‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 125 sur 206 · A UL · texte numérisé non relu

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Le même jour, sur les trois heures, nous eùmes connoissance d'un gros vaisseaux qui donnoit chasse à un senau et ensuite qui se battoit avec le dit senau et une frégatte à environ 4 lieues du fort vers le sud-est, en même temps trois vaisseaux ennemis, qui étoient en passe vers le Cap Noir et la pointe Blanche, courrurent dessus : le gros vaisseau après s'être battu longtemps prit la chasse sans doute quand il eut connoissance des trois qui courroient sur lui, et nous avons entendu tirer du canon jusque vers les 9 à 10 heures du soir, nous avons appris depuis que ce vaisseau étoit le Vigilant.

J'ordonnai qu'on tirât de la poudrière du Bastion Dauphin les pondres qui y étoient et les fis transporter sous la poterne de la courtine qui est entre le Bastion du Roy et celui de Ja Reine.

Comme l'ennemy avait coupé par les boulets de la batterie de Francœur,

les chaines du pont levi de la porte Dauphine, j'ordonnay aussy de couper le pont de la dite porte.

Le canon de l’ennemy de la batterie de Francœur qui battoit le flanc droit du bastion du Roy, faisant beaucoup de progrès et enti’autres aux embrasures, je fis commencer à faire percer le mur de la face du bastion Dauphin de deux embrasures, pour y met:re deux canons, cet ouvrage malgré la mousqueterie que l’'ennemy tiroit toujours, fut mis en état et notre canon a tiré et fut servi autant qu'on pouvoit désirer sur celui de l’'ennemy.

L'ennemy a aussi étably une batterie de cinq canons sur les hauteurs des Mortissans et a commencé à tirer le 2 juin des boulets de 36 et 42, en brèche sur le bastion Dauphin et sur l'éperon. La guérite a été jetée à bas, et une partie de l'angle saillant, le même jour. Cette batterie a déboulé l'épéron de la porte Dauphine en ses embrasures, lesquelles ont été racommodées plusieurs fois, autant bien qu'on pouvoit, à pierre sèche, avec des pierres de taille et des sacs de terre.

Le 11ème jour l’escadre ennemye s'augmenta par l'arrivée d'un vaisseau d'environ 40 à 50 canons ,et nous vismes aussy, parmy cette escadre, un vaisseau désemparé, qu'on nous a dit depuis être celui que nous avions vu se battre le 30 may.

Le 5 l'ennemy a envoyé vers les deux heures du matin de la batterie royale, un brulot qui s'est échoué à la calle Frédéric où il a brûlé sur une ge

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goëlette, il n'a pas fait d'autre mal, quoiqu'il fut chargé de matières combustibles et de bombes qui firent leur effet ; toutes les batteries de l’en-

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RE EINN nemy ne cessèrent point de tirer, pendant ce temps nos gens étoient comme de coutume tout le long des remparts et du quay, à essuyer ce feu avec

intrépidité.

È k À La nuit du 6 au 7 nous eumes une alarme générale de l’isle de l'entrée ; j l'ennemy, voulant enlever cette batterie, s'embarqua au nombre de 1000 sur

35 barques, 800 antres venant derrière devoient les soutenir. La nuitétoit $ très obscure et faisoit une petite brume.

f Ces premiers furent mettre pied à terre, les uns à la Pointe à Peletier,

les autres vis-à-vis le corps des casernes, et le surplus au débarquement de la dite isle ; l’ennemy en débarquant commença à crier Aourrah par trois fois ; ils attachèrent même environ 12 échelles aux embrasures afin

de les escalader, mais Monsieur D’Aillebout, qui commandoit à cette batterie, les reçut à merveille; le canon et la mousqueterie de ceux de l’isle fut servi au mieux, toutes les barques, furent toutes brisées ou coulées à fond ; le feu fut continuel depuis environ minuit jusqu'à trois heures du matin. Le dit S D'Aiïlleboust ainsy que les N° Duchambon, son Lieutenant, et Eurry de la Perrelle, son enseigne, étoient les premiers à monter sur les di |, embrasures et faire feu sur les ennemis pour montrer à leurs soldats l'exemple, et aux autres qui étoient avec eux à la dite batterie.

La ù Les soldats firent même plusieurs fois descendre leurs officiers des

embrasures, leur alléguant qu'ils ne devoient point ainsi s'exposer, qu'ils

n'avoient qu'à les commander et qu'ils en viendroient à bout ; à la fin

l’ennemy fut contraint de demander quartier. Les huit cents qui devoient sou-

tenir les premiers n'osèrent pas s'approcher et s'en furent : on fit 119 prison-

niers, plusieurs blessés sont morts la même journée, et l’'ennemy a eu plus

de 250 de tués, noyés ou de blessés, ne s'étant sauvés, au rapport de nos

prisonniers qui étoient à la batterie royale, que dans deux barges qui pou-

voient contenir environ 50 hommes, parmy lesquels il y avoit plusieurs de

blessés.

L'ennemy pouvait attaquer la ville avec des barges par le quay, j'ordon-

nay uue estacal: d: mâts qui prenoit depuis l’éperon du bastion Dauphin

jusques à la pièce de la grave, et cette estacade a été parachevée le 11 juin.

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