TOME Il
pierres minces et longues de 12 à 13 d. mn.
(3 pi. 8 po. à 4 pi.) Les grès et les schistes se prêtent à cet usage.
EHRSIT
face 5 décimètres (18 po.) à la base, allant en diminuant jusqu'au sommet qui aura 4 décimètres (15 po.) d'épaisseur, en conservant la perpendicularité dans l’intérieur. On ménage dans le fond une petite inclinaison vers le robinet, afin de faciliter l'écoulement du liquide. L
Une bonne manière de construire ces cuves, et de leur donner une grande solidité, en les rendant imperméables, c’est de les faire en béton, genre de travail qui est malheureusement trop négligé parmi nous, et qui trouverait une foule d'applications utiles. La nature de cet ouvrage ne me permettant pas d'entrer dans tous les détails qu’exige la description de cette espèce de bâtisse, je renverrai dans cette circonstance, comme dans plusieursautres, aux gens de l’art, ou aux ouvrages qui traitent spécialement de ces sujets. Je me contenterai de faire observer qu’on ne peut avoir une construction bien conditionnée, qu’en employant de bons matériaux, et en leur donnant une bonne manipulation. 1l faut, par exemple, avoir des briques bien cuites, un sable quartzeux qui ne contienne pas de terre, ou bien le laver à grande eau, s’il en est imprégné. La chaux maigre est infiniment préférable à la chaux grasse. Le mortier employé dans le béton doit être très-sec, de manière qu’il présente une pâte dure lorsqu'on le pétrit entre les mains. Les couches qui se forment dans l’encaissement, les unes après les autres, à la hauteur d’un décimètre, seront fortement comprimées par le battage, et le travail sera exécuté avec promptitude pour que ces couches n'aient pas le temps de se dessécher. On aura soin de les tenir humides avec de la paille mouillée, pendant la suspension du travail, et
de les arroser avec du lait de chaux, lorsqu'on les superposera les unes sur les autres.
Ce genre de cuve peut servir non-seulement pour faire fermenter la vendange, mais aussi pour conserver le vin, au lieu de tonneaux, ainsi que nous le dirons à la fin de cet article; il a l’avantage d’être d’une grande économie, puisqu'il n’exige aucune réparation, et qu'il a une durée indéterminée. Il occupe beaucoup moins de place que les cuves ordinaires, et mérite d'être adopté par tous les cultivateurs, à une époque ou le bois devient rare et dispendieux. On peut construire plusieurs cuves placées longitudinalement les unes à côté des autres, en établissant des murs de séparation. Un autre avantage, c’est de pouvoir les employer comme réservoirs à grains dans les années où la vendange est peu abondante, ainsi que je lai vu pratiquer en Toscane.
Fig. 2. Cuve en maconnerie, sans voûte.
Cette cuve a été dessinée aux environs de Taragone en Espagne. Elle avait 6 mètres (18 pi. 2) de long, sur 4 (13 pi.) de large, et 5 (15 pi. ”,) de profondeur. On les construit ordinairement en brique, ainsi qu’il a été dit dans l’article précédent. Elles sont revêtues de ciment, au lieu de briques vernissées. On fixe dans la partie supérieure des solives A, A, A, sur lesquelles on pose des planches mobiles
| B,B, assez rapprochées les unes des autres, pour | que le jus des raisins puisse tomber seul dans la cuve, lorsqu'on écrase la vendange avec les
pieds. On voit dans l'angle C une espèce de puits formé avec deux planches percées de trous par le bas. Il sert à puiser le vin avec des seaux, dans le cas où le robinet viendraït
| à se boucher. Cette cuve a, aïnsi que la précé- | dente, un robinet D, et une auge en pierre | pour recevoir le vin.
PLANCHE IIT.
Fig. r. Cuve ou citerne à trois divisions pour conserver le vin. Son élévation.
Fig. 2. Son plan. On trouve ces réservoirs dans quelques campagnes de la Toscane. Celui qu'on représente ici était divisé en trois capacités contenant environ quatre mille bouteilles chacune. Leur dimension est de 16 décimètres (4 pi. 11 po.) sur 16. Elles ont à la partie supérieure une ouverture de 6 décimètres (20 po.) en carré, dans laquelle: on fait entrer, après y avoir versé le vin, un couvercle en bois qu’on scelle avec du plâtre. On voit dans la partie antérieure trois ouvertures de 32 centimètres (1 pi.) en largeur, sur 55 (13 po.) en hauteur, ayant un peu plus d'évasement dans l’intérieur que dans la partie extérieure, de manière que la porte qui est taillée en biseau s'adapte parfaitement dans l'ouverture, et est repoussée:en avant par le moyen d’un bâton qu’on fait passer dans un anneau fixé au milieu de cette porte, ainsi qu'on le voit dans le dessin, Trois autres
petites ouvertures, placées à côté des premières, se bouchent avec un bondon, et servent à tirer le vin sans qu'il soit nécessaire d'ouvrir les grandes portes. La hauteur de la cuve, à prendre de la partie inférieure des portes au sommet, est de 22 décimètres (6 pi. 9 po.). Elle est portée sous un soubassement voûté,, haut de 9 décimètres (2 pi. 9 po.). La distance entre chaque voûte est de 45 centimètres (1 pi.”.), et celle comprise entre le sommet de la voûte et le rebord du soubassement est de 27 centimètres (10 po.).
Ces cuves où l'on fait cuver le vin, et surtout où on le conserve, servent aussi, dans beaucoup de circonstances, à conserver les grains.
Fig. 3. Réservoir à conserver le win. 1l a été dessiné en Catalogne, où son usage est établi dans plusieurs endroits. Il a 16 décimètres (4 pi. 1 po.) de profondeur, 16 de large, et 17 (5 pi. 3 po.) de long. Le fond offre une pente pour l'écoulement du vin. Les murailles,
construites en pierres liées avec du ciment, sont revêtues intérieurement et extérieurement d’une couche du même ciment. On pratique dans la partie supérieure une entrée large de 2 décimètres %: (9 po.), sur 3 %, (13 po.) de long, qu’on ferme avec la porte, fig. 5. La face antérieure de la cuve offre deux trous, qu’on débouche lorsqu'on veut faire couler le vin.
Une auge, placée au-dessous du trou inférieur, sert à recevoir la liqueur.
Fig. 4. Représente le plan de la partie supérieure.
Fig. 5. Porte ou couvercle, armée d’un anneau et de deux poignées, dans lesquelles on passe le bâton, fig. 6, qui sert à presser fortement la porte contre les bords de l'ouverture.
Fig. 6. Bâton dont l'usage vient d’être indiqué.
PLANCHE IV
Fig. 1. Pressoir à cage. Ce pressoir est usité en Toscane. Il se compose de deux fortes jumelles carrées, assujéties en terre, et d’une traverse qui les réunit dans la partie supérieure. La hauteur des jumelles, à prendre de la mai du pressoir jusqu’à la traverse, est de 18 d. m. (5 pi. 2), et de 7 d. m. (26 po.) de
. plus jusqu’au sommet. La traverse, percée à son milieu pour recevoir la vis, a 11 d. m. (3 pi. 5 po.) de long sur 4 7. (20 po.) d’équarrissage. La vis a 12 d. m.'2 (3 pi. 10 po.) de long. La cage C, composée de douves amincies sur différentes parties de leurs longueurs, afin de laisser des interstices qui doivent donner passage au suc de raisin, a 1 m. (3 pi. 1 po.) de haut sur 6 d. m. (22 po.) de diamètre. Elle est fixée par des demi-cercles de fer liés ensemble, d'un côté, par des charnières, et terminés, aux autres extrémités, par d’autres charnières qui se ferment par le moyen d’une verge de fer, et qui s'ouvrent lorsqu'on veut retirer le marc du raisin.
Cette cage est posée sur une mai en bois, dans laquelle on pratique un conduit circulaire qui va aboutir au-dessus de la fosse E. C’est dans cette fosse qu’on place le vase destiné à recevoir le moût, après y avoir mis le panier D, dans lequel s'arrêtent les pepins, ou autres parties grossières qui s’'échappent de la cage. Lorsque celle-ci est remplie de raisins, on fait entrer à sa surface la rondelle O, sur la-
quelle on pose le billot, fig. 4, et par-dessus ce dernier, la traverse À, dont les extrémités entrent dans une rainure pratiquée à la partie intérieure des deux jumelles. La petite traverse recoit, dans un trou pratiqué à son milieu, le pivot de la vis, qui se trouve ainsi assujétie. Ce pressoir est employé également à presser les olives.
Fig. 2. Cette figure représente une cage pour contenir le raisin, du même genre que la précédente. On en fait usage dans le royaume de Grenade. Les planches dentelées qui la composent sont maintenues par des portions de cercle de fer de 5 d. m. (8 po.) de large, qui se lient ensemble avec des chevilles de fer. Les cages sont ordinairement divisées en trois portions, et les planches qui les composent sont clouées contre les cercles, de manière qu’en lesrapprochant les unes des autres, et les fixant par le moyen des chevilles, on forme la cage, qui a 4 d. m. (15 po.) de diamètre. Les planches ont 11 d. m. (3 pi. 5 po.) de haut et 12 c. m. (4 po. ;) de large.
Fig. 3. Plateau circulaire qui se place sur les raisins.
Fig. 4. Billot qu'on pose sur le plateau à mesure que les raisins s’affaissent par la pression. On en met plusieurs les uns sur les autres. Il a 4 d. m. (15 po.) de diamètre et autant de hauteur. On lui donne deux anses, afin de pouvoir le saisir plus facilement.
(&) PLANCHE
Fig. 1 et 2. Pressoir à cage. I] diffère des précédens, en ce que les planches sont réunies es unes aux autres avec des charnières. Il est usité en Catalogne. La mai du pressoir est formée par une seule pierre, fig. 2, dans laquelle est creusée une rainure circulaire qui se prolonge au-dessus d’une auge en pierre À au niveau du sol; celle-ci est destinée à recevoir le vin, à mesure qu’il coule du pressoir. La cage est composée de planches unies et d’égales dimensions. Elles ont 4 à 5 c. m.(18 à 22 lig.) delargeur, sur uneépaisseur de 3 c.m. (13 lig.), et elles sont liées les unes aux autres par deux rangées de charnières. Le pressoir est en outre composé de deux jumelles, surmontées d’une traverse portant à son milieu un écrou dans lequel tourne la vis. Lorsqu'on veut presser la vendange, on place la cage dans la rainure de la mai du pressoir, et on la fixe en faisant passer une broche de fer dans les trous des charnières. On peut ainsi ouvrir ou fermer la cage à volonté. On met sur la vendange un plateau circulaire, avec des traverses de bois ou des billots, ainsi qu'il a été dit.
Fig. 3. Pressoir à jumelles vissées. Ce pressoir est employé par les cultivateurs du royaume de Valence. Il est composé d’une mai soutenue par deux tréteaux et deux jumelles taillées en vis. Ces jumelles passent dans des trous pratiqués aux extrémités d’une traverse, qui produit une pression sur la vendange
par le moyen de deux écrous en boïs que l'on fait tourner successivement avec deux bâtons, ainsi qu’on le voit figuré dans le dessin. À mesure que l’on dispose la vendange sur la mai, on l'entoure avec une corde qui sert à la contenir lorsqu'elle est soumise à la pression.
La mai a 12 d. m. (3 pi. 8 po.) de large, la traverse est longue de 13 (4 pi.); les pièces de bois qui portent les écrous en ont 7 à 8 (2 pi. à 2 pi. 6 po.)
Fig. 4. Pressoir en caisse. On en fait usage chez les petits cultivateurs dans le département de la Dordogne. Il est peu dispendieux; il peut être construit facilement, et peut servir nonseulement pour la fabrication du vin, mais aussi pour d’autres usages économiques.
Il est fait en forme de caisse, ayant un fond et quatre côtés en planches qui se lient les unes aux autres par des tenons. Il est soutenu par trois solives posées horizontalement. La pression s'opère par le moyen d’un fort levier B qui se tient à une hauteur plus ou moins grande, par le moyen d’une cheville qui traverse deux montans fixés en terre À. On attache à l’autre extrémité une corde qui se tourne autour de l’axe d’un treuil C, de manière à opérer la pression à mesure que l’on fait tourner celui-ci avec une barre de bois. Après avoir mis les raisins dans la caisse, on les couvre avec des planches et des solives croisées, sur lesquelles doit appuyer le levier.
PLANCHE VI
Fig. 1. Double pressoir. I] se compose de deux pressoirs séparés par une mai, qui sert à jeter la vendange lorsque les pressoirs sont chargés de raisin ou de marc. Ceux-ci étant débarrassés, on y rejette la vendange avec des pelles, ayant soin de couvrir avec des planches la séparation qui se trouve entre Ja mai et l’un
des pressoirs; ce qu’on a indiqué par deux planches qui sont posées sur cette séparation. Ces pressoirs, usités aux environs de Bordeaux, se placent contre les fenêtres d’une muraille, par lesquelles on jette la vendange au moyen d’un conduit en planches, comme on le voit dans le dessin.
Chaque pressoir, ainsi que la mai, ont 26 d. m. (8 pi.) en tout sens, avec des rebords de 3: d. m. (11 po.); ils sont à une ou à deux vis dont le pas a au moins 1 d. m. (3 po. y.) de diamètre sur 9 (25 po.) de longueur, non compris la partie qui est sans pas de vis, longue de 5 d. m. (18 po.)
Lorsqu'on veut presser la vendange, on la couvre avec le plancher A, qui a 17 d. m. (5 pi. 3 po.) dans tous les sens, et qui est garni de quatre chevilles qui servent à le porter, ou à l’attacher, et à l'enlever, par le moyen d’une corde qui passe dans une poulie attachée au plafond, ainsi qu’on l’a représenté dans le dessin. On fait entrer ensuite les deux vis dans les trous de la traverse B, puis deux rondelles C, et enfin l’écrou D, qu’on tourne avec la clef E. Le pressoir à une seule vis, porte sur ses côtés deux jumelles surmontées d’une traverse, recoit la vis, laquelle est mise en action par le moyen d’un levier qu’on fait entrer dans le trou qui se trouve à sa partie inférieure.
Fig. 2. Tonneau à porte. On fait ces portes aux grands tonneaux pour qu’un homme puisse y entrer et les nettoyer. Elles sont d’une seule pièce de bois, et taillées en biseau, de manière qu’on ne puisse les ouvrir qu’en les poussant du dehors en dedans. On les fixe par une traverse de bois qui passe dans deux anneaux de fer, et qui s'applique sur le fond du tonneau.
Fig. 3. Plancher pour écraser le raisin. Il est usité dans le royaume de Grenade : il se compose de fortes planches réunies par des traverses , et de deux anneaux qui servent à le transporter : il a 12 d. m. (3 pi. 8 po.) en tout sens. Après avoir jeté la vendange sur un plan en pierre avec des rebords, on l’écrase avec ce plancher, sur lequel montent des hommes.
Fig. 4. Fouloir pour la vendange. C’est une caisse longue d’un mètre 25 c. m. (9 po.), dont le bord antérieur a moitié moins d’élévation
que les trois autres, afin qu'on puisse y jeter plus facilement les raisins. Les deux extrémités sont garnies d’une porte en coulisse, qu'on ouvre pour rejeter dans la cuve le raisin qu’on a écrasé avec les pieds. Le jus s'échappe à travers les trous pratiqués dans les planches du fond : on a oublié de les indiquer dans la gravure. Le brancard sur lequel la caisse est fixée, sert à la maintenir sur la cuve. En usage dans le département des Pyrénées-Orientales.
Fig. 5. Couloir pour le vin. Cet instrument, employé dans les caves de l’Andalousie , est très-propre à empêcher que le vin qu'on verse dans un tonneau ne trouble par sa chute rapide la lie qui se trouve dans le fond. On le fait entrer par la bonde, où il est retenu par le rebord qu'il porte dans sa partie supérieure. Lorsqu'on y verse le vin, cette liqueur, suivant la ligne courbe, descend avec moins de rapidité, et s'échappe doucement à travers les trous qui se trouvent à la partie inférieure de l'instrument : il est construit en fer-blanc.
Fig. 6. Egrenoir. On en fait usage dans le royaume de Grenade, pour égrener le raisin.
Il est composé de 4 planches larges de 1 c.m. (5 lig.) et assujéties les unes aux autres, ayant une longueur de 12 d. m. (15 po.) Le fond est garni de baguettes en bois, portant 3 c. m (11 lig.) d’équarrissage, et laissant des interstices de : c. m. (5 lig.) On soutient ordinairement ces baguettes par deux traverses plus fortes, qui se croisent.
Fig. 9. Panier pour recevoir le vin au sortir du pressoir. Il est usité aux environs de Bordeaux. Il est soutenu par ses deux bras audessus du vase dans lequel tombe le vin, et il retient les pepins et les pellicules de raisin. Le panier a 28 d. m. (8 pi. 7.) de profondeur, et 4 d. m. (15 po.) sur 3%. d. m. (13 po.) dans les autres dimensions.
PLANCHE VII
Fig. 1. Pressoir à étiquet. Ce pressoir, qui peut servir pour la fabrication du vin comme pour celle du cidre, est le moins dispendieux et le plus commode de tous ceux dont on fait usage. Il occupe d’ailleurs moins de place que les pressoirs à arbres formant levier, avec une cage chargée de pierres. Il donne une aussi forte pression que ceux-ci, et demande moins d'ouvriers pour être mis en action. Il est composé de deux jumelles fixées en terre, liées dans leur partie supérieure par une traverse et une grosse pièce de bois dans laquelle est creusé l'écrou. La vis qui traverse cet écrou est garnie, à sa partie inférieure, d’une roue sur laquelle tourne la corde. On voit, au-dessous de la tête de la vis, le mouton, qui est fixé à ses deux extrémités dans une rainure pratiquée sur le côté intérieur des deux jumelles. Il appuie sur les madriers posés transversalement sur le marc.
Celui-ci porte sur la mai, qui elle-même est soutenue par un chantier fait avec des solives. On place au-dessous de la gouttière de la mai un vase pour recevoir la liqueur qui coule par l'effet de la pression.
Au lieu de la roue sur laquelle se développe la corde, on pratique souvent, à la tête de la vis, deux trous qui servent à recevoir le levier avec lequel on tourne la vis. Mais on peut donner une pression bien plus forte, en établissant un arbre vertical A, ou moulinet, qui tourne dans une crapaudine à sa partie inféférieure, et dont l’axe supérieur s'engage dans le trou d'une poutre du plancher. En tournant
cet arbre avec le levier B, on tire la corde enveloppée autour de la roue, et l’on produit ainsi une pression très-considérable, On adapte sur le côté d’une des jumelles, lorsque la position l’exige, un petit tourniquet, qui, en tournant à mesure qu’on tire la corde, empêche la friction de celle-ci.
Fig. 2. Pressoir en caisse. Usité en Andalousie, chez les petits cultivateurs. Il est formé par un plancher soutenu par deux forts tréteaux, et bordé de quatre planches liées ensemble à leurs angles par quatre tenons. Il a 26 d. m. (8 pi.) de long sur chacune de ses faces. Les rebords ont 4 d. m. (15 po.) de haut. On pratique vers le milieu du côté antérieur, avec deux petites planchettes longues de 2 d, m. (7 po. ”.), une gouttière qui sert à l’écoulement de la liqueur. La vis est placée au centre, et est arrêtée par une clavette au-dessous de la mai.
Après avoir jeté la vendange sur le pressoir, on la couvre avec le plancher A, au centre duquel passe la vis, puis avec un fort billot B, composé de deux pièces. Eufin on dornelapression en tournant l’écrou C. On croise des planches et des pièces de bois les unes sur les autres, lorsqu'il est nécessaire d'élever le point de pression. L’écrou est formé par une pièce de bois un peu concave, longue de 6 d. m.
(32 po.), aux extrémités de laquelle sont fixées des chevilles longues de 24 c. m. (9 po.) C’est à ces chevilles qu’on attache les cordes qui servent à donner la pression.
PLANCHE VIIL
Fig. tr. Égrugeoir pour le raisin. Cet instrument, en usage dans le département de la Meurthe, a été communiqué au conseil d’Agriculture du ministre de l’intérieur, par M. Valcourt aîné. Il est composé de deux cylindres
G,F, en bois, de 14 c.m.(5 po.) de diamètre, et de 8 d. m. (2 pi. /.) de long, soutenus parallèlement à la distance de r % c. m. (7 lig.), par un châssis horizontal B, C, D, E, enveloppé d’un treillis de gros fils de fer, qu’on at-
tache avec des clous. Le cylindre F, auquel se fixe la manivelle H, porte à son extrémité un pignon en cuivre ou en fer, qui s'engraine avec une autre roue d'un plus grand diamètre placée à l'extrémité du second cylindre G. De sorte que l’un des cylindres tourne plus vite que l’autre. La trémie À est posée sur le châssis destiné à recevoir les raisins. Un seul ouvrier suflit pour écraser tout le raisin d'une vendange considérable. On évite ainsi l'opération longue et dangereuse du foulage dans la cuve, et la fabrication du vin en est meilleure.
Fig. 2. Cuve carrée en bois. Ce genre de cuves, quoique peu usité, mérite cependant d'être employé à cause de l’économie de construction et de réparation. On les forme avec de fortes planches qui portent à leur extrémité inférieure des jables ou rainures dans lesquelles on fait entrer les planches dont se compose le fond.
Les planches des côtés doivent être un peu plus étroites sur leurs bords intérieurs qu'aux bords extérieurs. Les quatre coins sont d'une seule pièce de bois taillée à retour d'équerre. On réunit toutes ces pièces par des bandes en bois de 1 d. m.(3 po. :) d'épaisseur , et de 15 c. m, (5 po.) de large, et placées à une distance les unes des autres de 30 d. m. (9 pi. 3 po.). Elles se serrent à volonté au moyen de coins
qu'on chasse dans les tenons qui traversent la mortaise de la bande correspondante.
Fig. 3. Tonneau de forme allongée. On en fait usage dans la Lombardie pour transporter le vin dans des charrettes.
Fig. 4. Chevalet pour placer les petits tonneaux. On l'emploie pour placer les petites pièces où l’on conserve le vinaigre et autres liquides.
Fig. 5. Cuvier à vendange. On le destine à Bordeaux pour le transport de la vendange sur des charrettes; il a : mètre (3 pi. 1 po.) de profondeur; 1 mètre dans son diamètre supérieur, et 8 d. m. (2 pi. ) à son diamètre inférieur.
Fig. 6. Tonneau de petite taille. On le fait servir à la conservation du vinaigre, de la bière et des vins de liqueurs. L'ouverture qui recoit le bondon est formée par une élévation qu'on a conservée à la planche destinée à cet objet.
Fig. 7. Tranchoir pour couper le marc de raisin. I est employé dans le département de la Gironde. Sa lame a 3 d. m. (11 po.) de long, sa gouge en a deux. Sa plus grande largeur est de 14 c. m. (5 po.), et sa plus petite de 10 (3 po. ’). Le manche a7 d. m. (2 po.
7 lig.) de long.
PLANCHE IX
Fig. 1. Cuves à vendange. Elles ont 16 d. m. (5 pi.) de profondeur, 16 dans leur diamètre supérieur, et20 (6 pi. 2 po.) àleur base. On les vide par le moyen d'un conduit qui se cramponne sur les bords de la cuve, et qui va se poser sur un baquet dans lequel tombe la vendange. Usitées à Bordeaux. La lettre A indique les pièces de bois dont sont formés les cercles de la cuve. Ce sont des sections de cercles de 3 c. m. (2 po. 7 lig.) d'épaisseur, et d'un c.m. "(7 li.) de largeur, qui s’ajustent les unes au bout des autres, et s’accolent deux ensemble l'une sur l'autre pour former un cercle.
Fig. 2. Fosse à cuves. On fait dans le département des Pyrénées-Orientales des fosses revêtues en ciment et carrelées dans le fond, creusées de quelques décimètres, dans lesquelles on place les cuves où doit fermenter la vendange : c’est afin que le vin ne se perde pas, dans le cas où une cuve viendrait à crever: le fond est en pente vers le centre, où se trouve un petit creux, qui sert à puiser le vin. On y descend par un escalier.
Fig. 3. Chdssis pour recevoir les pièces de vin. Ces châssis ont quelquefois deux étages pour recevoir trois rangées de tonneaux; iJs
sont renforcés par des montans et par des traverses. On construit souvent en ciment, dans la partie inférieure au-dessus du sol, une gouttière concave pour recevoir le vin des tonveaux qui viendraient à se rompre. Il se rend alors dans un réservoir creusé à cet effet dans un coin de la cave. Cette méthode, usitée dans le royaume de Valence, est utile pour renfermer une grande quantité de vin dans un petit espace.
Fig. 4. Entonnoir pour les tonneaux. Son diamètre supérieur est de 4 d. m. (15 po.), et 2 (7 po. ?.) à la partie inférieure; il a 32 c. m. (x pi.) de profondeur : il est garni vers le centre de son fond d’un tuyau en fer-blanc.
Fig. 5. Godet pour puiser le vin dans les tonneaux. Il est en fer-blanc, avec un long manche. Usité dans le royaume de Valence pour goûter le vin.
Fig. 6. Comporte à poignée. C’est une espèce de petit tonneau de 6 d. m. (22 po.) de haut, de 4 à 5 d. m. (15 ou 18 po.) de diamètre, traversé par un bâton long de 2 mètres (6 pi.
2 po.), que les ouvriers placent sur leurs épaules lorsqu'ils veulent porter la vendange d'un lieu à l’autre, ou sur le dos d’un cheval. Employé dans le département de la Gironde.
Fig. 7. Soufflet à transvaser Le vin. On en fait usage dans le département de la Gironde. On place à cet effet le soufllet sur le tonneau vide, auquel il se fixe par le moyen d’une double pointe C, longue de 10 ç. m. (3 po. 8 lig.), dont on a figuré le plan supérieur à la lettre D, et qui s’ajuste sous le côté inférieur du soufilet par le moyen de deux languettes de fer, représentées sous la lettre B. On fait entrer le tuyau coudé, qui termine le soufflet, dans le tonneau rempli de vin, et on l’assujétit sur ce tonneau par
| un crochet, après avoir fermé hermétiquement la bonde, en entourant le tuyau du soufilet avec du linge. On établit une communication entre les deux tonneaux, par le moyen d'un tuyau en cuir qui s'attache à leur canule. Un ouvrier met ensuite le soufilet en action; et l'air, en refoulant le vin, l'oblige à passer dans le tuyau, et à remonter dans le tonneau vide.
Le soufllet, long de 7 c. m. (2 po.".), est garni d’un manche de même dimension. Le crochet qui sert à le fixer est long de 35 c. m. (11 po.)
Fig. 8. Cuves bordées d’un plancher supérieur. On dispose ainsi les cuves, et on les entoure, dans la moitié de leur diamètre, d’un plancher sur lequel les ouvriers montent par un plan incliné. Cette disposition, en usage dans le département de la Garonne, est trèscommode pour le travail des ouvriers.
Fig. 9. Zire-bondon. Il est composé d’une poignée longue de 2 d. m. (7 po. ”.), et d'une tige dont la partie unie a 6 c. m. (2 po. 5 lig.) de long, et le pas de vis 7 c. m.(2 po. 7 lig.) Celui-ci entre dans un écrou dont le fer se coude et se termine en pointe à ses deux extrémités. Après l'avoir fixée sur les côtés de la bonde, on saisit celle-ci, et on l’enlève en tournant la vis. On le trouve dans le département de la Gironde.
Fig. 10. Bondon à soufrer les tonneaux. Il est traversé par une verge de fer longue de 2, d. m.(9 po.), et crochue à ses deux extrémités. On attache à son extrémité inférieure une mèche soufrée qu’on allume, et qu’on fait entrer dans le tonneau, qui se bouche avec le bondon. On en fait usage à Bordeaux,
PLANCHE. X
Fig. 1. Foudre à faire cuver le vin. M. Val-
court, dont nous venons de parler, a donné connaissance au conseil d'Agriculture du mi-
nistre, de la méthode introduite depuis peu dans le département de la Meurthe pour faire cuver le vin. Elle consiste à employer, au lieu
Sotolles. FLE.
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