Tome II, pages 356 et
En septembre 1649, Poussin écrit au même J. Stella , au sujet d'un tableau représentant Moïse frappant le rocher , qu'il avoit fait pour lui s
« Qu'il a été bien aise d'apprendre qu'il en étoit « content, et aussi d'avoir sft' ce qu'on en disoit. ^ Et comme on avoit trouvé à redire sur la profondeur du lit où l'eau coule, il ajoute : « qu'on ne « doit pas s'arrêter à cette difficulté. Qu'il est bien a aise qu'on sache qu'il ne travaille pas au hasard, i( et qu'il est en quelque manière assez bien in- « struit de ce qui est permis à un peintre dans « les choses qu'il veut représenter, lesquelles se « peuvent prendre et considérer comme elles (c ont été , comme elles sont encore , ou comme
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« elles doiveut être. Qu'apparemment la dispocc sition du lieu où ce miracle se fit, devoit être ic de la sorte qu'il l'a figuré; parce que autrement A l'eau n'auroit pu être ramassée , ni prise pour s'en ^ servir,dans le besoin qu'une si grande quantité de a peuple en avoit , mais qu elle se seroit répandue « de tous côtés. Que si , à la création du monde , b « terre eût reçu une figure uniforme , et que les eaux a n eussent point trouvé des lits et des profondeurs , « sa superficie en auroit été toute couverte , et par V, conséquent inutile aux animaux. Mais, dès le « commencement, Dieu disposa toutes choses avec « ordre et rapport à la fin pour laquelle il perce fectionnoit son ouvrage. Ainsi, dans des évé- K nemeiits aussi considérables que fut celui du « frappement du rocher , on peut croire qu'il ar- « rive toujours des choses merveilleuses : de sorte a que n'étant pas aisé à tout le monde de bien a juger, on doit être fort retenu, et ne pas dé- (c cider témérairement. »