LIT
Document N° CXVEBE.
Montréal, 19 Novembre 1SS9.
Monsieur le Vice-Recteur,
Continuez avec courage votre oeuvre de dévonement. Jusqu'ici vous avez bien fait. Remerciez pour moi les médecins qui ont signé l'Union, et je les encourage de continuer, car ils travaillent pour le bien de la religion et de la patrie.
Je vous permets de continuer le statu quo, encore sept ou huit jours, si vous croyez qu'il peut en naître du bien. Si vous jugez la chose inutile, ou si tous les cours ne peuvent pas se donner, soit par l'opposition des Protesseurs dissidents, soit par l'agitation des élèves, transportez vos classes ailleurs: et, dans ce cas, j'engage fortement tous les médecins signataires de l'Union, à vous suivre.
Je vous donne toute permission de défendre votre franchise et votre loyauté dans les journaux.
Tout à vous.
+ Enoraro Cns. Archev. de Montréal.
Document N° CE.
19 Novembre 1SS9.
L'an mil huit cent quatre-vingt-neuf, le dix-neuvième jour de Novembre.
A la réquisition de Louis Benjamin Durocher, L. A. S. Brunelle, et E. A. Poitevin, tous trois médecins de la cité et du district de Montréal, et membres titulaires de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal,
Je soussigné, Amable Archambault, Notaire public pratiquant à Montréal, me suis transporté auprès de Sa Grandeur Monseigneur Edouard Charles Fabre, archevêque de Montréal, dans son palais épiscopal, où, étant et parlant à lui-même, j'ai dit et déclaré ce qui suit:
Les trois médecins ci-dessus nommés, en leur qualité de mem-
bres de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, m'ont requis de recevoir dans mes minutes les déclarations suivantes, savoir:
1. Les trois membres ci-dessus nommés de l'Ecole de Medecine et de Chirurgie de Montréal opposent leur dénégation la plus formelle aux bruits qui circulent et qu'on cherche à répandre, disant qu'ils sont opposés à toute union entre la Succursale de l'Université Laval à Montréal, et l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal.
90 Ils affirment au contraire, et ils tiennent à en faire la déclaration solennelle à Mgr. l'Archevèque de Montréal, qu'ils ont toujours été prêts et qu'ils sont encore prèts à taire honneur aux promesses qu'ils ont faites dans le passé, et à accepter tout projet d'union qui soit légal, et qui assure à l'Ecole son existence permanente.
3. Depuis 1877, l'Ecole n'a cessé de déclarer qu'elle était prête.
à accepter une union, pourvu que sa Charte, son autonomie et ses privilèges soient conservés, non seulement pendant un temps, mais d'une manière permanente.
4» C'est le Conseil de l'Université Laval qui a toujours refusé d'accorder à l'Ecole ces conditions raisonnables, bien qu'il eût accordé des conditions à peu près semblables au Séminaire de $S.' Sulpice, devenant la Faculté de Théologie de cette Université.
5. Si l'Union n’a pu être effectuée jusqu'à ce jour, c'est dû aux exigences injustes et partiales de l'Université Laval. L'Ecole ne demande que ce qui avait été accordé aux autres, et, conséquemment, ce qu'elle avait droit d'avoir.
6» C'est alors qu'a commencé cette guerre contre l'Ecole de Médecine, guerre dont le but était la disparition forcée de cette Ecole.
7» Comme on ne pouvait détruire l'Ecole de Médecine qu'en lui enlevant ses hopitaux, et comme on ne pouvait lui enlever ses hopitaux, qu'en la déclarant rebelle à l'Eglise, on a été jusqu’à déclarer rebelle à l'Eglise, une Ecole qui n'avait cessé d'être catholique et d'en donner des preuves, et dont le seul tort était de ne pas vouloir mourir pour faire bénéficier de sa mort une institution rivale.
8» L'Ecole, forte dans son droit et sachant que l'Eglise ne peut vouloir une telle injustice, a résisté à toutes les tentatives faites pour amener sa destruction. La cause soumise à Rome a été msintenue. Un délégué apostolique, envoyé spécialement par Rome, a ainsi défini le jusie droit de l'Eglise dans la matière : “ Le Saint-Siége ne veut * ni ne peut détruire des institutions civilement reconnues, et qui ne