‹ Collection de machines, instrumens, ustensiles, constructions, appareils, etc., employés dans l'economie rurale, domestique et industrielleChapitre 68 sur 75 · TOME Il · texte numérisé non relu

TOME Il

Le four est carrelé avec des briques de 3 à 4 centimètres d'épaisseur qui servent à en régulariser la chaleur.

g, Foyer du four. :

r, Cendrier de ce foyer.

Fig. 7. Coupe verticale du four, selon la ligne e, f, du plan, fig. 2.

a, b,c, Coupe des trous inégaux par lesquels la fumée passe de dessous le four sous la plaque de fonte M.

N, Coupe du four en tôle : on perce en s un pelit trou qui sert à établir dans le four un léger courant d'air nécessaire pour bien rôtir la viande et lui donner la couleur et la saveur ordinaires de la viande rôtie devant le feu.

g, Foyer du four.

r, Cendrier de ce foyer.

Fig. 8. Vue en perspective de la cafetièreporte dont il est parlé dans la description du fourneau potager, publiée par M. Harel..Ce pelit ustensile est fort commode : mais il doit être fait en cuivre et non en fer-blanc; sans cette précaution il se dessoude facilement et est souvent mis hors de service. On sait que cette cafetière se met à la place de la porte du foyer du fourneau potager, et que l’on a ainsi toute la journée une cafetière pleine d’eau bouillante à sa disposition. La fig. 9 représente sur une plus grande échelle cette cafetière en plan et en élévation.

Fig. 10. Une perspective du haut du tuyau de la cheminée de cuisine. En principe, cette cheminée doit avoir intérieurement les plus grandes dimensions possibles : il ne faut point, par conséquent, y gêner le passage de la fumée; on doit donc enlever de dessus cette cheminée la mitre qui s’y trouve ordinairement, et conserver au tuyau de cheminée toute l’ouverture qu’il peut avoir : il faut en couvrir la partie supérieure d'un petit toit en tôle, comme on le voit dans cette figure; on empéchera ainsi la pluie de tomber dans la cheminée et d'y géner le travail de la cuisinière.

La PI. IT présente une vue en perspective de la cheminée salubre : on y reconnaîtra fa-

cilement les différens objets dont on a donné l'explication en décrivant les fig. de la PL. I.

Après avoir donné la description des figures de cette planche, et être entrés à ce sujet dans beaucoup de détails, il ne nous reste qu’à indiquer les précautions à prendre pour obtenir constamment de ce système de construction les avantages que nous lui trouvons. Voici l'instruction que nous croyons devoir joindre ici pour faciliter aux cuisinières l'usage de ce genre de cheminée.

La cuisinière, en se levant, commence ordinairement par allumer du feu : elle le fait, soit en battant le briquet, soit en cherchant dans la cendre relevée ou mise la veille en tas quelques morceaux de braise non éteints. Elle doit allumer son feu soit au niveau du sol, sur l'âtre même de la petite cheminée A, soit, ce qui vaudrait mieux, sur la plaque de tôle placée au haut de la petite cheminée A, sur les tasseaux de fer 7, n. Dans tous les cas, si elle s'aperçoit que la cheminée fume, elle peut de suite empêcher cet inconvénient en ouvrant le vasistas qui doit être placé à une des fenêtres de la cuisine, ou dans tout autre endroit de cette pièce, de préférence au nord ou au levant. Elle doit fermer en même temps les rideaux à droite et à gauche de la cheminée A, pour rétrécir tant qu’elle pourra l’ouverture de la cheminée, et elle pourrait même, comme remède extrême et infaillible, allumer un peu de feu sous la chaudière Æ, fig. 1, au fourneau potager Q, fig. 2, ou sous le four N, fig. 3.

Il est évident que l'air chaud porté par les tuyaux L, P, P, de ces trois fourneaux vers le haut du manteau de la cheminée, y dilatera la masse d'air et y établira un tirage d'autant plus fort, que l’ouverture de la cheminée sera plus rétrécie par les rideaux et que le vasistas donnera plus d'air dans la cuisine. L'emploi convenable de ces mêmes moyens rendra constamment la cheminée salubre et s’opposera au retour de toute mauvaise odeur et de tout gaz délétère dans l'intérieur de la pièce.

-Une fois le courant d'air ascendant bien éta-

bli dans Ja cheminée, la cuisinière travaillera devant son fourneau sans être fatiguée par l'odeur du charbon, et elle ne s’échauffera point comme cela arrive ordinairement les jours de grand dîner; sa têle ne sera pas exaltée ainsi qu’on le remarque souvent, ce qui est aussi nuisible à la santé de la cuisinière que désagréable pour les domestiques de service autour d'elle, et même pour les maîtres et leurs enfans, qui souvent, ces jours-là, n'osent pas entrer dans la cuisine, soit afin d'éviter tout sujet de querelle, soit pour ne point avoir le chagrin d'y trouver la cuisinière hors d'elle-même, ayant le visage rouge et boufh, les yeux hors de la tête, la figure couverte de sueur et n’indiquant que trop le malaise général qu'elle éprouve.

Plus l’intérieur de la cheminée sera échaufté, plus letirage sera fort et plus les rideaux pourront rester ouverts; c'est ce qui arrive, et ce qui sera fort utile les jours de grand diner.

La cuisinière doit ouvrir le moins possible les fenêtres et les portes de la cuisine; elle aura ainsi à vaincre une ancienne habitude; elle ouvrait tout dans l’ancien système de construction, parce qu'elle était obligée, pour ne pas étoulfer, de faire entrer beaucoup d'air dans sa cuisine pour y rendre moins nuisibles et la fumée et les gaz délétères qui la remplissaient : mais dans notre système de construction, le tirage est régulier; il n’y a aucune vapeur dans la pièce; l'air reuf fourni par le vasistas, par les fentes des fenêtres et des portes, traverse continuellement la cuisine, et sufhit au tirage de la cheminée ; on risquerait, en ouvrant les portes et les fenêtres, ou en agitant trop fortement l'air dans la cuisine, de nuire au tirage et de perdre les avantages que peut donner une cheminée de cette espèce, lorsque l'usage en est bien réglé. Au reste, la cuisinière s’apercevra bientôt qu'elle n'aura pas besoin d'un tel remède, et s'accoutumera facilement à se conduire, sous ce rapport, dans sa cuisine comme elle ferait dans toute autre pièce d’un appartement. |

Une telle cuisine est en hiver aussi chaude et en été aussi fraîche que possible, parce qu'il doit n’y passer que la quantité d’air nécessaire pour obtenir sous le manteau de la cheminée le tirage convenable. On peut d’ailleurs échauffer la pièce en hiver en y plaçant un poëéle ou en faisant du fen dans la cheminée A, qui peut alors servir comme de cheminée d’appartement.

En été on entretiendra la cuisine fraîche en y introduisant, lorsque cela se pourra, de l'air pris dans la cave ; mais surtout en tenant les volets entr’ouverts et les rideaux des fenêtres fermés, comme on le fait dans les autres pièces de l'appartement.

En hiver, lorsqu'il ne fera pasassez froid pour allumer du feu le soir, une cuisinière soigneuse aura l'attention, après avoir bien éteint tous ses fourneaux et fermé les clefs des trois tuyaux L, P,R, de fermer aussi la trape O, qui est en haut du manteau dans l'intérieur de la cheminée. En ouvrant alors les rideaux, toute la chaleur accumulée pendant le jour dans le massif du fourneau se répandra dans la pièce et servira à l’échauffer suffisamment. En été, au contraire, elle devra, lorsque son travail sera terminé et ses fourneaux nettoyés, fermer exactement les deux rideaux et laisser la trape O, et les clefs des tuyaux L, P,R, ouverts, pour que l'air échaufé, et passant sur les fourneaux, s’en aille au dehors en montant par

le tuyau de la cheminée, et soit remplacé dans la pièce par de l'air plus frais pris dans la cave ou fourni par le vasistas, qui doit être, comme nous l'avons dit, placé, autant que possible, au nord ou au moins au levant.

Nous n'avons insisté, dans tout ce qui précède, que sur la salubrité attachée au mode de construction dont nous nous occupons; il faut cependant, avant de terminer, dire un mot de l'économie qu’il procure, et prouver ainsi que l'usage de ce fourneau de cuisine est aussi avantageux au chef de famille, dont il peut économiser l'argent, qu'à la cuisinière dont il n'altérera ni le caractère ni la santé.

L'économie est ici évidente; elle ne peut pas être contestée, puisqu'elle résulte de la réunion de toutes les économies produites par l'emploi de moyens connus depuis long-temps, bien appréciés, mais rarement rassemblés dans la même cuisine. Tels sont le fourneau potager, la coquille à rôtir, les fourneaux de cuisine servant à volonté d’étoufloir, la cafetière-porte ; telle est la suppression presque totale du foyer ordinaire, où le combustible brûlé à l'air libre produit peu d’eflet; et tel est encore l'emploi du four et de la chaudière sous lesquels on substitue au feu de bois le feu économique du charbon-de-terre, et sous lesquels le combustible brûlé dans un foyer fermé peut donner le maximum d'effet utile, ce qui est loin d'arriver dans les cheminées ordinaires de nos cuisines.

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