ETATS-UNIS
Comptes-rendus de l'Athénée Louisianais. — Paraissant tous les deux mois, Nouvelle-Orléans. — Prix d'abonnement $1.50 par an, payable d'avance. Chez Mme Vve H. Billard, 80 rue de Chartres.
U Athénée Louisianais a pour objet principal de perpétuer la langue française en Louisiane et de s'occuper de travaux littéraires, artistiques et scientifiques.
Elle publie un cahier tous les deux mois. Ces cahiers étaient originairement d'un format in-4 ; ils sont maintenant petit in-8.
Kien ne saurait nous inspirer plus de sympathie que l'objet de cette société. Beaucoup de gens croient la cause de la langue française entièrement perdue en Louisiane, et c'est toute une révélation de voir qu'il y a encore de vaillants lutteurs.
Entr'autres articles nous trouvons dans la livraison de janvier 1888, de jolis vers de M. Alfred Mercier, deux articles de critique littéraire par M. Alcée Fortier, et une dissertation philologique du Dr Devron. Dans cette dissertation il est surtout question du mot ber employé pour berceau. L'auteur cite les relations de voyage des premières religieuses ursulines àla Louisiane. M. Oscar Dunn, dans son glossaire, écrit bers et dit que le mot est d'origine normande.
Le Dr Devron a visité le Canada il y a deux ans et a donné un compte-rendu de son voyage, qui n'a que le défaut d'être trop court.
Transactions and proceedings of the Modem language Association of America 1884-85-86. Baltimore, 2 vols in-8. MoDERN LANGUAGE NoTES. — Janvier et février 1888.
Ces deux publications sont l'œuvre d'une association de professeurs des langues modernes dans les collèges des Etats-Unis. Le secrétaire de cette association, M. Marshall EUiott, professeur de langues romanes à l'Université Johns Hopkins, est venu il y a quelques cinq ans au Canada. Il était chargé de faire une étude sur les patois canadiens. En homme d'esprit il déclara qu'il n'y avait malheureusement pas de patois français chez nous. Un autre, pour écrire unpaper plus intéressant, se serait peut-être obstiné à en trouver.
Les Modem langiiage Notes tiennent leurs lecteurs au courant de toutes les publications de linguistique moderne, particulièrement au point de vue de l'enseignement; elles contiennent aussi des articles de critique littéraire.
Dansles deux volumes des mémoires (^Transactioris), nous avons remarqué les articles suivants : " On the genitive in old french ", I)ar le professeur Von Jageman ; '' The french language in Louisiana and the negro-french dialect ", par M. Alcée Fortier ; " The collective singular m spanish ", par M. Henry R. Lang ; *' Old english philology in elementary schools ", par M. Gummer ; " French literature in Louisiana ", par M. Alcée Fortier; *' Guillaume de Dole, an unpublished old french romance ", par M. Alfred Todd ; '' Speech mixture in French Canada — indian and french ", par M. Marshall EUiott.
Les travaux de MM. EUiott et Fortier sont particulièrement intéressants pour nous. M. EUiott s'occupe des mots sauvages que nous avons adoptés, et remarque avec raison qu'ils sont en très petit nombre et servent presque tous à désigner des animaux, des plantes ou des objets particuliers au pays. D'un autre côté, les mots français qui sont passés dans les langues sauvages, expriment presque tous des idées abstraites que ces idiomes ne pourraient rendre. De là le savant professeur conclut à l'ascendant que les Français avaient pris de suite sur les. aborigènes. Il cite fréquemment les travaux remarquables de M. l'abbé Cuoq, le glossaire de M. Dunn et les écrits de MM. Suite et Legendre.