‹ Collection de lettres [ed. by A.C. Quatremère de Quincy]Chapitre 28 sur 28 · FRANCE · texte numérisé non relu

FRANCE

N. Poussin, amené en France par MM. de Chaoteleu et de Chambray, quitta Rome vers la fin de 1640. I^a lettre dans la

'i*]! LETTRES

quelle il annencc au Commandeur Del Pozzo son arrivée à Paris, page a5, est du 6 janvier 1641; la dernière des lettres qu'il y a écrites, page 1 1 4 , est du ai septembre 164a ; celle qui suit, page 117, est datée de Rome le i" janvier 1643 : ainsi son voyage en France dura près de deux ans. Ce sont les deux dernières années du ministère de Richelieu et du règne de T^uis XIII. Dans une lettre du 17 janvier 164a , Poussin parle, page 71, fies f;randes affaires qui occupaient alors le Gouvernement; et en effet, dans ce moment, où Louis XIII et son Ministre, Tun et Tautre presque mourants, partoient pour le Roussillon , dont ils dévoient achever la conquête dans cette campagne, et pour la Catalogne , qui s'était donnée au Roi, et que les maréchaux de Brezé et de la Mothe défendoientconti^e les Espagnols , la France avoit encore sur pied quatre autres armées : une en Allemagne, sous le Comte de Guébriant; deux en Picardie et en Champagne, sous le Comte d'Harcourt et le Maréchal de Guiche; enfin une en Italie , sous loDuc de Bouillon. Si Ton ajoute à l'entretien et à la direction de tant de forces militaires, les soins de l'administration intérieure, la conduite des négociations en Allemagne, enfin la surveillance des intrignes de la Cour et des complots avec l'Étranger, on conviendra que Richelieu et De Noyers avoient alors peu de temps à donner à ce que Poussin appelle les choses curieuses^ page 71. Au milieu de la campagne de 1642, Richelieu, malade à Tarascon, découvrit le traité conclu avec l'Espagne par Monsieur, Gaston, Duc d'Orléans. Cette conspiration porte le nom de Cinq-Mars, parce qu'elle coûta la vie à ce jeune farvori : H fut décapité à Lyon le 7 septembre. C'est lui .qui, l'année précédente, avoit introduit Poussin chez le Roi, et qu'il appelle, page 25, M. Le Grand, titre que portoit à la cour le Grand Écuyer.

Pendant que Poussin retoumoit en Italie, le Cardinal de Richelieu terminait sa carrière (le 4 décembre 164a), et Mazarin entroit au Conseil; à peine -étoit-il de retour à Rome, ifiie Louis XIII suivoit au tombeau son célèbre Ministre ( le i4

DE t^OUSSlN. 373

mai 1643). La Régence d*Anned* Autriche commença, c'est-àdire le ministère du Cardinal Mazarin, qui se prolongea jusqu'au 9 mars 1661, époque de la mort du successeur de Richelieu. Sous ce ministère, la France continua la guerre, en Allemagne, contre l'Empereur, jusqu'à la paix de Munster, conclue en 1648; en Espagne, en Italie et dans les Pays-Bas, contre la branche Espagnole de la Maison d'Autriche, jusqu'à la paix des Pyrénées, conclue en 1659 : elle fut de plus, pendant près de cinq ans, 1648 à i653, presque continuellement agitée par des dissensions civiles qui ont reçu les noms de Guerre de Paris et de la Fronde. Les lettres de Poussin contiennent beaucoup de passages qui se rapportent à ces événements : nous choisissons les plus intéressants pour y joindre quelques notes.

' Faits de Guerre. Page 1 54 , Marques signalées d'estime données au Vicomte de Turenne et à M, de Gassion, Tous deux furent faits Maréchaux de France en 1643 : M. de Gassion, pour avoir contribué au gain de la célèbre bataille de? Rocroy, donnée le 10 mai, et ensuite à la prise de Thionville; M. de Turenne, pour s'être distingué, dans le Milanois, pai* la prise de Trino : il avoit 32 ans, et servoit sous le Prince

Thomas de Savoie. — Page 169, La perte de M. de et de

son armée. Le nom resté en blanc , probablement parce que le copiste, qui a estropié presque tous les autres, ne put pas du tout lire celui-là, doit être celui du Maréchal de Guébriant, qui fut blessé à mort au siège de Rotweil, le 19 novembre 1643. Six jours après, l'armée françoise, qui se trouvoit sous les ordres de Rantzavt^, fut défaite à Tudelingen, et obligée de se mettre à couvert en-deçà du Rhin. Turenne vola à son secours; il la remit sur pied, lui fit repasser le fleuve, et , réuni au Duc d'Enghien , il alla attaquer et battre Merci à Fribourg, les 3, 5 et 9 août 1644* Poussin, dans sa prévoyance, applique donc ici avec beaucoup de justesse le mot connu de Thémistocle. — Page 192, Les revers du Maréchal de la Mothe en Catalogne, Ce Maréchal.commandoit une ar-

3^4 LETTRKS

mée en Catalogne depuis 164 1 : ii y fut battu par les Espagnols , qui prirent Lérida et firent lever le siège de Tarragone. Comme il étoit Tami de De Noyers, qui n'aroit pas encore voulu se dé* faire de sa charge de Secrétaire -d'État, Le Tellier le fit conduire à Pierre- Encise , et le poursuivit avec acharnement de Tribunaux en Tribunaux : justifié par le Parlement de Grenoble, il sortit enfin de prison en 1648. — Page 19a , Gntpe-

Unes (usiégé par notre armée surnommée la Dorée Bruà

entre les Maréchaux de Gassion et de la Meilleraie, Cette armée, surnommée la Dorée parce que la plus haute noblesse du royaume s'y trou voit, étoit commandée par Gaston, Duc d'Orléans. Gravelines fut pris après s'être vaillamment défendu pendant deux mois. La mésintelligence entre Gassion et la Meilleraie, qui avait éclaté dès le commencement du siège, en vint au point, lorsqu'il fut question de prendre possession de la place, que les deux corps de troupes qu'ils commandoient alloient se charger, si Gaston ne leur eût fait défendre d'obéir à leurs chefs. — Pages a46 et 24^9 Siège d'Orbitelh, Mazarin, voulant inquiéter le Pape en portant la guerre dans son voisinage, fit assiéger Orbitello, sur la côte de Toscane, qui appartenoit aux Espagnols. Le Prince Thomas commandoit l'armée de terre , le Duc de Brezé celle de mer. Pûnentel vint au secours de la place avec la flotte espagnole , et un combat s'engagea le 4 juin 1646 : Brezé y fut tué à 27 ans. Les François s'attribuèrent la victoire, mais leur flotte retourna en Provence, et le Prince Thomas leva le siège d'Oil>itel1o. — Page i5i. M, de la MeUleraie bat la forteresse de Forîo- Longone, L'échec d'Orbitello fut réparé peu de temps apr^ par la prise de Piombino sur la côte de Toscane, et de Porto- Longone dans l'île d'Elbe : ces deux places se rendirent, les 8 et 29 octc^re 1646, aux Maréchaux de la Meilleraie et do Plessis. Les Espagnols les reprirent toutes deux en i65o, page 3i5, mais la seconde leur coûta 47 jours de siège. La conquête de Porto-Longone intéressoit particulièrement Innocent X, parce que Ludovisi, son neveu, avoit 4e domaÎDe

Utile de Tîle. — Page aga, Notre armée navale passa hier à Fiumicint). Cette armée se contenta de tenir la mer le long d6s côtes de l'Italie, et ne fit pas sur Naples la tentative que Poussin appeloit de ses vœux. Mazarin désapprouvoit l'entreprise du Duc de Guise, et n'avoit pas voulu la soutenir en temps utile : on étoit d'ailleurs à la fin d'août, et dès le mois d'avril la révolte de Naples avoit perdu toute son importance. Troubles civils. Dès la première année de la Régence d'Anne d'Autriche, les prétentions de ceux qui se croy oient appelés alors à jouer un rôle, divisèrent la cour en plusieurs partis, et la lutte s'engagea entre eux. Le Duc de Beaufort, surnommé depuis le Roi des Halles^ qui d'abord s'étoit mon> tré très dévoué à la Reine, fut arrêté le a septembre i643, et' conduit à Yincennes où il resta cinq ans; madaftie de Chevreuse fut enveloppée dans sa disgrâce et reléguée à Tours; MM. de Vendôme, chefs du parti que l'on nommoit îes Importants y furent aussi exilés. C'est à ces brouilleries que Poussin fait allusion, aux pages 140, 167 et 173. Les nouvelles de la Cour ne m'étonnent en aucune manière , écrit-il à Chanteloii qui le tenoit, comme on peut en juger, fort au courant de et* qui s'y passoit ; si nous vivons, nous en entendrons bien d'au très : il avoit raison. — Pendant plusieurs années la Cour fut à peu près le théâtre unique des agitations ; mais en 1 64B les factions se recrutèrent au dehors , et le peuple, comme le dit le Cardinal de Retz, entra dans le sanctuaire. Au moment ai\ la France, après tant de sacrifices, concluoit enfin la glorieuse paix de Westphalie, une guerre civile éclatoit dans sa capitale : le tumulte des Barricades eut lieu le 26 août. La Cour , intimidée, crut devoir céder au Parlement, et sa foiWesse enhardit les Frondeurs : un accommodement se fit cependant le 8 octobre. Poussin parle de ces événements aux pages 288 et 292. Le passage, La chute du vilain que vous savez ne me réjouit pas; /attends ce qui suivra, peut se rapporter, soit au renvoi du Surintendant des finances Ëmery, créature de Mazarin , qui disoit franchement que les Surintendants n'étoient

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Jaùs que pour être maudits, et que Ton fut alors forcé de sacrifiera la haine publique; soit encore, et mieux selon nous, à la rupture ouverte 'entre la Reine et son Ministre , et le Coadjuteur de Paris, qui précéda de quelques mois l'explosion des Barricades. Retz avoue, dans ses Mémoires, que du oA mars au a 5 août il dépensa plus de aoo,ooo livres (monnoie actuelle) pour se faire des partisans. Les moeurs et le caractère du Coadjuteur justifient l'épithète par laquelle Poussin le désigne, et l'inquiétude que lui cause sa disgrâce. — 1649. ^^ P^^ nepouvoit être de longue durée : dès la fin de Tannée précédente, les prétentions du Parlement a voient de nouveau poussé à bout la Reine et ses amis. Le 6 janvier, la Cour partit de la capitale et se retira à Saint-Germain. Le Prince de Condé, outré de Vimpertinence de ces Bourgeois, la suivit; et le lende^ main même, avec un assez foible corps de troupes, il commença le blocus de Paris : le 8, il prit Charenton. Son frère, le Prince de Conti, commandoit alors les troupes du Parlement et de la Fronde. La guerre fut courte et presque ridicule ; un accommodement la termina 1^ 1 1 mars. Le Roi rentra dans Paris, le 18 août, avec sa mère, Mazarin et Condé. Tels sont les événements auxquels se rapportent divers passages de la correspondance du Poussin, pages 296 à Soi, 3o4 et 3o5. Généralement ses lettres donnent lieu de penser que , si son correspondant et lui n'étoient pas tout-à-fait opposés à la Cour, ils avoient du moins, comme presque toute la France, une telle aversion pour le Ministre, qu'ils étoient portés à s'intéresser à ses ennemis : celles du 7 février, du 24 mai et du 19 septembre, sont remarquables sous ce rapport : le Cyclope, page 3oo, est bien certainement Mazarin. — Les étranges nouvelles d* Angleterre ^ page 296, sont celles du procès de Charles I" : ce Prince fut décapité le 9 février. La phrase qui suit prouve que Poussin prenoit un assez vif intérêt aux affaires politiques; on a déjà pu s'en apercevoir dans plusieurs autres endroits, et surtout à

la page i53 i65o. Le Prince de Condé mectoit un trop haut

prix à ses services pour ne pas se faire bientôt des ennemis de

ceiix qu'il avoit défendus. Brouillé avec les Frondeurs, il brava Mazarin , se brouilla avec lui 9 et devint chef d'un troisième parti qu'on nomma les Petits-Maîtres, Mazarin le fit arrêter avec le Prince de Conti et le Duc de Longueville, et conduire d'abord à Vincennes , puis au Havre : les Parisiens en firent des feux de joie. Gaston soutint Mazarin ; Turenne se joignit aux Espagnols et fut battu avec eux, à Rethel, par le Maréchal du Plessis. Poussin parle de ces changements dans les affaires, ou plutôt dans les rôles, aux pages 3o7, 3o8, 3io, 3ii,3i5€t3i7. Le passage, H semble que vos prophéties veuillent s* accomplir j page 3o8, indique la chute de Mazarin, que Chantelou regardoit comme devant être la suite de sa rupture avec le Prince de Condé. *— i65i. Mazarin, brouillé de nouveau avec Gaston, alla au Havre délivrer les Princes. Il en fut mal reçu, quitta la France et se retira à Cologne. Le Parlement le bannit du royaume à perpétuité; plus tard il mit sa tête à prix. Condé revint à Paris, y fut accueilli avec des transports de joie, et figura à son tour comme chef de la Fronde, tandis que Turenne, abandonnant les Espagnols, vint défendre la Cour. La correspondance de Poussin ne nous offre qu'un passage sur ces événements, page 3i7 : Vos prophéties sont accomplies,,., mais je crains le retour. On voit qu'il est question de Mazarin, et la crainte de Poussin étoit très-fondée. — Nous ne pousserons pas plus loin notre sommaire de la Fronde , qui est sans objet du moment qu'il ne doit plus servir d'explication aux lettres de Poussin. Depuis i65o, ces lettres deviennent de plus en plus rares; il n'y en a que deux pour i65i, qu'une seule pour i65a, et dans celle-ci Poussin né parle que d'une manière générale de la désolation de la pauvre France, et du refroidissement du goût pour les choses de tArt qui en est la suite, page 3ao. A partir de cette époque, il ne dit plus un mot des affaires politiques. On pourroit croire que les deux correspondants, craignant que leurs lettres ne fussent interceptées, comme il paroît que cela avoit eu lieu précédemment, pages 199 et 3oi, devinrent plus réservés dans leurs confi-

dcnces réciproques, à mesure que le drame approchoit de sa fin; ou peut-être que des lettres écrites par Poussin, lorsque la fortune de Mazarin paroissoit encore chancelante , auront été supprimées, à l'époque où une victoire complète sur ses ennemis rendit le Ministre plus puissant et par conséquent plus redoutable qu'il n'avoit jamais été.

ARTISTES, HOMMES DE LETTRES, ktc.

Angeloni, savant Antiquaire, autefir de plusieurs ouvrages, mort en i65a. Sa proposition fut enfin acceptée, et son livre intitulé j VHistoria Augusta da Giulio Cesare a Cosiantino, parut à Rome en 164 1, avec une Dédicace à Louis XIII, et des vers adressés au Cardinal de Richelieu. Angeloni étoit oncle de Bellori, qui a écrit une Vie de Poussin. — Boccalu» (Trajano), auteur des Ragguagli di Pamaso. Après beaucoup d'éloges de la Tort a , Apollon dit au critique de Guarini, car il n'y en a qu'un : Che egli si fa conoscere per uho di quegli acerbi delrattori^ che accecaiidaU* invidia, biasimavano le cose inimitabili ilegli ingegni straordiaariamente fécondL Centuria P, Ragguaglio XXXI. — Cachet de la Confiance, pages 99 et 200. Selon Bellori, le contemporain, l'ami et l'historien de Poussin, ce cachet exprimoit la disposition morale dans laquelle il se trouvoit lorsqu'il entreprit son voyage en France, qu'il comparoit à une navigation incertaine. Il le fit graver à Paris. On y voyoit la figure de la Confiance, les cheveux épars, tenant des deux mains un navire , avec ces mots : Confidentia N. V» — Ce&xsie&s. t)e n'est pas le père de Cerisiers, Jésuite, auteur de beaueoup d'oii* vrages médiocres. C'étoit, à ce qu'il paroit , un Négociant de Lyon, grand admirateur des talents de Poussin qui fit pour lui plusieurs tableaux, notamment les deux beaux Paysages où l'on porte le corps et où l'on recueille les cendres de Phocton. — Chapeon, ou plutôt Chaperon (Nicolas), Peintre et surtout Graveur, élève de Vouet. Il fit un long séjour à Rome, et y

grava les Loges du Vatican, connues sous le nom de Bible de Raphaël.^- Charmois (Martin De), Conseiller-d'État, amateur des beaux-arts, un des fondateurs de rAcadcmie royale de Peinture. Ce fut lui qui, en 1648, rédigea avec Le Brun et présenta au Ck)nseil de régence une recfuéte ayant pour objet de soustraire les artistes à la juridiction des Officiers de Maîtrise. Le Conseil y fit droit aussitôt, et des lettres-patentes instituèrent l'Académie. De Charmois en fut le premier Chef; le Brun remplit la première place parmi les douze membres du conseil que Ton nomma Anciens. Après quinze ans d'une existence assez précaire et d'une activité souvent interrôm pue, l'Académie royale reçut, en i663 , une organisation toutà-fait nouvelle et fut installée au Louyre. De Charmoiê ne fit point partie du nouveau corps; il étoit mort en 1661. «-7 Chiego, Peintre napolitain. Nous avons lu ainsi ce nom, qui seroit alors un diminutif de Francesco, A. Félibien a lu Ciccio, et il avoit le double avantage d'être un contemporain, et d'avoir sous les yeux les lettres originales de Poussin. Ajoutons que F. iSolimène, Peintre célèbre, s'appeloit aussi Ciccio, qu'il étoit Napolitain, fils d'un peintre, et né en 1657. — DoMiNiQux (Jean), Peintre de Paysages, élève de Claude Gelée, dit le Lorrain. — Duf&esne (Trichet), fut le premier Directeur de l'Imprimerie royale. Il étoit renommé par la variété de ses connoissanocs. Après avoir suivi à Rome la Reine Christine, en qualité de Bibliothécaire, il revint en France, et mourut à Paris en 1661. Poussin a fait pour lui plusieurs tableaux. — ërrard (Charles), Peintre d'Histoire. L'un des fondateurs de l'Académie en 1648, il en fut le premier Recteur en i655. On l'envoya à Rome en 1666, pour diriger l'Académie de France qui venoit d'y être établie; il en revint en 1673, y retourna deux ans après avec le même titre de Directeur, et enfin y mourut en 1689, ^S® ^^ ^^ *^- — Ferrari (Jean-Baptiste), Jésuite, mort en i655. Moins heureux qu'Angeloni, il n'obtint pas la permission de dédier à Louis XIII son livre intitulé : Hesperides, sive de maloram

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aureorum culiurd, qui ne parut à Rome qu*en 1646. C'est, sous une forme mythologique assez bizarre, un traité des orangers et de leur culture en Italie. Parmi les nombreuses planches que contient cet ouvrage, il y en a une gravée par C Bloemaert, d'après Poussin : à la page qui suit (99), l'auteur célèbre les talents de ce grand peintre, que Louis 1^1, dit-il, a appelé près de lui, né Gallico Alexandro suus deesset Apelles. — Foucquet (Yves). C'étoit le troisième des cinq frères du Surintendant, qui avoit de plus six sœurs. U étoit Conseiller au Parlement, et mourut fort jeune. Nicolas Foucquet avoit été nommé Surintendant au conunencement de i653; il fut arrêté le 5 septembre 1661. — Fouquièeks (Jacques), Peintre de Paysages, né à Anvers, élève de Breughel de Velours. Il devoit peindre, dans la galerie du Louvre, des vues des principales villes de France, et par cela seul il se regardoit comme chargé d'en diriger toute la décoration. Ce fut un des plus sots et en même temps un des plus violents adversaires de Poussin. On l'avoit annobli : c'est pour cela, et surtout à cause de sa vanité et de ses grands airs, que Poussin l'appeloit le Baron , titre qui lui est resté. — Dughkt (Gaspard, ou Guaspre dit Poussin), célèbre Peintre de Paysages , élève et beau-frère de Poussin , qui épousa sa sœiir en 1629, naquit à Rome, en i6i3, d'une famille originaire de Paris. Il accompagna Poussin dans son voyage en France, et mourut à Rome en 1675 : c'est de lui qu*il est question aux pages 57, 77, 343. Un second Dughet (Jean), également beaufrère et élève de Poussin , s'est fait connaître comme graveur. Poussin, dont il a gravé beaucoup d'ouvrages , parle de lui, page i35; c'est encore lui qui répond à Chantelou, page 357.— Herman van Swanevelt, pages 4^ et 5i, Peintre de Paysages. Il fut reçu à l'Académie royale en i65i. — Le Maire flean). Peintre d'Histoire, né en 1597. Il alla fort jeune en Italie, et passa près de vingt ans à Rome-, où il se lia intimement avec Poussiû. De retour en France vers i635, il fut nommé peintre du Roi et logé dans un pavillon des Tuileries. Il mourut en

DE POUSSIN. 38l

1659, à Gaillon, où il s'étoit retiré. — LrMaire (François), Peintre de Portraits, né en 1620, reçu à rAcadéraie eu i656, mort eu 1688. Poussin, qui Temployoit à Rome à faire des copies , l'appelle le petit Le Maire, pour le distinguer de son vieil ami. — Le Mercier (Jacques), premier Architecte du Roi, mort en 1660. Poussin changea totalement le système de décoration adopté par Le Mercier pour la galerie du Louvre, et il en donne lui-même les raisons aux pages 90 et suivantes. L'architecte, offensé, se ligua avec la plupart des artistes qui travailloient sous ses ordres , pour décrier les projets et les travaux du peintre son successeur. — Le Vau (Louis), page i4i, premier Architecte du Roi, mort en 1670, à 58 ans. 11 a travaillé aux Tuileries et au Louvre; il a fait aussi les dessins du collège des Quatre-Nations , que Dorbay, son élève , a exécutés. — LiGORio (Pirro), Peintre, Architecte et Antiquaire du 16® siècle, mort en i583. Les manuscrits dont il est question, pages 68 et 86, forment 3o volumes in-folio. Ils furent achetés 1 8,000 ducats par le Duc de Savoie , et ils sont encore aujourd'hui dans la Bibliothèque de Turin. On en trouve la description dans le tome II des manuscrits de cette Bibliothèque. — LuMAGNE (De), riche Banquier de Gènes, amateur de peinture , dont il reste un beau portrait peint par Vandyck. Poussin a fait pour lui plusieurs tableaux, notamment le grand Paysage où l'on voit Diogène brisant sa coupe. — Mauroy (De), Intendant des Finances. Poussin a fait pour lui divers ouvrages, entr'autres la Nativité, dont il est question page 3ip. — Mellan (Claude), habile Graveur, né à Abbeville en 1601, mort à Paris en 1688. — Mignard (Pierre), Peintre célèbre qui, en 1690, succéda à Le Brun dans la place de premier Peintre du Roi : il est mort en 1695, âgé de 84 ans et demi. Arrivé à Rome en i636, il y resta plus de vingt ans , s'y maria , et ne revint en France qu'à la fin de 1657. Mignard ne fut reçu à l'Académie de Peinture que lorsqu'il s'y présenta comme [Premier Peintre : il n'avoit pas voulu y entrer du vivant de Lo Brun , pour n'y pas être le

second. Il fut un des six premiers membres de rAcadémie d'Architecture, fondée en 1671. — Montmort (Madame de), pages ^27, 828, 333. Elle épousa en i658 M. de Chanteiou , le correspondant et l'ami de Poussin. — Naudé (Gabriel), pages 99 et 106, Médecin et savant Bibliographe, né en 1600, mort en i653. Ck)nduit à Rome en 16B1 par le Cardinal de Bagni, il revint en France en 1642, s'attacha, comme Bibliothécaire, au Cardinal Mazann, et forma pour lui la belle bibliothèque que , malgré toutes ses instances, le Parlement de Paris fit vendre en 16 Sa, au moment où le Cardinal sortoit de France pour la seconde fois. — Nice- RON ( Jean-François ) , page 106, Minime » a composé sur l'Optique plusieurs ouvrages estimés de -son temps* Après avoir été deux fois envoyé à Rome par son Ordre , il est mort à Aix en 1646, âgé de 33 ans. — Nocret (Jean), Peintre et Valet de Chambre du Roi, né à Nancy, élève de Du Clerc. Il fut reçu à l'Académie en 166 3, et mourut en 1672, étant adjoint à Recteur. — Passart, d'abord Auditeur, puis Maître des Comptes , page 46. Poussin a fait pour lui plusieurs ouvrages : en 1 63 4, le premier tableau de Camille renvoyant les enfants des Falisciens, plus petit que le second; en i65o, une Femme au Bain; en i658, un grand Paysage où Ton voit Orion aveuglé par Diane. — Poilly (François de), Graveur célèbre, né à Abbeville en 1622. Il alla à Rome en 1649» ^^ y resta sept ans : il est mort à Paris en 1693. — Poiwtkl. Ce bon ami à qui Poussin envoya aussi, en i65o, son portrait peint par lui, page 3i2; ce correspondant qu'il nomme si souvent , et à qui il écrivit peut-être autant de lettres qu'à Chanteiou., paroît avoir été un riche banquier de Paris. On voit , page 211, que conduit en Italie probablement par lé goût des arts, il eut la pensée de s'établir à Rome et d'y faire la banque. Poussin a fait pour lui un grand nombre d'ouvrages capitaux. £n relevant seulement ceux que cite Félibien, on trouve : en 1647, le tableau de Rebecca et celui de Mo'ise, qui excitèrent la jalousie de Chanteiou; en 1648 et 1649» le

Paysage de Polyphème, la Vierge aux dix figures, le Jugement de Salomon; en i65i, deux Paysages, l'Orage, et le Temps serein; en i653, Notre Seigneur et Magdeleine. — Poissant (Thibaut), Sculpteur et Architecte, né à Abbeville en i6o5. 11 fut nommé, en i663, Conseiller de TAcadémie, et mourut en 1668. Son nom, mal lu ou mal écrit par le copiste des lettres originales, a été changé en Perkuiy aux pages 41

et 5o Renard. Ce n'est pas Renard de Saint-André, Peintre

et membre de rAcadémie, mort en 1667 ; c'est un particulier, alors fort connu comme amateur de belles choses, page 3îi. Le Roi lui ayant donné, en i63o, un terrain compris aujourd'hui dans celui des Tuileries, il y bâtit une maison entourée d'un très-joli jardin, dont il est question dans les Mémoires du temps. L'enclos de Renard fut payé 60,000 francs par Colbert, lorsqu'en 1668 il donna au jardin des Tuileries sa forme actuelle — Scarron (Paul), né en 1610, mort en 1660. Son nom et ses ouvrages ne sont pas encore oubliés ; mais on ne sait pas généralement que, dans sa jeunesse, il avoit cultivé la peinture avec assez de succès, et que c'est à Rome, en 1G34, qu'il fit la connoissance de Poussin, et qu'il prit pour ses ouvrages le goût assez remarquable qu'il conserva depuis.

— Stella (Jacques), Peintre du Roi, fils et petit -fils de peintre, naquit à Lyon en iSgô, et mourut à Paris, aux galeries du Louvre, en 1657. Arrivé à Rome en i523, il y passa onze ans , et y contracta avec Poussin une liaison intime qui a duré tout le reste de sa vie. Poussin a fait pour Stella im grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on cite Apollon et Daphné, Danaë, Vénus et Énée, Moïse exposé sur les eaux, le Frappement du Rocher, la Naissance de Bacchus.

— Testament, page 345. Poussin y donna à ses deux beauxfrères le tiers de son bien , qui montoit à environ 1 5,ooo écus romains; et laissa les deux autres tiers à un neveu à lui, page 349, et à une nièce, qui habitoient les Andelys. — Thou ( Jacques -Auguste de), pages i83 et suivîintes, Président (les Enquêtes au Parlement de Paris, et de))uls Ambassadeur

on Hollande. Il éloit frère de rinfortuné de Tliou , décapité en i64î* avec Cinq-Mars. — Triclinium, pages 186 et aBg. L*étymologie de ce mot en indique la signification. On ap> \ peloit ainsi chez les Romains les trois lits réunis que 1 on plaçoit autour de trois des côtés d'une table à manger, le quatrième côté restant libre pour le service. Il paroîtroit qu'on appela ensuite TricUnium Lunaire ce même lit, on plutôt système de lits, lorsque, disposé en hémicycle, il entouroit un peu plus de la demi -circonférence d'une table ronde ou ovale. Dans ce cas, l'érudition de Poussin seroit ici un peu en défaut, car la forme du beau Triclinium du Tableau de la Pénitence fait pour Chantelou est rectangulaire. Quant à l'expression de Si^ma , elle a pu désigner l'un et l'autre Triclinium, puisque c'est le nom d'une lettre grecque dont la forme a été successivement rectangulaire et arrondie. Triclinium a signifié aussi, par extension, la salle où l'on mangeoit. — Varin (Jean) ou Warin, Peintre, Sculpteur, et surtout trèshabile Graveur en médailles. Intendant des Bâtiments et Directeur de la Monnoie. Né à Liège en 1604, il fut reçu à TAcadémie en i665, et mourut en 1672. — Vouet (Simon), dont il est question page 27 , fut un des chefs de la faction qui, par ses intrigues, détermina Poussin à quitter la France. Il étoit né à Paris en 1589. Il se rendit en Italie en 1610, passa onze ans à Rome, et revint en France en 1627, avec le titre de premier Peintre du Roi. Il y fut le chef de la première grande École des Beaux -Arts que nous ayons eue. Parmi ses élèves on compte Le Brun , Le Sueur, Bourdon, Mignard, Le Nôtre, Dufresnoy, etc. Vouet, attaqué d'une maladie de langueur qui consuma lentement ses forces , mourut en 1649, et non en 1641, comme le disent beaucoup de biographes , ce qui ne lui auroit guère laissé le temps de former une ligue contre Poussin. — Wibert (Remy), Peintre. Cet ami de Poussin étoit Champenois et élève de Vouet.

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