SEPTEMBRE
CHIMIE MINÉRALE. — Sur un échantillon de carbon noir du. Brésil. — On sait que le carbon est une variété de diamant noir qui, parfois, possède une cristallisation confuse, parfois aussi présente un aspect chagriné; on sait aussi qu'il est très recherché par l'industrie pour sa dureté et qu'on l'emploie surtout pour armer les couronnes des machines perforatrices dont on se sert pour faire les sondages. On sait enfin que, si l'on a signalé justement son existence dans l'île de Bornéo, le carbon se rencontre surtout au Brésil, dans la province de Bahia, ainsi que, mais en petite quantité, à Minas Géraès.
Or, aujourd'hui même, M. Henri Moistan a eu l'occasion de présenter à l'Académie un échantillon de carbon qui a été trouvé, le 15 juillet 18.)5, dans une terre diamantifère de la province de Bahia, au Brésil, par un mineur du nom de Sergis liorgès de Carvalho. lia été rencontré dans les terrains de la deuxième compagnie d'exploitation, qui se trouvent entre la rivière « Rio de Bancardor» et le ruisseau « das Bicas », sur le territoire de la ville de Lençoes. L'auteur, à ce propos, fait remarquer que les mineurs brésiliens doivent payer au propriétaire des terrains, sur lesquels ils travaillent, un droit de 25 p. 100 sur le produit brut des pierres qu'ils rencontrent, et qu'ils payent, en outre, un droit au gouvernement du pays comme chercheurs de diamants.
L'échantillon présenté par M. H. Moissan, qui appartient à M. C. Kahn, pèse maintenant 630 grammes, soit- 3 073 carats, le carat ayant une valeur, en poids, de 205 milligrammes. Il vaudrait, par suite, environ deux cent
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mille francs, sa valeur étant, lorsqu'il est de bonne qualité, voisine de 6b francs le carat. Bref, c'est le plus gros et le plus bel échantillon de diamant noir ou carbon qui ait été rencontré jusqu'à présent dans les terrains diamantifèresdu Brésil. On avait trouvé précédemment quelques rares échantillons de carbon de 600 à 800 carats et un seul de 1 700 carats ; encore ce dernier était-il peu homogène et de qualité inférieure.
Ce nouveau carbon, de forme arrondie, est d'un noir bien franc et sa surface est tantôt chagrinée, tantôt unie.
La partie chagrinée, examinée à la loupe ou au microscope avec un faible grossissement, a l'aspect d'une matière qui aurait laissé échapper des gaz, étant encore à l'état pâteux. Elle ressemble beaucoup à la surface des grains de carbon microscopiques que M. Moissan a obtenus dans ses culots d'argent et de fer comprimés par un refroidissement brusque dans l'eau. La couleur aussi est identique.
Ce carbon est poreux; depuis qu'il a été retiré du sol, c'est-à-dire depuis deux mois, il a perdu en poids environ 19 grammes : au moment où il a été trouvé, il pesait 3 167 carats.
CHIMIE ANIMALE. — Recherches sur la composition de la pélagéine. — MM. A.-B. GriffUhs et C. Platt ont déterminé la composition chimique du pigment violet de la Méduse (Pelagia), par le procédé suivant : Le pigment et les graisses sont so lubies dans l'alcool bouillant, et dans l'éther; la solution filtrée a été évaporée à sec; le résidu a été traité par une solution de soude, et le pigment a été extrait rapidement par le sulfure de carbone. On a évaporé spontanément : le pigment violet est resté comme un résidu amorphe. Les résultats des analyse^ de ce pigment répondent à la formule r-'^P'AzO7.
Ce pigment, auquel les auteurs ont donné le nom de pélagéine, est soluble dans l'alcoui, l'éther et l'acide acétique; il est insoluble dans l'eau et, par contre, très soluble dans le sulfure de carbone. Enfin, à l'état isolé, la pélagéine est décolorée par la lumière ; et les solutions de ce pigment ne donnent pas, au spectroscope, de bandes caractéristiques d'absorption.
PHYSIOLOGIE EXPERIMENTALE. — Sur l'existence de la glycosurie phlorizique chez les chiens ayant subi la section de la moelle. — Les travaux de MM. Chauveau et Kaufmann ont démontré que, si chez les chiens dont la moelle a été préalablement coupée à la partie inférieure de la région cervicale ou à la partie supérieure de la région dorsale, on extirpe complètement le pancréas, la glycosurie fait défaut. Il n'en est pas de môme chez des chiens ainsi préparés, si, au lieu de leur enlever cet organe, on leur administre de la phlorizine.
Chez six chiens, M. R. Lépine a coupé la moelle à différentes hauteurs, à partir de la cinquième cervicale; puis, une demi-heure après, il leur a ingéré dans l'estomac, ou leur a injecté sous la peau, en solution alcaline, de 0^,5 à 0S',2 de phlorizine par kilogramme. Ces chiens ont survécu plus de vingt-quatre heures. Chez tous, la glycosurie a débuté dans les quatre heures consécutives à l'administration de la substance. Elle n'a pas paru notablement différer chez eux de celle qu'on observe chez les chiens sains, après l'administration de la phlorizine, sauf en ceci que, la section de la moelle diminuant la diurèse, la quantité totale du glucose éliminé dans les vingt-quatre premières heures est moindre que chez des chiens n'ayant pas subi cette opération.
L'auteur a autrefois indiqué, avec M. Banal (1), que, dans la glycosurie phlorizique, le pouvoir glycolytique du sang n'est pas diminue, contrairement à ce qui a lieu, selon lui, dans le diabète pancréatique. L'existence delà glycosurie, malgré la section de la moelle, chez les chiens soumis à l'administration de la phlorizine, est une nouvelle preuve que, dans ce cas, la pathogénie de la glycosurie est essentiellement différente de celle qui est consécutive à l'ablation du pancréas:
HISTOIRE DES SCIENCES. —M. Faye présente une brochure intitulée : Les limites actuelles de notre science. Il s'agit du discours présidentiel prononcé le 8 août 1894, devant la British Association, dans sa session d'Oxford, par le marquis de Salisbury et traduit par M. Wilfrid de Fonvielle.
NÉCROLOGIE. — M. le Président annonce, en ces termes, à l'Académie, la mort de l'illustre savant dont la France déplore la perte :
Messieurs,
Un grand malheur frappe l'Académie : notre excellent confrère, M. Pasteur, s'est éteint doucement, samedi, à Garches, où l'affection des siens le disputait depuis bien des semaines aux rigueurs d'une santé chancelante. Ce deuil ne frappe pas seulement l'Académie, dont il était l'un des membres les plus anciens (2) et les plus vénérés ; il atteint la France, qui ne comptait pas de plus grand patriote, et le monde entier où le nom de Pasteur a répandu avec tant d'éclat le renom glorieux de la science française.
Sous l'émotion de ce coup imprévu, nous n'avons pas à rechercher dans le détail tout ce qui nous rend chère la mémoire de Pasteur. Il suffit de rappeler que, pendant plus d'un demi-siècle, chacun de ses travaux a apporté un progrès à la science, un bienfait à son pays, un soulagement à l'humanité.
Mais ce qu'il est particulièrement doux de rappeler à notre Académie, c'est que les grands bienfaits qui feront bénir le nom de Pasteur par les générations futures, il les doit au culte désintéressé de la science. C'est par l'esprit scientifique le plus rigoureux qu'il s'est élevé non seulement aux conceptions les plus hautes, mais aussi aux résultats les plus pratiques : magnifique réponse à ceux qui méconnaissent le rôle admirable de la science dans le développement moral et matériel des nations.
Doué d'une pénétration et d'une ténacité peu communes, Pasteur, fils de ses œuvres, après s'être essayé aux belles questions de la constitution moléculaire des cristaux, a attaqué les problèmes les plus obscurs touchant l'origine delà vie et le développement des organismes le plus souvent invisibles. Il les a résolus de la manière la plus heureuse et la plus féconde. Grâce à cet esprit de rigueur puisé à l'Ecole normale dans l'étude des sciences exactes, grâce à une merveilleuse' habileté d'expérimentation, il a réussi à porter dans le domaine de la biologie et de la médecine, éternel champ-clos îles théories contradictoires et des disputes sans fin, une puissance de démonstration que les sciences de calcul paraissaient seules pouvoir atteindre.
Si ce grand esprit disparait, son œuvre immense subsiste. La générosité de ses admirateurs de toutes les na-
n Voir la Revue Scientifique, année 1892, I ' semestre, t. XLIX, page 55, coh 2.
(2) M. Pasteur avait été élu en 1862, en remplacement de M. de Sénarmont.
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tions en a sanctionné l'importance et assuré le développement, en lui élevant ce magnifique Institut, qui a déjà rendu, sous l'inspiration du maître, de si éclatants services.
Rien ne pourrait adoucir l'amertume de nos regrets, si nous ne savions que Pasteur revit dans ses amis et ses élèves. Après avoir connu les jours sombres de la lutte, Pasteur a eu l'immense et mérité bonheur d'assister, vivant encore, au triomphe de ses idées. Dans une séance mémorable il a reçu les témoignages d'admiration des savants de tous les pays. Il a pu ainsi contempler, au soir d'une vie relativement heureuse, les premiers rayons de l'immortalité que la postérité lui réserve.
Je propose à l'Académie de lever immédiatement la séance en signe de deuil.
E. Rivière.
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La conservation des tomates. — Depuis quelques années la culture des tomates a pris une extension considérable en France, et on peut [voir jusque dans la banlieue de Paris des champs bordés de deux ou trois rangs de tiges garnies du fruit — ou légume — en question. En Angleterre, il nous parait que la tomate entre en vogue : jusqu'ici elle était peu cultivée. On s'est naturellement préoccupé de chercher des moyens de conserver ce fruit en hiver, en raison des nombreuses occasions où il peut rendre des services. M. Massey, de YExperiment Station agricole de la Caroline du Nord, recommande particulièrement la méthode suivante qui a pour elle, en tout cas, une extrême simplicité. Cette méthode consiste, quand les gelées d'automne paraissent imminentes, à cueillir tous les fruits encore verts, à envelopper chacun d'eux dans un morceau de papier — du papier de journal suffit amplement — et à emballer le toutdans des caisses qui sont conservées au frais, à température basse, mais dans un endroit où la congélation ne peut se produire. On en sort un certain nombre, au fur et à mesure des besoins en hiver, et on les place dans un endroit chauffé et éclairé : elles mûrissent en quelques jours et sont excellentes à consommer. Nous avons connaissance d'observations analogues faites l'an dernier, et nous avons vu mûrir lentement, en hiver, des tomates vertes qui avaient, par mégarde, été mêlées à des fruits d'hiver, et ceci nous inspire grande confiance dans le conseil donné par M. Massey, et qu'un journal américain fait connaître à ses lecteurs.
Endurance du cheval. — Un officier russe est arrivé le 4 août dernier (style julien) à Oufa, venant de Douderhof, près du camp de Krasnoé-Sélo, qu'il avait quitté le^ 14 juin pour se rendre à la ville de Fehita en Sibérie. De Douderhof à Fehita il y a 6500 kilomètres en chiffres ronds (un peu plus en réalité), et l'officier pense faire le trajet sur sa monture en cent cinquante jours. A Oufa, il avait déjà franchi plus de 2000 kilomètres, et l'animal, un étalon anglo-arabe, âgé il est vrai, paraissait être en excellent état. L'Éleveur qui nous communique ce fait ajoute que l'animal fait sa course sans fers, et que le voyage se lait a raison de cent vingt jours de travail (six ù huit heures à 8 ou 10 kilomètres) et trente de repos complet.
La propagation de l'apiculture. — Un apiculteur russe enthousiaste, désireux de faire connaître les méthodes les plus perfectionnées de l'apiculture à ses compatriotes, n'a rien imaginé de mieux qu'une exposition d'apiculture flottante, qui va de canal en rivière, de rivière en canal, s'arrêtant dans les villes et villages riverains, ouverte à tous, et où un personnel spécial donne aux visiteurs les explications nécessaires.
Congrès de Zoologie de Leyde. — Ce Congrès semble avoir fort bien réussi. Le prochain (1898) aura lieu à Londres, sous la présidence de Sir William Flower. L'Université d'Utrecht a conféré des diplômes honoris causa à MM. Flower, Milne-Edwards, Weismann.
Le prix d'une épidémie. — Ce calcul a été déjà fait de nombreuses fois ; mais, outre que ces approximations sont toujours intéressantes, rarement il a été apporté autant de précision dans les détails que dans le travail de M. Munro (British Med. Journal) sur une épidémie de fièvre typhoïde qui, en 1893, atteignit 859 personnes et causa 74 décès dans une petite ville du Royaume-Uni, Mid-Renfrewshire. L'auteur ne s'est occupé ni des angoisses, ni des souffrances, il n'a voulu voir que le côte pécuniaire de la question. Connaissant la moyenne des salaires des individus atteints, la durée de leur maladie, il fixe à 3 291 heures la perte subie du fait du chômage. Il faut en outre considérer les frais causés par la maladie, pendant une période d'environ sept semaines. Chaque malade reçu à l'hôpital a coûté environ 8 livres 15 shel- Jinus (218 fr. 75). En comprenant le prix du traitement à domicile, on arrive au chiffre de 4295 livres. Les dépenses pour les funérailles représentent d'autre part une somme de 370 livres (5 livres par enterrement). Enfin, il reste à évaluer la valeur de chacune des vies éteintes pendant l'épidémie. On sait avec quelle autorité \Y. Farr s'est occupé de cette question : il est arrivé à fixer la valeur minimum de chacun des habitants du Royaume-Uni (lu mimes, femmes, enfants) à 159 livres (3 975 francs) par tête. C'est ainsi qu'il a établi que la valeur de la population de l'Angleterre était de 5 250000000 livres (13i 250000000 francs), tandis que le capital dans le sens ordinaire du mot est de 8 500000 000 livres (212 500000000 francs) d'après M. Giffen.
En se basant sur ces calculs, M. Munro arrive au chiffre de 13 540 livres pour la valeur des existences perdues. Au total, l'épidémie de fièvre typhoïde a coûté à la communauté de Mid-Rinfrewshire la somme de 21 496 livres (512 400 francs). En concluant du petit au grand, on voit ce que risquerait de coûter, à une ville comme Paris, la substitution intempestive d'eau de rivière à l'eau de source pour son alimentation.
Huîtres et choléra. — Le British MedicalJournal a publié récemment un travail sur l'épidémie cholériforme en Angleterre durant l'année 1893 et sur ses relations probables avec la consommation deshuîtres et autrescoquillages marins. Sur cinquante localités ayant présenté des cas de choléra en 1893, trente-quatre se trouvent être voisines de Crimsby et de Cleéthorpes, localités au bord de lamer visitées par 235721 touristes et baigneurs, de mai à octobre 1893, et où se fait un abondant commerce de coquillages. Une seule maison expédie jusqu'à i-00000 huîtres par semaine. Pour un certain nombre de cas, il y a des relations qui semblent très nettes entre la maladie et le séjour dans l'une de ces localités, surplace ou au loin. Ce fait aeonduit à une étude des bancs d'huîtres, et il a été reconnu que leur situation, par rapport aux
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égouts, est telle que les matières évacuées par les égouts peuvent sans difficulté être répandues sur ces bancs. La conclusion est qu'il y a lieu d'étudier la question de plus près et de s'assurer si réellement les huîtres et autres coquillages d'eau douce qui se mangent souvent crus ne sont pas, de par les circonstances défavorables que nous venons de mentionner, des agents possibles d'infection, d'autant que cette preuve paraît avoir été faite d'une façon décisive pour la fièvre typhoïde.
Publications agricoles. — Le ministère de l'Agriculture de Washington vient de publier sous forme d'un volume de plus de 300 pages in-8° une œuvre des plus intéressantes. C'est une série de six conférences faites par Sir Joseph-Henry Gilbert, le vétéran de l'agriculture anglaise, sur l'œuvre agricole qu'il a réalisée à Rothamsted, avec le doyen des agriculteurs, son ami et collaborateur Sir John Lawes.Ce résumé de cinquante années d'un admirable labeur, par l'un de ceux qui en ont été l'initiateur, est des plus instructifs, et l'association des collèges agricoles américains, qui a eu l'idée de faire venir Sir Joseph-Henry Gilbert aux États-Unis pour faire des conférences, a eu là une heureuse inspiration.
La cause des tremblements de terre. — M. Logan Lobley étudie dans Knowledge les causes des tremblements de terre. Selon lui, ces causes peuvent êtrejsoit d'ordre physique, soit d'ordre chimique. Les variations de température dues aux actions chimiques donnent lieu à des expansions etàdes contractions alternatives qui développent des pressions et des tensions énormes. Ces actions chimiques peuvent d'ailleurs être suspendues par une pression excessive ou au contraire favorisées par des dépressions.
Il est clair que les forces physiques et chimiques combinées peuvent produire des phénomènes de grande amplitude sur la surface du globe. En somme les phénomènes cosmiques auraient la même origine que les éruptions volcaniques. Quant aux tremblements de terre dont le centre se trouve dans des régions non volcaniques, M. Lobley les explique par une action chimique similaire à celle qui produit les volcans, mais moins intense. La chaleur n'est pas suffisante pour produire la roche en fusion dont dépend l'action volcanique, mais elle suffit pour donner naissance à des gaz et des vapeurs qui produisent à leur loue des expansions et des contractions locales.
Les phénomènes sismiques et volcaniques auraient donc une même cause: des actions chimiques se produisant dans des conditions physiques favorables. Si la chaleur développée est suffisamment intense pour produire la fusion des roches, il y a action volcanique ; sinon, ce sont les tremblements de terre.
Le climat du mois d'août. — ■ Un correspondant de Nature communique à ce recueil quelques observations intéressantes au sujet de la météorologie du mois d'aoùtsousle climat des Iles Britanniques. Ce climat n'est pas assez différent du nôtre pour que ce travail ne nous intéresse pas aussi. En étudiant les caractères du mois d'août depuis un certain nombre d'années, le correspondant de Nature arrive à ce résultat qu'en définitive, les années qui suivent celles où il y a un maximum de taches solaires sont particulièrement sèches. On peut même aller plus loin, et dire que les années à maximum et les deux années contiguës (précédente et suivante) sont nettement plus sèches que les autres. Prenant les a'nnées des quatre derniers maxima: 1848, 1800, 1870 et 1883,
avec les années qui ont précédé et celles qui ont suivi, immédiatement, celles-ci, il arrive à trouver dix mois d'août particulièrement secs sur douze. Puis, faisant le même calcul avec cinqannées à minima (1843, 18-Ï6, 1867, 1878, 1889) et les années précédentes et suivantes, il trouve que dans ce cas le mois d'août a été humide onze fois sur quinze. Ce sont là des observations intéressantes, qui demandent à être généralisées.
Expéditions géographiques. — Des nouvelles ont été reçues le 20 septembre de l'expédition polaire Jackson- Harmsworth. Elle a atteint, il y a un an, la terre de François-Joseph, et a passé l'hiver dans les glaces, et le Windward est probablement en route pour revenir, apportant les lettres et nouvelles relatives aux débuts de l'expédition. Les explorateurs envoyés par le Geological Survey dans l'Alaska, pour l'étude des ressources minières et métallurgiques de cette région, sont revenus de leur voyage qui paraît avoir été très fructueux.
L'écroulement d'une construction gigantesque en Amérique. — Il paraît que la solidité des constructions gigantesques, dont les Américains ont inauguré l'ère, n'est pas toujours à toute épreuve]: l'accident survenu le 21 août dernier à Chicago peut en témoigner. Le Colisée (tel est le nom du bâtiment écroulé, qui devait servir de théâtre) couvrait un espace de 234 mètres en longueur sur 91m,20 en largeur, et était destiné à recevoir 16000 spectateurs. L'ossature se composait de 14 fermes ayant. chacune 06 mètres d'ouverture. Les fermes étaient supportées par des piles reliées entre elles par des fondations présentant une surface de 13 mètres carrés et descendant à une profondeur de 3 mètres. Onze des fermes avaient été assemblées, et la dernière du côté sud était soutenue par les grues de montage. On avait commencé la couverture du toit, lorsque la rupture eut lieu à la sixième ou à la septième ferme du côté du nord. Les quatre fermes du nord furent projetées au delà du bâtiment, lis trois autres tombèrent sur place, et les trois dernières eurent leur armature complètement tordue. L'accident arriva fort heureusement au moment où les ouvriers n'étaient pas à leur travail. On n'est pas fixé encore sur les causes de la rupture. Les uns l'attribuent à la flexion du métal employé, qui ne présentait pas une résistance suffisante; les autres prétendent que les fondations n'étaient pas assez fortes.
Vitesse des trains en Angleterre et en Amériqne. — l^n curieux tournoi vient d'avoir lieu en Angleterre entre Londres et Aberdeen (Ecosse). Deux compagnies de chemins de fer rivales se sont livrées à un match au>si instructif qu'intéressant, en s'efiforçant d'effectuer, dans le délai le plus court, le trajet entre ces deux villes. D'après le Génie civil, la victoire est restée aux express de la West Coast Une, qui' ont accompli le parcours total de 864 kilomètres en 512 minutes, battant ainsi le record du inonde, qui était jusqu'ici détenu par l'Empire State Express, sur la, ligne de New-York à Buffalo. La locomotive qui a remporté cette victoire, et qui remorquait sepl wagons lourdement chargés, a donc marché à une vitessi commerciale de 101km,2à l'heure, ce qui représente, en déduisant les !i arrêts du parcours, une vitesse effective de 120 à 130 kilomètres à l'heure.
D'autre part, une autre expérience, moins sensationnelle, mais peut-être plus concluante, a été faite, également en Angleterre. Après avoir déblayé certaines lignes sur de grandes distances, on y a lance des trains avec la seule mission de dévorer l'espace avec la plus grande vi ■
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tesse possible et sans aucun souci des horaires. Dans ces conditions, les express anglais ont réalisé une moyenne de loo kilomètres à l'heure. Se basant sur ces résultats, plusieurs compagnies anglaises vont, paraît-il, remanier leurs horaires et les modifier en accélérant notablement la vitesse des trains.
Les Américains, jaloux des résultats obtenus ci-dessus, viennent d'ailleurs d'établir un nouveau record de vitesse. Un train spécial, parti le 11 septembre de New- York, à Bb,40°,30-, est arrivé à East Buffalo à midi 34m,57", couvrant ainsi 700 kilomètres en 6",o4m,27s, soit, déduction faite des arrêts, en 6h,47™. La vitesse moyenne du train a donc été de 103km 1/4 à l'heure.
Les accidents par l'électricité. — Il y a peu de temps, Y Électricien faisait remarquer le cas exceptionnel d'un individu qui put être rappelé à la vie après avoir reçu une décharge de 3 000 volts. Comme opposition, il cite le fatal accident dont un jeune bicycliste vient d'être la victime sur la ligne du tramway électrique de Bushmillo. Tombé de machine en essayant de traverser la voie surélevée, il toucha les rails de retour et le rail central et expira presque immédiatement malgré les secours qui lui furent prodigués. Or, d'après VÉlectrical Engineer, le courant n'excédait pas 300 volts.
Chemins de fer en Chine. — Un décret de l'empereur de Chine vient de décider la création de deux nouvelles voies ferrées. Une partie du capital doit être souscrite par les Chinois et l'autre partie proviendra de capitalistes étrangers. Les nouvelles lignes relieront Péking à Tehing- Kiang et à Hang-Tcheu. L'une d'elles doit même être prolongée jusqu'à Shanghaï. C'est, peut-être, le commencement du mouvement industriel en Chine.
Les conserves de viande de cheval. — D'après le Chicago Daily Tribune, il existe à Chicago une fabrique de conserves alimentaires utilisant dans ce but la viande de cheval provenant d'animaux achetés à vil prix (chevaux vieux, infirmes ou même atteints de maladies contagieuses). Les conserves ou les salaisons provenant de ces dangereuses viandes de rebut seraient destinées à l'Europe.
L'ail et le phylloxéra. — ElDefensor de Granada annonce qu'au village de Valor, quia fait jadis une fructueuseexportation d'aulx en Amérique, exportation aujourd'hui fort diminuée, un cultivateur eut l'idée d'enterrer les aulx dont il ne pouvait se défaire au pied de ceps de vignes phylloxérés. Le résultat fut excellent, paraît-il; la plante reprit de la vigueur et sembla débarrassée du phylloxéra au moins momentanément. Tout en réservant notre opinion jusqu'à preuves plus convaincantes par leur nombre, il semble qu'il y a lieu de tenter des essais à ce sujet dans diverses conditions de sol, de climat, de cépage, etc.. On ne doit pas oublier toutefois que des essais faits jadis avec des tomates, du tabac et du niais enterrés au pied des vignes n'ont fourni que de mauvais résultats.
La valeur fertilisante des déchets de laine. — Indépendamment des chiffons de laine provenant des rognures de draps, des lisières ou des débris de vêtements récoltés par les chiffonniers, chiffons dont la valeur fertilisante est connue depuis longtemps, l'agriculture peut utiliser comme engrais les déchets de laine provenant du traitement des chiffons par certains procédés chimiques (alcalis ou acides) ayant pour effet de séparer ou de détruire le coton en mélange avec la laine. En vue
d'augmenter l'assimilation de ces déchets laineux, on peut les torréfier en vases clos ou les désagréger par la vapeur. Le premier procédé offre l'inconvénient d'une déperdition d'azote par suite de la formation de produits ammoniacaux très volatils, ainsi que le montrent les analyses suivantes de M. Petermann:
Azote organique. Azote amrnoniacul.
Déchets de laine torréfiés en
vase clos
Chiffons de laine désagrégés
par la vapeur 7,S
Tontisses de laine désagré-
géesparla vapeur. . . . 8,52
Employées à la dose de 1 300 à 3000 kilos à l'hectare, les déchets de laine constituent une bonne rumure azotée, particulièrement recommandable pour les arbres et arbustes. Pour les autres plantes, à cause de la lenteur de leur décomposition, il importe de les enfouir longtemps avant les semailles, ou mieux de les mettre pendant 3 à 6 semaines en compost avec de la chaux, des cendres,. du fumier, etc. Les déchets de laine conviennent également, bien pour les terres légères et pour les terres fortes.
Nécrologie. — ( l'est avec un sentiment de profonde tristesse que nous enregistrons la nouvelle, transmise par Gardcn and Forest, delà mort de M. Charles- Valentine Riley, survenue à Washington, le 14 septembre, à la suite d'une chute de bicyclette. C.-V. Riley était connu de tous nos lecteurs. C'était l'entomologiste le mieux connu dans le monde entier, et il occupait parmi les naturalistes du temps présent une situation unique. Son autorité était partout reconnue, et sa réputation, universelle. 11 ne la devait qu'à lui-même, à un labeur acharné, à une observation longue et patiente. Né en 1843, en Angleterre, il était allé aux États-Unis en 1860 pour s'établir agriculteur. Comme bien d'autres Américains, il traversa plusieurs professions avant d'arrêter son choix : le commerce du porc salé, puis le journalisme entre autres; mais il avait gardé de son expérience agricole le goût de l'étude des ennemis de l'agriculteur, et avait commencé là des études qui lui permirent de devenir entomologiste de l'Etat du Missouri.
Pendant les dix ans qu'il occupa ces fonctions, il a publié des rapports et des travaux qui sont admirables dans leur genre, et sont devenus classiques. En 1878, il fut appejé à Washington comme directeur du service de l'Entomologie au ministère de l'Agriculture, et chacun sait avec quel éclat il a rempli ses fonctions. En dehors des millions qu'il a épargnés à l'agriculture de son pays par ses recherches sur les moyens de combattre les insectes nuisibles, il a rendu le grand [service de montrer l'importance extrême de l'entomologie agricole dans l'économie générale, et cela, non par des phrases ou des discours, 'mais par des faits et des chiffrés. A ce point de vue, il laisse une belle œuvre derrière lui. Il y a un an, fatigué de la vie administrative et des besognes qui lui prenaient trop de son temps, désireux de continuer el achever un 'grand nombre de travaux commencés, pour lesquels il avait réuni une masse énorme de documents et d'expériences, il quitta le Ministère, et résolut de se consacrer uniquement à la science et à ses collections du National Muséum. Nous craignons fort que ces travaux ne soient perdus désormais. Peut-être, pourtant, M. I..-0. Howard, son successeur, et qui fui son élève et ami, pourra-t-il en tirer parti et empêcher que tant d'efforts
CHRONIQUE
demeurent inutiles. [Nous le souhaitons vivement. C.-V. Riley laisse un bagage scientifique des plus considérables, mais nous voudrions, pour sa mémoire, que rien ne fût perdu du labeur énorme auquel ce vaillant travailleur s'est livré. Nos viticulteurs français ne devront pas oublier que C.-V. Riley a été l'un de ceux qui ont le plus fait pour reconstituer leurs vignobles en leur indiquant les plants américains, et l'immunité dont ils jouissent à l'égard du phylloxéra.
Ancienneté de la connaissance du sucre. — D'après Fortschritte der Industrie, la découverte du sucre semble se perdre dans la nuit des temps : les Chinois le connaîtraient depuis plus de trois mille ans. D'Asie, d'où on l'extrayait d'un roseau, la canne à sucre probablement, il fut importé en Grèce, par un des généraux d'Alexandre le Grand, en l'année 32b avant Jésus-Christ. En l'an loO après Jésus-Christ, le médecin Galanus ordonnait le sucre comme remède pour certaines maladies. Quant au raffinage, qui était pratiqué en Angleterre vers 16b9, il fut probablement inventé par les Arabes. On prétend, en effet, qu'un marchand de Venise apporta le secret de la fabrication en Sicile, après l'avoir acheté aux Sarrasins pour la somme, considérable pour l'époque, de 100000 couronnes.
CORRESPONDANCE ET CHRONIQUE
Le tir contre les ballons captifs.
L'augmentation de la portée des armes, qui oblige souvent à entamer la Lutte à des distances considérables, el l'adoption du principe du tir indirect ont conduit à la création d'observatoires élevés, transportables, d'où l'on puisse découvrir les troupes, les batteries et les travaux de l'adversaire. De là l'introduction du ballon captif dans le matériel des armées de toutes les grandes puissances européennes.
Une fois en possession de cet engin nouveau, on chercha naturellement à l'utiliser, même dans la guerre de campagne, pour observer la marche des colonnes de l'adversaire, trouver le lieu du rassemblement du gros de ses troupes, déterminer la force et la composition approximatives de celles-ci.
A peine le ballon captif avait-il fait son apparition, que l'on songea à détruire les aérostats ennemis; de tous côtés des essais furent entrepris. Diverses feuilles militaires, et parmi elles la, Revue militaire de l'Étranger et la Revue d'Artillerie, ont rendu compte, en leur temps, des expériences faites hors de France à ce sujet, et. particulièrement de celles de 188b et 188' en Allemagne, de 1 SOt en Russie et de 1894 en Autriche.
Le 10 juillet dernier, au polygone de Steinfeld (à 60 kilomètres devienne), ont eu lieu de nouveaux essais auxquels assistaient les officiers de l'École de tir, ceux de plusieurs régiments d'artillerie, ainsi qu'un certain nombre d'officiers de la même arme venus de Vienne et de garnisons plus ou moins éloignées, voire même de Cracovie et Przemysl(Galicie). La convocation de ce personnel témoigne de l'importance que l'on attachait à ces expériences.
Avant d'indiquer les résultats obtenus dans la séance du 10 juillet, la Revue militaire de l'Etranger résume comme il suit, ceux de quelques-uns îles essais précédents.
lui 1885 et 1887, des tirs à shrapnels furent exécutés
aux polygones de Tegel et de Kummersdorf (Allemagne).
Un ballon placé à 1 400 mètres des pièces et à 400 mètres d'altitude, fut percé en quelques coups et descendit rapidement.
Deux autres aérostats, planant à une hauteur de 100 à 250 mètres, et à bOOO mètres de distance de la batterie, tombèrent, l'un après 10 coups, l'autre après 20, percés tous deux d'une vingtaine de trous.
En 1891, au polygone d'Oust-Ijora (Russie), une batterie de 4 canons légers de campagne a tiré à obus à balles, à la distance de 3 200 mètres, contre un ballon captif de 040 mètres cubes planant à 200 mètres de hauteur. Un observateur, placé latéralement à 1 kilomètre, transmettait par téléphone les corrections à faire à la hausse et à la durée.
Le temps était calme et clair, et l'aérostat effectuait des oscillations de 20 mètres d'amplitude environ.
Le tir fut réglé en 10 coups, des salves furent ensuite exécutées. Après le 30° coup ('6e salve), le ballon se mit à descendre lentement; il avait été percé par 5 éclats et 2b balles.
L'auteur d'un article paru dans le journal militaire russe, le Rousskïï Invalid, conclut de cette expérience que le tir contre ballon captif ne présente généralement pas de difficultés sérieuses, quand on dispose d'un poste d'observation latéral. Il estime que l'aérostat ne pourra rester en l'air plus d'un quart d'heure au maximum.
En 1894, une série d'essais fut entreprise en Autriche, et donna les résultats suivants :
1° Tir contre un ballon élevé de 400 mètres:
Au bout de 16 coups le ballon descendit lentement. Il avait été atteint 10 fois.
2° Mémo objectif dans les mêmes conditions:
Au bout de 20 coups, le ballon ne tombant pas, on le descendit à l'aide des câbles. 11 avait été traversé par 18 éclats.
3° Tir contre le même ballon réparé et. remonté à 400 mètres:
Au bout de 40 coups, l'aérostat, touché une seule fois, mais gravement, descendit avec une grande vitesse.
4° Tir à 3 000 mètres contre un ballon à 300 mètres d'altitude :
Après avoir reçu 9 éclats ou balles, le ballon conservait encore sa force ascensionnelle.
5° Tir à 3750 mètres contre un ballon à 800 mètres de hauteur:
Le vent étant assez vif, l'aérostat oscillait fortement ; au 65e coup, il tomba avec rapidité; le projectile avait produit deux fortes déchirures.
C'esl pour faire suite à cette série d'expériences que l'on entreprit, le 10 juillet dernier, au polygone de Steinfeld, de nouveaux essais dont le journal la Reich&wehr rend compte dans son numéro du 19 juillet.
Le point de départ fut, cette fois, différent. Dans les expériences précédemment exécutées, soit en Autriche, soit ailleurs, on s'elail surtout attaché à détermine! le nombre d'atteintes nécessaires pourfaire tomber l'aérostat, et à étudier la manière dont il convenait de diriger le tir contre un objectif de cette nature; Les officiers autrichiens semblent, lors des dernières expériences, s'être placés à un autre point de vue.
Le ballon a'a qu'un ennemi :1e canon. Il convient donc de chercher à le mettre, en partie tout au moins, à l'abri des projectiles d'artillerie dirigés contre Lui : l'altitude, la distance et Le mouvement en fournissent les moyens.
Les difficultés du pointage augmentent avec l'altitude
CHRONIQUE
Je l'aérostat; on est même parfois obligé d'enterrer la crosse des canons, ce qui crée un ralentissement et une gêne sérieuse pour le service des bouches à feu, dans le cas surtout où l'on est amené à modifier la direction des pièces; l'aéronaute a donc intérêt à s'élever le plus possible. Cependant, comme il importe avant tout qu'il puisse observer, la hauteur à donner au ballon se trouve limitée. Les Autrichiens pensent qu'une altitude de 800 mètres environ offre l'avantage de gêner le tir de l'ennemi, tout en permettant les observations.
En ce qui concerne la distance, les conditions à rechercher sont les suivantes: mettre le ballon hors de la portée efficace et dangereuse de l'artillerie de campagne ennemie (4000 mètres environ) sans trop l'éloigner des points à surveiller afin qu'on puisse, de la nacelle, les distinguer nettement. D'après des expériences faites en Autriche, la distance rnaxima ainsi définie serait de 8 à 10 kilomètres.
Enfin, tout mouvement imprimé au ballon, soit dans le sens vertical, soit dans le sens horizontal, rend particulièrement difficile le réglage du tir. Si le mouvement gêne les observations de l'aéronaute, on peut d'ailleurs, comme cela a eu lieu dans la plus récente expérience, ne faire mouvoir le ballon que par intermittence, l'officier placé dans la nacelle profitant, pour regarder, de tous les instants d'arrêt.
Telles sont les idées qui semblent avoir présidé à l'organisation des tirs exécutés en Autriche le 10 juillet dernier; ceux-ci ont du reste été conduits dans des conditions se rapprochant le plus possible de celles de la guerre.
Placé à 5 000 mètres environ d'une batterie, l'aérostat s'est élevé à 800 mètres d'altitude ; il s'est mis deux fois en mouvement pendant l'exécution du tir. Voici d'ailleurs quelques détails sur ces essais :
Le ballon le Budapest, ayant 10 mètres de diamètre horizontal et 14 mètres de diamètre vertical, s'est élevé brusquement et est monté à 800 mètres.
Dès qu'on l'a aperçu au-dessus de l'horizon, une batterie de 8 pièces de 8 centimètres a pris position, et a aussitôt commencé contre lui un tir fusant à shrapnels, àla distance de 5250 mètres (7 000 pas). L'angle de tir a varié de 25° à 27°, et l'on a dû creuser des sillons dans le sol pour y placer les crosses des affûts.
Au bout de S coups, la fourchette de 750 mètres (1000 pas) étant obtenue, le capitaine se mettait en devoir d'achever son réglage lorsque les pointeurs lui rendirent compte que l'aérostat se déplaçait. Ce mouvement, assez lent, pouvait, à l'œil nu, être confondu avec les oscillations inhérentes aux ballons captifs, mais le pointeur tenant constamment son but au bout de sa ligne île mire, le distinguait nettement. On dut procéder à un nouveau réglage.
A peine les projectiles commençaient-ils à se grouper dans le voisinage de la deuxième position de l'aérostat que celui-ci reprit sa marche; tout fut encore remis en question. On eut bientôt consommé les 80 shrapnels alloués pour l'expérience ; ils avaient fourni environ 10 000 balles ou éclats, et le ballon continuait à planer tranquillement dans l'espace.
lue équipe, placée dans un abri, faisait, au cours du tir, mouvoir à l'aide d'un câble la voiture-treuil.
Lorsqu'on descendit l'aérostat, on constata dans son enveloppe l'exisiencc de 3 trous de petite dimension, lesquels ne semblaient pas avoir compromis sa force ascensionnelle.
La batterie était commandée par le capitaine directeur
de l'École de tir; le reste «lu personnel n'avait reçu aucune instruction antérieure spéciale.
Les faits intéressants qui résultent de ces ixpériences sont les suivants: d'abord qu'un ballon peut recevoir dans son enveloppe une quinzaine de balles ou d'éclats de petites dimensions, sans perdre sa force ascensionnelle, mais qu'une seule déchirure un peu grande, produile par un projectile entier ou par un gros éclat, entraîne aussitôt sa chute. C'est ensuite qu'un ballon captif, placé à 800 mètres d'altitude et à 5000 mètres de l'artillerie adverse, et qui se déplace par intermittence, lorsque le tir de l'ennemi devient dangereux pour lui, a de fortes chances de demeurer indemne.
Pour protéger un ballon captif, on aura donc avantage à utiliser l'altitude, la distance etle mouvement.
La récolte du blé dans le monde en 1895.
La production totale du blé dans le monde, qui atteignait, en 1894, 950 millions d'hectolitres, est inférieure cette année, d'après la Gazette des Campagnes, d'environ 1/9°, soit 850 millions d'hectolitres. C'est la plus mauvaise récolte depuis les cinq dernières années.
Voici, à titre de comparaison, les chiffres relatifs aux dix dernières années :
Années. Millions d'hectolitres.
Voici les chiffres comparatifs de la production des trois dernières années pour les principaux pays :
Production
en millions d hectolitres en
18U3. tSai. 1S9j.
Europe :
Russie 124 160 130
France 100 121 119
Hongrie 54 53 55
Autriche 15 17 14
Allemagne. ...... 40 39 37
Italie 47 42 34
Espagne 30 !5 31
Roumanie 21 15 Ji
Bulgarie 12 10 15
Angleterre 18 21 14
Turquie d'Europe. . . . 11 12 11
Belgique 6 7,7 6,9
Amérique :
États-Unis 165 185 155
République Argentine.. 31 25 25
Canada 17 16 18
Chili 6 6 5,8
Asie :
Indes 96 92 Si
Asie Mineure 12 12 12
Perse 4 6 6
.Syrie 5 4 :*. 7
Afrique :
Algérie 8 13 10,5
Tunisie 1,4 2,4 2,1
Egypte 3,6 1,3 5,1
Colonie du Cap 1,6 1.1 1,3
Australie : 15 13 12.6