ITALIE, PAPES
N. Poussin vint à Rome au tonunencement de Tanné^ i6a49 et y mourut pendant l'automne de Tannée i665; ainsi il y passa près de 4^ ans, sauf le temps de son voyage en France, et y vécut sous le Gouvernement de trois Papes, Urbain VIII, Innocent X, et Alexandre VIL
Urbain VII, Maffeo Barberini, d'une famille noble de Florence, fut élu le 19 juillet i6a3, n'ayant encore que 55
DE POUSSIN. 36q
ans, et moiirul le 29 juillet i6/|4 : c'étoit alors le Pape qui avoit régné le plus long-temps, comme le remarque Poussin, qui parle d'Urbain VIII aux pages 162 , 1 78 , 1 76 , 184 et 199. Il éleva à la dignité de Cardinaux , son frère qui vécut dans la retraite, et ses deux neveux Antoine et François Barberini , qui prirent une part importante aux affaires , le premier conune Camerlingue et Surintendant des finances, le second comme Vice-Chancelier. Urbain combla d'honneurs et de richesses les autres membres de sa famille , et le pouvoir des Barberini , affermi par une longue possession , devint absolu dans Rome, et redoutable dans toute l'Italie. Poussin fut spécialement protégé par le Cardinal François, pour lequel il fit plusieurs ouvrages; il en parle aux pages ij^7 et 191. Un des événements les plus importants du Pontificat d'Urbain VIII, lequel a duré ai ans, et n'a été pour Rome ni sans éclat ni sans utilité, fut la guerre contre le Duc de Parme, qui éclata en 1642. Les Vénitiens, le Grand-Duc de Toscane et le Duc de Modène conclurent une ligue avec le Duc de Parme pour résister à Urbain, ou plutôt à ses neveux : la médiation de la France procura une paix passagère en 1644. Poussin parle de cette guerre, onéreuse aux Romains et par conséquent désapprouvée par eux, aux pages i37, 141, 170, 176 et 1 94. — Monsignor Mazzarini, dont il est question page 68, est notre Mazarin, depuis Cardinal et premier ministre : il étoit alors Vice- Légat à Avignon. Le Père Mazzarini, page 97, étoit frère du Ministre; de Dominicain il devint Archevêque d'Aix, puis Cardinal, et mourut en 1648. — Le Cardinal de Lyon, page 184, étoit lé frère aîné du Cardinal de Richelieu. Il fut d'aboi-d Archevêque d'Aix, puis Archevêque de Lyon, enfin Cardinal en 1629; il est mort en 16 53.
Innocent X succéda, le 1 5 septembre 1644, à Urbain VIII. Il se nommoit Jean- Baptiste Panfili, et appartenoit à une famille noble de Rome : il mourut le 7 janvier i655, à l'âge de 81 ans, après en avoir régné onze. Porté au Pontificat par l'influence du parti Espagnol , Innocent X se montra toujours
Sto lettrks
poil aHectionué aux Françob et surtout fort ennemi de Mazarin. Poussin , qui avoit d'abord bien auguré du changement de règne, page 199, revint assez promptement de son erreur, comme on le voit aux pages 225 , 229 et 233. Les Barberini avoient puissamment contribué à l'élection du nouveau Pape, mais ils ne tardèrent pas à s'en repentir. Poursuivi judiciairement, le Cardinal Antoine s'échappa de Rome à la fin de 1646, et se réfugia en France; son frère l'y suivit bientôt avec le reste de sa famille. Mazarin accueillit généreusement les deux Cardinaux fugitifs, tandis qu'Innocent X lançoit une bulle contre eux et séquestroit leurs biens : par la suite ils se reconcilièrent avec le Pape. Poussin fait allusion à ces événements aux pages 228, 23o et 236. — Le Cardinal- N^eu Panfili, dont il est question aux pages 225 et 236, ayant résigné son chapeau pour épouser secrètement une Princesse de Rossane, fut banni de Rome en 1646 Les turbulem-
ces dont Poussin parle à la page 245 , et qui lui causèrent tant d'effroi , furent occasionnées par une tentative d'assassinat que le parti Espagnol fit contre la personne de !Nicolas Monteiro, chargé des affaires de Portugal. Depuis 1640, les François se regardoient, à Rome et ailleurs, comme les alliés obligés des Portugais : les Espagnols eurent le dessous dans le combat qu'ils avoient provoqué , et le Pape , irrité , ordonna à leur ambassadeur de sortir de Rome. — En 1647, une révolte terrible éclata à Naples : elle avoit pour chef le célèbre Mazaniello. Étouffée au bout de quelques jours, elle éclata de nouveau deux mois après, et se montra beaucoup plus redoutable. Le Duc de Guise, qui étoit venu à Rome pour y demander la dissolution de son mariage avec la Comtesse de Bossu , appelé à Naples comme chef de la nouvelle république , s'y rendit le i5 novembre 1647 ; mais il ne pouvoit s'y soutenir sans des secours étrangers , et Mazarin ne lui en envoya point. Le 6 avril suivant, ses troupes ayant été battues et mises en fuite par les Espagnols, il fut fait prisonnier et envoyé en Espagne, 011 il resta jusqu'en i652, que le Prince de Condé obtint sa
liberté. Poussin parle de ces événemens aux pages 274» ^96 et 3oi. — En 1649, Innocent X renouvelî^ la querelle de son prédécesseur avec le Duc de Parme Farnèse ; il envoya une armée pour s'emparer du Duché de Castro, fit raser la ville de ce nom , et prononça la confiscation du Duché. Il est question de cette guerre aux pages 3oi, 3oa et 3o4. — Le passage, « on va mener en Espagne la nouvelle épouse », page 3oi,se rapporte au mariage de Philippe IV avec l'Archiduchesse Marie- Anne , fille de l'Empereur et d'une sœur de Philippe : celui qui suit, à la même page , « les Italiens mettent Jules au-dessus de César », semble désigner notre Premier Ministre Jules Mazarin.
Alexandre YII, Fabio Chigi, noble Sieunois, succéda à Innocent X le 7 avril i655, et mourut le 2a mai 1667, ^^ de 69 ans, après en avoir régné treize. Sous son Pontificat, le parti François et le parti espagnol continuèrent à Rome à se disputer la supériorité; mais le crédit du premier y alloit croissant sensiblement, à mesure que la puissance de la maison d'Autriche déclinoit en Europe. Alexandre VU aimoit peutêtre encore moins que son prédécesseur les François, et surtout Mazarin, mais il étoit forcé de les ménager davantage. Sous ce Pontificat, les lettres de Poussin deviennent de plus en plus rares, et il n'y parle qu'une seule fois des affaires de Rome et de l'Italie; c'est aux pages 343 et 344* H y est évidemment question des suites de l'attentat commis par la Garde Corse contre le duc de Créqui, Ambassadeur de France, attentat dont Louis XIV exigea une réparation si éclatante. Il avait eu lieu le ao août i66a, et le différend entre la France et Rome qui s'ensuivit , ne f&t accommodé que le aa février 1664.