GRAVIERS ET CALCULS DE CYSTINE. N°M A \ 2. — QUATRIÈME SÉRIE
Les calculs de cystine sont rares et faciles à reconnaît re, à l'état de pureté ; mais ils échappent facilement au regard , quand ils sont composés de cystine et d'autres matières (1).
L'urine, dans laquelle prédomine cet oxyde, ne présente point de caractères propres à le faire reconnaître à la vue (2), On n'y parvient que par les procédés de l'art.
Lorsque la cystine cesse d'être tenue en dissolution dans les urines, elle se solidifie en petites masses, et forme, ainsi que les autres dépôts urinaires, des calculs et même des pierres volumineuses. La matière solidifiable est parfois très-abondante. Les malades peuvent rendre pendant longtemps des urines dans lesquelles prédomine ce principe.
J'ai placé sur ce carton, tout ce qui me reste en fait de concrétions de cystine, les dépôts granuleux, les graviers et les débris de pierres rendus par les malades, après la taille ou la lithotritie.
La gravelle de cystine n'est pas aussi commune que le pré-
(i) Voir les faits recueillis dans un mémoire spécial que j'ai présenté à l'Académie des Sciences, et qui a été reproduit dans le Traitement médical et préservatif de la pierre et de la gravelle. Paris, in-8, 1S40, p. 403.
(2) Voir une note de M. Pelonze. s la suite du mémoire cité, p. 437.
tendent quelques auteurs. Les fragments et les débris qui manquent ont servi pour les analyses.
Les numéros 1 et 2 sont les débris de deux pierres que je broyai dans mon service de l'hôpital Necker,sans soupçonner leur nature.
N° 3. — Fragment d'un calcul extrait par la taille, et recouvert d'une couche de cystine.
N° 4. — Deux éclats d'un calcul que j'ai extrait par la taille, et divisé avec le coin, de manière à faire voir les stries irradiantes de'la circonférence au centre; disposition qu'on remarque aussi sur d'autres pièces.
N° 5. -— Le quart d'un calcul de cystine que je tiens du célèbre Liston, chirurgien anglais. On voit tout à côté un éclat que j'en ai détaché à l'aide du coin et du marteau.
N° 6. — Eclats d'une pierre broyée au moyen du forceps. Les petits débris et les éclats qui manquent ont servi aux analyses.
N° 7. — Débris pierreux, rendus après une opération de lithotritie pratiquée par M. Caudemont.
N° 8. — Débris d'une pierre, broyée d'après les procédés de la lithotritie, dans la vessie d'un malade, frère de celui auquel j'ai extrait par la taille la pierre n° 9.
N° 9. — Moitié d'une grosse pierre de cystine, très-remarquable par sa forme régulière, sa structure extérieure et intérieure, ses stries divergentes et irradiantes, l'arrangement de ses parties constituantes et sa couleur à part.
Ce calcul, le plus gros que l'on connaisse de son espèce, est un véritable type. Quelques mots seulement sur sa provenance :
Deux frères, Irlandais de naissance, à peu près du même âge, ayant passé la plus grande partie de leur vie à voyager, réclamèrent mes soins. Ils avaient tous deux une grosse pierre dans la vessiet
CATALOOl I 78
Decesdeux pierres, Tune (n° 8) lut détruitepar lalithotritie, l'autre (n° 9) extraite par la taille. Ona 30U lesyeax
la moitié de cette pierre remarquais •: L'autre moitié aété déposée dans les collections du musée Dupuytren. Les petits tas de débris, placés autour de cette pierre, ont
la même provenance.*
N° 10. — Échantillon remarquable par sa pureté et la netteté des cristaux; je l'ai obtenu à l'aide du coin.
N° 11. — Débris rendus avec les urines, à la suite d'une opération de lithotritie.
j^o i2# __ Tjne grosse pierre de cystine, à peu près pure, d'après une analyse de mon ami, M. Henri Sainte-Claire Deville. Cette pièce a été morcelée dans la vessie, le 23 mars 1867, à l'hôpital Necker. Les traces du foret sont trèsvisibles sur la grosse pierre. Cette pierre n'a pas éclaté également, parce qu'elle se trouvait mal placée dans la tenette. On voit à coté les éclats qui ont été détachés sous l'action de l'appareil.