‹ Collection de calculs urinaires et d'instruments de chirurgieChapitre 29 sur 39 · PREMIER COMPARTIMENT · texte numérisé non relu

PREMIER COMPARTIMENT

— On voit ici toutes les pièces qui s'agencent pour former le trilable. Les principales sont :

a. — Une gaine ou un tube avec un renflement à languette, une rondelle, une vis de pression et une boîte à cuir.

b. — Un autre tube en acier qui s'introduit dans le précédent, divisé dans le sens de sa longueur, en trois parties égales qui se détachent en quelque sorte de la tige. Ce sont les branches élastiques, recourbées en dedans; chacune d'elles se termine par un crochet.

Quand on emploie le trilabe, la pierre se trouve fixée

(1) Voir Traité de la lithotr., p. 392, les Lettres, le Parallèle, et dans le Guide pratique, le chapitre : Choix des moyens.

CATALOOÏ'K \'->~>

entre les branches (Je L'instrument, assez solidement pour ne pas se dérober pendant la perforation el L'écrasement Aucun appareil n'égale Le trilabe pour remplir L'indication

essentielle, qui est de saisir la pierre ej de la fixer solidement. L'écrasement, avec ou sans perforation préalable,

pratique par l'action simultanée des brandies, que l'on rapproche en faisant glisser sur elles la gaîne. Le per rateur agit de concert avec elles; et dans ce cas L'écrasement et la perforation se combinent.

Le perforateur est une tige d'acier glissant dans le second tube, et dont l'extrémité, qu'on aperçoit entre les branches de la pince, est disposée pour la perforation.

A l'autre bout du porte-pince, on voit une rondelle et une boîte à cuir.

La poulie, le tour-en-1'air et l'archet complètent l'appareil.

I/instrument monté. — La tige creuse terminée par les branches de la pince est introduite dans la gaîne. On place la rondelle, on introduit la tige du lithotriteur , et Ton adapte la poulie.

Lorsque l'instrument est ouvert, on voit les trois branches de la tige d'acier hors de la gaine et écartées. Au milieu des branches de la pince, apparaît le perforateur à tête, dont la tige glisse aisément dans le tube porte-lames.

A l'extrémité opposée du trilabe, est l'armature : deux rondelles avec leur boite à cuir, la poulie et la vis de pression.

Quand l'instrument est fermé, les branches de la pince ne rentrent pas entièrement dans la gaine extérieure : elles se placent dans les entailles du lithotriteur. Les

crochets qui les terminent chevauchent les uns sur les autres.

La deuxième rondelle, qui est rapprochée de la première, lorsque le trilabe est ouvert, comme on le voit sur les instruments chargés, s'en éloigne et touche presque la poulie.

Manœuvre; — L'instrument étant introduit, on desserre la vis de pression, puis on pousse la deuxième rondelle ; et les trois branches de la pince sortent de la gaine en s'écartant. On sent la pierre, et on la saisit aisément.

Les petits calculs se placent comme d'eux-mêmes entre les branches de l'instrument médiocrement écartées et portant sur le fond de la vessie. On s'assure, au mo}ren du foret, que le calcul se trouve entre les branches. H suffit de rapprocher celles-ci en faisant glisser, la gaîne, sans les déplacer, pour que le calcul se trouve pris.

Quand le calcul est petit, il entre dans l'instrument par les intervalles qui séparent les branches de la pince, ou par l'ouverture qui résulte de leur écartement.

Quand le calcul est volumineux, on le fait entrer dans l'instrument largement ouvert près du col de la vessie, en poussant les branches contre lui, d'avant en arrière. La pierre n'est pas toujours parfaitement embrassée par la pince ; mais les crochets des trois branches la retiennent si bien qu'elle ne saurait se dérober, à moins qu'elle n'ait un volume extraordinaire, une configuration défavorable, ou qu'elle n'ait été mal saisie. C'est ici le lieu d'appeler l'attention de l'observateur sur le mouvement des branches et sur l'action des crochets qui servent à fixer la pierre.

Pour faciliter la démonstration, je place ici divers instruments de la même espèce portant chacun une pierre d'un volume proportionné à sa puissance.

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N° 1. — Les crochets de la pince s'appliquent fortement à la surface de la grosse pierre qui esl entre \et branches. Elle n'est pas cependant fixée solidement, el elle Je déroberait, si l'on exerçait une forte pression pour la perforer. Ces! d

ces cas que l'emploi du trilabe devient à peu près impossible,

Dans les cas suivants, il n'y a plus la même disproportion

entre le volume de la pierre et la puissance de l'instrument.

On voit comment les griffes du trilabe s'appliquent sur le

calcul entier ou fragmenté, de manière à le retenir solidement,

Avec quelque force qu'on agisse pour briser la pierre, on n'a point à craindre la déformation ou la fracture de l'appareil. On peut en toute confiance briser et perforer au besoin les calculs placés entre les branches.

Remarquons que dans l'écrasement de la pierre par l'action combinée de la tète du foret et de la pince trilabe, l'effort porte plus particulièrement sur la portion recourbée de l'instrument, qui offre en cet endroit une grande résistance. L'action produite tend à redresser les branches et non à les écarter.

Ce n'est pas dans les traités élémentaires de chirurgie que l'on trouvera l'explication de cette action combinée de la tète du foret et des crochets du trilabe.

En résumé : tube extérieur servant de gaine à. une pince à trois branches armées de crochets ; perforateur à tète glissant dans le porte-lames; poulie, rondelles, archet. Telles sont les principales pièces d'un trilabe.

Quand l'instrument est construit de manière à réunir les conditions de ceux qu'on a sous les yeux, on saisit aisément la pierre et on la fixe en l'isolant. Si elle est petite, on l'écrase par la pression; si elle est dure et volumineuse, la perforation préalable facilite l'écrasement.

Pour remplir la première indication, on appuie la paume

de la main sur la poulie, on pousse le lithotriteur contre la pierre, retenue par les crochets, et celle-ci est brisée.

Si elle résiste, on exécute un mouvement de rotation, comme 'pour égruger du sel dans un mortier, et elle se désaeréo'e.

Les instruments chargés qu'on a sous les veux et les pierres attaquées dans la vessie par le trilabe (Carton 20), rendent parfaitement compte de l'action de l'instrument et des divers temps de la manœuvre.

Le chirurgien connaît le diamètre de la pierre saisie par l'instrument, soit d'après l'écartement des branches, soit d'après la profondeur à laquelle pénètre la tête du perforateur. Les mesures sont indiquées par une échelle graduée que l'on aperçoit à l'extérieur de l'appareil.

On comprend l'action des rondelles servant de poignée, de la vis de pression, des boîtes à cuir, de la poulie et de la gaine.

Le tour-en-1'air et l'archet sont des accessoires qui s'adaptent à tous les trilabes. On ne s'en sert pas lorsqu'on emploie des trilabes d'un petit calibre pour extraire les petits calculs et les petits éclats de pierre. .

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