EUROPE
Revue d'Histoire Diplomatique. — Paris, 10, Boulevard Raepail. — ^20 f. par année.
Cette excellente revue est publiée par la société du même nom, fondée et présidée par M. le duc de Broglie. La société a pour secrétaire M. le comte de Mauld, et notre distingué compatriote, M. Hector Fabre, fait partie de son bureau de directeurs. Elle a des membres et des collaborateurs dans tous le:? pays et notamment une quinzaine au Canada.
La revue a publié des comptes- rendus de plusieurs ouvrages canadiens ; elle donne le bulletin le plus complet des publicacations du monde entier au point de vue surtout de sa spécialité.
La livraison de janvier 1888 a des lettres inédites du comte de Fersen, précédées d'une biographie de ce chevaleresque diplomate qui, après avoir tenté d'arracher Marie Antoinette et la famille rovale à leur triste sort, périt lui-même dans une émeute à Stockholm. Sa fin tragique est une des choses les plus révoltantes parmi les lâches attentats de la populace soudoyée et mise en mouvement par des intrigants, attentats qui sont de tous les siècles et de tous les pays.
Revue Française de l'Étranger et des Colonies. — Décembre 1887 ; janvier, février, mars 1888.
Cette publication est une des plus importantes pour nous. Elle s'occupe très souvent du Canada et avec la plus vive sympathie^ Le directeur-fondateur, M. Edouard Marbeau, a des parents et des amis chez nous, et M. George Démanche, le rédacteur en chef, a fait partie de l'excursion du ** Damara ". Il a publié, sous le titre "Au Canada et chez les peaux rouges " — ne pas confondre, — une très intéressante série d'articles dans lesquels, on doit le dire en toute j ustice, il n'a rien confondu.
Cette publication a absorbé dernièrement 1' " Exploration, gazette géographique ", et la chose n'est pas à regretter. Dans le zèle subit qui s'est développé en France pour Tes études de ce genre, il commençait à y avoir une véritable superfétation. Moins et mieux vont très bien ensemble.
La RevtLe française publie d'excellentes cartes, des plans, des gravures et, comme cela coûte toujours quelque chose, on ne doit pas être surpris si l'abonnement est de 30 francs. Les dernières livraisons contiennent une très intéressante série d'articles sur l'Université de Bonn par M. Leclerc.
Revue du Monde Latin. — Cette revue, qui a pour directeur en chef M. le baron de Tourtoulon, a publié dans les commencements plusieurs articles sur le Canada dûs à la plume de MM. Benjamin Suite et Legendre. Elle s'occupe de tous les pays de race latine : le Brésil, les autres pays de l'Amérique du Sud, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, la Koumanie, et particulièrement de la littérature provençale et de tout ce qui concerne le
midi de la France. Elle n'en est pas moins à certains égDirds une revue générale. La chronique politique et diplomatique est écrite par M. le comte de Barrai, qui est aussi l'un des collaborateurs de la Revue d'histoire diplomatique.
Paris-Canada, journal hebdomadaire, Paris.
Le journal que l'honorable commissaire du Canada à Paris publie depuis cinq ans continue à fournir une carrière utile. On y reconnaît souvent la plume élégante qui a fait les délices du Québec lettré d'il y a quelques années. Nous le retrouvons surtout dans ce curieux passage d'un article sur la conférence donnée par M. Francisque Sarcey sur le nouveau volume de poésie de M. Fréchette : La Légende d'un jyeuple.
" Plusieurs des pièces que je vais vous lire, a-t-il dit, sont des " chefs-d'œuvre, d'autres sont admirables, toutes sont dignes '' d'attention. "
** Nous sommes sur ce point bien d'accord avec le critique; nous hésiterons davantage à le suivre lorsc[u'il rattache le poète à l'école de Boileau, et qu'il dit de sa poésie que & est de V excellent Boileau mâtiné de ComeiUe. Que l'inspiration, le souiffle, soit du 17e siècle, c'est bien ; mais le vers dans sa forme, dans son éclat, est bien moderne. Evidemment il y a quelque temps que, distrait par les mille bruits du théâtre qu'il note avec scrupule, le judicieux critique n'a relu Boileau, avec lequel nous l'aurions cru plus familier. Disons, pour expliquer le rapprochement, qu'il cédait, c'était visible, à l'habitude qu'on a depuis longtemps prise en France de trouver à tout ce qui vient du Canada un air d'ancien régime. "
La civxlta cattolica. Rome. Près de la place du Gesu, rue Celsa, 8, chez Alexandre Befani. Revue bi-mensuelle.
Etudes religieuses, historiques et littéraires. — Revue mensuelle publiée à Paris. Agent à Québec, J.-A. Langlais, libraire.
Ces deux revues sont placées sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus. Le titre même que porte la Oivilta cattolica définit son programme. C'est sans contredit une des meilleures publications périodiques de l'Italie. C'est surtout à la polémique religieuse que ses rédacteurs consacrent leurs travaux. Aussi tout ce qui peut servir à Tapologie de la foi et de l'Eglise trouve-1- il place dans ses colonnes. Elle discute tour à tour les plus hautes questions de théologie et de philosophie chrétienne, les plus intéressants problèmes du droit social, ecclésiastique et civil, et suit de près les adversaires du christianisme sur le nouveau terrain des sciences critiques et naturelles. Le libéralisme catholique a toujours trouvé en elle un redoutable adversaire, et actuellement encore, elle traite avec autant de science que de courage la question romaine.
Après une interruption de plusieurs années, les Etudes retigiev^ea viennent de reparaître. Cette revue est parvenue à sa
quarante- troisième année d'existence. Son programme diffère peu de celui de la CiviUa ^ ccUtolica. La livraison de mars contient plusieurs travaux importants, entre autres : Questions actuelles d'exéghe et d^apologie biblique^ Saint Augustin prédicateur, Quelques éloges récents sur Victor Hugo, Travaux contemporains sur la gttestion du libre arbitre.
Dans l'étude sur Victor Hugo, la simple exposition des éloges si exagérés et souvent si peu fondés décernés par ses fétiches au grand poète suffirait presque à réduire l'idole à sa juste valeur. Kien de plus intéressant ni de plus utile aux prédicateurs que le second travail sur le saint évêque d'Hippone, C'est un véritable traité pratique sur la prédication, où sont exposées d'une manière magistrale les idées de saint Augustin sur la prédication, les sources où il puisait, le zèle ardent qui l'animait pour le salut des âmes, sa manière populaire de proposer à la croyance les dogmes les plus relevés. Enfin, on y fait ressortir d'une manière éclatante le moraliste sûr et simple, tendre et fort.
Bibliographie catholique. — Paraît le 25 de chaque mois. Paris, rue Bonaparte, 82.
La Bibliographie catholique a paru pour la première fois en 1841. Elle est spécialement destinée aux bibliothèques paroissiales, aux pères et mères de famille, aux directeurs des maisons d'éducation et à tous ceux qui veulent connaître les bons livres, distinguer les mauvais et rassurer leur conscience. Elle poursuit évidemment un but très important. Dans la préface de l'un de ses ouvrages, un auteur contemporain regrettait l'absence de ces tribunaux de censure, qui existaient jadis chez presque toutes les nations catholiques ; la Bibliographie peut, dans un certain sens et une certaine mesure, les remplacer ; car, si elle ne jouit pas de la force coercitive contre les mauvais livres et leurs auteurs, elle peut du moins les dénoncer. C'est, du reste, une revue aux appréciations de laquelle le lecteur peut se fier toutes les fois c[u'il est question de la foi, de la morale et des rapports de la religion et de la science. On doit avouer que c'est un champ assez vaste, dont la culture demande beaucoup de soin, de tact et de jugement.
Dès le premier numéro, les directeurs expliquèrent clairement leurs intentions. *' Ils posèrent en fait que l'esprit d'égoïsme et d'indépendance, l'oubli de la justice, l'impiété etlalicense envahissaient comme un torrent les classes dangereuses de la population des grandes villes. Or, une des causes principales de ce mal, ce sont les mauvais livres. Il faut donc combattre le poison par le contre-poison, repousser les livres j)ar les livres, offrir à tous ceux qui ont le désir et le temps de lire, assez de lectures solides et variées pour les préserver d'en faire de mauvaises ou de dangereuses."
La Bibliographie catholique a été fidèle à ce programme. Elle s'est toujours montrée une sentinelle vigilante, toujours prête à jeter le cri d'alarme à l'apparition de l'ennemi, c'est-à-dire des
mauvais livres, tandis qu'elle n'a jamais cessé d'encourager de ses éloges les bons ouvrages ^t les auteurs consciencieux.
Revue DES Sciences EccLÉsiATiQUES. 12 numéros par an. Paris. Roger et Chernoviz, libraires. — Abonnement, 15 francs.
Le but de cette revue est suffisamment indiqué dans son titre. Elle est parvenue à son 67me volume.
Le cahier de janvier 1888 contient les articles suivants: Les indulgences devant Vhistoire et le droit canon^ Etudes morales sur Vhypnotisme, Le progris de la doctrine religieuse dans V Eglise. Les deux derniers ne manquent point d'une certaine actualité.
On sait que la question de l'hypnotisme préoccupe fort aujourd'hui les physiologistes et les moralistes. L'article que la Revue des sciences ecclésiastiques lui consacre dans ce numéro fait suite à plusieurs autres et traite la question au point de vue moral. Voici quelles sont les conclusions de cette étude ;
" La morale réprouve l'usage de l'hypnotisme fait sans nécessité, en flétrit, a plus forte raison, les abus, et s'élève contre les dangers qu'il fait courir. Elle impose à son endroit une réserve d'autant plus grande qu'elle sait que Satan pèche en eau trouble, que même il s'est fait sentir plusieurs fois dans des phénomènes qui débutaient par l'hypnotisme et qui finissaient par le spiritisme Que les médecins ne choisissent pas indistinctement entre l'hypnotisation et la chloroformisation pour anesthésier un sujet à opérer, car dans le chloroforme ils possèdent un procédé sûr, dans l'autre un anesthétique douteux ; les devoirs de leur profession ne leur permettent pas d'employer une thérapeutique douteuse, quand ils en possèdent une autre d'une efficacité certaine."
L'autre article est une réfutation de cette assertion, si souvent déjà réfutée, que l'Eglise est ennemie de tout progrès, tandis qu'au contraire elle n'a rien de plus à cœur que le véritable progrès de l'humanité. Elle rejette, il est vrai, les théories hasardées, les utopies faussement décorées du nom de science, la liberté sans frein, l'indépendance absolue, qui en définitive sont plutôt des obstacles au vrai progrès. L'auteur se borne, dans cet article, à parler du progrès de la doctrine religieuse dans l'Eglise, et il l'étudié successivement avant Jésus-Christ, par Jésus-Christ et les apôtres, et enfin après les apôtres. Depuis les apôtres, il n'y a plus dans l'Eglise de révélation publique et sociale ; en quoi donc alors peut consister et consistera jusqu'à la consommation des siècles le progrès de la doctrine religieuse? Saint Vincent de Lérins répond admirablement à cette question: "La loi des âmes imitera la loi des corps qui, dans le cours des années, acquièrent le développement harmonieux de toutes les parties sans cesser d'être ce qu'ils étaient. C'est cette loi de progrès que doit suivre la vérité religieuse. Il est certes bien permis de creuser avec le temps les enseignements de notre céleste philosophie, pour exprimer des concepts plus achevés. Qu'on les
fasse briller de toute la clarté de l'évidence, à la bonne heure 1 mais c'est un crime de les changer, de les mutiler,"
La Controverse et le Contemporain. Revue mensuelle, publiée sous la direction d'un comité de professeurs des facultés catholiques de Lyon. Abonnement, 24 francs pour le Canada. Agents à Montréal, Cadieux & Derome.
Comme les Etudes Religieuses^ la Cordroverse a pour objet la défense de la religion et de la vraie science. Or, dans la lutte éternelle entre le vrai et le faux, il en est comme dans les c uerres qui se prolongent longtemps. Le but à atteindre est sans doute toujours le même, mais les armes sont choisies et appropriées aux besoins du combat ; et les combats eux-mêmes n'ont pas toujours le même théâtre, car l'effort de la guerre se porte tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, tantôt sur un sujet, tantôt sur un autre ; aujourd'hui il faut enlever telle place, demain peut-être il faudra défendre telle autre. Il n'en est pas autrement dans la défense de la vérité et l'attaque contre l'erreur. C'est là l'idée de l'un des derniers articles de la CoTUroverse. Depuis Porphyre et Julien l'apostat jusqu'à nos jours, des controverses se sont mille fois élevées sur les saintes Écritures, mais le débat a souvent changé de terrain. C'est ainsi, par exemple, que, il y a un tiers de siècle, en France, à l'époque où Renan, à peine sorti du grand séminaire, se jetait des bancs de l'école dans les rangs des libres penseurs, la controverse roulait sur l'Evangile et sur la personne de N. S. Jésus-Christ. On reproduisait alors en France, on résumait, on délayait de toutes manières ce livre informe et indigeste — profondément oublié depuis— jqui a nom la Vie de Jésus, par le docteur Straus. On s'efforçait — proh pudor I — de traduire dans notre belle langue française, si claire, si précise et si logique, de lourdes élucubrations venues de l'Allemagne sur les quatre Evangiles. Maintenant on ne s'occupe plus de Jésus-Christ; currente rota, c'est à l'Ancien Testament que s'attaquent les rationalistes ; ils tâchent d'en anéantir toute la valeur historique, tout le surnaturel, dans le fol espoir de faire crouler par là le christianisme lui-même ! La Oordroverse a consacré à cette discussion plusieurs études aussi solides qu'intéressantes.
Revue des Questions Historiques, Paris, Palmé.
Cette revue compte déjà 23 années d'existence et complétera bientôt son 43e volume. Elle s'occupe de tous les points d'histoire sujets à discussion. On y trouve toutes les qualités du genre, largeur de vue, stricte impartialité, recherches minutieuses et solides, de nature à porter la lumière sur les mœurs, la religion, l'histoire et les coutumes des peuples anciens et modernes. On compte, parmi les écrivains ordinaires de cette revue, des hommes d'une réputation reconnue, MM. Lecoy de la Marche, Paul AUard, Godefroi Kurth, Henri de l'Epinois, etc.
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OensuB of Canada, 1871,
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North-WestCensuB, Vol. 1,1886 0 30 CensuB of Manitoba, 1886-6. . . 0 40 Vice-Admiralty Court Rules. . . 0 40
Orders in Council to 1874 1 26
Civil Service Liât, 1882. 0 26
Civil Service Liât, 1886 0 20
Civil Service List, 1887 0 20
Report Civil Service Ezam-
inors, 1886 0 16
Dom«ParliaaientDebateSyl870 4 60 Dom. Parliament Debates, 1871 & 1872 4 00
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Index to Local and Pri vate Acts,
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