‹ Collection d'objets d'art de M. Thiers, léguée au Musée du LouvreChapitre 15 sur 36 · PI. 28, N · texte numérisé non relu

PI. 28, N

i. A, Salrrçon,

BRONZES CHINOIS ET JAPONAIS 131

297. CARPE. Bronze niellé d argent; travail japonais. — Longueur, 0,58 ; hauteur, 0,18.

L’imitation d’une carpe qui frétille ne saurait aller plus loin; non seulement l’artiste a saisi le mouvement du poisson, et modelé parfaitement ses nageoires souples, sa queue bifurquée, son œil en éveil, mais le ton des écailles et leur éclat argenté ont été rendus par la couleur grise du bronze et par les niellures que l’artiste a tracées comme de vraies tailles de graveur, les unes arrondies dans le sens de l’écaille, les autres dirigées dans le sens du corps, et qu’il a ensuite remplies avec un filet d’argent. L’œil est en émail blanc et bleu. Cependant Limitation, toute frappante qu’elle est, n’est pas l’unique mérite de ce beau bronze. L’interprétation de l’artiste y a sa part.

298. — PETIT VASE sur lequel sont ciselées des feuilles de vigne et une cigale.

Hauteur, 0,17 ; longueur, y compris la saillie des feuilles de vigne, 0,11.

La forme de ce petit vase est celle d’une aubergine vidée. Les feuilles de vigne adhérentes à une face débordent sur la largeur du vase. La cigale est en plein relief. Elle est modelée et ciselée avec une vérité saisissante , l’artiste ayant exprimé la légèreté des ailes et leurs membrannles, les articulations de chaque patte, les parties tour à tour fermes et molles de la tête et du corps.

299. — TROIS AGRAFES JAPONAISES; bronze incrusté. — Longueur, 0,045; largeur, 0,125.

Ces agrafes proviennent de la vente du colonel Du Pin; elles avaient ete trouvées dans le Palais d’été de Yuan-Ming-Yuan .

Ces agrafes ont une forme rectangulaire. Sur l’une, est représentée en haut relief une mouche prise dans la toile d’une araignée qui la guette. La toile d’araignée est niellée d’argent. Sur l’autre, on voit une figure à mi-corps et en bas-relief, qui semble occupée à attraper des papillons. La troisième est décorée d’une figure aussi en relief, qui est celle d’un ouvrier qui frappe avec un marteau sur une pierre. Dans le fond est représenté, avec moins de saillie, un animal qui ressemble à un cochon

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de lait. Le vêtement de l’ouvrier est niellé d’or. Il a sur la tête une couronne formée d’un cercle d’argent.

300. — CORNET à ?ix lobes, en cuivre doré, émaillé à gouttelettes; ouvrage chinois, sur socle1 en cuivre ciselé. — Hauteur du bronze, 0,295; du socle, 0,035.

A en juger par la richesse de sa décoration, il est probable (pie ce cornet provient aussi du Palais d’été. Au-dessous du milieu, la tige a un renflement accompagné de deux anneaux lobés, ornés de grecques en or sur fond bleu. Une frise pareille se retrouve à l’embouchure du cornet. Les ornements émaillés, cernés d’un contour métallique, sont comme cloisonnés, mais ces cloisons font saillie sur un fond champlevé, de sorte que le décor tient à la fois aux divers genres d’émaillure. Les couleurs de l’émail sont bleues, rouges et turquoises. Le pied est un chef-d’œuvre de ciselure. Il est orné de gravures qui semblent incisées au burin, et le milieu est repercé à jour. Le socle est également travaillé à jour, avec beaucoup de richesse et de fini ; on peut croire vraiment que c’est dans le cabinet secret de l’empereur, au Palais d’été, qu’a été trouvé ce magnifique cornet.

EMAUX CLOISONNÉS

Bien que la curiosité soit aujourd’hui un goût très répandu et que le nombre des curieux ait considérablement augmenté depuis trente ans, tout le monde ne sait pas encore ce que c’est qu’un émail cloisonné. Il me paraît donc convenable d’en donner ici une notion élémentaire.

L’émail cloisonné est un genre de peinture ornementale et sans modelé, exécuté sur une plaque de métal, au moyen de verres diversement colorés (pie l’on fait adhérer au métal par la fusion. Pour que ces verres colorés forment une peinture saisissable, il faut qu’ils soient cernés par les contours d’un dessin préalablement tracé sur la plaque. Ces contours sont suivis dans leur souplesse par des rubans de métal, cuivre, argent ou or, qui sont soudés de champ, perpendiculairement à la plaque, et qui deviennent les cloisons dans lesquelles doivent être emprisonnées les pâtes d’émail. En d’autres termes, les traits que le dessinateur aurait crayonnés sur une feuille de papier sont représentés sur la feuille de métal par un filet de cuivre, ou d’argent, on d’or, qui est l’arête supérieure des cloisons. Cela fait, l’émailleur a devant lui un

ÉMAUX CLOISONNÉS

treillis métallique et brillant, offrant des cellules analogues à celles que présente une grenade coupée en deux. Dans chacune de ces cellules, il va introduire de l’émail en poudre mouillé d’un peu d’essence et de la couleur voulue. Ensuite, la pièce étant mise au four, les émaux se fondront; mais le métal des cloisons, étant moins fusible que le verre, ne se fondra point et continuera de séparer les couleurs, qui, au moment de la fusion, se seraient mélangées.

Tel est, sommairement décrit, le procédé dont se sert l’artiste émailleur pour faire un émail cloisonné. L’émail, qui n’est autre chose qu’un verre , un cristal , est de sa nature incolore et fusible , et dans cet état naturel il est appelé par les émailleurs fondant; mais, en le combinant au leu avec des oxydes métalliques, on lui donne toutes les couleurs du prisme, tous les tons des pierres précieuses. L’émail est coloré en bleu par l’oxyde de cobalt, en rouge par l’oxyde de cuivre et par le sulfate d’argent, en vert par l’oxyde de chrome, en violet par l’oxyde de manganèse, en jaune par le chlorure d’argent. Et tous ces tons ayant, encore une fois, l’éclat des gemmes, leur ensemble constitue à l’émailleur la palette la plus opulente, la plus merveilleuse qui se puisse imaginer. Il a sous la main le rouge cramoisi du rubis d’Orient, le ponceau clair du rubis spinelle, le rouge vinaigre du rubis balais, le rouge vineux du grenat de Bohême, le rouge pourpré de la tourmaline des États-Unis, le vert exalte de l’emeraude et de la malachite, le vert poireau de la chrysoprase, le vert céladon de la turquoise de vieille roche, le jaune tour a tour jonquille, citrin et orangé de la topaze, le jaune sourd de l’ambre, la splendeur de l’or, l’azur clair de l’aigue-marine ou du béryl, le violet de l’améthyste, et toutes les fines nuances, le rose du rubis de Bohême, le rouge aurore de l’hyacinthe, le jaune soufre du péridot, l’or cuivreux, le gris d’argent, sans compter qu’à cette gamme triomphante ne manquent pas les notes extrêmes , le blanc et le noir : l’émailleur obtient le blanc d’opale par un mélange d’oxyde d’étain au fondant, le blanc vif par la combinaison de ce blanc irisé avec le plomb; il se procure le doux blanc de 1 ivoire, le fin blanc de l’ail. Il produit le noir,

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enfin, le noir profond, mais non ténébreux, en concassant et en mêlant les bleus obscurs, les verts intenses, les violets foncés, et ce noir peut devenir le noir fuligineux de l’ébène, le noir bleuissant des ailes de corbeau. « Plus ou moins translucides, dit M. Philippe Burty1, les émaux laissent vibrer dans leur sein les flèches de la lumière à la façon de l’émeraude, des larmes de l’ambre, des baies de la groseille. Lorsqu’on les veut opaques, comme le sont le lapis-lazuli , l’ivoire, le pétale des fleurs, on mêle à leur cristal un peu d’émail blanc vif. Ils absorbent alors la lumière, de même qu’un verre d’eau passe du transparent au laiteux lorsqu’on y a versé quelques gouttes d’eau de Cologne. »

Il est bon de savoir que le mot émail ne s’applique, dans le langage de la curiosité, qu’au verre qui a subi l’action du feu. C’est pour cela que l’émail incolore et naturel s’appelle fondant. Certains ouvrages d’orfèvrerie ancienne sont décorés au moyen de morceaux de verre colorés sertis à froid dans un chaton ou fixés à un métal par un mastic. Ces ouvrages ne sont pas considérés comme appartenant à l’art de l’émaillerie, lequel implique la fusion du cristal, soit qu’on l’ait emprisonné dans des alvéoles cloisonnés ou dans les parties creuses du métal champlevécs à l’échoppe, soit qu’on l’ait coulé sur un bas-relief dont les rentrants et les saillants doivent transparaître sous la couche d’émail, soit enfin que l’émailleur s’en soit servi pour peindre et modeler des figures sur une plaque métallique, comme un peintre se sert de sa palette pour les peindre et les modeler sur une toile ou sur un panneau.

Les émaux cloisonnés étaient connus et pratiqués en Chine dans les temps anciens, avant qu’ils le fussent à Byzance, où ce genre d’émaillerie ne datait guère, selon toute apparence, que du VI0 ou du VIF siècle. Ce fut à la fin du XVIe siècle que les procédés de l’émail cloisonné furent importés au Japon.

La collection de M. Thiers renferme en ce genre quinze morceaux précieux, que nous allons décrire.

1. Les Émaux cloisonnés ; se trouve à Paris chez Martz, joaillier, rue de la Paix.

EMAUX CLOISONNÉS

301 ~ C0UPE à cin(t lobes< en émail cloisonné de la Chine, décorée à l’intérieur de fleurs et d animaux sur fond vert, à l'extérieur de fleurons sur un fond clathré imitant le jade rose. L intérieur est usé, fruste, sillonné d’innombrables rayures. Le fond de la base est en laque noir ou en émail. — Hauteur, 0 ,09 ; diamètre de la coupe, 0,23.

302. — PETIT VASE PYRIFORME (en forme de poire), à couvercle, sur socle en bois de 1er sculpté. Le couvercle est surmonté d'un bouton de bronze doré et ciselé; l’émail est ■sur tond bleu turquoise. Les ornements sont à fleurons et rinceaux capricieux. Le culot est orné de palmettes librement symétriques. On y remarque une sorte de pieuvre régularisée. — Hauteur, 0,28; avec le socle, 0,33.

303. PETIT VASE semblable au précédent et de mêmes dimensions.

Ces deux vases proviennent de la vente Louis Fould, faite en juin 1860; ils étaient décrits sous les numéros 2631-2632.

304. - CORNET à renflement dans le bas, en émail cloisonné de la Chine, à fond bleu turquoise et à décor de grandes feuilles palmées sur un ornement défigurés géométriques Le socle est en bois sculpté à jour. — Hauteur, 0,31 ; diamètre du pavillon, 0,18.

305, 306, 307, 308. — QUATRE ROITES échancrées en équerre, et qui toutes réunies, forment un carré parfait. Elles sont en émail cloisonné, mais deux sont émaillées sur tond bleu clair et deux sur fond bleu foncé. Elles sont ornées de fleurs rouges bleues vert-pomme. Les parois sont décorées d’une suite d’hexagones en émail rouge sur fond vert clair et sur fond bleu foncé. — Hauteur de chaque boîte, 0,05; longueur, 0,13; largeur, 0,13.

Ces boîtes sont de celles qui servent à mettre des articles de bureau, plumes, canifs, compas, cire à cacheter, gomme élastique, ciseaux, bâtons d’encre de Chine, godets à délayer l’encre, pinceaux de poils de lièvre ou de lapin.

, , , , „ 3 ,a t0rme dune .feuille de nélumbo recoquillée. Sur les

«ni* de I» feudle sont modelés en relief un colimaçon et deux petites grenouilles - Longueur, 0,14; largeur, 0,09.

dlU.

H H U L E - PA R F U M de forme

... ~ spnenque surbaissée et à couvercle, reposant sur

nus pieds bas et muni de deux anses surélevées, en ancien émail cloisonné de la Chine à

anges mot, fs de fleurs sur fond bleu turquoise. Le socle est en bois sculpté. - Ha.t.er, , c„mp* les anses, 0,13; diamètre de l’orifice, 0,12.

ÉMAUX CLOISONNÉS

311- AUTRE BRULE-PARFUM de forme sphérique surbaissée, reposant sur trois pieds et à couvercle, en ancien émail cloisonné de la Chine, décoré de fleurs arabesques sur fond noir. Le bouton du couvercle est à fond bleu, et le socle en bois sculpté. — Hauteur, y compris le socle, 0,145; diamètre de l’embouchure, 0,193.

312. PI-TONG en émail cloisonné à fond bleu turquoise, portant en guise d’ornements des caractères chinois émaillés rouge, et décoré, en haut et en bas, d’une frise de fleurs sur fond bleu foncé et, aux deux extrémités, de grecques en bronze. Le métal émaillé rend un beau son. — Hauteur, 0, 15 ; diamètre, 0,085.

Un entend par pi-tony un vase purement cylindrique, pouvant servir à plusieurs usages, mais en particulier d’étui à pinceaux. Celui-ci est extrêmement curieux parce que les caractères d’écriture dont il est orné ont été dessinés par l’empereur Kien-Long, comme nous l’apprennent ces mêmes caractères tels que les a lus pour nous le premier interprète de l’ambassade de Chine à Paris. Cet empereur célèbre par sa sagesse a donné, dit 1 inscription décorative, le dessin de toutes les phrases, dont une dit que le pi-tong est du XYIIL siècle. On sait que le long' règne de Kien-Long tiniten 1795.

313. — PETIT VASE de forme ovoïde, à couvercle, en émail cloisonné du Japon, à dessins variés sur fond verdâtre. Parmi ces dessins, on remarque des damiers. — Hauteur, 0,15; diamètre, 0,095.

3 14- — PEUT VASE OVOÏDE à couvercle, semblable au précédent tant pour la forme que pour le décor et les dimensions.

Il y a dans le décor de cette pièce et de la précédente, dont elle est le pendant, une régularité, une symétrie qui appartiennent bien plutôt à 1 art chinois qu’à l'art japonais, car celui-ci remplace presque toujours la symétrie par une sorte de pondération qui en tient lieu, ou bien il s’en

affranchit résolument. La forme de ces deux vases est élégante, et c’est le couvercle qui en achève l’élégance.

315. — COUPE en forme de sphéroïde, à couvercle, en émail cloisonné de la Chine. Elle est décorée, sur la panse, de fleurs sur fond bleu noir. La coupe est munie d’anneaux en

EMAUX CLOISONNES

guise d’anses et elle est portée par trois figures de Chinois, faisant fonction de cariatides, mais vivantes et animées. Le couvercle est décoré d’animaux et de masques chimériques sur fond bleu turquoise; il est surmonté d’un bouton ciselé et repercé à jour. — Hauteur, 0.21 ; diamètre de la panse, 0,28.

La coupe ici décrite est un morceau capital, et nous l’avions depuis longtemps admirée et regardée comme ancienne et d’une belle époque, lorsque l’interprète de l’ambassade nous a lu l’inscription gravée au-dessous. Il y est écrit que la coupe a été fabriquée sous le règne de l’empereur Tsin-Thaï, de la dynastie des Ming.

Des personnages chinois portent le vase. Les anneaux qui servent d’anses à la coupe passent par les oreilles d’un masque en bronze doré, à crinière calamistrée, qui ressemble à un mulle de dragon, et ces anneaux sont détachés et mobiles. On peut observer sur ce vase que l’émail cloisonné présente un épiderme en quelque sorte poreux, par suite des menues inégalités produites à la surface par les bulles d’air qui sont venues y crever au sortir du feu. Ces piqûres, en apaisant l’éclat des couleurs, leur donnent quelque chose d’ancien, de tendre, qui empêche que les regards ne soient éblouis, et qui les enchante.

AGATE, JADE, PIERRE DE LARD

Les agates orientales, le jade, la pierre de lard, ont toujours fait partie de la curiosité et se sont toujours trouvés dans les collections qui n’avaient pas un caractère absolument spécial. Au siècle dernier, les amateurs célèbres étaient jaloux de posséder quelques pièces rares de ces belles matières « pour le plus bel accord de leur cabinet », comme disent en leur vieux stvle Gersaint et Julliot.

Les agates orientales ont du prix par la seule beauté de leur substance, par leur demi-translucidité, par le poli dont elles sont susceptibles, et surtout par la variété de leurs colorations, qui sont toutes agréables, et qui ont fait donner à l’agate ses divers noms. Lorsqu’elle est rouge-cerise, vaguement tachée de jaune orangé, c’est une cornaline; lorsqu’elle est d’un blanc laiteux, c’est une calcédoine; et lorsque ce blanc est légèrement glacé d’azur, on la nomme calcédoine saphirine. Si l’agate est d’un ton fauve ou orangé brun, elle porte le nom de sardoine; si elle est d’un vert pâle, nuance poireau, on la nomme chrysoprase; enfin, quand ces variétés se sont combinées au moment de la formation et se sont super-

AGATE, jade, pierre de lard

posées en couches parallèles, l’agate est un onyx, et elle se prête alors à la gravure des camées. Mais les variétés de l’agate orientale que renferme la collection Thiers, et que nous rangeons dans la catégorie des objets provenus de l’extrême Orient, ne sont point gravées : les camées que contient cette collection ont été décrits dans la première partie de ce livre; elles sont seulement évidées en coupes, creusées en boîtes, taillées en flacons, sculptées en plein relief et parfois percées à jour. Si l’agate laisse entrevoir dans son tissu intérieur des arbrisseaux, des mousses,

des algues, des filaments de plantes marines, on la dit arbonsée ou mousseuse.

Le jade est une pierre si estimée en Chine qu’elle est réservée exclusivement à l’empereur. On la tire de certaines rivières du pays, et la pêche s’en fait sous la surveillance d’un inspecteur, qui en retient tous les morceaux pour les envoyer au palais impérial. Le jade est assez dur pour ia\ei le ^erre, il etincelle sous le briquet. (Test une pierre qui ne se prête pas à un beau poli, parce qu’elle est grasse et comme abreuvée d’huile. Sa couleur varie. Le plus souvent elle est d’un vert olive, qui tantôt pâlit jusqu’au vert-pomme, tantôt brunit jusqu’autour de la serpentine, et qui quelquefois se nuance de violet. Il y a aussi des jades d’un blanc laiteux, d autres d un blanc d’agate que sa transparence à demi étouffée, nébuleuse, rend gris clair; d’autres qui ont une teinte orangée, d’autant plus appréciée par les curieux quelle se rencontre rarement. Le jade s’appelle néphrite, à cause des vertus curatives qu’on lui attribuait jadis dans les maladies néphrétiques, ainsi que le donne à entendre le mot

jade lui-même, (pii vient de l’espagnol piedra hijada, qui signifie pierre néphrétique.

La stéatite ou pierre de lard, dite aussi pierre (le savon, parce qu’elle a un aspect savonneux, est douce et onctueuse au toucher. C’est une substance compacte, mais assez tendre pour être aisément coupée au couteau et même rayée par l'ongle. Ces deux qualités la rendent propre à la

sculpture ; aussi les Chinois en font-ils la matière de toute espèce de figuri nés et de magots.

AGATE, JADE, PIERRE DE LARD

La pierre de lard a différentes teintes : elle est rose, incarnate, grise, verte.

Il y a dans la collection Thiers onze pièces en agates orientales, douze rouges marbrées de blanc, et sept en pierre de lard. Lorsqu’elle est d’un ton vert obscur et vert olivâtre, on l’appelle faux jade, parce que sous ces couleurs elle a de l’analogie avec le jade.

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