LETTRE DU MINISTRE A MONSIEUR DE BEAUHARNOIS
À Versailles, le 24 Décembre, 1716.
Depuis que j'ai appris, Monsieur, la perte que nous avons faite de l'Acadie, je pense continuellement aux moyens de pouvoir reprendre ce poste important avant que les Anglois y soient solidement établis.
Comme le Sieur de Bonnaventure a écrit ici à Monsieur le Marquis de Chevry qu'il avait un projet pour cette entreprise, le Chevalier du Vivier m'a écrit la même chose, et qu'il y à apparence que Monsieur de Subercase et les autres officiers qui connaissent parfaitement le fort et le faible de l’Acadie, et qui doivent savoir la situation dans laquelle ils y ont laissé les
LA ennemis, pourroient en avoir aussi, je vous prie de le discuter avec chacun
d'eux séparément, d'examiner leurs propositions et de les exécuter et de me faire sur tout cela un plan raisonné et bien détaillé sur lequel on puisse prendre avec connoissance de cause une résolution prompte et utile.
Il est nécessaire que vous leur fassiez bien sentir à tous que le seul moyen d'effacer les mauvaises impressions que la faible défence qu'ils ont faite a justement donné contre eux, c'est de mettre de leur part tout en usage pour la reprendre.
Vous saurez que par l’article des préliminaires, nous cédons l'Isle de Terre-Neuve aux Anglois, et que si nous ne reprenons l'Acadie, il ne nous restera plus aucun endroit par où nous puissions soutenir quelque pêche, d’ailleurs ce pays est si proche du Canada qu'il y auroit tout lieu de craindre qu'il n'entraînât la perte si les Anglois en restaient possesseurs.
Voilà deux objets qui sont pour l'Etat d'une importance très-considérable, qui me touchent vivement et qui méritent une attention particulière.
Je vous prie de les envisager de même ct de chercher tous les moyens (=) qui pourront tendre au recouvrement d’un poste aussi important.
J'attendrai surtout cela votre réponse avec le plan que je vous demande sur l'examen des différentes propositions des projets et des moyens de Monsieur de Subercase, et de tous les autres officiers de la garnison, et surtout l'épargne dans les dépenses, vous connaissez notre état.*
RAPPORT DE MONSIEUR DE COSTEBELLE AU MINISTRE. À Louisbourg, janvier, 8.
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du port Toulouse. Ils ne manquent pas de sonder en entrant et sortant de nos Hàâvres, suivant le rapport qui m'en a été fait par les habitants françois. Vôtre Grandeur aura la bonié de m'ordon..:r à l'avenir la conduite que je dois tenir à leur égard pour ne rien faire qui ne soit conforme au bien du service du Roi.