MARQUETERIE
semble qu’au moyen de morceaux entiers, découpés dans les gravures de Pesne ou de Jeaurat, estampés sur le bois et rapportés avec beaucoup de patience et beaucoup d’art, le peintre ébéniste ait réussi a donner l’apparence d’un sujet grave dans le bois a ce qui n était (pi un ensemble de contre-épreuves tirées des gravures d’après le Poussin. Quoi qu’il en soit, les compartiments de cette porte en font un objet d’art unique en son genre et d’un prix inestimable. Les Sacrements du Poussin appartenaient au Régent, duc d’Orléans, qui les avait achetés 120 000 livres. Après la Révolution française, ils furent vendus au duc de Bridgewater, qui les paya la somme, énorme pour ce temps-là, de 1 225 000 francs.
SCULPTURES DIVERSES
194. — BUSTE DE FEMME, médaillon en bas-relief, de profil à droite; pierre de Kehlheim. Dans le champ, la date de 1528. Travail allemand. — Hauteur, 0,087; largeur 0,074.
195. — GROUPE DE DEUX PERSONNAGES, d’après Aldegrever, dont il porte le monogramme, ainsi que la date de 1550; bas-relief cintré par en liant; pierre de Kehlheim. — Hauteur, 0,091; largeur, 0,053.
196. — FIGURE ALLÉGORIQUE debout. Quoique ne portant pas de monogramme, ce bas-relief a été exécuté par le même artiste que celui qui précède. Bas-relief cintré par en haut; pierre de Kehlheim. — Hauteur, 0,091 ; largeur, 0, 053.
Le monogramme ou la signature d’un maître sur un ouvrage d’art n’est pas sans doute une preuve de l’authenticité de cet ouvrage, puisqu’il peut y avoir été gravé, sculpté ou peint par une main étrangère; mais c’est un commencement de preuve et qui peut achever la conviction lorsque la sincérité du monogramme est affirmée par le style de l’œuvre. Or le sentiment d’Aldegrever, dans ces deux bas-reliefs, est empreint jusqu’à l’évidence. On y retrouve la sveltesse exagérée de ses figures, leur grâce maniérée, mais avenante. Il semble que cet artiste, à bon droit renommé, ait voulu corriger ce qu’il y avait d’anguleux, de raide dans le style de
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son maître, en allongeant les proportions, en tenant les formes plus degaeées, en donnant aux attaches plus de minceur, aux mouvements plus de
souplesse.
J’ajoute que le sculpteur, pour que les contours fussent nettement detachés, c’est-à-dire pour qu’ils n’allassent pas se fondre mollement avec le champ du bas-relief, les a terminés par un escarpement perpendiculaire au fond, comme le pratiquaient les artistes qui ont gravé les camées antiques, afin que les diverses couches de l’agate fussent parfaitement «lis-
tinctes l’une de l’autre.
107 — LA FORTUNE, bas-relief provenant de la même suite que ceux qui précèdent. H a été exécuté d’après une gravure de Georges Penez; pierre de Kehlheim. - H.oteu, de
Kac-roiief 0.091 : du cadre. 0,312.
198 - LA FORGE, autre bas-relief provenant également de la même suite; il a été exécute d’après une gravure de Georges Penez; pierre de Kehlheim. - Hauteur du baa-reM,
0,091 ; du cadre, 0,312.
-.qq. BUSTE D’UN ARCHIDUC de la famille impériale d’Autriche; il porte la perruque à rallonges, selon l'étiquette du temps de Louis XIV; pierre de Kehlheim. Ce petit buste est monté sur piédouche carré en jaspe vert. — Hauteur, 0,048.
Le personnage représenté paraît bien appartenir, en effet, a la famille des Habsbourg, si j’en juge par la lourdeur de sa mâchoire et par l’épaisseur de cette lèvre, qu’on a depuis appelée la lèvre autrichienne, et qui était si proéminente dans le visage de Charles-Quint.
200 — RUSTE DE FEMME, faisant pendant à celui qui précède; la personne que représente ce petit buste porte une coiffure à la Sévigné; pierre de Kehlheim. Il est aussi monté sur niédouche en jaspe vert. — Hauteur, 0,047.
La pierre de Kehlheim est à peu près lithographique, compacte et susceptible
de même nature que la pierre d’être ciselée avec la dernière
SCULPTURES DIVERSES
finesse ; mais elle est d’un autre ton; sa couleur terreuse et triste a besoin d’être relevée par une opposition dans la teinte du cadre, s’il s’agit d’un bas-relief, ou du socle, si la sculpture est en ronde bosse.
201. — BUSTES DE FEMMES en riches costumes du XVIe siècle, suite de trois petits bustes-appliques en cire, très finement modelés et rehaussés de couleurs et d'or. Ils sont adhérents à un cadre en bois sculpté à mascarons et ornements; sur un support à quatre consoles. Travail italien du XVIe siècle. — Hauteur des bustes, 0,065 ; hauteur totale, 0,314.
Sans contester l’authenticité de ces jolis bustes, je crois utile de dire que les amateurs qui recherchent les ouvrages de ce genre doivent se défier des contrefaçons que les Italiens de nos jours fabriquent en quantité, et que l’on reconnaît en général, pour peu qu’on ait l’œil exercé, au caractère moderne des airs de tête et à un modèle rond.
202. — TROIS PETITS BUSTES- APPLIQUES en cire peinte, faisant pendant à ceux qui précèdent, et encadrés de même. Même travail. — Hauteur des bustes, 0,065, hauteur totale, 0,314.
203. — LE CHRIST AU ROSEAU, vu à mi-corps et sculpté en bas-relief; médaillon de forme cintrée, en coquille. Cette figure est placée sous un arceau à plein cintre, supporté par des pilastres ornés. Travail du XVIe siècle. Cadre de forme monumentale, avec support en bois noir sculpté, incrusté de lapis. — Hauteur du médaillon, 0,061; hauteur
totale, 0,184.
204. — MADELEINE EN PLEURS, médaillon faisant pendant à celui qui précède; il est également en coquille sculptée en bas-relief. Le cadre est semblable au piécédenl. Mêmes dimensions que le n° 203.
Bien que ces deux camées sur coquille se fassent pendant et qu ils soient l’un et l’autre d’un travail très remarquable, le second porte le caractère de l’art allemand, tandis que le premier semble avoir été fait
en France, au temps de François Ier.
On voit que M. Thiers avait tenu à réunir dans sa collection non seule-
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ment des objets d’art de tous les temps et de tous les pays, mais des ouvrages exécutés sur toutes les matières susceptibles d’être façonnées par le génie de l’ouvrier.