RÉCAPITULATION DE LA PREMIÈRE SECTION
Dans les trois espèces de calculs qu'on vient de décrire et qui forment la première classe des concrétions urinaires, il y
IKi CALCULS URINAIRES
a analogie, sinon identité absolue de structure et de développement. Ce sont toujours des cristaux, des granules, des lamelles, des substances amorphes à l'état granuleux ou pulvérulent, unies ou groupées par les lois de l'affinité ou au moyen d'une matière agglutinât ive, de provenance organique.
Les luis de ces agglomérations nous échappent, mais on ne peut en méconnaître l'influence.
Les différences que présentent entre elles ces concrétions sont secondaires. La variété principale est dans les détails et dans l'arrangement moléculaire. Les couches lamellées sont plus ou moins serrées et régulières; les granulations ne sont pas toujours disposées de la même manière. De là les différences de forme et de texture. — Lorsque les calculs sont striés, les lignes irradiantes partent du centre vers la circonférence. Les modifications qui interviennent dans la direction ou la disposition de ces lignes, modifient nécessairement la structure sans la changer essentiellement. Je n'ai pas négligé ces variétés de structure et de développement des concrétions urinaires, variétés dont la cause nous est inconnue.
DEUXIEME SECTION
CALCULS DITS MURAUX. N0' 1 A H. — TROISIÈME SÉRIK.
Considérations» préliminaires. — L'oxalate calcaire forme la base principale des concrétions brunes qu'on désigna sous la dénomination de calculs muraux. Leur dureté n'est pas aussi grande qu'on le répète dans les livres. Sans doute quelques-uns de ces calculs sont extrêmement durs : mais la plupart cèdent facilement à la pression. Sous ce rapport, les pierres de cette espèce forment, comme les précédentes, deux catégories distinctes, eu égard à la structure. Comme les calculs d'acide urique, elles se présentent, bien que dans une proportion moindre, à l'état de poudre et de graviers.
1° Graviers. — Les dépôts qui forment les calculs noirs sont quelquefois expulsés avec l'urine, à l'état de poudre noire, de grains, de gravelle. J'ai réuni à la tète de ce carton quelques échantillons de ces dépôts et de ces petites concrétions qui présentent des teintes diverses, On y remarquera^ quelques débris expulsés avec l'urine, à la suite de l'opération de la lithotritie. Quelques-uns de ces éclats sont remarquables par leur volume et par leurs arêtes saillantes.
Les dépôts d'acide urique sont unis souvent à l'oxalate calcaire. Beaucoup de graviers noirs sont recouverts, au
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moment de leur expulsion spontanée, d'une couche jaune ou grise, amorphe ou cristalline. Il en est de même de quelques calculs.
Il y a des graviers noirs qui sont blancs à l'intérieur, surtout parmi les concrétions provenant des- reins. L'enveloppe extérieure pourrait tromper sur leur véritable nature.
Nous avons placé à coté des graviers les débris d'un calcul extrait par la taille de la vessie d'un malade de 19 ans. La croûte est d'une belle couleur marron, tandis que l'intérieur est blanc. Cette enveloppe brune est très-mince.
Du reste, dans les concrétions de cette espèce, la couleur n'est pas un indice certain de leur composition chimique, comme pour les calculs d'acide urique.
Pour ce qui est de la structure interne, les concrétions noires ne font point exception à la règle commune. Elles se développent, ainsi que celles d'acide urique, par lamelles et par granules. Les variétés qu'on observe dépendent de l'arrangement des molécules.
2° Calculs. — l6 Structure laniellée. N° 1. — Calcul, extrait par la taille, de la vessie d'un enfant de 5 ans. Couleur brune. Mamelons multiples, saillants, rugueux.
Iy° 2. — Fragment d'un gros calcul, extrait par la taille, de la vessie d'un adulte. Brun-marron. Surface granulée. Les plus gros grains sont distribués par groupes. Matière trèsdure.
N° 3. — Le tiers d'une pierre fragmentée dans la vessie, à I aide du forceps fenêtre, extraite ensuite par la taille. On voit que l'action de l'instrument a détruit une partie des aspérités de la surface, groupées en mamelons.
N° 4. — Moitié d'un calcul de, forme sphéroïdale. Structure compacte. Surface hérissée de mamelons saillants, recouverte d'une couche mince et luisante. Les mamelons for-
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ment des groupes isolés. Le noyau esl séparé de L'écor lamellée et très-compacte, par une substance granule d'une nuance un peu plus pâle.
N° 5. — Dix éclats d'une pierre murale, morcelée dans U
vessie après la taille. Mamelons disposés par groupes, d'une teinte bleuâtre, lisses et polis. Tous les débris n'ont pas été recueillis. L'ensemble de ces éclats forme néanmoins une masse considérable, La pierre est noirâtre à l'intérieur et d'un aspect terreux. Sur un des fragments, on voit la trace du foret à éclatement.
J'intercale ici deux pièces sur lesquelles on observe quelques particularités de la structure mixte :
N° 6. — Calcul retiré après la mort. Oblong, aplati sur les côtés; extrémités arrondies. La structure interne est mixte et très-régulière. Un dépôt jaunâtre recouvre incomplètement la surface extérieure. Le reste est formé par des groupes de mamelons, très-petits et très-nombreux. Les mamelons conservent leur couleur brune. Ils sont distribués par groupes.
N° 7. — Pierre noire, régulièrement arrondie, finement granulée à la surface. Une cavité centrale remplace le noyau, et tout autour se pressent des couches lamelleuses très-serrées. De ce point central partent des stries divergentes, formant des faisceaux. Entre ces stries, on remarque des agglomérations de matière noire qui se combinent avec des lamelles irrégulièrement disposées. L'écorce est entamée. Quelques calculs muraux à lamelles présentent à la coupe un noyau d'acide urique ou d'une substance calcaire terreuse et amorphe, qui se détache quelquefois, de sorte que le centre du calcul présente une cavité. Cette particularité se retrouve dans d'autres pièces de la collection. Dans tous ces échantillons, la structure qui entoure immédiatement la partie centrale est très-nette.
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Autour du noyau se déposent successivement des couches brunes plus ou moins épaisses, très-serrées vers le centre. Quelquefois elles adhèrent au noyau, tandis qu'en approchant de la circonférence, les lamelles s'écartent, s'isolent et laissent entre elles des espaces vides qui ressemblent à de petits godets. C'est là structure granuleuse qui prédomine dans cette partie. Les fentes qu'on remarque dans ces concrétions diffèrent par la forme des vides que présentent les calculs d'acide urique.
D'autres fois, au lieu de cavités, ce sont des proéminences, des points saillants qu'on observe dans l'épaisseur de l'écorce, en dehors clu noyau. Elles sont recouvertes par de nouvelles couches, qui suivent les ondulations et les anfractuosités, c'est-à-dire, qui se moulent sur des accidents de configuration. On a ici la démonstration de ce que nous avançons plus loin touchant l'influence de la structure sur la configuration des calculs. (V. aussi les cas rares.)
On ne confondra pas les aspérités de la surface des calculs qui résultent de cette structure, avec celles qui proviennent des derniers grains d'adhérence récente. Que ces grains soient d'oxalate calcaire ou non, ils présentent des dispositions aussi nombreuses que variées et, jusqu'à présent inexplicables.
C'est particulièrement sous l'influence des dépôts d'oxalate calcaire associés à ceux d'acide urique, que se produisent les effets les plus extraordinaires. Beaucoup de cas rares prennent ainsi naissance. On ne se lasse pas d'admirer l'étendue, la forme, la coloration variée de ce nombre prodigieux de lamelles et de granulations, tantôt isolées, tantôt réunies en groupes qui forment l'écorce extérieure de ces concrétions, ou bien une suite de mamelons arrondis, à surface lisse, recouverte parfois elle-même d'une sorte de vernis brun, marron, bleuâtre ou bleu. Les variétés sont si nombreuses, que
la description est insuffisante, il (au1 roir, (N( I ei 6 deo carton et le carton des cas raresj
2° structure granulée. — Les Concrétions d'OX&Iatè
calcaire se forment aussi par granulations, d'une manière analogue à celle des calculs d'acide urique granulés. Los variétés sont nombreuses.
Dans quelques cas, la structure est mixte, avec alternance régulière de granules et de lamelles.
Autour d'une agglomération de cristaux, de granules ou d'une substance terreuse amorphe, se forme une croûte plus ou moins épaisse, jaune ou brune, d'apparence lamelleuse ou mixte. La croûte du calcul n° 8 présente une structure lamellée très-régulière.
Tantôt la surface est unie, tantôt elle est recouverte de granulations fines , mais sans saillies proéminentes , sans pointes ni mamelons isolés. Au centre de la masse, solidement enveloppée dans sa croûte, on trouve parfois un noyau. (N° 10.)
Dans certains cas, les dépôts granuleux, au lieu de former une masse centrale, sont placés dans les vides formés par les lamelles, où ils sont solidement fixés. Cette disposition répond à la structure mixte, dont la collection présente un grand nombre de variétés.
Un caractère remarquable et commun à beaucoup de calculs muraux lamelles, c'est la forme généralement arrondie de ces concrétions et l'uniformité de configuration Me leur surface.
Les uns sont unis, lisses, luisants, comme vernissés : les autres sont recouverts de légères granulations, sans aspérités. Il en est dont la croûte est double et présente deux nuances très-distinctes et parfaitement visibles. L'un de ces calculs (le n° 9) que j'ai écrasé dans la vessie au moyen d'un
CALCULS .(ÎRINAÏRES
fort lithoclaste, était recouvert en plusieurs endroits de petits cristaux blancs, brillants.
On voit ici (nos 9 et 11. V. aussi aux pierres morcelées dans la vessie) les débris considérables d'un calcul noir que j'ai réduit en fragments dans la vessie, et le tiers environ d'un autre calcul delà même espèce qui résista d'abord à une forte pression de la tenette, et qui céda aussitôt que le perforateur conique eut traversé la croûte.