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On les luy a rendu en France lorsqu'on a déposé son cœur

DOCUMENTS SUR l'aCADIE 89

" Partes, Mon Cousin, et profites des' forces que je vous donne " pour reprendre Louisbourg, si vous ne pouvés ayés m'enTéqui- ** valent, ou du moins établisses vous dans le Pays de l'Acadie ** d'une façon qui me mette a même d'y faire des conquêtes, sur " toute chose secoures ma Colonie de Québec, ce sont des sujets vn " qui me sont attachés, et que j'aime, vous y envoyerés des muni- '' tions de guerre, et le Régiment de Ponthieu y hivernera. Je " prie Dieu, Mon Cousin qu'il vous ait en sa sainte garde et qu'il " bénisse mes armes."

Conformément a cette lettre. Le Conseil de guerre décida, que le second bataillon du Régiment de Ponthieu iroit à Québec avec ^ M. de la Joncquerre, et le vaisseau de guerre le Tigre^ la frégatte la Mégère et quatre bâtimens de transport, pendant que le reste de l'Escadre iroit tenter le siège de Port Royal.

La misère augmentoit de plus en plus, l'on enterroit tous les jours un grand nombre de soldats, ou matelots, les sauvages qui s'en aperçurent, s'imaginèrent, que nous avions la peste, en sorte qu'ils ne nous 2 apportoient plus rien dans notre camp, Ils nous fuyoient même, quand ils nous rencontroient a la chasse, nous nous trouvions dénués de tout secours ; l'on peut juger du chagrin que ressent un général dans une pareille situation. ^ Le notre prévoyant pour les suites bien des événements fâcheux s'y livra de façon que la tête luy tourna, il se passa la nuit du 30. septembre au 1^^ octobre son épée au travers du corps ; mais a la douleur n'ayant pu s'empêcher de se plaindre, on * accourut promptement, et on le trouva percé de part en part et nageant dans son sang, son chirurgien fut aussitôt appelé qui luy retira le fer, on le mit sur son lit et il ^ ordonna de faire venir a bord de luy tous les Capitaines de Vaisseaux, on en fit les signaux, et ils s'y trouvèrent tous avant le jour, il en fit luy même l'appel, les compta, et leur dit

Messieurs,

Je demande pardon a Dieu et au Roy de ce que je viens de faire, et proteste a ce dernier que je n'ay eu d'autre dessein que d'empêcher mes Ennemis de pouvoir dire un jour, quejen'ay

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