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INTERVENTION CHIRURGICALE

rapporte trois cent vingt-sept observations d'opérations faites sur le rein, et il en tire, avec une grande rigueur, des conclusions d'opérations dont quelques-unes sont nouvelles. Il a étudié avec infiniment de soin les diverses conditions morbides du rein, et il a donné avec de minutieux détails les règles du traitement chirurgical relatives soit à l'extirpation, soit à d'autres opérations à faire sur ce viscère.

" Nous croyons qu'un travail aussi bien fait, sur un sujet presque nouveaU; mérite à tous égards une récompense. La commission * propose donc à l'Académie de décerner le prix Godard à M. Azarie Brodeur, professeur à Montréal."

Cette proposition a été adoptée.

Nous devons féliciter le Dr Brodeur sur un pareil succès. Il en était digne à tous égards, car sa thèse inaugurale est une œuvre vraiment personnelle et pleine d'ampleur. On y trouve l'exposé aussi complet que possible de l'état actuel de nos connaissances sur les indications et les contre-indications à l'intervention chirurgicale dans les affections du rein. L'auteur s'appuie sur un grand nombre d'observations qu'il reproduit et dont plusieurs sont inédites. Il a fallu un labeur considérable pour réunir tant de faits épars et les grouper en un faisceau; il a fallu aussi s'aider de recherches approfondies pour arriver à exposer d'une manière aussi claire, aussi précise, le diagnostic, les indications et le manuel opératoire sur un sujet si obscur et encore si peu étudié.

L'intervention chirurgicale dans les affections du rein est toute nouvelle. Ainsi la néphrotomie, c'est-à-dire l'incision du rein dans son intégrité, pour l'extraction d'un calcul, n'a été pratiquée que dans ces dernières années ; quelques-uns, il est vrai, parmi les anciens chirurgiens. Pont conseillée, mais aucun ne l'a faite. Il est bon de dire que les partisans de la néphrotomie étaient rares autrefois ; ses adversaires, au contraire, fort nombreux. On invoquait contre elle le danger de l'opération en elle-même, la difficulté de la manœuvre opératoire et aussi l'ignorance dans laquelle on se trouve relativement au volume, à la forme, à la position des calculs renfermés dans le rein. Ce n'est qu'en 1869 qu'un chirurgien anglais, Thomas Smi'î:, proposa formellement cette opération, qu'il jugeait praticable sans grand danger, pour extraire les calculs rénaux. Cette idée ne tarda pas à être mise en pratique, et Durham, le premier, faisait une néphrotomie le

1. Composée de MM. Richet, Oharcot, Sappey, Rouvîer, Brown-Séquard rapporteur.

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