Capitaine de Pavillon de M. Le Duc d'Enville
boulets rames aux pieds, et le faire jetter a la mer. Cette menacefit un meilleur effet que Por du général, car le Pilote fut bien vite travailler a son ^ Reynard et entra le même soir M. Le Duc dans cette Baye. M. de Beauchaine nous ajouta que la Renommée^ quelques jours après avoir quittée l'Escadre, avoit rencontrée deux Vaisseaux Ennemis de quarante canons qui luy avoient donné chasse, mais que comme elle ^ marche bien, un seulement avoit pu la joindre, et luy avoit livré un combat qui avoit duré 7. jours. Les deux ^ Compagnies du Régiment de Ponthieu, qui étoient a bord de cette frégatte, firent des prodiges de valeur aussy furent elles écrasées. M. Duplessis Lieutenant de la Compagnie de Freizan y a été tué d'un boulet de canon qui le partagea par le milieu du corps, une moitié resta a bord, l'autre tomba a la mer.
L'on nous dit aussy que les * frégattes V Aurore et le GastoTy avoient attendu longtemps la flotte sur ces Parages, mais que n'ayant presque plus de vivres, elles avoient fait route pour France, persuadées, qu'il faloit, qu'il nous fut survenu quelqu'evenement en chemin qui nous empêchoit d'arriver; Ces deux frégattes en répandirent tellement le bruit dans le Pays, que près de trois mil Canadiens qui nous attendoient depuis longtems étoient retournés chés eux.
Le 28. a la pointe du jour on enterra^ M. le Duc d'Enville dans l'Isle Raquette qui est à l'entrée de la Baye, a laquelle on a donné le nom de l'Isle d'Enville, et on a recommandé aux sauvages de ne la jamais appeler autrement, on ne luy rendit aucun 6 honneur funéraire de crainte d'augmenter par notre chagrin, la joye des Ennemis.
L'après midy, on fit descendre a terre et camper toute lea troupes, on établit pour les malades des hôpitaux sous de grandes tentes faittes de vieilles voiles.
Aussitôt qu'on eut annoncé a M. Destourmel la mort de M. Le Duc il fit mettre Pavillon de Conseil, on fit la lecture de tous les papiers du général déffunt, l'on y trouva une lettre écritte de la main du Roy, en ces termes.
1. Petit morceau de planche sur laquelle il y a une boussole marquée avec de petits trous, ou on met des chevilles, pour marquer les airs de vents que Ton doit faire, pour entrer dans un Port ou dans une Baye.