REVUE DE STATISTIQUE
mentionne "pas, on ne fait pourquoi, le document officiel (ce qui semblerait indiquer que le nombre réel des décès accidentels n'arrive pas à la connaissance de l'autorité judiciaire). Le nombre des asphyxiés par le feu et des individus brûlés dans un incendie, après avoir atteint son maximum de 1861 à 1865 (726), est tombé à 664 en 1876-80, probablement par suite des améliorations apportées aux moyens de sauvetage et aussi d'une rapidité croissante dans l'arrivée des secours. La marche des coups de foudre mortels présente un phénomène de même nature : 128 (maximum) de 1836-40 à 1866-70, et seulement 126 et 107 dans les deux dernières périodes. Nous n'avons pas à chercher l'explication de cette diminution, qui doit être purement accidentelle.
Bien que déjà fort intéressante, cette statistique aurait besoin d'être complétée par l'indication des âges des victimes. Il est certain qu'un grand nombre — peut être le plus grand nombre — des accidents mortels se produit dans l'enfance par suite de la surveillance insuffisante et souvent nulle des parents.
Nos journaux se lamentent, et avec raison, sur la diminution, dans ces dernières années, de notre commerce d'exportation. Il est certain que, depuis 1875, un changement considérable et imprévu s'est produit dans nos transactions avec l'étranger : nos importations sont devenues supérieures à nos exportations, et la différence, de plus en plus sensible, ne s'explique pas entièrement par l'accroissement de l'entrée des produits agricoles — ce que justifierait une série prolongée de mauvaises récoltes — et encore moins par de plus fortes importations de matières premières pour notre industrie, mais par de plus fortes quantités des produits fabriqués dont naguère notre industrie approvisionnait le pays. Évidemment ces produits sont créés à l'étranger à des prix de revient que nous ne pouvons plus obtenir, et par des causes dont l'effet devient de plus en plus sensible. Ainsi notre industrie est surchargée d'impôts ; par suite de la cherté progressive des locaux, ses frais généraux montent sans relâche ; d'un autre côté, les exigences des ouvriers au point de vue de la hausse des salaires et de. la diminution de la journée de travail sont incessantes; enfin l'instabilité politique éloigne les capitaux de cette branche si importante du travail national. Cette même instabilité ne nous permet pas, en outre, d'introduire, dans notre outillage industriel, les améliorations dont il est l'objet en Angleterre, en Allemagne, en Belgique et en Suisse.
Il ne faut rien exagérer toutefois. Si notre commerce d'exportation a diminué depuis 1875, il tend à se relever. Ainsi sa valeur, de 3468 millions en 1880, a remonté, en 1S82, à 3596 millions. Mais nous sommes encore à une assez grande distance des résultats de 1S75 : 3872 millions.
Le ministère de la guerre vient de publier un document toujours impatiemment attendu, et dont l'importance, en effet, est très grande : le compte rendu du recrutement en 1881. Nous y relevons les renseignements suivants : la classe de 1882 a été de 309 689 jeunes gens, chiffre légèrement supérieur à celui de 1876 (286 107).
Les cas d'insoumission (1400 en nombre rond) ont diminué de 500 par rapport à 1877.
La classe a été répartie comme suit : ont été incorporés 137125 jeunes gens aptes au service armé, dont 107 063 de la première portion du contingent ; 25 265 de la deuxième, et 5097 dans l'&rmée de terre. 48 086 ont été dispensés (fils de veuves, orphelins, etc.) ; ont été dispensés conditionnellement 3513 instituteurs et 1881 élèves ecclésiastiques. Ont été liés au service 25 341 jeunes gens, dont 5175 inscrits maritimes, 15 004 engagés de cimj ans et 4162 volontaires d'un an. Le service auxiliaire a reçu 15 427 jeunes gens non aptes au service armé ; 37 752 ont été ajournés pour défaut de taille ou faiblesse de constitution ; enfin 40 262 ont été exemptés comme impropres à tout service. Ce dernier chiffre dépasse la moyenne des années précédentes.
Le nombre des illettrés diminue, comme il était facile de le prévoir; de 14.96 pour 100 recrues en 1878, il est descendu à 13,5 en 1881.
N'attendons pas la publication, plus ou moins prochaine, du second Annuaire statistique de Paris, pour analyser quelques renseignements récemment publiés sur cette ville.
Son budget, comme celui de l'État, grossit à vue d'œil. En l'an YII, sous la première république, ses recettes totales montaient à 7 millions 1/2, pour une population de 531000 âmes. L'impôt représentait alors 14 fr. 50 par habitant. En 1813, nous montons, pour 622 000 habitants à 23 millions, soit 37 francs par tête. En 1849, cette part contributive s'élève à 43 fraucs pour 946 000 habitants.
Après l'annexion, en 1860, des communes suburbaines, le budget municipal arrive à 104 millions de francs pour 1800 000 habitants, soit 91 fr. 50 par fête. En 1883, d'après le budget de cet exercice, la taxe moyenne par habitant sera de 114 francs. Ainsi, depuis l'an VII, la population a bien quadruplé ; mais le budget a plus que vingtuplé.
D'après le rapport aux actionnaires de la Compagnie pari- : ienne, des opérations faites en 1882, ta consommation du gaz a buivi, de 1856 à 1882, une marche constamment et rapidement progressive. De 47 235475 mètres cubes en 1856, elle a atteint, en 1882, 276 368 705 mètres cubes, c'est-à-dire qu'elle a presque sextuplé. Les dividendes annuels de la compagnie, tombés à 51 francs en 1872, après avoir atteint 120 francs (maximum) en 1868, se sont relevés à 82 fr. 50 en 1882, mais en restant inférieurs aux chiffres de 1864-1868, par suite de la nécessité pour la compagnie de pourvoir largement au développement de son matériel de fabrication et de distribution.
Le rapport de la Compagnie générale des omnibus de Paris pour 1882 met en lumière les faits suivants :
Le nombre maximum des voitures-omnibus mises en service a été de 610 contre 589 en 1881. Le nombre des kilomètres parcourus s'ei-t élevé de 18 804 745 à 19229824.
L'effectif moyen des chevaux présents dans les écuries, de 8697 en 1SS1, a été porté en 1882 à 9276. Le nombre des
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voyageurs transportés s'est élevé, d'une année à l'autre, de 110346376 à 113693655. La recette moyenne par voyageur a été de 18 centimes contre 18,80 en 1881.
Le nombre maximum des voitures-tramways mises en service en 1882 a été de 255 contre 252 en 1881. Le nombre de kilomèlres qu'elles ont parcourus s'estabaissé de8441H9 à 8429021. L'effectif moyen des chevaux s'est élevé de 3392 en 1881 à 3753; le nombre des voyageurs de 70 022729 à 73592207. La recelte moyenne par voyageur a monté de 17 centimes 80, à 18 centimes.