DE NOYERS
François Sublet De Noyers , Baron de Dangu , Ministre et Secrétaire ()'État du Département de la Guerre , et en même temps Surintendant des Bâtiments , Arts et Manufactures , prit une part importante à l'Administration du Cardinal de Richelieu , surtout pendant les dernières années de ce célèbre ministère. Il a voit été successivement Trésorier de France à Rouen, Contrôleur-Général des finances sous M. de Champigny, son oncle, qui en étoit alors Surintendant, Intendant des finances > et enfin Intendant des armées. £n i636, à la retraite de M. de Servien , il fut fait Secrétaire d'État au Département de la Guerre; en 1687, Capitaine et Concierge de Fontainebleau; en i638, à la mort du Président de Fourcy,- Surintendant des Bâtiments. Le 10 avril 1643, très-peu de temps après la mort de Richelieu dont il avoit eu toute la confiance. De Noyers, qui s'étoit attaché à la Reine, quitta assez brusquement la Cour, et se retira à sa terre de Dangu. Il croyoit être rappelé sous la Régence; il fut oublié, et garda seulement la place de Surintendant des Bâtiments. Deux ans et demi après sa retraite, le ao octobre i645. De Noyers mourut à Dangu : son corps fut transporté à Paris, et enterré dans l'église du Noviciat des Jésuites , qu'il avoit fait bâtir à ses frais, et dont Poussin avoit, en 1642, décoré le maître-autel du tableau représentant un miracle de Saint François Xavier. Il fut remplacé dans le département de la Guerre par Michel Le Tellier, qui, dans la suite, eut pour adjoint, puis pour successeur, son fils le Marquis de Louvois.
Le .choix de Richelieu doit faire supposer des talents à De Noyers ; la variété de ses occupations prouve son activité. Le Ministre de la Guerre entretenoit six armées et fortifioit nombre déplaces, tandis que le Surintendant des Bâtiments agrandissoit et embellissoit plusieurs maisons royales; qu'il envoyoit en Italie chercher de bons modèles et d'habiles artistes; qu'il entreprenoit de terminer et de décorer le Louvre; qu'il y plaçoit la Monnoie sous la direction de Varin, qui y fit ses beaux coins et dirigea Tutile refonte de i638; qu'enfin dans le même palais , il fondoit à grands frais 11mprimerie Royale, ce magnifique établissement qui, grâce aux soins réunis de Sébastien Cramoisy et de Raphaël Trichet Dufresne , déploya dès son origine une telle activité qu'il en sortit, en deux ans, 70 volumes in-folio , grecs , latins , françois et italiens. Les Lettres de Poussin nous offrent une preuve nouvelle qu'au milieu des travaux de l'Administration , et sans doute des intrigues de la Cour, De Noyers a voit conservé un véritable goût pour les Arts et pour les Lettres; qu'il se faisoit un mérite, peut-être même un devoir, d'accueillir, de rechercher, de protéger ceux qui les cultivoient avec quelque éclat. Son administration signale en quelque sorte les commencements de cette noble et féconde alliance entre le pouvoir et les talents , qui a donné au règne suivant une si grande illustration.