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Lettres d'un catholiq^ie. Deuxième série

L'affirmation peut paraître hasardée. Mais il faut remarquer que M. Gauthier parle de romans profondément catholiques. Il expose les conditions que doivent réunir ces ouvrages. Sans doute, pas de naturalisme, pas de sensualisme, — mais aussi pas de moralité indécise et niaise, rien de flasque et d'efféminé. '* Il nous faut quelque chose de plus nerveux, de plus viril et aussi de plus actuel. Le roman est une arme dont il convient de se servir en soldat, et il y faut quelque rudesse de poigne avec quelque vigueur de muscles."

Louis VeuîUot s'est aussi prononcé en faveur du roman. Il a soutenu que ce genre de littérature n'est nullement antipathique aux règles strictes de la morale et du bon sens, et que l'on peut intéresser et émouvoir, même un lecteur français, sans aborder l'étrange, sans outrer les sentiments, en un mot sans sortir de la vie commune ni de ses devoirs, et rien qu'en faisant tout marcher par les seuls battements du cœur le plus droit et le plus ingénu. ^

Nous pourrions encore citer nombre d'hommes éminents et d'écrivains sérieux qui, en adoptant cette forme de littérature, lui ont donné la plus explicite des approbations. Ainsi ont fait Mgr Wiseman, Mgr Newman, le père Bresciani, MM. Poujoulat, Anatole de Ségur, de Margerie, Chs d'Héricault, et bien d'autres que nous nommerons dans le cours de ce travail.

Il y a des degrés et des nuances dans le bien comme dans le mal. Plusieurs, sans atteindre l'idéal chrétien, l'ont cependant entrevu et compris. Nous trouvons ainsi, en dehors de l'école catholique proprement dite, des productions saines et honnêtes auxquelles nous pouvons, sans inconvénient, donner droit de cité.

Certains romanciers protestants nous fournissent de ces livres : entre autres Walter Scott et Dickens. L'auteur à^Ivanfioene s'est pas toujours mis au-dessus des préjugés anti- papistes, et dans ses ouvrages il a souvent dénaturé l'histoire et calomnié les institutions catholiques. Le même esprit protestant l'empêche aussi de prendre son vol, et sa morale est assez terre-à-terre. Cependant elle est de bon aloi, au jugement de Louis Veuillot, dont je citerai les paroles.

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