‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 101 sur 206 · LA · texte numérisé non relu

LA

donné sans luy donner le tems pour retrouver les Canadiens restés sur ces costes,. j

Sur ce compte dont on ne peut plus douter, monsieur de Seignelay eut ordre du Roy de faire travailler à un establissement de François sur ce Golfe. Muis le sieur de la Salle auquel il avait résolu d’en confier le soin estant mort et monsieur de Seignelay aussy, ce projet demeura suspendu.

Mais enfin un autre Canadien, le sieur d’Iberville, se présenta à feu monsieur de Chancelet de Pontchartrain, alors secrétaire de l’estat de la Marine, et lui offrit d'exécuter ses ordres ; et sa proposition ayant esté agréée, il commença cet establissement dans la Mobile à son embouchure dans le voisinage du Port de Pensacola où les Espagnols ont un fort et une petite garnison.

Deux raisons engagèrent monsieur d’Iberville au choix qu'il fit de la Mobile par préférence à la Misisipi. :

La première fut le terrain des environs de la Mobile qui lui parut meilleur et point sujet à estre inondé comme celuy du Misisipi.

La seconde fut la bonne réception que lui fit le Gouverneur de Pensacola avec lequel il fit un commerce utile de marchandises qu’il avoit emportées de France, avec promesses d’en fuire dans les suittes un bien plus considérable.

Sur cet arrangement le sieur d'Iberville revint en France pour y faire une emplette considérable et laissa sur la Mobile à sa place le sieur de la Motte Cadillac pour Gouverneur, le sieur de Bienville son frère pour lieutenant et le sieur de Boishaund (?) pour major.

Monsieur d'Iberville, revenu en France, n'ayant pas les fonds nécessaires pour l’'emplette qu'il avoit projetée, s’adressa à Monsieur Crozat qui les luy fournit ; mais après que tous les achats furent faits, Monsieur d'Iberville estant mort, Monsieur Crozat prit la résolution de suivre le projet du dit Sieur d’Iberville pour le commerce et mesme d'entretenir et augmenter la colonie commencée; et pour cet effet il obtint des lettres patentes du Roy qui luy en accorda la commission.

En conséquence, Monsieur Crozat fit un armement considérable en 1713, pour le transport des marchandises dont il se trouvoit chargé, et

envoya des commis pour establir un comptoir sur l'Isle Daufine scituée devant l'embouchure de la Mobile, à portée de communiquer avec le port de Pensacola qui n’en est esloigné que de dix à douze lieues ; mais le Gouverneur Espagnol qui avant traitoit avec le feu Sieur d'Iberville, s'étant trouvé mort à l’arrivée des vaisseaux de Monsieur Crozat, cet événement causa beaucoup de retardement à l'exécution de son projet.

Nonobstant tous ces obstacles, les commis de Monsieur Crozat trouvèrent le moyen de vendre avantageusement les marchandises et de luy en rapporter les retours en 1716.

Mais comme il ne jugea pas à propos de suivre l’establissement de la colonie ; il trouva moyen dans la suite de la céder à la compagnie des Indes, moyennant le dédommagement que feu Monseigneur le Regent lui accorda pour les dépenses qu'il prétendoit avoir faites.

C’est après cette cession que le Roi accorda à la compagnie des Indes la concession du pays qu'on nomme aujourd'huy la Louisianne.

Cette compagnie y a fait des dépenses immenses. Mais faute d'ordre … ’estre fixé à un plan raisonnable de ce qu’il convenait de faire pour la solidité et l'utilité de cet establissement, toutes ces dépenses n'ont produit aucun fruit ; et après bien des variations et des vues dont l’ex'cution estoit impossible pour une colonie naissante, elle a enfin rétrocédé (sic) cette concession au Roy.

Elle a été jusques à présent inutile et ruineuse.

C’est pour y remédier que le Sieur de la Boulaye, instruit de toutes les fautes qui ont été faites jusques à présent, offre de présenter un plan fixe et invariable de ce qu'il estime estre nécessaire pour rendre cette colonie très avantageuse à l'Etat, et si ce plan est agréé il est nécessaire qu’en moins de trois années elle soit solidement establie, sans aucune augmentation de dépenses ; et d'apporter beaucoup d'utilité au Roy et à l'Estat.

DE LA BOUIAYE.

DR na ner res

mini ne —

Page 1