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MARS

Paris, le 17 mars 1883.

M. Bouquet de la Grye, ingénieur hydrographe de la marine, et chef de la mission du passage de Vénus au Mexique, est venu rendre compte, lundi dernier, à l'Académie des sciences, des résultats obtenus par lui et ses collaborateurs, MM. Héraud et Arago.

Dans son rapport, il indique tout d'abord les raisons qui l'ont engagé à choisir, pour l'installation d'un observatoire provisoire, une localité située à l'altitude de 2400 mètres, et rend hommage au gouvernement mexicain qui non seulement a mis, à la disposition de la mission, un des forts ruinés voisins de Puebla, ainsi qu'un poste de soldats pour le garder, mais qui, de plus, a fait relier ce fort télégraphiquement au réseau de l'État pour permettre l'échange des signaux entre la station française et l'observatoire national de Chapultepec. La construction de l'observatoire de la mission a été achevée le 18 novembre, date fixée avant le départ de Paris ; les observations, commencées le 7 novembre, ont été terminées le 2 janvier 1883.

Durant tout le mois de novembre et jusqu'au jour du passage de Vénus, le temps s'est maintenu au beau fixe; mais, le matin du C décembre, des cirrus se sont montrés dans le nord-ouest de Puebla et ont bientôt envahi tout le ciel. De là d'assez vives inquiétudes. Heureusement l'épaisseur des nuages n'était pas assez considérable pour empêcher de voir le soleil, et les observations des derniers contacts ont pu être faites avec la môme précision que celles des premiers contacts. Le chef de la mission rapporte les heures des Il contacts directs et de 28 contacts indirects obtenus au moyen de prismes, puis 200 mesures des distances de la planète au bord du soleil et deux séries faites pour déterminer le diamètre de Vénus.

Les contacts n'ont donné lieu à aucun ligament, à aucune ijutitle.

M. Héraud, qui observait avec un autre instrument, u

3e SEULE. — 1USVUK SC1EMT1S1QCJB. — XXXI.

obtenu aussi bien les heures des contacts et a pu préciser diverses circonstances physiques du phénomène. Deux observateurs mexicains, MM. Ferrari et Sauties, ont employé des lunettes de faible dimension.

M. Arago, chargé de la photographie, a pris de sou côté 3Z|0 épreuves du passage de Vénus. Elles présentent une netteté de contour remarquable, ainsi que nous avons pu le constater sur les épreuves qui ont été déposées par M. Bouquet de la Grye sur le bureau de l'Académie.

Outre ces travaux, la mission a déterminé, par plusieurs méthodes, la position géographique de son observatoire; elle a pris de nombreuses séries d'observations météorologiques, magnétiques et physiques; enfin elle rapporte un certain nombre de tubes pour l'analyse de l'air. L'un d'eux a été scellé sur le sommet du Pupocatepetl, à 5/t00 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La semaine dernière, à cette même place, nous avons applaudi à l'heureuse expédition de M. Fleuriais. Les mêmes éloges peuvent être adressés à l'expédition de M. Bouquet de la Grye, dont le succès a éié aussi complet que celui dès autres voyages pour le passage de Vénus. L'Académie a, par l'organe de son président, vivement félicité le chef de la mission et ses dévoués collaborateurs.

Nous appelons l'attention de nos lecteurs sur un article que M. Berlhelot a publié dans le Temps du jeudi 15 mars. Notre illustre collaborateur a prouvé qu'il faut résolument consacrer à l'enseignement supérieur des sommes plus importantes que par le passé. Notre outillage scientifique est très médiocre, inférieur à ce qu'il est dans les pays voisins. Pour ne pas rester trop au-dessous d'eux, de grandes dépenses seraient nécessaires. Certes ce serait faire œuvre de fausse démocratie que de négliger l'enseignement supérieur pour ne se soucier que de l'enseignement primaire.

M. GASTON TISSAND1ER.

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