‹ Collection de machines, instrumens, ustensiles, constructions, appareils, etc., employés dans l'economie rurale, domestique et industrielleChapitre 64 sur 75 · FOURNEAU DE CUISINE · texte numérisé non relu

FOURNEAU DE CUISINE

La pénurie du bois, qui s'est fait sentir en France depuis plus d’un siècle, a excité les recherches des savans et des artistes sur les moyens d'économiser le combustible dont la consommation et le besoin vont chaque jour en croissant. Cent appareils de tout genre ont été successivement inventés et prônés par leurs auteurs et par les journalistes ; mais que nous reste-t-il de tant d'efforts? peu de résultats utiles. Et malheureusement les inventions les plus importantes, celles dont les avantages ont été constatés par des expériences suivies, et par une pratique suffisamment prolongée, sont confondues avec celles qui ne présentent ni utilité ni économie, et leur usage est extrêmement borné, surtout dans nos départemens, qui, par une singulière fatalité, se trouvent toujours arriérés pour tout ce qui concerne les arts utiles et économiques. Nous croyons donc rendre un service aux habitans de nos villes départementales et de nos campagnes, en leur présentant une invention dont les avantages sont démontrés par une pratique éclairée. C’est sous ce rapport que nous allons donner la description d’un fourneau de cuisine, imaginé par M. d’Arcet.

Le fourneau de cuisine de M. d’Arcet est certainement ce qu'on a inventé, soit en France, soit chez l'étranger, de plus parfait, de plus commode et de pluséconomique. Il a d’ailleurs l'avantage de pouvoir être établi dans les grands comme dans les petits ménages. Il suffit d’aug-

menter ou de diminuer les dimensions ou le nombre des fourneaux, ou de faire usage des autres accessoires, selon les besoins de chaque famille. Mais laissons M. d’Arcet s'exprimer lui-même.

L'insalubrité des cuisines est due à deux causes : la première se trouve dans l'usage où l’on est de ne pas construire les fourneaux de cuisine sous le manteau de la cheminée, et de laisser répandre librement la vapeur du charbon dans la pièce ; la seconde provient du faible tirage des cheminées de cuisine, effet qui a lieu, soit par suite du mauvais rapport établi entre les ouvertures des manteaux des cheminées et la capacité de leurs tuyaux, soit parce qu'il s'y établit un courant d'air descendant commandé par le tirage plus fort d'une cheminée voisine, ou par l'ascension de la couche d’air échauffée le long d’un mur voisin exposé au midi, couche d'air qui fait alors le vide dans la cuisine, en montant et en pas-.

sant devant les croisées ou les portes de cette pièce.

Pour rendre les cuisines salubres, il ne fallait donc que construire tous les fourneaux sous le manteau de la cheminée, et que pouvoir y établir à volonté, en tout temps, un lirage convenable et dont on püt accélérer la vitesse selon le besoin. La description du fourneau de cuisine salubre dont on donne ici le dessin, va faire comprendre facilement les moyens employés pour arriver au but proposé.

Page 1