PARTIE ÉTRANGÈRE
L'abondance des matières nous a obligé à retarder, beaucoup plus que nous l'aurions désiré, le compte rendu, pour 1879, de la justice criminelle en Portugal par M. Silveira de Mota. Cette importante monographie, qui s'améliore chaque année, s'applique aux travaux des tribunaux criminels jugeant avec l'assistance du jury et aux tribunaux correctionnels. Ces travaux se résument comme suit : les tribunaux des deux catégories ont été appelés à statuer sur un total de 9267 affaires (0,20 pour 100 habitants), contre 10 472 en 1878. De ces 9267 affaires, 15 étaient des outrages à la religion (0,16 pour 100), 2305 des attaques contre l'ordre et la paix publics (24,87); 4812 des crimes ou délits contre les personnes (51,92 pour 100), et 2135 contre les propriétés. Le nombre des accusés ou prévenus a été de 12497 ou de 0,27 pour 100 habitants, contre 13345 en 1878; 4367 accusés ou prévenus ont été acquittés (34,94 pour 100); 312 condamnés à des peines graves (2,19 pour 100); et 7818 (62,55 pour 100) à des peines correctionnelles.
On remarquera que la proportion des acquittements est supérieure à celle qu'on constate dans plusieurs autres pays : 26 pour 100 en Espagne; 27 en Belgique; 29 en Angleterre.
Des 12497 accusés ou prévenus, 10515 (94,13 pour 100) étaient du sexe masculin et 1982 (15,87) du sexe féminin. Le plus grand nombre des infractions imputées aux femmes ont été les suivantes : avortements, infanticides et expositions d'enfants.
Les rapports ou prévenus se répartissaient par âge dans les proportions suivantes :
Moins de 14 ans 0,70 pour i(JO.
De 14 à 20 10,59
De 20 à 30 33,26
De 30 à 40. . .
De 40 à 50. .
De 50 à 00. .
De plus de 60 .
Ages inconnus
Ces rapports différent peu de ceux qu'on constate en France.
Au point de vue de l'état civil, 11461 accusés ou prévenus, soit 91,71 pour 100, avaient une filiation légitime, et 430, soit 3,44 pour 100, une filiation naturelle; 321 ou 2,56 pour
100 avaient été abandonnés par les parents dans leur enfance; l'état civil de 285 (2,28 pour 100) est resté inconnu ; 3835 accusés ou prévenus, ou 30,68 pour 100, savaient lire; 8469 (67,76 pour 100) ne le savaient pas; le degré d'instruction de 193 (1,54) est resté inconnu.
La répartition par professions donne les résultais suivants:
Agriculteurs
Indu stricts (ouvriers)
Commerçants
Propriétaires
Employés civils el militaires . . .
Domestiques
Professions scientifiques ou littéraires
Autres professions
Sans professions
Professions inconnues
10,18 pour 100.
La durée des procédures el, par suite, de la détention préventive, est assez grande en Portugal : 73,10 pour 100 des crimes ou délits jugés en 1879 avaient été commis la même année, 22,29 l'année précédente, et 4,49 dans des années antérieures. Sur le total des accusés ou prévenus, 24,47 ont été jugés par le jury, et 75,52 par les tribunaux correctionnels. Les acquittements par le jury ont été de 60,57 pour 100, et par les tribunaux correctionnels, de 26,63.
Les récidivistes sont en petit nombre au Portugal : 18,90 pour 100; tandis qu'on trouve les' rapports suivants dans les pays suivants : Autriche, 59; Russie, 57; France, 50; Belgique et quelques cantons suisses, 45; Suède, 42; Angleterre, 36; Danemark, 26.
M. da Mota termine son substantiel rapport par cette importante observation que l'abolition de la peine de mort en Portugal par la loi du 1er juillet 1867 n'a pas eu pour effet d'augmenter les crimes antérieurement punis de cette peine, au nombre de 21 en 1879, de 20 en 1878. M. da Mota ajoute qu'il en a été de môme dans tous les pays qui, avant ou après le Portugal, l'ont supprimée, comme la Hollande, la Finlande, la Saxe royale, la Roumanie, et quelques cantons suisses, en Europe; aux États-Unis, le Visconsin, Rhode Island et le Maine.
M. le docteur Backer, directeur de la statistique de l'empire allemand, vient de publier son second Annuaire Statistique. On y trouve tous les éléments d'un travail plein d'intérêt sur la situation économique, largement entendue, de l'empire, el notamment : superficie et population recensée en 1880; mouvement annuel de la population de 1872 à 1881 (avec trois belles cartes graphiques) ; émigration et immigration, agri- I culture (superficies occupées par les diverses cultures, ren- I déments, bétail, etc.); production minière et houillère ; industrie et commerce extérieur; circulation métallique et fiduciaire; voies et moyens de communication ; navigation maritime; effectifs et pertes annuelles de la marine mar- I chaude; consommations diverses, alimentaires et industrielles; statistique électorale; statistique médicale; forces , militaires et finances.
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Parmi les recueils spéciaux destinés à populariser la staiislique, en la présentant sous sa forme la plus attrayante, nous devons mentionner le Journal de statistique suisse (en allemand), arrivé aujourd'hui à sa 18e année, témoignage d'un succès remarquable et d'un goût très vif pour les études sérieuses dans le pays où il se publie. Nous avons sous les yeux quatre fascicules de 1882, et nous y trouvons des travaux qui méritent d'être cités. Nous mentionnerons notamment une étude sur la superficie et la population de la Suisse à diverses époques; la statistique industrielle du même pays au 1er mars 1882; la statistique télégraphique de l'Europe en 1881, d'après une publication du bureau international de Berne; d'intéressantes recherches relatives à l'influence du prix des denrées alimentaires sur le mouvement des mariages, naissances et décès; les résultats généraux du recensement suisse en 1881; la statistique des universités du pays.
A ces travaux originaux les éditeurs de cet excellent recueil joignent des variétés statistiques empruntées à d'autres pays, qui permettent d'utiles rapprochements.
Le ministère du commerce vient de publier le relevé d l'état civil en France en 1881. Les résultats en sont un peu plus satisfaisants que ceux du môme relevé en 1880. Ainsi les mariages se sont élevés, de 279 046 en 1880, à 282 079, et les naissances, de 920177 à 937 057; les décès sont descendus de 858 237 à 828 828. L'excédent des naissances, ou l'accroissement de la population, a donc été de 108 229, contre 61940 en 1880. Le rapport des mariages à la population n'en continue pas moins à diminuer, avec une légère interruption en 1881, comme l'indiquent les rapports ci-après pour 1000 habitants :
Par suite de la diminution des mariages, le rapport des naissances à la population a également faibli. Le voici pour 1000 habitants :
On constate, au contraire, un certain accroissement, quoique encore peu caractérisé, de la fécondité des mariages, mesurée d'après le nombre des enfants légitimes issus des unions contractées dans l'année immédiatement précédente :
Le nombre des enfants naturels pour 1 00 naissances s'élève assez sensiblement à partir de 1879 : 7,07, 7, M et 7,48.
Celui des mort-nés pour 100 naissances tolales est resté à peu près stationnaire : 4,46 de 1873 à 1881, et 4,47 dans les dix années antérieures. On peut en dire autant du rapport des décès à la population : 22,3 pour 1000 habitants de 1873 à 1881.
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Mathématiques. — M. Darboux : Détermination d'une classe particulière de surfaces à lignes de courbure planes, dans un système, et isothermes.
— M. Minkowski : Sur la réduction des formes quadratiques positives ternaires.
— M. G. Fouret : Sur une relation d'involution, concernant une figure plane formée de deux courbes algébriques, dont l'une a un point multiple d'un ordre de multiplicité inférieur d'une unité à son degré.
Astronomie. — M. Ch. Trépied adresse une note sur une manière de déterminer l'angle de position d'un point de la surface d'un astre, à l'aide d'une lunette horizontale, et fait remarquer que la formule dont M. Thollon se sert pour réduire les observations de protubérance qu'il a faites aux observatoires de Paris et de Nice s'accorde complètement avec les résultats des formules générales que lui-même présente dans sa note.
— Dans sa communication sur l'emploi de la lunette horizontale pour les observations de spectroscopie solaire, M. Thollon, après avoir décrit cet appareil, déclare que, le 5 mars dernier, alors qu'il présentait à l'Académie un collimateur à fente tournante, il ignorait absolument que, trois jours auparavant, M. Berlin avait donné à la Société de physique, au nom de M. Garbe, la description d'un appareil presque identique et basé sur le même principe. Aussi tientil à honneur de reconnaître à M. Garbe le droit de priorité qui lui apparlient incontestablement.
— M. Lœwy continue la lecture de son mémoire sur une nouvelle méthode pour la détermination des ascensions droites des polaires et de l'inclinaison au-dessus de l'équateur.
Météorologie. — M. A. Angot présente le résumé de ses études relatives à l'influence de l'altitude sur les phénomènes de la végétation. Tout d'abord on observe ce fait que dans les régions où le relief du sol varie beaucoup, il existe des différences considérables enlre les époques où se produit un phénomène donné; l'on peut constater, dans un même département, des écarts de quarante à cinquante jours, c'est-à-dire aussi grands que ceux qui existent normalement entre les époques du même phénomène pour deux points situés à la même altitude, l'un dans le nord, l'autre dans le sud de la France. De là. une très grosse difficulté pour établir des caries indiquant la marche progressive fie la végétation d'un bout à l'autre de la France. Pour y par-
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venir il faut, de toute néce-silé, corriger les observations de l'influence de l'allilude. et les réduire au niveau de la mer. Les époques de moisson, ainsi corrigées et portées sur une carte, permettent de tracer des courbes d'une très grande simplicité. En somme, il résulte des recherches de M. Angot que l'époque de la moisson du blé d'hiver, par exemple, retarde en moyenne, en France, de quatre jours quand l'altitude augmente de 100 mètres.
Mécanique. — M. Lepelley adresse une note relative aux précautions à prendre pour éviter les explosions des chaudières.
Physique. — Poursuivant ses études sur les pressions rapidement variables développées en vase clos par les mélanges gazeux explosifs, M. Vieille est arrivé a d"S résultats intéressants sur les chaleurs spécifiques de quelques gaz aux températures élevées.
— M. //. Dufel fait connaître la nouvelle application des franges de Talbot, que M. Mascart avait employées comme procédé différentiel pour la mesure des indices de réfraction. Les expériences ont porté sur l'eau comme liquide, et, comme solides, sur la glace de Saint-Gobain et le quartz perpendiculaire à l'axe.
— Les études expérimentales de M. J. Lef"rt sur la production des voyelles dans la parole chucholée lui ont donné la preuve : 1° que les voyelles ne sont pas des timbres, comme on l'enseigne généralement, mais qu'elles sont les noies de hauteurs différentes d'un même instrument, l'instrument de la parole, complètement distinct de l'instrument vocal; 2° qu'on peut leur communiquer des timbres, nombreux (le sombre, le clair, le doux, le dur, le gu'tural, le nasal, etc.); 3° que ces timbres divers sont formés par la mise eh action des muscles nombreux de l'organe de la voix, qu'ils ne sont pas propres aux voyelles, mais qu'ils peuvent leur être ajoutés. En résumé, les voyelles ne set aient pas des timbres au même titre que le timbre des sons de même hauteur, qui caractérise entre eux les divers instruments, soit à vent, soit à cordes.
Chimie. — Après avoir liquéfié l'oxygène d'une manière complète, MM. S. IVroblewski et K. Olszeivski ont essayé de liquéfier l'azote. Ce gaz a été refroidi dans un tube de verre jusqu'à — 136° ceniigrades et soumis à la pression de 150 atmosphères sans se liquéfier. Mais, en déterminant une détente brusque, il y a eu dans tout le tube une eliullition tumultueuse comparable seulement à l'ébullilion de l'acide carbonique liquide dans un tube de Naiterer en verre, lorsqu'on plonge ce tube dans de l'eau chauffée à une température un peu supérieure à la température critique de l'acide carbonique. D'autre part, en produisant la détente lentement et en diminuant la pression, sans dépasser cependant 50 atmosphères, l'azote se liquéfie d'une manière complète et le liquide présente alors un ménisque bien distinct et s'évapore très vite. L'azote ne reste ainsi que quelques secondes dans l'état staliqii" de^ liquides stables. Pour pouvoir le maintenir plus longtemps dans cet état, il faudrait di-po~er d'une température inférieure au minimum que le procède employé par MM. Wroblew.-ki et Olszewski leur a permis d'obtenir. En tout cas l'azote liquide est incolore et transparent comme l'oxygène et comme l'acide carbonique.
— M, Debray a donné lecture du télégramme suivant,
qui lui a été adressé le 21 avril par M. Wroblewski : a Oxyde de carbone liquéfié dans les mêmes conditions que l'azote, ménisque vi>ible, liquide incolore. » Il ajoute que ces expériences mettent bien en évidence, l'influence du froid produit par la détente des gaz, que M Cailletet a utilisée le premier pour la liquéfaction de ces corps.
— Après avoir montré, dans une série de notes antérieures, que l'on peut former des apatiles et des wagnérites, soit avec du chlore, soit avec du brome, dans des circonstances à peu près identiques, M. A. Dille étudie aujourd'hui la formation de combinaisons iodées du même ordre et constate qu'elle s'accomplit théoriquement de la même manière, sauf quelques difficultés particulières d'exécution. Sa note passe successivement en revue les apatites de baryte (iodophosphate, iodoarséniate. iodovanadate), les apatiles de slrontiane (iodophosphale et iodoarséniate) et les apatites de chaux (iodovanadate).
En résumé, dit l'auteur en terminant, on voit par l'ensemble de ces recherches que bs apaiites et les wagnérites forment des groupes bien définis de composés présr niant une même composition et de mêmes formes cristallines. Ces corps peuvent indifféremment contenir du chlore, du brome, de l'iode ou même du fluor. Ils prennent naissance par voie sèche dans des circonstances tout à fait analogues, et ce sont les mêmes règles générales qui président à leur décomposition.
— M. Ed. Landrin donne le nom de pouzzo-portlnnd à un nouveau compose hydraulique, afin de rappeler à la fois son origine et ses propriétés; il déinonire dans sa nouvelle note que ce composé est l'élément principal de tous les composés du Tbeil et qu'il peut être directement reproduit par la voie sèche dans des condilions identiques a celles qui accompagnent la produciion de tout bon portland.
— M. L. Henri/ est parvenu à obtenir, dans ses dernières recherches, de nouveaux composés phéuoliques, qui sont :
1° L'oxyde de phényléthyle monochlore, qui résulte de l'action du chlorobromure d'ethylene sur le phénate potassique au sein de l'alcool ;
2° L'ethylène phenyléthyloxylé, produit par l'action de la potasse alcoolique sur le composé précédent ;
3° L'oxyde de phènylallyle monobromé résultant de la réaction du bromure d'allyle monobromé sur le phénate potassique dissous dans l'alcool ;
W Enfin l'oxyde de phenylpropargyle ou phénol propargylique produit par l'action de la potasse en solution alcoolique sur le précédent.
— Dans un nouveau travail sur quelques relations entre les températures de combustion, les chaleurs spécifiques, la dissociation et la pre-simi des mélanges tonnants, M. Ber- Ihelol expose les principes qui l'ont dirige dans ses expériences et comment celles-ci conduisent à approfondir à la fois la question de la dissociation et celle de la variation des chaleurs spécifiques.
Géologie. — M. Ch. Contejean a rencontré, au mois de septembre dernier, pendant une excursion au volcan de boue de Macaluba, près de Girgenli, dans le lit desséché d'un ravin, des boules d'argile parfaitement spheriques et évidemment charriées par les eaux Elles étaient très nombreuses et de toutes dimensions; les plus volumineuses é aient grosses comme des boulets de canon; les moyennes étaient comparables à de» billes de billard, et les plus petites aux
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billes de pierre avec lesquelles jouent les enfants. Ces boules sont formées d'une argile très grossière, toute lardée de petits cristaux de gypse, forlem'iit chargée de calcaire et faisant une vive effervescence avec les acides. Leur surface n'est pas li-se, ni unie, mais corrodée, raboteuse et toute hérissée d'aspérités provenant de la saillie des parcelles de gypse. Elles se fendillent quelquefois sous l'influence de la sécheresse, mais elles ne s'écaillent pas en feuillets concentriques. M. Contejean se demande, en terminant, quelle peut en Ôlre l'origine et si, comme le pense M. Terrachini, qui l'accompagnait dans son excursion, ces boules ne proviendraient pas de noyaux ou fragments très compacls se détachant de la masse argileuse profondément crevassée et morcelée par les chaleurs de l'été, et qui sont émoussés, arrondis et quelque peu entraînés par les pluies du commencement de l'auiomne et finalement dissous et détruils par les grandes pluies de l'hiver.
Physiologie. — Les nouvelles recherches de M. Charpentier sur la perception du blanc et des couleurs complexes lui ont montré que la sensibilité de la lumière blanche était intermédiaire entre celle du jaune et celle du vert, de telle sorte que la courbe du blanc partage les couleurs en deux groupes : le bleu et le vert d'un côté, le rouge et le jaune de l'autre. Or les premières correspondent à ce que les peintres appellent les couleurs froides, les secondes sont les couleurs chaudes.
Quant aux couleurs complexes, M. Charpentier a fait à leur sujet un petit nombre d'expériences qui lui ont donné le résultat suivant : la courbe qui représente leur sensibilité clifferencielle n'a pas la même forme que celle des couleurs simples ; elle est plus irrégulière, plus inclinée ou moins inclinée, suivant les cas, que les courbes de ces dernières dont elle finit par couper une ou plusieurs d'entre elles. En un mol, le ton dominant de ces couleurs varie suivant leur intensité lumineuse.
— Iles études de M. G. Carlet sur la morsure de la sangsue et notamment sur le procédé encore très incomplètement connu par lequel s'accomplit cette morsure, il résulle que les denticules des mâchoires de l'animal ne sont pas assez fortes pour produire, d'un seul coup, une blessure qui donnelieu à un écoulement de sang, mais qu'elles agissent a plusieurs reprises comme le ferait un scarificateur dont les trois lames dentées et équidistantes s'écarteraient l'une de l'autre en même temps qu'elles s'enfonceraient dans la peau et fonctionneraient ainsi plusieurs fois de suite à la même place.
Médecine. — M. Bares étudie comparativement les bactéries de la lèpre et de la tuberculose et fait connaître les propriétés spéciales à chacune d'elles. Les recherches de l'auteur ont été faites au laboratoire d'anatomie pathologique de la Faculté de médecine de Paris.
Commissions des prix. — L'Académie procède par la voie du scrutin à l'élection des membres qui doivent composer les commissions de prix chargées de juger le concours de l'année 1883.
Prix Francœur. — MM. Hermite, Jordan, Bertrand, Bouquet et Ossian Bonnet.
Prix extraordinaire de six mille francs. — MM. Dupuy de Lomé, Paris, Rolland, Julien de la Gravière et Mouchez.
Prix Poncelet. — MM. Hermite, Bertrand, Rouquet, Résal et Jordan.
Prix Montyon (mécanique). — MM. Tresca, Rolland, Résal, Phillips et Bresse.
Prix Plumey. — MM. Jurien de la Gravière, Dupuy de Lôme, Tresca, Phillips et Paris.
Prix Fotirneyron. — MM. Tresca, Cornu, Rolland, de Freycinet et Jamin.
Correspondance. — L'Académie a reçu trois lettres du ministère de l'instruction publique. La première l'informe qu'une exposition internationale d'électricité aura lieu cette année en Autriche, qu'elle s'ouvrira le 1" août prochain à Vienne et durera deux mois. Le ministre invite l'Académie à lui faire savoir comment et sous quelle forme elle pourrait y prendre part. — La seconde fait connaître à l'Académie que le gouvernement suédois a projeté la formation d'une expédition internationale dans les régions polaires. — La troisième lettre, enfin, contient le décret approuvant l'élection de M. Wolf comme membre titulaire dans la section d'astronomie et de navigation, en remplacement de M. Liouville décédé.
Candidatures. — M. Brown-Sequard prie l'Académie de vouloir bien l'inscrire au nombre des candidats à la place laissée vacante dans la section de médecine et de chirurgie par la mort de Sédillot.
Mathématiques. — M. Darboux adresse la suite de son travail sur la détermination d'une classe particulière de surfaces à lignes de courbure planes, dans un système, et isothermes.
— M. Sylvestre : Théorème sur les nombres complexes.
— M. Hayon envoie un travail sur le développement de la fonction perturbatrice.
— M. Poincaré : Note sur les équations linéaires.
Asironomie. — M. Tacchini adresse une première note sur les protubérances, les facules et les taches solaires observées pendant le tro sième et le quatrième trimestre de l'année 1882 à l'Observatoire romain.
— L'Empereur du Brésil fait parvenir à l'Académie deux notes : la première concerne l'emploi de verres bi-rél'ringents dans certaines observations d'analyse spectrale; la seconde est relative à l'observation du passage de Vénus faite à Saint- Thomas des Antilles par la commission scientifique brésilienne. L'expédition n'a malheureusement pas été favorisée par le temp- et malgré l'emploi, entre autres instruments, d'une lunette de six pouces, les troisième et quatrième contacts n'ont pas pu être observés.
Météorologie. — M. Him poursuit les études météorologiques qu'il a entreprises depuis plusieurs années dans le Haut-Rhin et dans les Vosges et communique les résultats que lui fournissent les années 1881 et 1882 comparées entre elles, résultats d'autant plus intéressants que les recolles ont été absolument différentes pendant ces deux périodes. En effet, si Tannée 1882i été mauvaise sous ce point de vue, tandis que 1881 avait été une bonne année, cela ne tient pas tant à une différence dans la température et dans la quantité d'eau de pluie tombée qu'à une mauvaise répartition de
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ces deux importants facteurs, c'est-à-dire à l'époque fâcheuse à laquelle le froid et la pluie sont venus aflecler la végétation et les récoltes en 1882, tandis que l'année précédente ils avaient produit un effet absolument contraire, grâce au moment auquel ces deux phénomènes météorologiques avaient eu lieu.
Géographie. — M. F. de Lesseps, absent à la dernière séance, n'a pu répondre aux objections présentées par M. Cosson contre le projet de mer intérieure africaine. Ces objections d'ailleurs ne sont pas nouvelles. Elles ont été réfutées à diverses reprises devant l'Académie des sciences par M. d'Abbadie, par M. de Lesseps lui-même, enfin par les notes de M. Roudaire, et la commission supérieure les a aussi implicitement condamnées.
M. Cosson s'efforce d'abord d'établir que le projet a subi des modifications successives. Ce reproche n'est pas fondé. A la suite de ses premières explorations en 187Zi et en 1877, M. Roudaire n'a présenté que des avant-projets et a fait luimême ressortir la nécessité d'études nouvelles. Ces études sont aujourd'hui complètement terminées et le projet est assis sur des bases définitives.
M. Cosson dit ensuite que la surface inondable du chott Rharsa est incertaine. M. de Lesseps est heureux de saisir cette occasion pour annoncer à l'Académie que pendant la dernière expédition M. Roudaire a exécuté 150 kilomèlres de nouveaux nivellements dans le lit de ce chott dont la partie submersible est dès aujourd'hui aussi bien délimitée que celle du chott Melrir. 11 ajoute que sa surface inondable est bien réellement de 1350 kilomètres carrés, comme on avait cru pouvoir le conclure des premiers nivellements.
M. Cosson persiste à croire que la mer intérieure ne sera qu'une espèce de marécage sans profondeur. Je ne saurais mieux répondre à cette objection, dit M. de Lesseps, qu'eu déposant sur le bureau de l'Académie une carte qui représente à la même échelle trois coupes de la mer intérieure supposée remplie et une coupe du golfe de Gabès à Sfax. Il suffit d'y jeter un coup d'oeil pour reconnaître que le golfe de Gabès, qui n'est cependant pas un marécage et où les navires circulent sans danger, ne paraît auprès de la mer future qu'une flaque d'eau sans profondeur.
La première sous-commission ayant constaté que rien ne permettait d'affirmer l'existence de deux courants inverses et simultanés dans le canal d'alimentation. M. Cosson en conclut que la mer intérieure ne deviendrait qu'une véritable saline. Mais après avoir émis cette opinion, très hypothéthique d'ailleurs, la même sous-commission s'est empressée d'ajouter : « La concentration de la mer intérieure s'opérerait avec une telle lenteur qu'au point de vue pratique il n'y avait pas lieu de s'en préoccuper. » Quant à la question des palmiers, M. de Lesseps a déjà répondu que les effluves maritimes n'exercent sur eux aucune influence fâcheuse. Les grandes forêts de dattiers qui s'étendent sur les bords du lac Mensaleh fournissent les meilleures dattes de l'Egypte.
11 résulte d'autre part des nivellements pris que la mer intérieure ne submerge que trois ou quatre mille palmiers.
Enfin quant aux terrains des farfaria que M. Cosson estime si fertiles, ils ne produisent absolument que des fièvres paludéennes. Voici du reste à ce sujet les conclusions de la deuxième sous-commission. » 11 est permis de conclure que si le remplissage du chctt Melrir s'effectue de la manière
prévue dans le projet, il s'ensuivra la destruction du foyer redoutable d'insalubrité palustre, situé au nord-ouest du chott Melrir dan^ les régions appelées Farfaria, qui seraient entièrement submergées. »
M. de Lesseps ne veut pas suivre davantage M. Cosson dans les considérations qu'il développe tant sur le remplissage des bassins que sur l'exécution du canal. Dans une question de botanique, il s'inclinera, dit-il, devant lui ; il espère que de son côté, quand il s'agit d'un travail tel que l'exécution du projet d'un canal destiné à remplir les bassins de la mer intérieure, M. Cosson voudra bien lui reconnaître à son tour quelque expérience.
M. de Lesseps termine sa communication par les lignes suivantes :
« Nous venons de voir que dans l'opinion de M. Cosson, la mer intérieure deviendra une saline. En supposant que la base de s?s calculs soit exacte, ce que je conteste, cette hypothèse ne se réaliserait que dans 1500 ans.
« tir M. Roudaire ne demande qu'une concession de 99 ans, sans subvention pécuniaire ni garantie d'intérêt, mais seulement des terrains limitrophes ne pouvant être fécondés que par l'établissement du canal de communication et par le remplissage des bassins existant à 25 mètres au-dessous du niveau de la mer.
« Le gouvernement pourra alors dans un siècle draguer le sol à raison de 50 centimes le mètre cube et il fera une très belle affaire en le vendant de 10 à 15 francs, attendu que cette matière précieuse sert de monnaie dans le commerce de l'intérieur de l'Afrique.
« En ce qui concerne la dépense évaluée par M. Cosson à un milliard, il a été établi par les ingénieurs et les entrepreneurs qui m'ont accompagné dans notre récente exploration que le canal de communication de la Méditerranée à la nouvelle mer représente sur un parcours recliligne, à travers des terrains de sable et de terre meuble, une extraction de 200 millions de mètres cubes estimés à 50 centimes chacun, c'est-à-dire à un total de 100 millions de francs. »
Physique. — M. Tirey envoie un mémoire sur le transport de la force motrice à distance par l'électricité, excellent travail, ajoute M. le secrétaire perpétuel, mais qui n'apporte aucun fait nouveau.
— Depuis les accidents qui ont eu lieu récemment, faisant encore un grand nombre de victimes, et surtout depuis la communication importante de M. le capitaine de vaisseau Trêve, des communications sur les explosions des chaudières des machines à vapeur ont lieu, pour ainsi dire, à chaque séance. Aujourd'hui, M. lirossaud adresse deux notes dont le titre seul est lu par M. le secrétaire perpétuel : l'une est relative, en effet, à l'explosion des chaudières ; l'autre aux explosions de grisou.
Cette dernière question est aussi l'objet d'une note de M. de Chancourlois qui suppose une corrélation entre les explosions qui ont lieu dans les mines de houille et les phénomènes de tremblement de terre.
— Dans une nouvelle note, M. Cabanellas explique comment M. Cornu, dans son rapport sur les expériences de la gare du Nord, a été conduit, par une première pétition de principe implicite et non légitime, dit-il, à certaines conclusions doctrinales par le mécanisme successif d'une série de répercussions qui seraient entachées d'erreur.
La pétition de principe implicite a consisté à admettre que
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la résistance intérieure effective d'une machine Gramme est la même, l'anneau en marche ou l'anneau immobile. M. Cabanellas se considère mieux placé que personne pour faire cette rcctificauon, puisque c'est à lui que l'on doit l'indication et la mesure du déficit des machines à collecteur en 1880; déficit souvent contesté depuis, mais aujourd'hui passé dans le domaine classique définitif, depuis les constatations numériques des rapports de M. Tresca. On se souvient que M. Cabanellas tenait compte du déficit en le faisant porter sur l'augmentation de la résistance intérieure (Mesure de larésistance intérieure des machines en marche).
Les deux premières répercussions qu'il regarde comme erronées ont consisté à calculer les forces électromolrices des machines par les formules E = U -+- R I pour le générateur ete = w — ri pour le récepteur, ce qui a donné un E trop petit et un e trop grand, car l'auteur monlre que si on appelle D et d les déficils des deux machines (en kilogrammètressecondes), les véritables valeurs sont
E = U + R I + g j et e = u — r 1 — g j.
La troisième répercussion, également erronée d'après
M. Cabanellas, consiste à prendre, pour le rendement électrique
=, une valeur plus grande que la réalité, et cela à la fois
pour les deux causes ci-dessus.
Ayant ainsi augmenté le quotient - et croyant être en pré-
sence du véritable rendement électrique, le rapport de M. Cornu s'est étonné d'avoir à constater que ce rendement
était plus grand que le rendement dynamométrique ~, va-
leur dont il était bien certain, puisque Tu était observé au frein de Rony sur la réceptrice Gramme, et Tm au dynamomètre de transmission sur lequel était attelée la génératrice Gramme ; il a cru y trouver une grave objection à la théorie électrique du transport de la force. M. Cornu aurait cru devoir alors introduire deux coefficients, les facteurs H et h
Antérieurs à l'unité, et poser " = ^ H h, en prenant
El 75 g T,
et /* =
75 g Tu
el
Quant aux quatrième et cinquième répercussions qui donnent forcément des valeurs trop petites pour H et /(, M. Cabanellas dit que le rapport a péché directement contre le principe de la conservation de l'énergie, puisqu'il est prouvé expérimentalement qu'un anneau Gramme tournant a circuit ouvert dans un puissant champ magnétique ne dépense pas de consommation appréciable d'énergie en courants parasites
F I hors du circuit prévu; il en résulte que - — ne peut qu'être
rigoureusement égal à Tm. Cela n'empêchera pas que le déficil de la machine ne puisse être très grand dans la machine fonctionnant, mais ce n'est qu'au delà de ce premier chaînon inflexible de la transmission d'une quantité inaltérable d'énergie, que l'on devra se préoccuper du déficit de la machine.
M. Cabanellas fait donc remarquer que le rapport a commis une grave erreur théorique, en pensant que H et h puissent varier avec les vitesses et avec les mérites èlectriqui s des machines; il moniie que 11 est luujuurs rigoureusement
ial à l'unité, à toutes vitesses, avec toutes tes machines
Gramme à bon ou mauvais rendement individuel, quelque grand ou quelque petit que soit leur déficit comparé à leur puissance, et que h ne diffère jamais de l'unité qu'en raison des frottements de l'arbre el autre passif purement mécanique du récepteur.
— M. Maihey : Note relative à la recherche des sources d'eau par l'électricité.
Chimie. — M. Kessner fait connaître un nouveau procédé de durcissement des pierres calcaires tendres. Il s'agit de l'emploi du fluo-silicate de magnésie qui, mis en contact avec la pierre, lui cède son acide silicique. Le grand avantage de cet agent serait de pénétrer complètement le calcaire, tandis que les silicates alcalins auxquels on avait ordinairement recours ne durcissent que la couche superficielle de la pierre, sur une épaisseur d'un millimètre à un millimètre et demi seulement.
— M. Lecoq de Boisbaudran, absent de Paris, adresse une note sur l'iridium, sa séparation du gallium et les réactions très sensibles de ses sels.
Géologie. — M. Colteau poursuit ses études sur les échenides jurassiques de la France. La 61' livraison de la paléontologie française que M. Milne Edwards présente à l'Institut comprend la description des espèces du genre hemipedina et du genre cyphosoma. Ce dernier, très rare à l'époque jurassique et représenté seulement par un petit nombre d'espèces, atteint le maximum de son développement à l'époque crétacée, notamment dans les étages turonien et sénouien.
Anatomie. — M. de i^ualrefages présente une note de M. Rémy Saint-Loup sur ses recherches entreprises au laboratoire de malacologie du Muséum, sur les systèmes nerveux des hirudinées, recherches qui lui ont révélé la généralité, dans ce groupe d'animaux, de la disposition de structure suivante :
Les ganglions de la chaîne présentent, à la face ventrale, six capsules nettement distinctes, renfermant des cellules nerveuses unipolaires et disposées de la même manière que les capsules décrites par Baudelot chez la clepsine. Les modifications dans les différents types ne portent que sur les dimensions relatives des capsules.
Les systèmes de ganglions qui constituent le cerveau, la masse sous-œsophagienne et la masse caudale sont constitués d'une trame de fibres nerveuses et de capsules identiques à celles des autres ganglions de la chaîne. Ces capsules sont rangées partout d'une façon analogue et les différences ne portent que sur leur nombre.
Le nerf intermédiaire ou nerf médian impair signalé par Rrandt chez la sangsue médicinale existe chez les aulastomes, les hoemopis, les nephelis et les clepsines.
— M. Barthélémy communique une note sur l'incubation des œufs de poule atteintes de la maladie dite du choléra des poules. L'auteur, ayant placé dans une nu me couvée des œufs provenant de quelques-unes de ces poules avec des œufs pondus par des poules parfaitement saines, a constaté que ces derniers se comportaient d'une façon absolument normale et arrivaient sans encombre à parfaite eclosion sans que les jeunes poussins fussent à leur naissance en quoi que ce lût atteints par cetie maladie. Au contraire, les œufs des puules malades ont subi l'influence du choléra el lorsque l'allantoïde, se développant, se rapprochait de l'enveloppe
BIBLIOGRAPHIE
calcaire, l'animal succombait comme ayant été infecté par la mère avant la pondaison de l'œuf.
— M. Paul Berl lait une communication sur un nouveau mode d'anesthcsie par le gaz de proloxyde d'azote. On sait, dit-il, les difficultés d'application de la méthode d'anesthésie par un mélange de proloxyde d'azote et d'air sous une certaine pression barométrique. Si ce procédé est passé dans la pratique hospitalière grâce à MM. Péan et Labbé, il rencontre néanmoins de très grandes difficultés dans la pratique civile, à cause de la nécessiié d'appareils très importants. I.e protoxyde d'azote pur anesthésie, mais il mène à l'asphyxie, si on le prolonge un certain temps; mélangé à l'oxygène, il n'asphyxie plus, il est vrai, mais aussi il n'anesthésie plus. Malgré cette menace d'asphyxie qu'entraîne l'emploi du protoxyde d'azete pur, on compte à peine trois ou quatre accidents sur des milliers d'anesthèsies pratiquées à l'aide de ce gaz par des dentistes plus ou moins expérimentés. Le proloxyde d'azote peut donc être considéré comme une substance peu dangereuse. C'est pourquoi M. Paul Berl a cherché les moyens de l'employer sans le secours de la cloche, c'esl-à-dire à la pression ordinaire. Un chirurgien américain emploie ce gaz, comme anesthésique, dans les grandes operaiions, en procédant par intermittences; mais c'est la un procédé très défectueux. Au lieu de faire respirer alternativement du protoxyde d'azote pur, puis de l'air pur et ainsi de suite, M. Paul Bert a eu l'idée de remplacer l'air pur par un mélange d'oxygène et de protoxyde d'azote préparé dans des proportions à peu près analogues à celles de l'air que nous respirons. Les expériences ont été faites sur des chiens. L'animal mis en expérience respire pendant une minute du proloxyde d'azote pur, puis pendant cinq ou six minutes le mélange indiqué plus haut et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il soit anesthésie. L'auteurapu maintenir ainsi, dans une insensibilité complète d'une demi-heure, l'animal anesthésie. La méthode employée par M. Paul Bert est des plus simples et a donné jusqu'ici d'excellents résultats chez les animaux; cependant M. Paul Bert déclare lui-même qu'elle aurait besoin d'être expérimentée de nouveau, avant d'être appliquée sur l'homme, chez lequel elle est certainement appelée à donner des résultats non moins bons.
Comité secbet. — A quatre heures et demie, l'Académie se forme en comité secret pour entendre la lecture du rapport de la commission chargée de dresser la liste de présentation des candidals à la place laissée vacante dans la section de médecine et de chirurgie par la mort de Sédillot.
L'ordre de présentation a élè arrêté ainsi qu'il suit :
1° En première ligne, ex œquo et par ordre alphabétique: M. Brown-Séquardj prolesseur au Collège de France, et M. A. Bichel, professeur a la Faculté de médecine de Paris; 2° en seconde ligne ex œquo et par ordre alphabétique également : M. Alphonse Guérin, chirurgien des hôpitaux de Paris ; M. Jules Guérin, et M. Happey, professeur a la Faculté de médecine de Paris.
L'eleclion aura lieu dans la séance de lundi prochain, 7 mai.
E. Rivière.
BIBLIOGRAPHIE
Sommaire* de* principaux recueil* «le mémoire* orlKlDmn
L'astronomie (mars 1883). — M. A. Daubrèe: Les pierres tombées du ciel. — M. C. Flammarion: Spectres aériens observés au Pic du Midi et en ballon. — M. A. Lepaute : Le méridien universel, les heures et les jours.
— Rivista di fii.osofia SCIENTJFICA (1882, t. Il, fascicule i). — yignoli: L'hérédité du caractère d'après la doctrine générale de l'évolution. — Marmelli: Le darwinisme et la géographie. — Ferri : Les meurtres chez les animaux. — Celeria: L'énergie thermique du soleil. — Buccola: La durée des perceptions olfactives. — Fais: La théorie dynamique de la chaleur.
— Journal of tue anthropological institute (février 1883). — Burtle Frère: Système agraire et propriété chez les tribus indigènes du sud de l'Afrique. — Parker : Le système agraire à Madagascar. — Keane: Objets préhistoriques de la Caroline du Nord. — Mateer: Népotisme dans le Tràvaricore. — Parker: Le nouveau code promulgué en 1881, à Antananarivo, par la reine des Hovas à Madagascar. — Kumlin : Pierres funéraires à Cunrmer (W'exford). — Villiers Stuart: Antiquités égyptiennes. — Man: Indigènes des îles Andaman.
— Revue internationale des sciences biologiques (janvier et février 1883, fascicules 1 et 2). — Julius Nathan: Sur la localisation des fonctions cérébrales dans les hémisphères cérébraux chez l'animal et chez l'homme. — Hermann Huiler : Sur le développement des couleurs chez les fleurs. — F. Henneguy: Sur la division cellulaire nu cytodiérèse. — Latasle: Sur le bouchon vaginal des rongeurs. — Egasse: Sur les falsifications des aliments à Paris. — M. L. : Sur la contagiosité du tubercule. — Êlie Beclus : Études sur les populations primitives. Les Khouds et autres Kolariensdu BeDcale. — Abel : Les propriétés dangereuses des poussières. — Jansen: Etude d'anthropométrie médicale au point de vue de l'aptitude au service militaire.
— Revue dhvgiène et de police sanitaire (1883, février, t. V, n° 2 .
— E. Vallin: Noie sur la neutralisation du suc tubirculeux. — Babot : Les eaux d'alimentation de Versailles. — A.-J. Martin: Appareils nouveaux pour le chauffage et la venti'ation des voitures.
— Uevde internationale de l'enseignement (1883, n° 2, février). — Pou! Janet: Les doctrines sociales contemporaines. — Th. Ferneuili
La réforme du plan d'études de l'enseignement secondaire en France.
— Gustave Larruumet : L'élection et la réception de Marivaux à l'Académie française. — Siebeck: De l'essence et du but des études scientifiques. — P. J. : Les thèses de la Sorhonne, Marivaux, sa vie, ses œuvres. — Dreyfus- Brisac: La vie académique des Facultés. — 0. Gréard : L'enseignement secondaire des tilles.
— Archives générales de médecine (1883, février et mars). — J. Bcgnatild et Villejan : Composition et propriété singulière du liquide séreux extrait d'une tumeur inguino-abdummale. — Veineuil: De la pulvérisation prolongée et continue comme procédé de ta méthode antiseptique. — Faucon : Mémoire sur un cas d'empoisonnement par la strychnine, traité par le chloral a l'intérieur et en injections sou«-cutanées : guèrison. — Deligny : De la tissure à l'anus. — Ramonet: Imperforation de l'anus avec conformai ion normale du rectum et issue du méconium par un orifice cutané rétroscrotal. — Albert Mathieu : Péricardité tuberculeuse. — E. Ozenne : Des kystes dermcîdes sublinguaux. — De Sanli : Les dernières évolutions des pansements antiseptiques.
— Revue dk médecine v1883, février, fascicule S). — Martin: Recherches sur la pathogénie des endocardites et des scléroses cardiaques. — Sabourin: Sur les rapports qu'affecient les canaux veineux sus-hépaiiques avec le tissu fibreux dans les cirrhoses annulaires et insulaires. — Barié: Recherches cliniques sur les accidents cardio-pulmonaires consécutifs aux troubles gastro-hépatiques.
— L'Encéphale, journal des maladies mentales et nerveuses (1883J mars-avril, n" 2). — B. Bull: De l'éroto mania ou folie erotique. — J. Lui/s: Recherches sur la structure de l'ecorce cérébral d':iprès la méthode photo-micrographique. — .S. Pozzi: Sur un cas de cirrhose atrophique granuleuse disséminée île circonvolutions cérébrales — U. Lannelungue: Encépliaficele acquise. — B. Bull: Aphasie intermittente. — Bellangé : Lésions de la protubéiauce. — Housseau : Tumeur cérébrale. — Maurice Fusier : Épilepsie à forme irrègulière.
CHRONIQUE
CHRONIQUE
lu fossette occipitale chez les criminels et dans leM raeea liumaiiies.
Les études que j'ai faites sur les criminels ont éveillé mon attention sur une anomalie qui leur est toute particulière, et qui jusqu'ici a été trop peu remarquée; c'est l'existence d'une fossette moyenne, qu'on rencontre au lieu de la crête sur l'os occipital dans la proportion de 16 pour 100 chez les criminels et de 5 pour 100 chez les hommes non criminels.
Chez les fous, elle serait, selon mes observations et celles du professeur Romiii qui s'est livré sur ce sujet à de sérieuses recherches, de 10 à 12 pour 100. fait qui confirme le lien du'crime et de la folie. Giâce aux < ourtoiscs communications de divers auteurs, j'ai pu fechercher l'extension de cette curieuse anomalie dans les différentes races humaines et en dresser le tableau suivant: