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DANS LES AFFECTIONS DU REIN

3 février 1870. Depuis, plusieurs chirurgiens ont eu recours à cette opération.

L'extirpation du rein (néphrectomie) est aussi une opération de date récente ou, pour mieux dire, contemporaine. Il y a longtemps déjà, Zambeccarius, expérimentant sur des animaux, leur avait enlevé un rein et avait observé qu'ils survivaient à cette mutilation. Depuis, plusieurs physiologistes modernes ont répété les mêmes expériences, et ils ont aussi constaté que, chez les animaux auxquels un rein était enlevé, non seulement les fonctions de la vie n'étaient pas suspendues, mais que, d'abord un peu troublées, elles se rétablissaîënt assez rapidement, puis continuaient à s'exécuter d'une façon normale. Malgré ces observations, aucun chirurgien jusqu'à nos jours, n'avait osé tenter l'extraction d'un rein. Il y a bien dans la science quelques cas d'extirpations accidentelles de cet organe, mais le premier chirurgien qui ait de propos délibéré pratiqué cette audacieuse opération, est Simon de Heidelberg. Le 2 août 1869, il enlevait le rein gauche à une femme qui portait une fistule urinaire suspubienne, et quelques mois après, cette malade était parfaitement guérie.

Depuis cette heureuse tentative la même opération a été faite par plusieurs chirurgiens, accidentellement par suite d'une erreur de diagnostic, et intentionnellement aussi. L'extirpation du rein est certainement une opération périlleuse ; elle exige des manœuvres délicates, difficiles, laborieuses, mais parfaitement exécutables, et il suffit de lire les nombreuses observations rapportées par le Dr Brodeur pour s'en convaincre. Somme toute, les résultats obtenus ont été bons, et l'on peut regarder la néphrectomie comme un des plus brillants triomphes de la chirurgie moderne.

L'heure n'est pas encore venue d'apprécier définitivement les conquêtes faites par la médecine pendant ce siècle. Nous assistons à une révolution lente, progressive, devant laquelle s'effondrent la plupart de nos doctrines, de nos croyances, de nos usages. L'examen microscopique des organes malades, et l'étude de ces microbes malfaisants qui sont tombés comme un coup de foudre au milieu de la stupéfaction générale, ont poussé les sciences médicales dans des voies absolument nouvelles et fécondes en merveilleuses applications. Les brillantes découvertes de Pasteur ont éclairé nos recherches en nous ouvrant un chapitre fermé jusqu'ici à notre entendement, celui de l'origine des maladies : ses doctrines ont subi l'épreuve de la clinique et €n sont sorties triomphantes et comme fortifiées.

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