‹ Collection de lettres de Nicolas PoussinChapitre 24 sur 24 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

N. Poussin, amené en France par MM. de Ghantelou et de Chambray,. quitta Rome vers la fin de 1640. La lettre dans la

ij*l LETTRES

quelle il annonce au Commandeur Del Poezo son arrivée à Paris, page a5, est du 6 janvier 1641; la dernière des lettres - qu'il y a écrites , page 1 1 4 , est du a i septembre 1642 ; celle qui suit, page 117, est datée de Rome le 1*' janvier 1643 : ainsi son voyage.en France dura près de deux ans. Ce sont les deux dernières années du ministère de Richelieu et du règne de Louis XIII. Dans une lettre du 17 janvier 1 64a , Poussin parle, page 71, desf^ramies affaires qui occupaient alors le Gouvernement; et en effet, dans ce mom^it, où Louis XIII et son Ministre, l'un et l'autre presque mourants , partoient pour le Roussillon , dont ils devaient achever la conquête dans cette campagne, et pour la Catalogne , qui s'était donnée au Roi, et que les maréchaux de Brezé et de la Mothe défendoientconti^ les Espagnols , la France avoit encore sur pied quatre antres armées : une en Allemagne, sous le Comte de Guébriant; deux en Picardie et en Champagne, sous le Comte d'Harcourt et le Maréchal de Guiche; enfin une en Italie , sous le Duc de Bouillon. Si l'on ajoute à l'entretien et à la direction de tant de forces militaires, les soins de l'administration intérieure, la- conduite des négociations en Allemâgtie, enfin la surveillance des intrigues de la Cour et des complots avec l'Étranger, on conviendra que Richelieu et De Noyers avoient alors peu de temps à donner à ce que Poussin appelle les choses curieuses^ page 71. Au milieu de la campagne de 164a, Richelieu, malade à.Tarascon, découvrit le traité conclu avec l'Espagne par Monsieur, Gaston , Duc d'Orléans. Cette conspiration porte le nom de Cinq-Mars, parce qu'elle coâta la vie à ce jeune favori : il fut décapité' à Lyon le 7 septembre. C'est lui qui , Tannée précédente, avoit introduit Poussin chez le Roi, et qu'il appelle, page a 5, M. Le Grand, titre <]^e portoit à la cour le Grand Écuyer.

Pendant que Poussin retournoit en Italie, le Cardinal de Richelieu terminait sa carrière (le 4 déceiâbre 164a), et Ma- !2arin entroit au Conseil; à peine étoit-il de retour à Rome, que Louis XIII suivoit au tombeau son célèbre Ministre ( le 1 4

mai 1643). La Régence d'Anne d'Autriche commença, c'est-à-' dire le ministère du Cardinal Mazarin, qui se prolongea jusqu'au 9 mars 1661, époque de la mort du successeur de Richelieu. Sous ce ministère, la France continua la guerre, en Allemagne, contre l'Empereur, jusqu'à la paix de Mdnster, conclue en 1648; en Espagne, en Italie et dans les Pays-Bas, contre la branche Espagnole de la Maison d'Autriche, jiisqu'à la paix des Pyrénées, conclue en 1659 : elle fut de plus, pendant préside cinq ans, 1648 à 1 653, 'presque continuellement agitée par des dissensions civiles qui ont reçu les noms de Guerre de Paris et de la Fronde. Les lettres de Poussin contiennent beaucoup de passages qui se rapportent à ces événements : nous choisissons les plus intéressants pour y joindre quelques notes.

Faits DIS Gukkile. Page 1 S ii, Marques signalées d'estime données au Vicomte dû Turenne -et à M. de Gassion. Tous deux furent faits Maréchaux de France en 1643 : M. de Gas> sion^pour avoir- contribué au gain de la célèbre bataille de Rocroy, donnée le 10 mai, et ensuite à la prise de Thion ville; M. de Turenne, pour s'être distingué, dans le Milanois, par ' la prise de 'Mno : il avoit 32 ans, et servoit sous le Prince

Thomas de Savoie. — Page 1S9, //a perte de M. de et de

son armée.. Le nom resté en blanc , probablement parce que le copiste,' qui a estropié presque tous les autres, ne put pas du tout lire celui-là, doit être celui. du Maréchal de Guébriant, qui fut blessé à mort au siège de Rotweil> le 19 novembre 1643. Six jours après, l'armée françoise, qui se trou-" voit sous les ordres de Rantzaw, fut défaite à Tudelingèn, et obligée de se mettre à couvert en-deçà du Rhin. Turenne vola à son secours; il la remit sur pied, lui fit repasser le fleuve, et , réuni au Duc d'Enghien , il alla attaquer et battre Merci à Fribourg, les 3 , 5 et 9 août 1644. Poussin, dans sa prévoyance, applique donc ici avec beaucoup de justesse le mot connu de Thémistocle. — Page 19a, Les revers du Maréchal deia Moihe en Catalogne, Ce Maréchal commandoit une ar-^

^74 ' t^TTKES

mée en Catalogne depuis 1 64 1 : il y fot battu par les Espagnols ^ qui prirent Lérida et firent lever le siège de Tarrag^Mne. Gommo il étoit l*««iiideDe'Koyers, qui n'avoit p^ encore yavkisedé'* fiûre de sa charge de Secrétaire-d'État, Le Tellier le ^«conduii» & Pierre-Eneise, et le poursuivit avec acharnement de Tribunaux en Tribunaux : justifié par le Pariement de Grenoble, il sortit enfin de prison en i64^« — Page 192, Gm^er-

limes ttuiégé par notre armée samommée Im Dorée JBruù

entre les Maréchaux: 4e Gassion et de la MtiUeraie, Cette armée , sumonunée la Dorée parce que la plus- haute noblesse du royaume s'y trouTcdt, étoit t;ommandée par Gaston , Une d'Orléans. Gra vélines fut pris^ après s'être vailtamnont dé^ fendu pendant deux mois. La mésinteliigenoe entre Oassion et la Meilleraie, qui avait éclaté dès le commencement dtt siège ^ en vint au point , lorsqu'il lut question de pvencb^ possession de la place, que les deux corps de troupes qu'ils commandoient alloient se charger, si Gaston ne leslT «àt fait délendiie d'obéir à leurs chefs. — Pages %ifi et 94^» Sié§e d'Orbitello^ Blazarin, voulant inquiéter le Pape en portant lai guerre dans ' son voisinage, fit assiéger Orbitello, sur la çqte de Toscane, qui appartenoit aux Espagnols. Le Prince TfaoïU^ eonins^n^ doit l'armée de terre , le Dnc de Breaé celle de mer» Pimentel vint au secours de la place avec la flotte espagnole, et un combat s'engagea le 4 juin 1646 : Brezé y fWt tné li 27 ans. Les François s'attribuèrent la victoire , mais leur flotte retourna en Provence, et le Prince Thomas leva le siège d'Orbitello. •'-«<- Page a5i , M. de la MeUkraie bat la fortonstse die Porto- Longone. L'échec d'Orbitellp fut réparé peu de temps après par la prise de Piombino sur la eôte de Toseane, et de Portja- Longone dans l'i^e d*£lbe : ces deux places se rendireat, les 8 et 29 octobre 1646, aux Maréchaux de la Meilleraie et du Plessis. Les Espagnols les reprirent toutes deux en x65o, page 3i5i, mais La seconde leur coûta 47 jours de siège. La conquête de Porto-<Loogone ifitéressoit parûouliènement in-'nocent X, parce que Ludovisi, sen neveu, avait lé* domaine

utile de l'île. — Page 290, Notre armée navale p€tssa hier h Fiamicino. Cette armée se cOhtetita de tenir la mer le long dé^ côtes de ritsdié, et ne fit pas sur Tîaples la tentative que Poussin appeloît de ses-voeilk. Mazat'in désapproiivoît l'entreprise du Dde de Guise, et n'avoit pas voulu la soutenir ep temps utile : on étoit d'ailleurs à la fin 'd'août, et dès le mois d'avril la révolte de Naples avoit perdii toute son importance. TiiotrfiLES CIVILS. Dès la première année de la Régence d'Anne d'Autriche, les prétentions de ceux qui se çroyoient appelés alors à jouef un rôle, dïviièrent la couf en plusieurs partis, et la lutte s'engagea entre eux. Le Due de Beâufort, surnommé depuis le Roi 'des Malles^ qui d'abord s'étuit montré très dévoué h la Reine, ftit arrêté le » septembre 1643 , et conduit à Yincennes où il resta cinq ans; madame de Chevreuse fut enveloppée dans sa disgrâce et reléguée à Tours; MM. de Vendôme, chefs du parti que l'on nômmoit les Importants , furent aussi exilés. C'est à ces broutlieries que Poussin fait allusion, aux pages 14», 167 et 173. Les noa^lles de la Coar ne m*é9onnent en aucune mahiêre , écrit^l à Chantelon qui le tenoit, comme on peut en juger, fort au courant de ce qoi s'y passoit ; si nous vivons, nous en entendrons bien d!an très : il avoit raison. — Pendant plusieurs années la Cour fut à peu près le théâtre unique des agitations ; mais en 1 648 lés factions se recrutèrent au dehors , et le peuple, comme le d4t le Cardinal de Retz^ entra dans le sanctuaire. Au moment où la France y ttprèa tant de sacrifices , <ïoncluôit enfin la glorieuse paix de Westphâlie, une gtterre civile éclatoit dans sa capitale : le tumulte des Barricadés eutjieu le 26 août. La Cour , intimidée, crut devoir céder au, Parlement, et sa foiblesse enhardit les Frondeurs : un accorhmodement se fit cependant le 8 octobre. Poussin parle de ces événements aux pages 288 et 292. Le passage, La chute du vilai>i que vous savez ne me réjouit pas ; j'attends ce gui suivra , peut se rapporter, soit au renvoi du Surintendant des finances Ëmery, créature de Ma- 2Arin , qui disoit franchement que les Surintendants n'étoient

faits que pour être maudits , et que Ton fut alors forcé de sacrffîeràla haine publique; soit encore, et mieux selon nous, à la rupture ouverte entre la Reine et son Ministre , et le Coadjuteur de Paris , qui précéda de quelques mois l'explosion des Barricades. Retz avoue, dans ses Mémoires, que du 28 mars au a5 août il dépensa plus de aoo;ooo livres (monnoie actuelle) pour se faire des partisans. Les mœurs et le caractère du Coadjuteur justifient l'épithète par laquelle Poussin le désigne, et l'inquiétude que lui cause sa disgrâce. — 1649* La paix nepouvoit être de longue durée : dès la fin de l'année précédente, les prétentions du "Parlement avoient de nouveau poussé à bout la Reine et ses amis. Le 6 janvier, la Cour partit de la capitale et se retira à Saint-Germain. Le Prince de Condé, outré de V impertinence de ces Bourgeois, la suivit; et le lendemain même, avec un assez foible corps de troupes, il commença le blocus de Paris : le 8, il prit Charenton. Son frère, le Prince dé Conti, commandoit alors les troupes du Parlement et de la Fronde. La guerre fut courte et presque ridicule ; un accommodement la termina le 1 1 mars. Le Roi rentra dans Paris, le 18 août, avec sa mère, Mazarin et Coudé. Tels sont les événements auxquels se rapportent divers passages de la correspondance du Poussin, pages 296 à Soi, 3o4 et 3o5. Généralement ses lettres donnent lieu de penser que , si son correspondant et lui n'étoient pas tout-à-fait opposés à la Cour, ils avoient du moins, comme presque toute la France, une telle aversion pour le Ministre, qu'ils étoient portés à s'intéresser k ses ennemis : celles du 7 février, du 24 mai et du 19 septembre , sont remarquables sous ce rapport : le Cyclope, page 3oo, est bien certainement Mazarin. — Les étranges nouvelles d^ Angleterre y page 296, sont celles du procès de Charles I^'' : ce Prince fut décapité le 9 février. La phrase qui suit prouve que Poussin prenoit un assez vif intérêt aux affaires politiques; on a déjà pu s'en apercevoir dans plusieurs autres endroits, et surtout à

la page 1 53 i65o. Le Prince de Condé mettoit un trop haut

prix à ses services pour ne pas se faire bientôt des ennemis de

C9I1X qu'il avoit défendus. Brouillé avec les Frondeurs, il brava Mazarin, se brouilla avec lui, et devint chef. d'un troisième parti qu'on nomma les Petits- Matires. Mazarin le fît arrêter avec le Prince de Conti et le Duc de Longuevilie, et conduire d'abord à Vincennes , puis au Havre : les Parisiens «n firent des feux de joie. Gaston soutint Mazarin ; Turenne se joignit aux Espagnols et fut battu avec eux, à Rethel, par le Maréchal du Plessis. Poussin parle de ces changements dans les affaires, ou plutôt dans les rôles, aux pages 3o7, 3o8 ,3io,3ii,3i5et3i7. Le passage , Jl semble que 7}0js prophéties veuille fU s'œcomplir, page 3o8, indique la chute de Mazarin, queChantelou regardoit comme devant être la suite de sa rupture avec le Prince de Gondé. •— i65i. Mazarin, brouillé de nouveau avec Gaston, alla au Havre délivrer les Princes. Il en fut mal reçu, quitta la France et se retira à Gologne. Le Parlement le bannit du royaume à perpétuité; plus tard il mit sa tête à prix. Condé revint à Paris, y fut accueilli avec des transports de joie, et figura à son tour comme chef de la Fronde, tandis que Turenne, abandonnant les Espagnols, vint défendre la Gour. La correspondance de Poussin ne nous offre qu'un passage sur ces événement^, page 317 : /^os prophéties sont accomplies,... mais je crains le retour. On voit qu'il est question de Mazarin , et la crainte de Poussin étoit très^fondée. — Nous ne pousserons pas plus loin notre sonunaire de la Fronde , qui est sans objet du moment qu'il ne doit plus servir d'explication aux lettres de Poussin. Depuis i65o, ces lettres deviennent de plus en plus rares ; il n'y en a que deux pour i65i, qu'une seule pour i65a, et dans celle-ci Poussin ne parle que d'une manière générale de la désolation de la pauvre France ^ et du refroidissement du goût pour les choseà de t Art qui en est la suite y page 3 20. A partir de cette époque , il ne dit plus un mot des affaires politiques. On pourroit croire que les deux correspondants, craignant que leurs lettres ne fussent interceptées, comme il paroît que cela avoit eu lieu précédemment, pages 199 et 3oi, devinrent plus réservés dans leurs confi-

dences réciproques, à mesure que le drame approchoit de sa fin; ou peut-être que des lettres écrites par Poussin, lorsque la fortune de Mazarin paroissoit encore chancelante^, aiaront été supprimées,- à l'époque où une victoire complète sur ses ennemis rendit le Ministre plos puissant et par conséquent plus redoutable qu'il n'avoit jamais été.

ARTISTES, HOMMES DE LETTRES, etc.

Angisloni, savant Antiquaire, auteur de |4nsieurs ouvrages, mort en i65a. Sa proposition fut enfin acceptée, et son livre intitulé : VHistoria Augusta.da Giulia Cesare a Cosiantinay parut à Rome en 16419 avec une Dédicace à Louis XIII, et des vers adressés au Cardinal de Richelieu. Angeloni étoit oncle de Bellori, qui a écrit une Vie de Poussin. — Boccalihi (Trajano), auteur des RaggiuigU di PamasQ. Après beau* coup d'éloges de la Tort a ^ Apollon dit au critique de Gua-« rini, car il n'y en a qu'un : Che egU si fa conoscere per uno di quegli acerbi detraUoriy che acceeaddair invidia, biasimavano le cose inimitabili ciegU ingegid straordinariamenie Je-* çondL Centuria I", Ragguaglio XXXI« — Ca.cket de la Confiance, pages 99 et 200» Selon Bellori, le contemporain, Tami et l'historien de Poussin, ce cachet exprimoit la disposition morale daiis laquelle il se trouvoit lorsqu'il entreprit son voyage en France, qu'il comparoit à une navigation kicer-r taine. Il le fit graver à Paria. On y voyoit la figare de la Confiance, les cheveux épars, tenant des deux aaains un navire > avec ces mots : dmfideruia N. I<« — Ce&isie&s* Ce n'est pas le père de Cerisiers, Jésuite, auteur de beaucoup d'ouvrages médiocres. C'étoit, à ce qu'il paroît, un Négociant cUt Lyon, grand admirateur des talents de Poussin qtfi fit pour lui plusieurs tableaux, notamment les- deux beaux Paysages où l'on porte le corps et où l'on recueille les cendrt» de Phocion. — Ckafb,on, ou plutèt Chaperon (N^li»), Peintre et surtout Graveur, élève de Youet. Il fit un long séjour, à Rome, et y

grava les Loges du Vatican, 'connues sous le nom de Bible de Raphaël.-^ Charmois (Martin De), ConseiUer-^l'État, amateur des beaux-arts. Un des fondateurs de l'Acadéoiie royale de Peinture. Ce fut lui qui, eu 164S, rédigea avec Le Brun et présenta au CtHisei) de ré{|ence une requête ayant pour objet de soustraire les artistes à la juridiction des Officiers de Maîtrise. Le Conseil y fit djRoit aussitôt, et des lettres-patentes instituèrent rÀcadémie. De Cbarmois en fut le premier Chef; le Brun remplit la première place parmi les douze membres du conseil que Ton nomma Anciens, 'Après quinze ans d'une existence asaez précaire et d'une activité souvent interrom * pue, TAcadémie royale reçut, en i663 , une organisation toutà^'fait nouvelle et fut installée au Louvre. De Cbarmois ne fit point partie du nouveau corps; il étoit mort en 1661. — Chisoo, Peintve iiap<^ain. Nous avons lu ainsi ce nom, qui seroit alors un diminutif de Francesco, A. F^ibien a hiCiccio, et il a'^oit le double avantage d'être un contemporain, et d'avoir sous les yeux ka lettres originales de Poussin. Ajoutons que F. SoHmène, Peintre célèbre, s'appeloit aussi Ciceiô, qu'il ©Tîoit Napolitain, fils d'un peintre, et né en 1657. -^ DoMiniQUB (Jean), Peintre de Paysages, élève de Claude Gelée, dit le Lorrain. -^ DurnESHs (Trichet), fut le premier Directeur de l'Imprimerie royale. Il étoit renommé par la variété de ses, connoiasances. A^èa avoir suivi à Rome la Reine Christine, en qualité de Mbliothécaire, il revint en France, etmourot à Ptris en 16^1. Poussin a fait pour lui plusieurs tableau:^.- *^£it&A&n (Charles), Peintre d'Histoire. L'un des fondajbeura de l'Académie en 1648» il en fut k premier Recteur en X 655. On l'envoya à Rome en 1666, pour diriger TAcad^nie de France qui venoit d'y être établie; il en revint en £673, y retourna deux ans après avec le même titre èe r^recteur, et enfin y mourut en 1689, âgé de 83 ans. ^ — Fkkra&i (Jean-Baptiste), lésuite, mort eni6ô5. Moins heU'> reux qu'Aji^eloni,, il n'obtint pas la permission de dédier à Liouis XJil aon livre intitulé : Utsperides y sive de medorum

38p LETTRES

aureoruin culture, qui ne parut à Rome qu*en 1646. C'est, sous une forme mythologique assez l)izarre, un traité des orangers et de leur culture en Italie. Parmi les nombreuses planches que contient cet ouvrage, il y en a une gravée par C. Bloemaert, d'après Poussin : à la page qui suit (99), Tauteur célèbre les talents de ce grand peintre, que Louis XIII, dit-il, a appelé près de lui, ne Gallico Alexandro suus deesset Apelles, — Foucquet (Yves). C'étoit le troisième des cinq frères du Surintendant, qui'avoit de plus six sœurs. II étoit Conseiller au Parlement, et mourut fort jeune. Nicolas Foucquet avoit été nommé Silrintendant au commencement de i653; il fut arrêté le 5 septembre 1661. — Fouquikkes (Jacques), Peintre de Paysages, né à Anvers, élève de Breughel de Velours. Il devoit peindre, dans la galerie du Louvre, des vues des principales villes 'de France, et par cela seul il se regardoit comme chargé d'en diriger toute la décoration. Ce fut un des plus sots et en même temps un des plus violents adversaires de Poussin. On l'a voit annobli : c'est pour cela , et surtout à cause de sa vanité et de ses grands airs, que Poussin l'appeloit le Baron, titre qui lui est resté. — Dughet (Gaspard, ou Guaspre dit Poussin), célèbre- Peintre de Paysages , élève et beau-frère de Poussin , qui épousa sa sœur en 1629, naquit à Rome, en 161 3, d'une famille originaire de Paris. Il accompagna Poussin dans son voyage en France, et mourut à Rome en 1675"^: c'est de lui qu'il est question aux pages 57, 77, 343. Un second Dughet (Jean), également beaufrère et élèVe de Poussin , s'est fait connaître comme graveur. Poussin, dont il. a gravé beaucoup d'ouvrages, parle de lui, page i35; c'est encore lui qui répond à Chantelou, page 357.^ — HEEMA.N van Swanevelt, pages 4^ ^t 5t, Peintre de Paysages. Il fut reçu à l'Académie royale en i65i. — Le Maire (Jean), Peintre d'Histoire , né en 1 597*. Il alla fort jeune en Italie , et passa près de vingt ans à Rome , où il se lia intimement avec Poussin. De retour en France vers 1 63 5, il fut nommé peintre du Roi et logé dans un pavillon des Tuileries. Il mourut en

^ 3>«^ - vj^

iGSg» à Gaillon, où il s*étoit retiré. — Le Maire (François), Peintre de Portraits, né en i6ao, reçu à l'Académie eu i656y mort en 1688. Poussin, qui Temployoit à Borne à faire des copies, l'appelle le petit Le Maire, pour le distinguer de son vieil ami. — Le Meecier (Jacques), premier Architecte du Roi, mort en 1660. Poussin changea totalement le système de décoration adopté par Le Mercier pour la galerie du Louvre, et il en donne lui-même les raisons aux pages 90 et suivantes. L'architecte, offensé, se ligua avec la plupart des artistes qui travâilloient sous ses ordres, pour décrier les projets et les travaux du peintre son successeur. — Le Vau (Louis), page 1419 premier Architecte du Roi, mort en 1670, à 58 ans. Il a travaillé aux Tuileries. et au Louvre; il a fait aussi les dessins du collège des Quatre-Nations, que Dorbay, son élève, a exécutés. — LiGO&io (Pirro), Peintre, Architecte et Antiquaire du 16® siècle, mort en i583. Les manuscrits dont il est question, pages 68 et 86, forment 3o volumes in-folio. Ils furent achetés 18,000 ducats par le Duc de Savoie, et ils sont encore aujourd'hui dans la Bibliothèque de Turin. On en trouve la description dans le tome II des manuscrits de cette Bibliothèque. — Lumagne (De), riche Banquier de Gènes, amateur de peinture, dont il reste un beau portrait peint par Yandyck. Poussin a fait pour lui plusieurs tableaux, notamment le grand Paysage où l'on voit Diogène brisant sa coupe. — . Maurot (De), Intendant des Finances. Poussin a fait pour lui divers ouvrages, entr'autres la Nativité, dont il est question page 3 10. — Mellan (Claude), habile Graveur, né à Abbeville en 1601, mort à Paris en 1688. — Mignaru (Pierre), Peintre célèbre qui, en 1690, succéda à Le Brun dans la place de premier Pdntre du Roi : il est mort en 1695, âgé de 84 ans et demi. Arrivé à Rome en t636-, il y resta plus de vingt ans , s'y maria , et ne revint en France qu'à la fin de 1657. Mignard ne fut reçu à l'Académie de Peinture que lorsqu'il s'y présenta comme premier Peintre : il n'avoit pas voulu y entrer du vivant de Le Brun , pour n'y pas être le

38a LETTRÉS

second. Il fut ud * des six premiers membres de l'Académie d'Architecture, fondée en 167t. — Mchtymoat (Madame' de), pages 3a7, 3a8, 333. Elle épousa en i658 M, de Chanteloo , le correspondant et l'ami de Poussin. — Naudé (Gabriel), pages q^ et ro6. Médecin et savant Bibliographe, né ep 1600, mort en i653. Conduit à Rome en i63i par le Cardinal de Bagni, il rtrvint en France en 164^, s'attacha, comme Bibliothécaire, au Cardinal Mazarin, et forma pour lui la belle bibliothèque que, malgré toutes ses instances, le Parlement de Paris fit vendre en r65a, /tu moment où le Cardinal sortoit de France pour la seconde fois. — • Niceaoîf ( Jean-François ) , page 106, Minime, a composé sur l'Optique plusieurs ouvrages estimés de son temps. Après avoir été deux fois envoyé à Rome par son Ordre , il est mort à Aix en 1646, âgé de 33 ans. — Nocret (Jean), Peintre et Valet de Chambre du Roi, né à Tfancy, élève de Du Clerc. Il fut reçu à rAcadémie en î663 , et mourut en 167a , étant adjoint à Recteur. — Passakt, d'abord Auditeur, puis Maître des Comptes, page tfi. Poussin a {ait pour lui plusieurs ouvrages : en 1 63 4, le premier tableau de Camille renvoyant les enfants des Falisciens, plus petit que le second; en 16 56, une Femme au Bain; en i658, un grand Paysage où Ton voit Orion aveuglé par Diane. — Poîlly (François de). Graveur célèbre, né à Abbevifle en 1622. Il alla à Rome eu 1649, et y resta sept ans : i! est mort à Paris en î6g3. — Poiwtei.. Ce bon ami à qui Poussin envoya aussi, en i65o, son portrait peint par lui , page 3 1 2 ; ce correspondant qu'il nomme si souvent , et à qui il écrivit peut-être autant de lettres qu'à Chantelon, paroît avoir été un riche banquier de Paris. On voit, page 211, que conduit en Italie probablement par le goût des arts, il eut la pensée de s'établir à Rome et d'y faire la banque. Poussin a fait pour lui un grand nombre d'ouvrages capitaux; £n relevant seulement ceux que cite Félibien, on trouve : en 1647, le tableau de Rebecca et celui de Moïse, qui excitèrent la jalousie de Chantelou; en 1648 et 1649, ^^

Paysage de Polyphème, la Vierge aux dix figures, le Jugement de Salomon; en i65i, deux Paysages, TOrage, et le Temps serein; en i653. Notre Seigneur et Magdeleine. — Poissant (Thibai^), Sculpteur et Architecte, ifé à Abbeville en i6o5. Il fut nommé, en i663^ Conseiller de rAcadémie, et mourut en i66S, Son nom, mal lu ou mal écrit par le copiste des lettres originales, a été changé en Perian, aux pages 41

et 5o Renard, Ce n'est pas Renard de Saint-André, Peintre

et membre de l'Académie, mort en 1667 ; c'est un particulier, alors fort connu comme amateur de helbes choses , page Sai. Le Roi lui ayant donné, en i63o, im terrain compris aujourd'hui dans cehii des Tuileries, il y bâtit une maison entourée d'un très-joli jardin, dont il est question dans les Mémoires du temps. L'enclos de Renard fut paye 60,000 francs par Colbert, lorsqu'en 1668 il donna au jardin des Tuileries sa forme actuelle — Scarron (Paul), né en 1610, mort en 1660. Son nom et ses ouvrages ne sont pas encore oubliés ; mais on ne sait pas généralement que, dans sa jeunesse, il avoit cultivé la peinture avec assez de succès, et que c'est à Rome, en 1634, qu'il fit la connoissance de Poussin, et qu'il prit pour ses ouvrages le goût assez remarquable qull conserva depuis.

— Stella (Jacques), Peintre du Roi, fils et petit -fils de peintre, naquit à Lyon en 1 596, et mouvut à Paris, aux galeries du Louvre, en 1657. Arrivé à Rome en iS^S, il y passa onze ans, et y contracta avec Poussin une liaison intimfe qui a duré tout le reste de sa vie. Poussin a fait pour Stella un graïkl nombre d'ouvrages , parmi lesquels on cite Apollon et Daphné, Danaë, Vénus et Énée, Moïse exposé sur les eaux, le Frappement du Rocher, la Naissance de Bacchus.

— Testament, page ^45. Poussin y donna à ses deux beauxfrères le tiers de son bien , qui montoit à environ 1 5,ooo écus romains; et laissa les deux autres tiers à un neveu à lui, page 349» et à une nièce, qui habitoient les Andelys. — Thou ( Jacques - Auguste de), pages i83 et suivantes. Président des Enquêtes au Parlement de Paris, et depuis Ambassadeur

384 LETTRKS

en Hollande. I^étftit frère de Tinfortuné de Thou, décapité en 164a aVec Cinq-Mars. — T&iguhium^ pages 1S6 et %Zg. L'étymologie de ce mot en indique la signification. On appeloit ainsi ches les Romains les trois lits réunis que Ion plaçoit autour de tj'ois des côtés d'une table à manger, le

* quatrième côté restant libre pour le service. Il paroîtroit qu'on appela ensuite TricUnium Lunaire ce même lit, ou plutôt système de lits, lorsque, disposé en hémicycle, il entouroit un peu plus de la demi -circonférence d'une table ronde ou ovale. Dans ce cas, l'érudition de Poussin seroit ici un peu en défaut, car la forme du beau TricUnium du Tableau de la Pénitence fait pour Chantelou est rectangulaire. Quant i l'expression cle Sigma , elle a pu désigner l'un et l'autre Tri* clinium, puisque c'est le nom d'une lettre grecqae dont la forme a été successivement rectangulaire et arrondie. Triclinium a signifié aussi, par extension, la salle où l'on mangeoit. — Vabin (Jean) ou Warin, Peintre, Sculpteur, et surtout trèshabile Graveur en naédailles, Intendant des Bâtiments et Directeur de la Monnoici Ne à Liège en 16049 ^ fut reçu à l'Acadéniie en. i665, et mourut en 167a. — Youet (Simon), dont il est question page 27 , fut un des chefs de la faction qui , par ses intrigues , détermina Poussin à quitter la France. Il étoit né à Paris eh 1589. Il se rendit en Italie en 16 10, passa onze ans à Rome, et revint en France en 1627, avec le titre de premier Peintre du Roi. Il y fut le chef de la première grande École des Beaux -Arts que nous ayons eue. Parmi ses élèves on compte Le Brun, Le Sueur, Bourdon, Mignard, Le Nôtre, Dufresnoy, etc. Youet, attaqué d'une maladie de langueur qui consuma lentement ses forces , mourut en 16499 et non en 16419 comme le disent beaucoup de

. biographes', ce qui ne lui auroit guère laissé le temps de former une ligue contre Poussin. — 'Wibert (Remy), Peintre. Cet ami de Poussin étoit Champenois et élève de Youet.

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