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DES CATHOLIQUES DE FRANCE

Depuis les tristes événements de 1871, les catholiques de France se réunissent chaque année en Congrès pour traiter des intérêts religieux et sociaux de leur patrie, et organiser différentes œuvres nationales et de foi.

Cette année, leur dix-septième assemblée a été tenue à Paris les 16, 17, 18 et 19 mai dernier, ei elle a pris les proportions d'une manifestation des plus imposantes. Chaque jour, l'assistance a été très nombreuse et les séances pleines d'intérêt.

Rapports et travaux des Commissions, comptes rendus, discours et conférences, ont obtenu un grand succès et soulevé même quelquefois le plus vif enthousiasme.

L'éminent orateur, dont la réputation est depuis longtemps arrivée jusqu'au Canada, M. Chesnelong, sénateur, était le président du Congrès ; mais chaque réunion était présidée par un haut dignitaire ecclésiastique, qui la terminait par quelques bonnes paroles ou quelque brillante allocution.

C'est Mgr l'archevêque de Paris qui présidait la première séance, et il avait à ses côtés MM. Chesnelong, Lucien Brun, Keller, de la Bouillerie, de Ravignan, des Cars, Merveilleux du Vigneau, et quelques autres.

Un nombreux et brillant auditoire n'avait pu trouver place dans la vaste salle de la Société de Géographie, et plusieurs personnes avaient dû se réfugier dans les passages.

Le programme annonçait un discours de M. Chesnelong ; mais il le remplaça par la lecture d'un récit du pèlerinage français à Rome. L'auditoire n'y perdit rien, car ce récit était admirable.

M. Chesnelong possède encore toute la vigueur, la verve et l'enthousiasme d'un jeune homme. Il a visité Rome avec les yeux d'un artiste ; il a vu et entendu le Souverain Pontife avec les sentiments d'un fils affectueux et dévoué ; il a contemplé les grands spectacles que la Ville-Eternelle peut seule offrir en ce monde, avec une intelligence éprise de l'amour du Beau ; il a senti battre le cœur de l'Eglise, et pendant plusieurs semaines il a vécu de sa vie avec toutes les émotions d'une âme vraiment chrétienne.

Ces émotions et ces sentiments, il a voulu les communiquer à son auditoire, et il Va. fait dans un langage très éloquent et tout vibrant de patriotisme et de foi.

Les lecteurs du Canada-Français enjugeront eux-mêmes par les extraits que nous allons en faire.

Comme tous ceux qui ont eu le bonheur de visiter Rome à l'occasion des Fêtes Jubilaires, M. Chesnelong a été émerveillé de Taffluence des pèlerins accourant de toutes les parties du monde, et apportant des présents au Père commun des Fidèles. Il a été étonné de cette puissance d'attraction que possède l'Eglise et qui n'appartient qu'à elle.

*' Où donc, se demande-t-il, pourrait-on trouver un autre pouvoir qui, sur une simple parole, ne renfermant qu'un vœu et ne B'adressant qu'au libre assentiment des cœurs, fût en état de remuer aij^si le monde ! Cherchez partout; vous ne le trouverez pas. Eh bien, ce que ne pourrait aucun empereur, aucun roi, même aucun président de Républi(jue (rires), le Pape l'a pu et le Pape l'a fait. Il n'est qu'un vieillard désarmé, il n'a pas de pouvoir matériel ; il ne peut contraindre personne et, le pût-il, il ne le voudrait pas ; il n'use pas même de son autorité morale pour commander. Père, il laisse échapper simplement un souhait de son cœur; c'est assez, l'amour de ses enfants lui. répond. Ils accourent ou ils se font tous représenter auprès du père qui les appelle, aux pieds du Pontife qui veut les bénir. Ne reconnaissezvous pas là ce souffle de vie qui, dans l'Eglise catholique, va du cœur aux extrémités, sur toute la surface de la terre, qu'aucune frontière ne limite. Qu'aucun obstacle n'est capable d'arrêter, qu'aucune durée n'épuisera jamais ? Ne sentez-vous pas là l'action de cette puissance spirituelle de l'Eglise qui, bravant toutes les tempêtes et résistant à tous les assauts, participe toujours à l'éternité de Dieu de qui elle émane, comme à l'immortelle destinée des âmes sur qui elle s'exerce, et qui trouve ainsi dans son origine et dans sa mission le double gage de son indestructibilité ? (Très bien I et vifs applaudissements.)

*' Ah ! je le sais bien, nous vivons dans un temps où la force matérielle est en grand honneur, et où qui la détient se croit en possession de devenir le maître de tout. Et certes, il est vrai qu'avec la force matérielle on peut beaucoup pour ou contre les choses qui relèvent du temps ; on ne peut rien de décisif et d'efficace contre celles qui relèvent de l'éternité. (Vive approbation.) On peut broyer les cœurs ; on ne peut pas les changer. On peut violenter les âmes ; on ne peut pas les transformer. On peut persécuter la foi et faire souffrir l'amour ; on ne peut pas les détruire. (Tels bien, tris bien !) Là, contre cet impénétrable rempart des cœurs fiers, des âmes fidèles^ des sentiments qui ne fléchissent pas, la force matérielle se brise impuissante. C'est le domaine réservé où les pouvoirs humains n'ont pas d'accès, mais où se déploient dans leur divine efficacité les incommunicables prérogatives de l'Eglise du Christ. Seule, elle a le privi-

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