DEUXIÈME COMPARTIMENT
On peut considérer comme des pièces de rechange les trilabes divers que j'ai réunis avec leurs forets dans ce compartiment.
Ces instruments ont été construits, comme tous les autres, selon les règles de la méthode opératoire. On peut donc s'en servir dans la pratique. On les voit ici démontés pour la facilité de la démonstration et la plus claire intelligence de la manœuvre. Ces pièces feront mieux comprendre le méca-
nisme et l'acflfc des instrumente boul armés, montai
chargés du premier compartiment.
Les pinces à deux branche- el â gaine ïonl d'un emptoi fréquent et commode, tant pour la vessie que pour l'nrè-
thre.
a. — Pinces à deux branches, droites et courbes, pour l'urèthre.
Toutes ces pinces sont munies d'un stylet central à tète, dont l'utilité a échappé, parait-il, à beaucoup d'opérateurs. Il sert à constater la présence du calcul, d'un fragment de calcul ou de tout autre corps étranger qui s'engage entre les branches de l'instrument, et à le repousser s'il ne peut être extrait.
Dans nombre de cas, la tète du stylet fait l'office d'un coin. En tirant dessus, on écarte les branches de la pince. Le stylet peut être remplacé par un petit lithotriteur.
b. Pinces à deux branches pour la vessie. — Ces
pinces, droites ou courbes, diffèrent des précédentes par leur extrémité libre et par la disposition des branches.
Les unes sont plates, les autres creusées en cuiller. Cellesci servent à ramasser les petits débris pierreux qui sont restés dans la vessie ; celles-là servent à saisir des calculs ou des fragments pierreux arrêtés au col de la vessie.
Les formes de ces instruments varient selon les besoins delà pratique (1).
Les branches de ces pinces s'appliquent d'autant mieux sur la pierre ou sur l'objet à saisir, que l'extrémité libre est tournée en dedans. Il n'en est pas ainsi des pinces dont les deux branches écartées représentent exactement un V : elles
(1) Voir le Traité de la lithotritie.
ne retiennent pas la pierre ; celle-ci se dérorce quand on les rapproche (1).
Pour la vessie, on emploie rarement aujourd'hui les pinces à deux branches. Cependant j'ai conservé et je dépose ici divers modèles qui m'ont été utiles.
Dans beaucoup de cas, au lieu d'un stylet à tête lisse, j'ai employé un petit lithotriteur, afin d'écraser plus facilement le corps placé entre les branches de l'instrument lorsqu'il est trop volumineux.
Dans ces mêmes circonstances, j'ai employé, au lieu du bilabe, un trilabe ou une pince à trois branches plates et minces, faiblement recourbées, avec lesquelles on saisit plus promptement les petits calculs.
La manœuvre est facile et sûre. Il me souvient que dans une opération de ce genre, un chirurgien anglais fut si enthousiasmé du résultat, qu'il alla sur-le-champ chez le fabricant commander un instrument semblable à celui dont je m'étais servi.
Dans plusieurs de ces extractions, j'ai employé un procédé plus utile en apparence qu'en réalité. Il consiste à introduire préalablement un gros tube dans l'urèthre, jusqu'à la vessie, de façon à retirer les débris sans fatiguer le canal. Mais cette manœuvre spécieuse en théorie est confuse, et j'y ai renoncé. Du reste, ce procédé ne serait applicable que dans les cas de paralysie de la vessie.
Remarquons que l'écoulement de l'urine ou du liquide de l'injection, pendant l'extraction des débris pierreux, avec une pince à deux branches, est sans inconvénient.
Ces instruments sont dépourvus de boîtes à cuir.
(1) Voir Parallèle, pi. I, fig. 15y 16 et 203 représentant les instruments d'Astley Cooper et de Daniel Episcope.