L.-A. Paquet, Ptre
1. Noua le confessons volontiers, c'est aux travaux de ces maîtres que nous sommes en grande partie redevable des principes qui ont guidé nos* remarques dans la cours de cette étude.
PKOPOSITIONS DE KOSMINI
Condamnées par le St- Office.
(TraductioD.)
I. Dans la sphère du créé se manifeste immédiatement à l'intellect humain quelque chose de divin en soi, c'est-à-dire tel qu'il appartient à la nature divine.
II. En disant le divin dans la nature, je n'emploie cas ce mot divin pour signifier un effet non divin d'une cause divine. Pour la même raison, je n'entends pas parler d'un divin qui soit tel par participation .
lïl. Il y a donc dans la nature de l'univers, c'est-à-dire dans les intelligences qui sont en lui, quelque chose à quoi convient la dénomination de divin, non au sens figuré, mais au sens propre.
C'est une actualité non distincte du reste de l'actualité divine.
IV. L'être indéterminé, qui sans nul doute est connu de toutes les intelligences, est ce divin qui se manifeste à l'homme dans la nature.
V. L'être dont l'homme a l'intuition doit être nécessairement quelque chose d'un être nécessaire et éternel, cause créatrice, déterminante et finale de tous les êtres contingents : et cela. est Dieu.
(Texte,)
I. In ordine rerum creatarum immédiate manifestatur bumano intellectui aliquid divini in se ipso, hujuamodi nempe quod ad divinam naturam pertineaU (Teosof. Vol. IV, n. 2, p. 6.)
II. Oum divinum dicimus in natura, vocabulum istud divinvm non usurpamuB ad signiûcandum eâfectum non divinum caosœ divinœ ; neque mena nobis est loqui de divino quodam quod taie ait per participationem. (Ibid.)
m. In natura igitur universi, idest iu intelligentiis quea in ipso sunt, aliquid est cui convenit deuominatio divini non sensu figurato, sed proprio* (Teosof. Vol, IV, Del divino TieUa natwra^ num. 15, pp. 18-19.)
Est actualitas non distincta a reHquo actualitatis divines. (Teosof. Vol. III, n. 1423, pag. 344.)
IV. Esse indeterminatum, quod procul dubio notum est omnibus intelligentiis, est divinum illud quod homini in natura manifestatur. (Teosof. VoL IV, num. 6 et 6, p. 8.)
Y. Esse quod bomo intuetur necesse est ut sit aliquid entis necessarii et œtemi, causœ creantis, determinantis ac finientis omnium entium contingentium : atque boc est Deus. (Teosof. Vol. I, n. 298, p. 241.)
600 PROPOSITIONS DE BOSMINI
VI. Dans l'être qu'on abstrait des créatures et de Dieu et qui est l'être indéterminé, et dans Dieu, être non indéterminé, mais absolu, l'essence est la même.
VII. L'être indéterminé de l'intuition, l'être initial est quelque chose du Verbe, que Tintelligence du Père distingue non pas réellement, mais rationnellement, du Verbe.
VIII. Les êtres finis qui composent le monde résultent de deux éléments, savoir du terme réel fini et de l'être initial, qui donne à ce terme la forme d'être.
IX. L'être, objet de l'intuition, est Pacte initial de tous les êtres.
L'être initial est principe tant dans l'ordre de la connaissance que dans l'ordre de l'existence; il est également principe de Dieu, selon notre manière de concevoir, et des créatures.
X. L'être virtuel et sans limites est la première et la plus simple de toutes les entités, de telle sorte que tout autre entité est composée, et que dans ?es composants est toujours et nécessairement l'être virtuel. — Il est partie essentielle de toutes les entités sans exception, quelque division qu'on leur fasse subir par la pensée.
XI. La quiddité (ce qu'une chose est) de l'être fini n'est pas conatituée par ce qu'il a de positif, mais par ses limites. La quiddité de l'être infini est constituée par l'entité et est positive; par contre la quiddité de l'être fini est constituée par les limites de l'entité et est négative.
VI. In esse quod prsescindit a creaiiuris et a Dec, quod est esse indeterminatum, atque in Deo, esse non indeterminato sed absoluto, eadem est essentia. (Teosof. Vol. II, n. 848, p. 160.)
VII. Esse inderminatum intuitionis, esse initiale, est aliquid Verbi, quod mens Patris distinguit non realiter sed secundum rationem a Verbe» (Teosof. Vol. n, n. 848, p. 160. Vol. I, n. 490, p. 446.)
- VIII. Entia finita quibus componitur mundus, résultant ex duobus elementis, idest ex termine reali finito et ex esse initiali, quod eidem termino tribuit formam entis. (Teosof. Vol. I, n. 464, p. 396.)
IX. Esse, objectum intuitionis, est actus initialis omnium entium. (Teosof. Vol. m, n. 1236, p. 73.)
Esse initiale est initiutn tam cognoscibilium quam subsistent! um : est pariter initium Dei, prout a nobis concipitur, et créai urarum. (Teosof. Vol. I, n. 287, p. 229 ; no. 288, p. 230.)
X. Esse yirtuale et sine limitibus est prima ac simplicissima omnium entitatum, adeo ut quœlibet alia entitas sit composita, et inter ipsius componentia semper et necessario sit esse virtuale. — Est pars essentialis omnium omnino entitatum, utut cogitatione dividantur. (Teosof. Vol. I, n. 280, p. 221 ; n. 281, p. 223.)
XI. Quidditas (id quod res est) entis finiti non constituitur eo quod habet positivi, sed suis limitibus. Quidditas entis infiniti constituitur entitate, et est positiva ; quidditas vero entis finiti constituitur limitibus entitatis, et est negativa. (Teosof. Vol. I, n. 726, pp. 708, 709.)
* PROPOSITIONS DE BOSMINI 601
XII. La réalité finie n'est pas, mais Dieu fait qu'elle soit en joignant à la réalité infinie la limitation.
L'être initial devient l'essence de tout être réel. L'être qui actualise les natures finies, qui leur est uni, est tiré de Dieu.
XIII. La difi"érence qui existe entre l'être absolu et l'être relatif n'est pas celle de substance à substance, mais une beaucoup plus grande : l'un est, en effet, être absolument, et l'autre absolument non être. Mais celui-ci est relativement être. Or,
S oser un être relatif, ce n'est pas multiplier absolument l'être ; 'oà il résulte que l'absolu et le relatif ne sont pas absolument une seule substance, mais un seul être ; et, dans ce sens, il n'y a pas diversité d'être, il y a même unité d'être.
XIV. Par l'abstraction divine est produit l'être initial, premier élément des êtres finis : par l'imagination divine est produit le réel finL ou toutes les réalités dont se compose le monde.
XV. La troisième opération de l'être absolu créant le monde est la synthèse divine, c'est-à-dire l'union de deux éléments qui sont : l'être initial, principe commun de tous les êtres finis, et le réel fini, ou pour mieux dire les divers réels finis, termes divers du même être initial. Par cette union sont créés les êtres finis.
XVI. L'être initial rapporté par l'intelligence au moyen delà synthèse divine, non comme intelligible, mais purement comme essence^ aux limites réelles finies, fait que les êtres finis existent subjectivement et réellement.
XII. Finita realitas non est, sed Deus facit eam esse addendo infiiiitaa realitati limitationem. (Teosof. Vol. I, n. 681, p. 658.)
Esse initiale fit essentia omnis entis realis. (Ibid. Vol. I, u. 458, p. 399. ) Esae quod actuat uaturas ôuitas ipsis conjunctum, est recisum a Deo. (Ibid. Vol. III, n. 1425, p. 346.)
XIII. Discrimen inter esse absolutum et esse relativum non illud est quod intercedit substantiani inter et substantiam sed aliud multo majus ; unum enim est absolute ens, alterum est absolute non ens. At hoc altenim est relative ens. Cum autem ponitur ens relativum, non multipUcatur absolute ens ; hinc absolutum et relativum absolute non sunt uuica substantia, sed unicum esse ; atque hoc sensu nulla est diversitss esse, imo habetur unitas esse. (Teosof. Vol. V, Cap. IV, p. 9.)
XIV. Divina abstractione producitur esse initiale, primum finitorum entium elementum ; divina vero imaginatione producitur reale finitum, seu realitat es omnes quibus mundus constat. (Teosof. Vol. I, n. 463, p. 408.)
XV. Tertia operatio esse absoluti niundum creantis est divina synthesis, idest unio duorum olementorum : quœ sunt eue initiale^ commune omnium finitorum entium initium, atque recde finitum, seu potius diversa realia finita, termini diversi ejusdem esse initialis. Quaunionecreanturentia finita. (Ibid.)
XVI. Esse initiale per divicam synthesim ab intelligentia relatum, non ut intelligibile sed mère ut essentia, ad terrainos finitos reaies, efficit ut existant entia finita subjective et realiter. (Teosof. Vol. I, n. 464, p. 410L)