‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 151 sur 206 · RAPPORT DE MM. DE LA GALISSONNIÈRE ET HOCQUART · texte numérisé non relu

RAPPORT DE MM. DE LA GALISSONNIÈRE ET HOCQUART

Québec, le 24 octobre, 1747.

Vous aurez vu, Monseigneur, par la lettre que MM. Beauharnois et Hocquart ont eu l'honneur de vous écrire le 7 juillet dernier, qu'enfin Monsieur Shirley a donné de ces nouvelles ; Monsieur Knowles a également écrit à Monsieu : de Beauharnois le 27 may et 10 aoust dernier, nous avions pour lors à Québec environ 300 prisonniers anglois extrêmement à charge aa Roy et de plus l'accident arrivé aux cazernes nous ôtoit la facilité de les garder plus longtemps, tout cela joint aux propositions de Mrs Shirley et Knowles pour un cartel, a engagé Monsieur le Marquis de Beauharnois à

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renvoyer tous ces prisonniers, ou du moins ceux qui étoient en sa disposition, partie à Baston, partie à l'Isle Royale, ce qui a été exécuté par les deux paquebots que nous avons expédiés l’un pour Louisbourg et l’autre pour Baston, et un troisième envoyé par Monsieur Shirley, et pour vous mettre au fait de ce qui s’est passé nous joignons copie des lettres de Monsieur de Beauharnoiïs et des réponses que luy ont fait les deux gouverneurs anglois.

Monsieur de la Galissonnière n’a à répondre qu'à la dernière lettre du 2 7°" du gouverneur de Baston ; ce dernier n’a pas répondu ad rem à l’article qui regarde le rachat des prisonniers anglois, vous ne manquerez pas de remarquer ses réflexions sur la guerre des sauvages, il ne sera pas dificile de lui répondre.

Monsieur de la Cralissonnière luy touchera en revanche à la première occasion toutes los manœuvres que les gouverneurs anglois font depuis ongtemps pour engager les sauvages à égorger s les François qui so longt I gager les sauvage gorger tous les François qui sont

ans les pays d'en haut, ce qu’ils ont tenté plusieurs fois d'effectuer. dans les pays d'en haut, ce qu’ils ont tenté plusieurs fois d'effectuer

Il aura aussy de quoy répondre aux autres griefs. La prétendue lettre que Monsieur Shirley dit avoir écrite à Monsieur de Beauharnois aussitôt après la rupture n’était qu’un papier volant qui n’a été regardé que comme une fanfaronade, il nous en a été rendu compte dans le temps.

Nous avons reçu, Monseigneur, votre depésche trop tard pour exécuter l'ordre que vous nous donnez de renvoyer en France tous les prisonniers de mer que nous avions dans la colonie et principalement ceux de l'équipage de la frégate dont Monsieur de Nalliers s’empara l’année dernière.

Depuis le départ des paquebots il nous en est venu cinq ou six de cette espèce, provenant des prises faites par les vaisseaux maloins au Pedit Nord, que nous avons fait embarquer sur les vaisseaux du Roy partis le 22 de ce mois.

Nous n'avons pu retirer des mains des sauvages quelques uns des

prisonniers qu'ils ont faits, la pluspart et peut-être tous sont des gens de

ampagne qui ne peuvent à notre avis être d'aucun préjudice à la colonie ; il se trouve parmy eux bon nombre de femmes et d’enfans.

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Lorsqu'il a été question du renvoi des prisonniers, il s’en est présenté douze ou quinze qui ont sollicité Messieurs de Beauharnois et Hocquart pour rester en Canada, tous Irlandois catholiques romains ; quelques uns ont des enfans dans les villages sauvages qui ont déjà pris leurs mœurs ; d’autres travaillent de quelques métiers et sont gens de journée.

Monsieur de la Galissonnière auroit pensé qu'il auroit été peut-être aussi à propos de les renvoyer tous ; il vous écrira en particulier là dessus, il se propose de prendre ce parti si l’occasion s'en présente dans la suite.

Quelques plaintes que puisse faire le gouverneur de Baston sur la détention des gens de sa nation, nous continuerons de garder en prison tous les Anglois qui nous viendront, nous en avons encore 20 des différentes contrées qui nous ont été amenés par les sauvages ou qui étoient restés malades à Montréal, nous allons nous en débarrasser en les envoyant par les vaisseaux qui partent pour la Martinique où ils trouveront des occasions pour retourner chez eux.

Nous sommes avec un très profond respect, Monseigneur, Vos très humbles et très obéissants serviteurs, Signé : GALISSONNIÈRE,

HocQuaART.

(En chiffre.)

Québec, le 6 novembre, 1747,

Monseigneur,

Vos lettres sur les traittés m'ont effrayé. L'abandoni dont elles menacent une colonie aussy utile et aussy zélée n'est pas croyable. Je suis sûr que vous n’y consentirez pas.

Ces lettres me lient les bras. J’aurois pu

| exécuter dès cet hiver quelque entreprise sur la Bay d'Hudson ou sur j | ; Chouëguen, ou sur quelqu'autre poste. La guerre ne se fait nulle part sans | dépense. Je suis à plaindre d’être envoyé dans un pays rempli de braves gens que je ne puis laisser agir. Le Roy l’est d'avantage si on le détourne d'y donner les secours nécessaires, et que vous avez sans doute demandés.

al Il seroit essentiel d’avoir toujours un gros détachement à l’Accadie : il coutera surement fort cher, Rassurez nous. Donnez la facilité des traittés et tout ira. Cette facilité ne sçauroit être poussée trop loin. L’'inaction n'épargnera rien. Si nous n’attaquons pas on nous attaquera, et la dépense de la défensive excèdera celle de l'offensive,

Les Sauvages oisifs coûtent plus que ceux qu'on employe. Les petites incursions ou nous nous réduisons irritent l’ennemy sans l’affaiblir. Notre fort est d'attaquer. Ni on nous attaque nous serons abandonnés et peut-être trahis par nos plus affidés Sauvages. Baston se flatte d’un grand armement dans la vieille Angleterre. Mettez-nous en état de porter la guerre chez l’ennemy : c'est le seul moyen de n'avoir rien à craindre icy.

pu Je suis avec un très profond respect, Monseigneur, ï, Votre très humble et très obtissant serviteur,

LA GäALISSONIÈRE

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