaboration avec M. Joubert) (C. fi., 1876, t. LXXXIII, p. 5).

Réponse à M. Bastian au sujet de l'altération de l'urine, de la fermentation de l'urine neutralisée par la potasse, et les germes des bactéries en suspension dans l'atmosphère et dans les eaux (en collaboration avec M. Joubert) [C. fi., 1876, t. LXXXIII, pp. 176 et 377; 1877, t. L.XXXIV, pp. 64, 206, 307; t. LXXXV, p. 1 7S .

Réponse à M. Berthelot sur la théorie des fermentations (C. fi., 1876, t. LXXXIII, p. lu .

Note sur une communication de M. Sacc relative à la panification aux Etats-Unis et aux propriétés du houblon comme ferment (C. R., 1876, t. LXXXIII, |>. 107 ,

Note sur la fermentation des fruits et sur la diffusion des germes des levures alcooliques [C.R., 1876, t. LXXXIII p. 173.

Note sur une communication de M. Dm in sur la fermentation cellulosique du sucre de canne C. /,'. [876 t. LXXXIII, p. 17C, .

Réponse à .M. Frémy sur la génération intra-cellulaire du ferment alcoolique C. /(., 1876, t. LXXXIII, p. 182 .

Observations à propos d'une communication de M. Bouillaud sur la lièvre typhoïde ''. R.. ts;;. i. I.XXX1V p. 106).

Sur les conserves alimentaires C.R.,I877, t. LXXXIV,p.293)

L'ŒUVRE DE M. PASTEUR

Note au sujet d'une communication de M. Weddell sur L'avantage qu'il y aurait à remplacer la quinine par la cinchonidiiie (C. 71., 1877, t. LXXXIV, p. 577).

Elude sur la maladie charbonneuse (en collaboration avec M.Joubert) (C. R., 1877, t. LXXXIV, p. 900).

Remarques sur une communication de M. Raynaud à propos du charbon (C. R., 1877, t. LXXXIV, p. 1520).

Note sur le charbon et la septicémie (C. R., 1877, t. LXXXV, pp. 61 et 101).

Réponse à M. Trécul suiTorigine des levures alcooliques (C. IL, 1878, t. LXXXVI, p. 50).

La théorie des germes et ses applications à la médecine et a la chirurgie (en collaboration avec MM. Joubert et Chamberland) (C. fi., 1878, t. LXXXVI, p. 1037).

Observation sur le mémoire de M. Cunning relatif à I'anaérobie des microrganismes (C. fi., 1878, t. LXXXVI I, p. 33).

Sur le charbon des poules (en collaboration avec MM. Joubert et Chamberland) (C. fi., 1878, t. LXXXVII, p. 47).

Sur la théorie de la fermentation, à L'occasion d'un article publié dans la Revue Scientifique sous le titre de « la Fermentation alcoolique, dernières expériences de Claude Bernard», (C. fi., 1878, t. LXXXVII, pp. 125, 18b et 813, et 1879, t. LXXXVIII, p. 1169).

Réponses aux observations de M. Berthelot relatives à ce mémoire (C. fi., 1878, t. LXXXVII, p. 1033 ; 1879, t. LXXXVIII, pp. 58, 133 et 255).

Réponses aux observations de M. Trécul sur la fermentation et les êtres inférieurs (C. fi., 1878, t. LXXXVII, p. 1059, et 1879, t. LXXXVIII, pp. 58, 106, 254 et 253).

De l'extension de la théorie des germes à l'étiologie de quelques maladies communes (C. R., 1881), t. XC, p. 1033).

Sur l'étiologie du charbon (en collaboration avec MM . Cham berland et Roux) (C. R., 1880, t. XCI, pp. 86 et 455 .

Expériences tendant à démontrer que les poules vaccinées pour le choléra sont réfractaires au charbon [C. R., 1880, t. XCI, p. 315).

Sur la non-récidive de l'affection charbonneuse (en collaboration avec M. Chamberland) (C. R., 1880, t. XCI, p. 531).

De l'atténuation du virus du chole'ra des poules. (C. /!.,

1880, t. XCI, p. 673).

Nouvelles observations sur l'étiologie et la prophylaxie du charbon [C. R., t. XCI, p. 697).

La vaccination du rouget des porcs, à l'aide du virus mortel atténué de cette maladie (en collaboration avec M. Thuillier) (C. B., 1883, t. XCVII, p. 1163, et Rull. Acad. de médec, 1883, t. XII, n° 48).

Sur une maladie nouvelle provoquée par la salive d'un enfant mort de la rage (en collaboration avec MM. Cham berland et Roux) (C. fi., 1881, t. XCII, p. 139, et Bull, de l'Aead. de médecine, 1881, 2° série, t. X, p. 94).

Sur la longue durée de la vie des germes charbonneux et sur leur conservation dans les terres cultivées (en collaboration avec MM. Chamberland et Roux) (C. R.,

1881, t. XCII, p. 209).

De l'atténuation des virus et de leur retour à la virulence (en collaboration avec MM. Chamberland et Roux) (C. /(.. 1881, t. XCII, p. 429).

De la possibilité de rendre les moutons réfractaires au charbon par la méthode des inoculations préventives (en collaboration avec MM. Chamberland et Roux) (C. fi., 1881, t. XCII. p. 662).

Le vaccin du charbon (en collaboration avec MM. Chamberland et Roux) (C. /(., 1881, t. XCII, p. 666).

' ipte rendu sommaire des expériences faites à Pouil-

ly-le-Fort, près Melun, sur la vaccination charbonneuse (en collaboration avec MM. Chamberland et Roux (<:. R., 1881, t. XCII, p. 1378).

Sur la rage (en collaboration avec MM. Chamberland, Roux et Thuillier [C. R-, 1881, t. XCII, p. 1259, et Bull, de l'Aead. de médec., 1881, 2e série, t. X, p. 717 .

Nouveaux faits pour servir à la connaissance de la ra^i- (en collaboration avec MM. Chamberland, Roux et Thuillier) (C. R., 1882, t. XCV, p. 1187).

Sur la vaccination charbonneuse (C. R., 1883, t. XCV1, p. 979).

Réponse à la Commission de l'École vétérinaire de Turin (C. fi., 1883, t. XCVI, p. 1457 .

Nouvelles communications sur la rage (C. fi., 1884, t. XCVIII, pp. 457 et 1229, et 1886, t. CIII, p. 777, et Bull, de l'Aead. de médec, 1886, t. XVI, n° 41 j.

Observations sur une note de M. Duclaux, relative à la germination dans un sol riche en matières organiques, mais exempt de microbes (C. fi., 1883, t. C, p. 68).

Méthode pour prévenir la rage après morsure, et réponse aux remarques de MM. Vulpian, Bouley et Larrey à ce sujet (C. fi., 1885, t. CI, pp. 765 et 774, et Bull, de l'Aç. de médecine, 1885, (2), t. XIV, n° 43).

Résultats de l'application de la méthode pour prévenir la ,rage après morsure, et réponse à divers observateurs (C. fi., 1886, t. Cil, pp. 459, 468 et 835).

Rapport de la Commission pour la fondation d'un établissement destiné au traitement de la rage après morsure (C. fi., 1886, t. Cil, p. 531).

Note accompagnant le Rapport de la Commission anglaise de la rage (C. fi., 1887, t. CV, p. 6).

Recherches surla fermentation nitreuse (Bull. Sur. chim., 1858, t. I, p. 21).

De la fermentation visqueuse (Bull. Soc. chim., 1859, t. II, pp. 21 et 31).

Remarques sur la formation d'acide paratartrique par la mannite (Bull. Soc. chim., 1859, t. II, p. 10 3).

Propriétés optiques des dérivés nitrés de la mannite et de la dulcite (Bull. Soc. chim-, 1859, t. II, p. 115).

Nature de la fermentation butyrique (Bull. Soc. chim., 1861, 1. 111, p. 145).

Sur les fermentations acétique et butyrique (Bull. Soc. chim., 1862, t. III, p. 52).

Remarques sur les acides dérivés de la sorbine et obtenus par M. Dessaignes (Bull. Soc.[chim., 1862, t. III, p. 107).

Fermentation par des infusoires (Ridl. Soc, chim., 1863, t. V, p. 221).

Acide acétique dans la fermentation alcoolique (Bull. Soc. chim., 1863, t. V, p. 376).

Des générations spontanées (Bull. Soc. chim., 1860, pp. 138) 146 et 382).

Dosage de l'acide tartrique et de la crème de tartre dans les vins (Bull. Soc. chim., 1864, t. 1, p. 449; t. IL p. :: .

Influence de l'oxygène dans la vinification (Bull. Soc. chim., 1864, t. I, p. 390 .

Fermentation acétique (Bull. Soc. chim., 1865, t. III, p. 306).

Conservation des vins par la chaleur [Bull. Soc. chim., 1863, t. IV, pp. 80 et 410; t. V, p. 408; 1872, t. XVIII, p. 365).

Fabrication et conservation de la bière [Bull. Soc. chim., 1S72, t. XVII, pp. lit et :is', ; tsTi, t. XXL p. i3; t. XXII, p. 2l'.il.

Recherches sur la dissymétrie moléculaire des produits organiques naturels (Leçons, prof, à la Soc. chimique de Paris, le 20 janv. et Le :t févr. I8S0. In Leçons de chimie delà Société chimique de Paris, 1861, t. I. pp. l-is .

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