Lettre de Don Pedro De Ayala, 25 juillet
2. '^ Sebastianus quidem Cabotus getiere V&netvs, sed a parentibus in Britanniani insulam tt^ndentibus transportât us pêne infatis."
Pierre Martyr, Ed. 1674, Cologne, Dec. III, Lib. VI, p. 267.
3. Ramusio. Conversation de Caphi. " Quand mon père, il y a plusieurs années, partit de Venise pour aller demeurer eu Angleterre, dans le but de s'y livrer au commerce, il m'emmena avec lui en la cité de Londres, lorsque j'étais encore trèsjexme, mais possédant néanmoins quelque connaissance des humanités et de la sphère — che egli assai giovane, non gia pcrô che non havesse imparato et lettere d'humanità, et la sphera."
Ramusio, Navig. et Vvaqgi, Venise, 1554, I, p. 415.
4. Richard Eden, dans le folio 255 de ses Décades, rapporte la conversation de Caphi et note «n marge : *^ Sébastian Cabot told me that he was boru in Bristowe, and that at iiii years old he was with his father to Venice, and so returned again into England with his father after certain years, whereby he was thought to hâve been Ijorn in Venice.
J. Winsor, Nar, and Orit H,, III, 30.
5. Lettre de Gasparin Cantarini, amb. vénitien près Charles V, Valladolid, déc. 31, 1522. Cantarini raconte une entrevue avec Sébastien Cabot : '* My lord Ambassador, dit Sébastien, to tell y ou the whole truth, I was bom in Venice, but was brought up in England (lo naqui a Venetia, ma suai nutrito in Engelterra), — J. Winsor, IIl, 49.
son père y fut gratifié du droit de cité trois ans plus tard en 1476, après 15 ans de séjour continu. Pierre Martyr et Ramusio ont donc raison jusque là ; mais ils ont tort de le faire partir de suite en 1477, puisqu'il a grandi à Venise où il a pu faire certaines études des Humanités et de la Sphère, au témoignage même de Ramusio. Dans quel but, en effet, son père aurait-il fait des démarches pour se faire reconnaître citoyen vénitien en 1476, s'il devait laisser Venise Tannée suivante 7....I1 devait alors avoir en perspective un avenir assez avantageux.... Il est difficile de croire qu*en moins d'une année, ces espérances soient devenues vaines, la République de S. -Marc étant encore très florissante. Et pourquoi Jean Cabot aurait- il pris la route d'Angleterre en 1477 ? C'était quitter une ville riche, faisant grand commerce, pour aller chercher fortune dans un pays pauvre : en 1477, l'Angleterre gémissait sous le joug d'Edouard IV. Celui-ci n'avait pas trop de temps pour satisfaire ses vengeances et se livrer aux plaisirs. Le commerce anglais était à peu près nul. Aussi ai-je peine à croire au voyage de Jean Cabot à Bristol en pareilles circonstances.
Non, il resta à Venise jusqu'au retour de Colomb ; il conçut alors son grand projet de chercher le " passage de l'Ouest, "
Et s'il m'est permis de faire une insinuation, dans le sens de ma thèse, j'oserai affirmer que Sébastien, bien loin d'être enfant *^ pêne infana ", était, lors de son voyage à Bristol, un jeune homme de 22 ou 23 ans, ayant des connaissances assez complètes ^' des humanités et de la sphère ". Dirai-je plus ?...I1 s'était probablement marié.... à Venise même! — En effet sa femme, Catalina Medrano, était vénitienne, ^ nous disent les chroniqueurs. Or, si Sébastien Cabot avait été élevé à Bristol, où les Vénitiens ne paraissent pas nombreux à cette époque, il eût probablement recherché quelque alliance anglaise, dans l'intérêt même de son commerce et de ses entreprises.
M. D'Avezac, ^ le 16 avril 1869, déclarait à la Société géographique de France qu'il venait de recevoir, de la part de Valentinelli, vénitien, une photographie d'un portrait de Sébastien Cabota peint à l'âge de 20 ans par GrizeUini, c-à-d. en l'année 1493. Il croit le portrait authentique à cause de certains traits de ressemblance avec le portrait fait par Holbein, lorsque Sébastien était âgé de 85 ans. — Donc Jean Cabot est resté à Venise jusqu'en 1493 environ.