‹ Collection de documents inédits sur le Canada et l'AmériqueChapitre 129 sur 292 · Sophonie, chap. 1er · texte numérisé non relu

Sophonie, chap. 1er

** 14. Juxta est dieeDomini fnagn/u»j jnosta ut et vdox nimis ; 9ox diei Dcmini amara,

** 15. DiBS i&My DIBS ILUL, dxes trihidatùmis et angustiœ^ dies calamitcitis et miseriœ, dies tenebrarum et caliginiSy dies nehuUe et twrhinis^

^^ 16. ÏHes tubœ et dangoris super civitates m/unitas^ et euper angulm exeelsos.**

. Lei verset! 17 et 18 continuent Texpoûtion du même tableau, U y eat question du feu qui dévorera toute la terre.

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et Cornélius; parmi les poètes, Goethe dans son Faust, Walter Scott dans TJie Lay oj the last Ministrel^ et enfin — qui le croirait -^ le bon Jean La Fontaine dans une de ses dernières odes. Les traductions, les imitations, les paraphrases sont nombreuses dans toutes les langues. ^

Immédiatement après la séquence, qui s'appelle ainsi parce qu'elle est comme une suite du graduel, l'on chante l'évangile, qui, pour la messe de sépulture, raconte la touchante histoire de la résurrection de Lazare. La préface, les motets, et aussi dans beaucoup de diocèses les cantiques en langue vulgaire, nous mènent jusqu'à VaAsoute, dont la principale partie est le Libéra, où se retrouvent les paroles mêmes du prophète Sophonie : Dies irse, dies iUa, calamitatis et miseria.

Après que l'officiant a fait les aspersions d'eau bénite et encensé le cercueil, l'on se met en route pour le cimetière ou pour la fosse, si la sépulture est dans l'église ; dans nos villes il n'y a plus guère que dans ce dernier cas que l'on chante le Benedictus.

C'est presqu'un chant d'allégresse, et quoiqu'il y reste encore beaucoup de mélancolie, il fait contraste avec tout ce qui précède.

** Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et racheté son peuple I "

Quelle application heureuse I La mort, n'est-ce pas la grande visite de Dieu? On a conservé cette idée dans nos formules juridiques : mort par la visite de Dieu (by the visUaiion of Ood) pour dire qu'il n'y a pas eu de crime comme on l'avait soupçonné.

La mort, n'est-ce pas aussi la suprême bénédiction pour tant de gens pour qui elle est une véritable délivrance ?

L Pour rhifltoire du Dies irœ et de ses traductions, voir :

1^ Le IHeê irœ^ histoire, traduction, commentaire, par le Përe Clair, S. J. Paris, 1881.

ir liAxm Htmns vnih original iranêUitioiM, by Abraham Coles, M. D., LL. D. New- York, 1882, Appleton.— M. Coles n'a pas £ait lui-même moins de 13 traductions en vers, la plupart dans le rythme de Toriginal, tercet pour tercet.

y Le DzBS iB^ tradoction en vers françaîa avec le texte en regard, suivi d'une notice sur cette séquence célèbre et sur les traductions qui en ont été faites en diverses langues, par M. Chauveau, Montréal, 1887. Cet opuscule se trouve phez tous nos libraires et se vend au profit de la souscription pour la construction d'une chapelle du Sacré-Cœur a la Basilique de NotreiDame de Québec.

Bénissons le Seigneur, car voici une pauvre épouse que son époux maltraite, dont elle ne pouvait obtenir la conversion ; Dieu, qui Pavait visitée souvent — les épreuves sont encore des visites — Dieu lui a fait la dernière visite : peut-ôtre du haut du ciel pourra- t-elle obtenir ce qu'elle avait demandé si souvent?

Bénissons le Seigneur, car voici un père ou une mère que les dérèglements, que l'ingratitude de leurs enfants ont presque réduits au désespoir. Leurs peines sont finies, les voici déchargés de leur responsabilité : Dieu les a visités une dernière fois I

Bénissons le Seigneur, car voici, un jeune homme ou une jeune fille, un adolescent ou une adolescente, remplis de vertus et d'innocence, que Dien enlève de ce monde, de crainte que la malice du siècle ne les corrompe, comme dit l'Ecriture I

Bénissons le Seigneur, car voici un grand pécheur que la maladie et la mort prochaine ont converti ; Dieu vient le chercher. Qui sait s'il eût persévéré, et si une seconde résurrection spirituelle lui eût été accordée ?

Dans l'office de la sépulture des petits enfants tout est positivement à l'allégresse ; c'est un chant de triomphe, c'est presque une apothéose. Le Benedictus comporte la même idée, mais avec une note moins éclatante dans son expression. C'est l'espoir très légitime ; ce n'est point la certitude absolue.

Mais tandis que le chant lent et solennel de ce cantique si touchant se fait entendre sous les voûtes de l'église, ou sous celles du cloître, ne croit-on pas voir l'âme du cher défunt s'élever dans la gloire, inondée de cette lumière que le Rédempteur est venu apporter au monde, qu'il a répandue sur ceux qui hier encore étaient assis dans les tinibres^ à Vombre de la mort, de la mort spirituelle et éternelle ?

Le cœur oppressé par la terreur se dilate, les larmes jusque là retenues s'échappent, et les yeux, au lieu de plonger leurs regards dans la fosse béante, hélas I et si vite remplie, se lèvent courageusement vers le ciel.

L'âme aimée, plus que jamais chérie, n'a plus, il semble, rien à craindre ; elle est allée chercher le pardon, suivant la promesse faite au père des croyants, jusque dans les entrailles de la miséricorde de notre Dieu : per viscera misericordim Dei nostri. Le lan* gage inspiré est énergique dans la douceur comme dans la rigueur !

Toutes les paroles du cantique de Zacharie qui s'entendaient de la rédemption du genre humain, s'appliquent admirableiùent à la rédemption particulière et personnelle qui se fait chaque jour par la rémission des péchés.

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Le BenedictiM est un des trois cantiques qui se trouvent dans le Nouveau Testament. Ils se rencontrent au commencement de l'évangile de saint Luc : les deux autres sont le Magnificat et le Nunc dimittia. ^

Quoiqu'ils se rapportent tous à la rédemption, chacun a son caractère propre. Le Magnificat se distingue par un élan plus sublime, par plus d'autorité et de majesté; malgré l'humilité de la Vierge, on sent que c'est la mère d'un Dieu qui parle. Il suffirait pour cela du DeposuU patentes de sede et du verset suivant.

Le chant du Benedictua nous a conduits jusqu'au dernier adieu, au bord de cet étroit réduit où le corps attendra la résurrection ; les dernières aspersions sont faites, les dernières oraisons récitées, et le clergé, s'en revient en psalmodiant à voix basse et rapide les lugubres versets du De profxmdis.

Tout est fini I Tout est fini pour ceux qui savent vite oublier ; et qu'ils sont nombreux de nos jours, même parmi les intimes, même parmi les parents I

Mais tout n'est pas fini pour les âmes pieuses, qui sont les véritables âmes d'élite. Longtemps, longtemps les prières monteront vers le ciel, et du ciel ou du séjour d'épreuve, descendront les secours mystérieux, les avis dont on ne se rend pas compte ; c'est la chaîne qui unit les trois églises, c'est la communion des saints, c'est le sens mystique de la vision de Jacob : des anges qui montent et descendent portant des prières, rapportant des secours.

N'est-ce pas une des plus consolantes et des plus glorieuses parmi les choses qui nous ont été révélées par celui dont le vieillard Siméon a dit : Lumen ad revdationem gentium et gloriam plebia tuse, Israd f

PlERRE-J.-O. ChAUVEAU.

1. La forme lyrique est plus fréquente dans l'Ancien Testament. Indépendamment des psaumes, de la plupart des prophéties, du Cantique des cantiques, qui tous relèvent de la poésie, à partir du premier cantique de Moïse à la sortie d'Egypte, jusqu'à celui de Judith, il ne s'en trouve pas moins de douze qui interrompent le récit biblique.

Le Benedictus n'ofiFre pas autant de difficultés dans son interprétation que le Miserere, Inutile de dire que l'on ne trouve dans aucune traduction approuvée le sens fantaisiste et satirique que l'on donne si souvent aux mots âolutem ex inimicis no^^m. Il est bien vrai que, comme contre-partie du dicton '* de mes amis maladroits délivrez-moi, Seigneur ", cette version " le salut nous vient de nos ennemis " ne manquerait point quelquefois d'à-propos ; mais le texte dit simplement : ** de nous sauver de nos ennemis, de tous ceux qui nous haïssent". D'Àllîoli ajoute dans une note : ^^ des ennemis de notre •alut ".

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