Brûlot commandé par M. de Belle Isle Pépin
d'un mois, la nourriture générale, n'étoit que de biscuit a moitié moisy, et les morues, qu'ils pouvoient pescher.
Le 17. a 6. heures du matin ^ La Cjrnette^ qui nous avoit joint pendant la nuit fit les signaux, pour venir a bord de luy et y assembler, les capitaines de tous les vaisseaux et tous les * Commis et écrivains des bâtimens de transport, qui donnèrent un état des vivres, qui etoient dans chaque Bâtiment. L'intention de M. Destourmel, etoit d'en faire une repartition, pour que dans chaque vaisseau, il y en eut également, mais il s'en trouva une si petite quantité sur la flotte, que l'on crut cet arrangement la inutile.
^ Un officier que j'envoyay le 17. a bord du Trident, nous aporta le point du Pilote de ce Vaisseau, il étoit 120. lieues moins Ouest que nous, et le Pilote me manda avoir relevé le 15. lendemain de la Tempête, de trois lieues L'Isle de Sable, voila l'erreur causée par les * courants, qui sont près des Alçores et que peu de Marins connoissent.
Le Dimanche 18. la mer étant devenue belle, et ayant un vent d'Ouest Sud Ouest, nous fismes route au Nord Ouest avec toutes les voiles dehors. Le Mercure chassant la terre en fit le ^ signal a trois heures, il se trouva que c'étoit l'Isle de Sable qui nous resta au Nord Est un quart d'Est distante de trois lieues, et par les trente cinq brasses d'eau; un vaisseau l'approcha de fort près, et le Capitaine nous assura avoir vu flotter, des cofl'res, cages a poules, Parque a moutons, futailles, et autres pièces qui nous annonçoient, que pendant la tempête, quelqu'un de nos vaisseaux s'y étoit perdu.
Le 20. Deux vaisseaux de transport ayant aperçus de l'arriére d'eux, un petit bâtiment qu'ils jugèrent ennemy, se laissèrent culer sans ordre, l'attaquèrent et le prirent.
Le 21. • Je fus a bord du Commandant pour tâcher d'obtenir quelque rafraîchissement pour mes malades, qui etoient au nombre de deux cent, ce fut après les plus vives instances, que j'obtins la moitié d'un mouton et deux poules. J'y appris que
1. Autrement le Trideiit commandé par M. Destourmel qui portoit comme second Commandant, la cornette au haut du mats de Perro(}uet de fougues.
2. Le Roy en entretenoit un dans les vaisseaux ou il y avoit des troupes de débarquement afin qu'il ne manqua rien a la table des officiers qui étoit tenue par le Roy.
, 3. M. le Chevalier de Brussy.
4. Ils sortent des Alçores et se jettent dans les Isles de Canaries. 6. Par un Pavillon blanc au bâton d'enseigne. 6. Je commandois sept Compagnies du Régiment.
DOCUMENTS SUR l'aCADIE 85
dans la ^ Tempête, L^ Argonaute avoit été demasté de tous ses mats, et avoit perdu son gouvernail, que le Caribou avoit été obligé de jetter a la mer tous les canons de sa batterie haute a tribord, et ^ la Palme ayant été abimée par les coups de mer avoit été contrainte de faire vent arrière, on m'y ajouta que quand même elle réchaperoit, elle seroit toujours très a plaindre, n'ayant que pour quatre jours de vivres, et deux barils d'eau; Tout le monde étoit a bord du ^ Commandant dans la plus grande consternation, son vaisseau le Trid&rU avoit été très maltraitté, l'on y croyoit M. Le Duc d'Enville péri, on l'avoit vu dit-on courir sur le même bord qui menoit a terre.
Le 22. nous nous trouvâmes par les 43. dégrés de Latitude observée, et par les 20. degrés 6. minutes de * Longitude estimée.
Le 5 Parante nous haillat, et nous assura avoir entendu tirer a l'Ouest de nous plusieurs coups de canon, ce qui nous donna quelqu'espérance de n'être pas bien éloignés du reste de la flotte, c'etoit en effet le Léopard qui nous joignit.
Le lendemain 23. cette journée se passa presque toute entière en panne bas bord amur. a cause de la brume, qui nous empêchoit d'aller attaquer la terre, dont nous étions fort près, car depuis longtems nous n'apercevions plus de ® poissons volants, nous profitâmes de ce tems pour pêcher de la Morue. LeMaitre canonier de notre bord ayant jette a la mer une très grosse ligne prit un animal que les marins appellent un flottant ; il avoit six pieds de long, quatre de large, et un d'épaisseur, il fallut un palan de bout de vergue pour le sortir de l'eau, on luy trouva trois grosses morues dans le ventre. A trois heures après midy, la brume s'étant dissipée, nous nous trouvâmes environ a deux lieues du travers de la Baye " Théodore, aussitôt le Commandant mit le Pavillon 8 de mouillage, chacun prépara ses ancres et ses cables, mais la ^ Brume qui survint de nouveau, nous empêchât