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PROPOSITIONS DE B08MINI

XVII. Ce que Dieu fait en créant, c'est uniquement de poser tout entier l'acte de l'être des créatures ; cet acte donc n'est pas proprement fait, mais posé.

XVIII. L'amour dont Dieu s'aime dans les créatures ellesmêmes, et qui est la raison pour laquelle il se détermine à créer, constitue une nécessité morale qui. dans Têtre parfait, produit toujours son eflFet ; ce n'est que daiis un certain nombre d'êtres imparfaits qu'une nécessité de ce genre laisse intacte la liberté bilatérale.

XIX. Le Verbe est cette matière invisible de laquelle il est dit au livre de la Sagesse (XI, 18) que toutes les choses de l'univers ont été créées.

XX. Il ne répugne pas que l'âme humaine se multiplie par la génération ; on peut concevoir qu'elle progresse de l'imparfait, c'est-à-dire du degré sensitif, au parfait, c'est-à-dire au degré intellectif.

XXI. Lorsque le principe sensitif reçoit l'intuition de l'être, par ce seul contact, j)ar cette union, ce principe, qui n'était auparavant que sensitif et qui a maintenant l'intelligence, est élevé à une condition plus noble, change de nature et devient intelligent subsistant et immortel.

XXII. ir n'est pas impossible de penser que la puissance divine pourrait séparer l'âme intellective du corps animé, et que celui-ci garderait sa qualité d'animal ; il resterait en lui,

XVII. Id uDum efficit Deus creando, quod totum actum esse creaturarum intègre poiiit : hic igitur actus proprie non est factus, sed positus. (TeoBof. Vol. I, n. 413, p. 350.)

XVIII. Amor quo Deus se diligit etiam in creaturis, et qui est ratio qua «e déterminât ad creandum, nioralecn necessitatem constituit, qu^j in ente perfectissimo semper inducit effectum : kujusniodi euim nécessitas tantummodo in pluribus entibus imperfectis integram reliuquit libertatem bilateralom. (Teosof. Vol. I, n. 51, pp. 49-50.)

XIX. Verbum est materia illa in visa, ex qua, ut dicitar Sap. XI, 18, créât» fuerunt res omnes universi. (Joh. lect. 37, p. 109.)

XX. Non répugnât ut anima humaua generatione multiplicetur ; ita ut «oncipiatur eam ab imperfecto, nempe a gradu sensitivo, ad perfectum, nempe juà gradum intellectivam, procedere. (Teosof. Vol. I, n. 646, p. 619.)

XXL Oum sensitivo principio intuibile fit esse, hoc solo tactu, hac sui unione, principium illud antea solum sentiens, nunc simul intelligens, ad nobiliorem statum evehitur, naturaro mutât, ac fit intelligens, subsistens atque immortale. (Teosof. Vol. I, n. 646, p. 619.)

XXII. Non est cogitatu impossible divinapotentîafieriposse, utacorpore animato dividatur anima iutellectîva, et ipsum adhuc maneat animale : maneret nempe in ipso, tamquam basis puri animalis, principium animale, quod antea iu eo erat velutî appendix. (Teosof. Vol. I, n. 621, p. 591.)

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comme base de la pure animalité, le principe d'animalité qui était auparavant en lui comme appendice.

XXIIÏ. Dans l'état naturel, l'Ame du défunt existe de même que si elle n'existait pas ; comme elle ne peut faire aucune réflexion sur elle-même,ni avoir aucune conscience d'elle-même, sa condition peut se comparer à un état de perpétuelles ténèbres et de sommeil éternel.

XXIV. La forme substantielle du corps est plutôt un effet de l'âme et le terme intérieur de son opération ; c'est pourquoi la forme substantielle du corps n'est pas l'àme elle-même. .

L'union de l'àme et du corps consiste proprement dans une perception immanente par laquelle le sujet ayant l'intuition de l'idée affirme le sensible, après en avoir vu dans cette idée l'essence.

XXV. Le mystère de la Très Sainte-Trinité une fois révélé, son existence peut être démontrée par des arguments purement spéculatifs, négatifs il est vrai et indirects, mais tels cependant que par eux cette vérité rentre dans le domaine philosophique ^t devienne une proposition scientifique comme les autres ; si, en effet, cette vérité était niée, la doctrine théosophique de pure raison non seulement resterait incomplète, mais, fourmillant d'absurdités d^ toutes sortes, serait anéantie.

XXVI. Les trois formes suprêmes de l'être, savoir la subiectivité, l'objectivité, la sainteté, ou encore la réalité, l'idéalité, la

XXIII. lu statu naturali, anima defuncti existit période ac non existeret {Teodicea, appendix, art. 10, p. 638) : cum non posait nllam super seipsam reflexionera exercere, aut ullam habere sui conscientiam, ipsius conditio similis dici potest statui tenebrarum perpetuarum et aomni sempitemi. (lutroduz. del Vaniçelo secondo Giov. lez. 69, p. 217.)

XXIV. Forma substantialis corporis est potius effectua animœ, atque interîor terminus operationis ipsius : propterea forma substantialis corporis non est ipsa anima. (Psicol. Pars. II, 1. I, c. II, n. 849.)

Unio ammoB et corporis proprie consistit in immanenti perceptione, qua flubjectum intuens ideam affirmât sensibile, postquam in hac ejus essentiam intuitum fuerit. (Teosof. Vol. V, Cap. LUI, art. II, § 6, V. 4, p. 377.)

XXV. Revelato mysterioSSmseTrinitatis, potest ipsius existentia démonstrari argumentis mère speculativis, negativis quidem et indireotis, hujusmodi tamen ut per ipsa veritas illa ad philosophicas disciplinas revocetur, atque fiât propositio sciontiiica sicut ceteree : si enim ipsa negaretar, doctrina theosophioa p^irœ rationis non modo inoompleta maueret, sed etiam omni ex parte absurditatibus soatens auuihilaretur. (Teosof. Vol. I, nn. 191, 193, 194, pp. 165-168.)

XXVI. Très supremsB formœ esse, nempe subjectivitas, objeotivitas, sanctitas, seu realitas, ideatitas, moralitas, si transferantur ad esse absolutum, non possunt aliter conoipi nisi ut personœ subsistentes et viventes. (Teosof* Vol. I, nn. 190, 196, pp. 154, 159.)

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moralité, si elles sont transportées dans Tétre absolu, ne peuvent se concevoir autrement que comme personnes subsistantes et vivantes.

Le Verbe, en tant qu'il est objet aimé, et non en tant qu'il est Verbe, c'est-à-dire objet subsistant connu par lui-même, est la personne du Saint-Esprit.

XXVII. Dans T humanité du Christ, la volonté humaine futtellement entraînée par le Saint-Esprit à l'adhésion à l'être objectif, c'est-à-dire au Verbe, qu'elle lui céda entièrement le gouvernement de l'homme et que le Verbe le prit personnellement, s'unissant ainsi la nature humaine. D'où la volonté humaine cessa d'être personnelle dans l'homme et, de personne qu'elle est dans les autres hommes, resta nature dans le Christ.

XXVIII. Selon la doctrine chrétienne, le Verbe, caractère et figure de Dieu, s'imprime dans l'âme de ceux qui, avec la foi, reçoivent le baptême du Christ.

Le Verbe, c'est-à-dire le caractère imprimé dans l'âme, d'après la doctrine chrétienne, est l'être réel (infini), manifeste par luimême, que nous connaif^sons plus tard comme la seconde personne de la Très Sainte-Trinité.

XXIX. Nous ne croyons pas opposée à la doctrine catholique, qui seule est la vérité, la conjecture suivante: dans le sacrement de l'Eucharistie, la substance du pain et du vin devient la vraie chair et le vrai sang du Christ, lorsque le Christ

Verbum, quatenus objectum amatum, et non quatenu8 Verbum idest objectum in se subsistens per se cognituin, est persona Spiritus Sancti^ (Introd. del Yang. secondo Giov. lez. 65, p. 200.)

XXVII. In humanitate Christ! humana voluutas fuit ita rapta a Sp. Sancto ad adhaBrenduin Esse objeotivo, idest Verbo, ut illa Ipsi intègre tradiderit regimen hominis, et Yerbam illud peraonaliter assumpserit, ita sibi uniens naturam humanaïu. Hinc voluntas bumana desiit esse persoualis in bomine, et cum sit persona in aliis homiuibus, in Christo remansit natura. (Introduz. del Vangelo secondo Giov. lez. 86, p. 281.)

XXVIIL In christiana dootrina, Verbum, obaracter et faciès Dei, irnprimitur in animo eorum qui oum fide suscipiunt baptismum Christi. (Int. alla FiloB. n. 92.)

Verbum, idest character in anima impressum, in doctrina christiana, est Esse reale(infinitum)per se manifestum, quod deinde novimus esse secundam personam Sanctissimœ Trinitatis. (Ibid.)

XXIX. A catholica doetrioa, quœsola est veritas, minime alienam putamus hanc oonjecturam : In euchanstico Sacramento substantia paais et vint fit vera caro et verus sanguis Christi, quando Christus eam faoit terminum sui< principii sentientis, ipsamque sua vita vivifioat : eo ferme modo quo pauis et vinum vere transubstantiantur in nostram camom et sanguinem, quia fiunt terminus nostri principii sentientis. (Introduz. del Yang. secondo Giov. lez» 87, pp. 286-286.)

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fait d'elle le terme de son principe sensitif et la vivifie par sa vie, de la même façon que le pain et le vin sont véritablement transsubstantiés en notre chair et en notre sang, parce qu'ils deviennent le terme de notre principe sensitif.

XXX. La transsubstantiation ayant eu lieu, on peut comprendre ^u'il se soit ajouté au corçs glorieux du Christ une certaine partie incorporée en lui, non divisée et également glorieuse.

XXXI. Dans le sacrement de PEucharistie, par la force de» parolesj le corps et le sang du Christ a pour mesure la quantité qu'il V avait de substance du pain et du vin qui a été transsubstantiée -le reste du corps du Christ est là par concomitance,

XXXII. Puisque quiconque ne mange pas la chair du Fils de l'homme et ne boit pas son sang n'a pas en soi la vie, et que, néanmoins, ceux qui meurent avec le baptême de l'eau, du sang ou du désir, obtiennent sûrement la vie éternelle, il convient de dire que, à ceux qui n'ont pas mangé, dans cette vie, le corps et le saiig du Christ, cette céleste nourriture est administrée dans la vie future, à l'instant même de la mort.

De même, pour les saints de l'Ancien Testament, le Christ descendant aux enfers put se communiquer à eux sous les espèces du pain et du vin, pour les rendre aptes à la vision de Dieu.

XXXIII. Les démons, étant en possession d'un fruit, pensèrent qu'ils entreraient dans l'homme, si l'homme mangeait de

XXX. Peracta transubstantiatione, intelJigi potest corpori Christi glorioso partem aliquam adjungi in ipso incorporatam, indiviaam pariterque ^loriosam. (Ibid.)

XXXI. In sacramento Eucharistiie, vi verborum corpus et sanguis Christi est tantum ea mensura quœ respondet quantitati (a quel tanto) substantied panis et vini quœ transubstantiatur : reliquum corporis Christi ibi est per concomitantiam. (Ibid. p. 286, seq.)

XXXII. Quoniam qui non manducat camem Filii bomiuis et bibit eju» sanguinem, non habet vitam in se ; et nihilorainus qui moriuntur cum baptismate aqu»^ sanguinis aut desiderii certo consequuntur vitâm setemum, dicendum est bis qui in bac vita non comederunt corpus et sanguinem Christi, subministrari hune cœlestem cibum in futura vita, ipso mortis instanti,

Hinc etiam Sanctia V. T. potait Christua descendons ad inferos seipsum commuuicare sub spedebus panis et vini, ut aptos eos redderet ad visionem Dei. (Introduz. del Vang, secondo Giovanni, lez. 74, p. 238.) . XXXIII. Gam dœmones fructum possederint, putaruut se ingressuros in hominem, si de illo ederet ; converso enim cibo in corpus hominis animatumi ipsi poterant libère ingredi animalitateni, idest in vitam subjectivam. buju^ entis, atque ita de eo disponere sicut proposuerant. (Introd. del Vang. secondo Giov. lez, 63, p. 191.)

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ce fruit ; en effet, la nourriture étant convertie au corps animé de l'homme, ils pouvaient librement pénétrer dans l'animalité, c'est-à-dire dans la vie subjective de cet être, et ainsi disposer de lui selon leurs desseins.

XXXIV. Pour préserver la Bienheureuse Vierge Marie de la tache originelle, il suffisait utincorruptu7n maneret minivium semen in hornifie, négligé i-eut-être par le démon lui-même ; e qtw incorrupto semine transmis de génération en génération naquit, au temps venu, la Vierge Marie.

XXXV. Plus on considère l'ordre de la justification dans l'homme, plus on trouve juste cette façon de parler de l'Ecriture que Dieu couvre certains péchés ou ne les impute pas. — Selon le Psalmiste, il y a une différence entre les iniquités qui sont remises et les péchés qui sont couverts ; celles-là, semole-t-il, sont des fautes actuelles et libres ; ceux-ci sont des péchés non libres de ceux qui appartiennent au peuple dç Dieu et à qui, pour cela, ils ne causent aucun dommage.

XXXVI. L'ordre surnaturel est constitué par la manifestation de l'être dans la plénitude de sa forme réelle ; l'effet de cette communication ou manifestation est le sentiment déiforme qui, ébauché en cette vie, constitue la lumière de foi et de grâce et, achevé dans l'autre, constitue la lumière de gloire.

XXXVII. La première lumière qui rend l'âme intelligente est l'être idéal ; l'autre première lumière est encore l'être, non

XXXIV. Ad prseBervandam B. V. Marian a labe origiiiis, satia crat ut incorruptum maueret minimum semen in homine, neglectum forte ab ipso dïemoue ; e quo iucorruptu semine de generatione in generationem trausfuso, suo tempore oriretur Virgo Maria. (Ibid. lez. 64, p. 193.)

XXXV. Quo magis attenditur ordo justificationis in homine, eo aptior apparet modus dicendi scripturalis, quod Deus peccata queedam tcgit aut non imputât. —Juxta Psalmiatam discrimen est inter iniquitates quœ remittuntur et peccata quœ teguntur : illee, ut videtur, sunt culpœ actuales et liberfe, hsBC vero sunt peccata non libéra eorum qui pertinent ad populuni Dei, quibus propterea nuUum afferunt nocumentam. (Trattato délia con acienza morale, 1. I, c 6, a. 2. )

XXXVI. Ordo sapernaturalis constituitur manifestatione esse in plenitudine suae formœ realis ; cujus oommunicationisseu manifestation is efiectus est sensus (sentimento) deiformia, qui iuchoatus in bac vita oonstituit lumen fidei et gratiœ, oompletus in altéra vita consCituit lumen gloriie. (Filosof. del Dritto. Par. II, nn. 674, 676, 677.)

XXXVII. Primum lumen reddens animam intelligeutem est esse idéale ; alterum primum lumen est etiam esse, non tamen mère idéale sed subôstens ac vivens : illad absoondens suam personalitatem ostendit sulum suam objectivitatem : at qui videt alterum (quod est Verbum), etiamsi per apecalum et in œnigniate, videt Deum. (Introd. alla Filosofia, n. 83.)

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