‹ Collection de lettres de Nicolas PoussinChapitre 23 sur 24 · ITALIE, PAPES · texte numérisé non relu

ITALIE, PAPES

N. Poussin vint à Rome au commencement de Tannée i6a49 et y mourut pendant l'automne de Tannée i665; ainsi il y passa près de 4^ sins, sauf le temps de son voyage en France, et y vécut sous le Gouvernement de trois Papes, Urbain VIII, Innocent X, et Alexandre VIL

Urbain VU, Maffeo Barberini, d'une famiQe noble de Florence, fut élu le 19 juillet 1623, n'ayant encore que 55

ans, et mourût le 19 juillet 1644 : c'étoit alors le Pape qui a voit régné le plus long-temps, comme le remarque Poussin, qui parle dUrbain YIII aux pages 162, 173, 176, 184 et 199. Il éleva à la dignité de Cardinaux , son frère qui vécut dans la retraite, et ses deux neveux Antoine et François Barberini, qui prirent une part importante aux affaires, le premier comme Camerlingue et Surintendant des finances, le second comme Vice-Chancelier. Urbain combla d'honneurs et de richesses les autres membres de sa famille , et le pouvoir des Barberini , affermi par une longue possession , devint absolu dans Rome, et redoutable dans toute Tltalie. Poussin fut spécialement protégé par le Cardinal François, pour lequel il fit plusieurs ouvrages ; il en parlée aux pages 1^7 et 1^1. Un dés événements les plus importants du Pontific'at d'Urbain YIII, lequel a duré 21 ans, et n'a été pour Rome ni sans éclat ni sans utilité, fut la guerre contre le Duc de Parme, qui éclata en 164a. Les Vénitiens, le Grand-Duc de Toscane et le Duc de Modène conclurent une Ugue avec le Duc de Parme pour résister à Urbain, ou plutôt à ses neveux : la médiation de la France procura une paix passagère en 1644. Poussin parle de y^ette guerre , onéreuse aux Romains et par conséquent désapprouvée par eux, aux pages 187, 141, 170, 176 et 194. — MonsignorMazzarini, dont il est question page 68, est notre Mazarin, depuis Cardinal et premier ministre : il étoit alors Vice- Légat à Avignon. Le Père Mazzarini, page 97, étoit frère du Ministre; de Dominicain il devint Archevêque d'Aix, puis Cardinal, et mourut en 1648. — Le Cardinal de Lyon, page 184, étoit le frère aîné du Cardinal de Richelieu. Il fut d'abord Archevêque d'Aix , puis Archevêque de Lyon, enfin Cardinal en 1629; il est mort en i653.

Innocent X succéda, le i5 septembre 1644, à Urbain VIII. Il se nommoit Jean-Baptiste Panfili, et appartenoit à une famille noble de Rome : il mourut le 7 janvier i655, à. l'âge de 81 ans, après en avoir régné onze. Porté au Pontificat par l'influence du parti Espagnol, Innocent X se montra toujours

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peu afifectionné aux François et surtout fort ennemi de Mazar rin. Pojiissiny qui avoit d'abord bien auguré du changeaient de règne, page 199, revint a^sez promptement de son erreur, conyne on le voit aux pages 3a5 , 229 et ^33. Les Barberim avoient puissamment contribué à Télectkkn du nouveau Pape, mais ils ne tardèrent pas à s*en repentir. Poursuivi judiciairement , le Cardinal Antoine s'échappa de Rome à la fin de 1646, et se réfugia en France;^ son frère Vy suivit bientôt avec le reste de sa famille. Mazarin accueillit généreusement les deux Cardinaux fugitifs, tandis qulnnoceot X lançoit une bulle, contre eux et séquestroit leurs biens : par la suite ils se réconcilièrent avec le Pape. Poussin fait allusion à CCS événements aux pages ttsB» %^o et a 36. — Le Cardinal- Neveu Panfili, dont il est question aux pages a^tS et a36,, ayant rés>igné son chapeau* pQur épouser secrètement une Princesse de Rossane, fut banni de Rome en 1646 Leâ turbulences dont Poussin parle à la page a45, et qui lui causèrent tant d'effroi , furent occasionnées par une tentative d'assassinat que le parti Espagnol lit contre la personne de Nicolas Monteiro, chargé des affaires de Portugal. Depuis 1640, les François se reg^ardoient, à Rome et ailleurs, comme les allié» obligés des Portugais : les Espagnpls eurent le dessous dans la combat qu'ils avoient provoqué, et le Pape, irrité, ordonna à leur ambassadeur de sortir de Rome. — £n 1647, une révolte- terrible éclata 'à Naples : elle a voit pour ch/ef le célèbre Mazaniello. Étouffée au bout; de quelques jours, elle éclata de nouveau deux mois après, et se montra beaucoup plus redoutable. Le Duc de Guise, qui étoit. venu à Rome [)our y demander la dissolution de son mariage avec Ig Comtesse de Bossu , appelé à Naples comme chef de la nouvelle république, s'y rendtl le i5 novembre 1647 ; ii^i^ il ^^ pouvoit s'y soutenir sans des secours étrangers , et Mazarin ne lui en envoya point. Le 6 aviil suivant, ses troupes ayant été battues et mises en fuite pair les Espagnols, il fut fait prisonnier et envoyé en Espagjae, où il resta jusqu'en x652, que le Prince de Coudé <^tint sa

tiberté. Poussin paHe de xes «vénemens aux pages 274 y 396 èl 3oi. — £n 16499 Itinocent X renouvela la querelle de son pttédécesseur avec le Duc de Parme Farnèse; il envoya une armée pour ^emparer du Duché de Castro , fit raser k ville de ce nom, et prononça laconfiseation du Duché. Il ea(t question de cette guerre aux palgtÈ 3ox, Bos«t 3o4. : — Le passage, « on va mener en Espagne la nouvelle épouse », page Soz^se rap^ porte au mariage de Philippe IV avec T Archiduchesse Marie- Anne, &i\e de l'Empereur et d'une scsur de Philippe : celui qui suit, à la méijae page , « les Italiens mettent Jules auMlessus de César », semble désigner notre Premier Ministre Jules Maiarin.

AiÀxAWÊfÈX Yll, Fabio Chigi, noble Siennois, succéda à Innocent X le 7 avril. i655, et mourut le aa mai 1667, âgé de 69 ans, après en avoir régné treize. Sons son Pontificat, le parti François et le parti espagnol continnèrent à Rome à se disputer la supériorité; mais le crédit du premier y alloit croissant sensiblement, à mesure que la puissance de la maison d'Autriche déclinoit en Europe^ Alexandre VU aimoit peutêtre encore moins que son prédécesseur les François , et surtout Mazarin , mais il étoit forcé de les ménager 4avantage. Sous ce Pontificat, les lettres, de Poussin deviennent de "plus en plus rares , et il n'y parle qu'une setde fois des affaires 4^ Rome et de l'Italie; c'est aux pages 34^ et 344* Il y est évidemment question des stiitesr de l'attentat comuiis par *la Garde Corse contre le duc de Créqni, Ambassadeur de France, attentat dont Louis XIY exigea une réparation si éclatante. Il avait eu lieu le 20 a^ût i66a, et le différend entre la France et Rome qui si'eiisuivit ^ ne fàt abcômmodé que le aa février 1664. '

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